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Géopolitique des drogues
66 articles
français 66
Introduction
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
I. POURQUOI UN RAPPORT ANNUEL SUR LA GEOPOLITIQUE MONDIALE DES DROGUES ?
Depuis 1992, l’Observatoire géopolitique des drogues a publié sous forme de livres trois rapports annuels (cf. page de garde). La décision a été prise non seulement de poursuivre cet effort d’information dans un domaine sensible, mais encore de lui donner une plus large résonance. C’est la raison pour laquelle le nouveau rapport, portant sur les années 1995 et 1996 est, pour la première fois, simultanément disponible en trois (...)
Grandes tendances pour les années 1995-1996
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
La drogue est devenue, depuis la fin des années 1980, l’ennemi public n°1 incarnant, en quelque sorte, les "nouveaux désordres" résultant des bouleversements mondiaux que l’Occident a du mal à appréhender. En stigmatisant de manière virtuelle le désordre par la mise en avant du "fléau de la drogue" les Etats occidentaux ont surtout cherché à réactiver leurs outils géopolitiques, mis à mal par l’entropie de ce que sans doute un peu hâtivement on a voulu qualifier de "Nouvel ordre mondial". Le système des (...)
Proche-Orient
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Toute une série de facteurs géopolitiques ont, en 1995-1996, renforcé le rôle de région clé dans le trafic international des drogues que tient le Proche-Orient depuis les années 1920. La Turquie semble désormais le pôle où convergent trois évolutions importantes. La première concerne la nature même du trafic : ce pays n’est plus seulement un lieu de passage de l’héroïne produite dans le Croissant d’or mais elle s’implique de plus en plus dans la transformation de l’opium et de la morphine base en héroïne. La (...)
Turquie
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
La Turquie qui était, depuis le milieu des années 1970, essentiellement un territoire de transit de l’héroïne en provenance du Croissant d’or à destination des pays de l’Europe est devenue, dans les années 1990, un pays producteur-transformateur-exportateur. La cause de cette évolution réside dans le contrôle accru exercé par un certain nombre de pays, l’Inde en particulier, sur les précurseurs chimiques permettant la transformation, près des lieux de production, de l’opium afghan et pakistanais en (...)
Syrie-Liban
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Les mutations des modalités du trafic dans l’aire géographique occupée par la Syrie et le Liban sont importantes. Elles sont liées aux changements politiques intervenus dans une région qui englobe outre ces deux pays, la Turquie, la Jordanie et Israël. Tandis que les nouveaux entrepreneurs remplacent progressivement les chefs de guerre, des circuits "politiques" continuent à exister dont les activités illicites sont de plus en plus imperméables. En effet, si la drogue continue à enrichir les acteurs (...)
Israël
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Tandis que les mafias russes s’introduisent dans les fourgons des nouveaux migrants dans le pays, la société israélienne, polarisée par les débats concernant le processus de paix, la montée des partis religieux et "russe" et par la persistance du terrorisme, fait passer au second plan le problème des drogues, pourtant très présent au cœur des réalités nationales. Une vision du monde faisant de la sécurité de l’Etat hébreux une panacée ouvre, paradoxalement, une brèche dans laquelle s’engouffrent les (...)
Chypre
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Chypre est déchirée entre deux ambitions. D’une part son rôle de place off-shore qui a récupéré comme clients les anciens apparatchiks de l’ex-espace soviétique (Russie, pays des Balkans) qui se sont mis à leur compte, ainsi qu’une partie de ceux de l’espace moyen-oriental qui ont déserté Beyrouth ; d’autre part, sa volonté d’apparaître comme un havre de paix et de sécurité (financière entre autres) dans la région, en vue de son intégration à l’Union Européenne. Les enjeux sont de taille : ayant fait le pari du (...)
