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115 atlantistes contre la Russie

115 atlantistes contre la Russie

La tragédie de Beslan a donné lieu, depuis un mois, à une intense campagne de propagande dans la presse occidentale visant à accréditer l’idée que la Russie serait redevenue un pays totalitaire. Un manifeste reprenant cette rhétorique a été publié cette semaine dans l’ensemble de la presse occidentale sous la forme d’une lettre ouverte. Ses signataires y développent un discours qui n’est pas sans rappeler celui de Ronald Reagan au sujet de l’ « Empire du mal » soviétique. Par leur voix, ils répercutent la volonté des néo-conservateurs de Washington de déstabiliser un pays devenu le premier producteur mondial de pétrole.

Réseau Voltaire | Paris (France)
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C’est sans aucun doute la plus importante opération de communication politique globale de l’année 2004. Une Lettre ouverte, signée par 115 personnalités atlantistes, a été adressée, mardi 28 septembre, « aux chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne et de l’OTAN » avec copie à l’agence Reuters. Les auteurs dénoncent « la façon dont les événements tragiques [de Beslan] sont utilisés [par le président Poutine] pour miner un peu plus la démocratie en Russie ». Ils affirment qu’« il est temps pour nous de repenser les modalités et les limites de notre engagement avec la Russie de Poutine ». En un mot, ils appellent sans le formuler explicitement à la rupture du Partenariat pour la paix conclu entre l’OTAN et la Fédération de Russie et à la relance de la Guerre froide.

Les signatures de cette Lettre ouverte ont été collectées par le secrétariat de l’ancien président tchèque, Vaclav Havel. Le texte a été publié le mercredi 29 par le Financial Times Deutschland [1] et, simultanément, le Washington Post [2] en a livré un commentaire. Le jeudi 30, il paraissait en version intégrale dans de grands quotidiens, dans tous les pays de l’OTAN et de l’UE, soit sous forme de publicité payante, soit comme tribune libre gratuite. Le même jour, de larges publicités parues dans la presse états-unienne annonçaient la mise en ligne d’un site internet, La Russie en procès, complétant un site précédent édité par le Centre pour l’avenir de la Russie.

Alors que depuis une décennie, la pensée dominante considère qu’après l’effondrement de l’URSS les États-Unis sont devenus la seule hyper-puissance, des personnalités de premier plan renouent avec la rhétorique de l’affrontement Est-Ouest. Pour les atlantistes, les États-Unis ne seraient donc plus un État au-dessus des autres, comme ils l’avaient rêvé, mais une puissance rivale de la Fédération de Russie, comme par le passé. Une nouvelle mobilisation de l’Occident s’imposerait pour contenir l’impérialisme russe et casser le processus totalitaire en cours. L’« Empire du Mal » ne serait plus le fruit du communisme, mais d’un atavisme russe par essence nationaliste et autoritaire.

Pour bien comprendre ce qui est en train de se passer un retour en arrière et une visite des coulisses de cette opération de propagande sont nécessaires.

La détérioration des relations russo-états-uniennes

Les relations entre le Kremlin et la Maison-Blanche se sont rafraîchies, le 2 juillet 2003, avec l’arrestation de Platon Lebedev, président du groupe bancaire Menatep, arrêté pour fraude fiscale. Elles se sont tendues un peu plus avec l’arrestation de Mikhaïl Khodorkovsky, président du groupe pétrolier Yukos-Sibneft, le 25 octobre 2003, également pour fraude fiscale. Elles ont viré au vinaigre avec l’arrestation au Qatar, en février 2004, de trois agents des services secrets russes, dénoncés par la CIA, alors qu’ils venaient d’assassiner Zelimkhan Yandarbiyed, considéré comme le commanditaire de la prise d’otages du théâtre de Moscou. Elles sont entrées dans une phase d’affrontement, ce mois-ci, après les déclarations de Vladimir V. Poutine attribuant à mots couverts la prise d’otages de Beslan aux services secrets anglo-saxons.

Le Kremlin s’est engagé dans une politique de ré-appropriation des richesses nationales, privatisées sous Boris Eltsine au profit d’une poignée de copains, en faisant tomber un à un chacun des « oligarques ». Ce processus, qui est vécu par le peuple russe comme la récupération de biens collectifs volés, est analysé aux États-Unis comme une nationalisation déguisée, un retour rampant à un collectivisme étatique. Il a touché les investisseurs de Wall Street, notamment lors de l’arrestation de M. Khodorkovsky. Celui-ci était en effet proche de la famille Bush au point d’être conseiller de leur société de placement, le Carlyle Group [3].

Pour le FSB, et bien que ces éléments ne figurent pas dans la procédure judiciaire, Mikhaïl Khodorkovsky n’était pas seulement un homme d’affaire, c’était aussi un traître. En lien avec Henry Kissinger et George Soros, il aurait préparé un renversement de Vladimir V. Poutine et la décision de son arrestation aurait été prise in extremis pour empêcher un coup d’État.

Cependant, depuis les attentats du 11 septembre 2001, un accord non-écrit entre les membres permanents du Conseil de sécurité les autorisaient à assassiner à l’étranger des chefs terroristes sans craindre d’incidents diplomatiques. Ainsi, la CIA avait pu liquider au Yémen des hommes soupçonnés d’appartenir à une organisation terroriste internationale, en tirant un missile Predator, sans soulever de protestation. Identiquement, le FSB avait cru pouvoir assassiner au Qatar M. Yandarbiyed pour venger les 129 victimes de la prise d’otage du théâtre de Moscou d’octobre 2002. Mais les agents du FSB ont été dénoncés par la CIA aux autorités qataries et interpellés à l’aéroport de Doha alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le pays. Incarcérés, ils attendent leur jugement et encourent la peine de mort pour meurtre. Pour le Kremlin, la preuve était faite que la « guerre mondiale au terrorisme » n’est qu’une rhétorique vide de sens utilisée par la Maison-Blanche pour se donner la possibilité de passer, seul, outre le droit international.

En outre, nous avons rapporté dans ces colonnes que la prise d’otage de Beslan a été interprétée par le Kremlin et l’opinion publique russe comme une manipulation orchestrée par la CIA états-unienne et le MI6 britannique [4].

Le dispositif Woolsey

Cette escalade intervient alors que la donne énergétique mondiale est en plein bouleversement. Les ressources pétrolières US arrivent à épuisement et la production intérieure devrait s’effondrer dans les deux prochaines années. Les guerres de prédation