Communauté des Etats indépendants (CEI)
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
C’est la prise en main par des organisations mafieuses très bien structurées d’un trafic de dimension internationale, nourri par les bouleversements géopolitiques de l’ensemble de l’espace de l’ex-Union soviétique, qui semble être l’élément marquant de la période 1995-1996. A cela s’ajoute le rôle pris par la Russie dans le blanchiment et l’augmentation significative de la consommation. Tout semble indiquer que les mafias russes considèrent les populations de la CEI comme un marché captif, négociable avec (...)
Russie
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Une évolution très nette du système des drogues en Russie et dans l’ensemble de la Communauté des Etats indépendants (CEI) s’est produite à partir de 1995 : la fabrication, la collecte, le transport et la distribution de stupéfiants sont totalement passés sous le contrôle de structures criminelles organisées importantes, ayant souvent un ensemble d’activités intégrées (banques, produits chimiques et pharmaceutiques, structures off-shore) et des ramifications internationales étendues. Le transit assuré par (...)
Ukraine
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Sa position géographique et l’absence de contrôle aux frontières avec les pays voisins, a d’abord fait de l’Ukraine un lieu de passage des drogues produites en Asie du Sud-Ouest (Iran, Afghanistan) et centrale (Kirghizstan, Tadjikistan) ou dans le Caucase (Tchétchénie, Géorgie, Azerbaïdjan) et destinée à l’Europe de l’Est (principalement Hongrie) et de l’Ouest : haschisch, opium, paille de pavot et héroïne. Ces drogues, auxquelles s’ajoutent la marijuana et la cocaïne, peuvent également provenir d’autres (...)
Georgie
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Sa position géographique fait de la Géorgie un lieu du passage des drogues en direction aussi bien du marché russe que de celui de l’espace Schengen. Opiacés produits en Asie centrale, opiacés et drogues de synthèse produits en Azerbaïdjan, filières turques ou iraniennes, trouvent des relais aussi bien dans les structures des milices - bien que certaines aient été décapitées -, que des nouveaux venus, issus de la criminalité moscovite, dont plusieurs parrains sont géorgiens et remplacent les chefs de (...)
Arménie
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
L’irruption des drogues dures dans le pays préoccupe les autorités arméniennes et les institutions internationales. Mais elles sont enclines à passer sous silence la cause la plus évidente de cette situation : les liens existant entre les conflits politiques et militaires et le développement du trafic. La drogue est également un élément d’enjeux géopolitiques qui dépassent de loin la jeune république. Vivant une crise politique rampante, l’Arménie, à bout de souffle, doit gérer l’après-guerre du (...)
Azerbaïdjan
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
L’accident de voiture, en novembre 1996, dans lequel le baba (parrain turc) Abdullah Catli, ex-membre du groupe des Loups Gris, recherché par Interpol pour trafic de drogues, a trouvé la mort (ainsi qu’un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur) et Sedat Bucak, chef d’un clan kurde et député du parti de la Juste voie, a été sérieusement blessé, n’est pas sans avoir des répercussions à Bakou, la capitale azerbaïdjanaise. En effet, ces deux personnages, liés à l’extrême droite turque, au trafic de (...)
Ouzbekistan
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
La position des pays d’Asie centrale, situés entre les grandes régions productrices de drogues du Croissant d’or - Pakistan et Afghanistan - et la Russie, l’Ukraine et l’Europe de l’Ouest, les a transformés en zone de transit des opiacés et du haschisch. Cette situation a été aggravée par les tensions inter-ethniques (4,2 millions de personnes se sont déplacées dans la région depuis la fin des années 1980) et surtout les guerre civiles au Tadjikistan - où l’opposition opère à partir de l’Afghanistan et (...)
Balkans
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Dans les Balkans, le développement de la production et du trafic des drogues paraît, tout particulièrement en Albanie, constituer une réponse à la crise économique. Elle s’inscrit par ailleurs dans la logique de la guerre civile de l’ex-espace yougoslave. La route des Balkans concerne désormais l’ensemble des pays de la région. Des routes alternatives traversant la Bulgarie, la Macédoine, la Grèce et l’Albanie se sont ajoutées à son axe central qui traversait traditionnellement la Serbie et qui avait été (...)
Bosnie-Herzegovine
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
La fin de la guerre en Bosnie a entraîné une accélération des narcotrafics. La guerre elle-même, ses modalités et les groupes qui l’ont menée, ont constitué un levier pour la mutation du phénomène drogue dans cette région de l’Europe. La Bosnie-Herzegovine, lieu classique de passage de la route des Balkans, est devenue un territoire de production et de transformation pour certaines drogues, tandis que la consommation connaît un développement sans précédent.
Dans un premier temps, la "toxicomanie de (...)
Yougoslavie
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Quasiment dès sa création, la République Fédérale Yougoslave, réduite à la Serbie et au Monténégro, a dû apprendre à vivre sous embargo. Les routes classiques des drogues dans les Balkans s’étant détournées vers le nord (Bulgarie, Roumanie, Hongrie) ou le sud (Grèce, Macédoine, Albanie), pendant les toutes premières années du conflit en Bosnie-Herzégovine, les structures criminelles liées à l’héroïne ont périclité. Mais les conflits eux-mêmes et les blocus qui en ont découlé, ont très vite créé de nouvelles (...)
Albanie
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Sortie à peine de l’isolement imposé par le régime stalinien, l’Albanie a vu son horizon économique bloqué par les embargos divers imposés à ses voisins. Le trafic destiné à casser ces embargos est très vite devenu l’activité la plus lucrative de ce pays. Au delà des transformations politiques formelles, une nouvelle réalité s’est imposée, celle, ancestrale, des clans (fares). Ces derniers sont les protagonistes du passage d’une économie informelle qui trangresse les dispositions à celle du trafic de tous les (...)
Macédoine
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Stimulées par la proximité de la route des Balkans et les bénéfices qu’elle procure, les plantations de cannabis et de pavot se sont multipliées dans le sud-est de la Macédoine depuis deux ans. Ces productions sont liées à de simples stratégies de survie pour les uns, à un commerce international lucratif pour les autres. L’industrie chimique, privée de ses débouchés traditionnels situés en ex-Yougoslavie et dans certains pays de l’Est, a tendance à se recycler dans la production de précurseurs destinés (...)
Grèce
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
La multiplication, au cours des trois dernières années, de saisies de moyenne importance de toutes les drogues (héroïne, cocaïne, dérivés du cannabis) témoignent du rôle dévolu à la Grèce par les filières internationales du trafic. Le trafic de la marijuana étant lié à celui de la main d’œuvre clandestine, ce sont les frontières du pays avec l’Albanie qui posent désormais le plus de problèmes. Les frontières bulgares, macédoniennes et celles de la mer Egée s’ajoutent aux axes traditionnels de la route des (...)
Pologne
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Depuis la fin du communisme, la Pologne est devenue une des principales voie de transit des drogues destinées aux pays de l’Europe de l’Ouest. Ce rôle, elle le doit d’abord à sa situation géographique qui en fait un passage obligé entre la Russie et l’Occident auquel s’ajoute une façade sur la Baltique qui compte deux grands ports, Gdynia et Gdansk ; ensuite à l’existence de nombreuses entreprises commerciales et de transport dont les capitaux sont polonais ou mixtes, très actives en Europe. Les drogues (...)
République Tchèque
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
La situation géographique de son territoire où se croisent les routes de trafic du nord (Pologne) et le prolongement de celle des Balkans au sud-est (Slovaquie), font de la République tchèque un carrefour par lequel transitent toutes les drogues. Elle accueille en outre des ressortissants à la fois de la CEI, de l’Europe centrale et des Balkans, vivier dans lequel puisent les organisations criminelles. Les trafiquants nigérians ont également dans ce pays une de leurs plus importantes têtes de ponts (...)
Hongrie
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
La diminution des saisies d’héroïne sur la route des Balkans, principalement à la frontière roumaine, est une constante depuis trois ans : 812 kilogrammes en 1994, 568 kg en 1995 et 319 kg en 1996. Une première explication de ce phénomène est que les trafiquants turcs, ayant constaté l’efficacité des contrôles hongrois, passent désormais plus à l’est, par l’Ukraine et la Pologne. Mais les douaniers et les policiers hongrois eux-mêmes ne pensent pas que le trafic a diminué d’intensité mais que ce sont les (...)
Roumanie
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Depuis la fin de l’embargo auquel étaient soumis les pays formant l’ex-Yougoslavie, les trafiquants ne se limitent plus à des opérations impliquant le franchissement de la frontière hongroise. La constitution de stocks importants permet une redistribution tout azimut, particulièrement sur les axes traditionnels de la route des Balkans (Bulgarie, Serbie), et sur ceux, plus nouveaux, de l’Ukraine et de Moldavie. Les uns et les autres ont pour cible l’espace Schengen via la Pologne et la République (...)
Europe de Schengen
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
La multiplicité des pratiques des différentes institutions dans chaque pays de L’Union européenne (justice, police, gendarmerie, douanes, etc.), ou même au sein de ces corps, introduit des règles arbitraires concernant la répression de l’usage des drogues. En Allemagne par exemple, un consommateur de cannabis (qui est souvent aussi un petit trafiquant), est très différemment poursuivi dans le land de Bavière ou celui de Schleswig-Holstein. La différence est encore plus évidente entre une ville (...)
Pays-Bas
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
L’année 1996 a été, pour les Pays-Bas, celle d’une profonde mutation. Au conflit franco-hollandais, considéré par La Haye comme une pression inadmissible entre partenaires européens, s’est ajouté le rapport Van Traa qui souligne les dérives policières lorsque des agents de la répression sont poussés à démontrer une efficacité exemplaire contre le gros trafic pour pallier une politique affirmée de tolérance envers les consommateurs. Les accusations de Paris concernant, dans un premier temps, les coffee-shops, (...)
France
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
La situation des drogues en France, comme dans la plupart des autres pays de l’Union européenne, a connu de profonds changements durant les deux dernières années. Ces mutations, que reflètent en particulier les saisies, concernent d’abord la consommation : à celle des drogues classiques (dérivés du cannabis, cocaïne, héroïne) est venue s’ajouter celle, de plus en plus généralisée, des drogues de synthèse, qu’elles appartiennent à la famille des amphétamines (MDMA, speed, etc.), aux hallucinogènes (LSD) ou (...)
Belgique
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
Ecartelée entre les deux pôles extrêmes en matière de politique antidrogues de ses voisins, les Pays-Bas et la France, la Belgique aura vécu en 1996 une année culturellement déterminante. Emanant de l’un des personnages-clés du Parti socialiste - parti largement dominant en communauté francophone de Belgique -, la "proposition Moriau" de dépénalisation des dérivés de cannabis a opportunément débouché sur une réflexion officielle plus large, englobant une remise en cause complète des politiques fédérales et (...)
Allemagne
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
A force de mettre en place des expériences in vitro de substitution et de distribution d’héroïne, dont certaines durent depuis plusieurs années, l’Allemagne légitime sur son territoire des "poches" de dépénalisation de plus en plus importantes. La décision de la Cour Constitutionnelle de Karslruhe en 1994, qui laisse à chaque land le soin de déterminer qui est "consommateur" et qui est "revendeur" en fonction du poids de cannabis saisi, a créé une inégalité de fait devant la loi. Incapable d’imposer (...)
Suisse
par Observatoire géopolitique des drogues
1er septembre 1997
La place financière suisse conserve un rôle de premier plan pour le blanchiment d’avoirs criminels. Les autorités judiciaires suisses et étrangères ont été unanimes à le déplorer en 1996. Au début de l’été, le procureur de la Confédération helvétique, Carla del Ponte, affirmait ironiquement que les criminels avaient raison de déposer leur argent en Suisse, en raison de la qualité des prestations que leur offre l’appareil bancaire helvétique. Auparavant, elle avait rappelé lors d’une conférence de policiers (...)
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Bosnie-Herzegovine
Pologne
Italie
Grèce
Grandes tendances pour les années 1995-1996
Arménie
Côte d’Ivoire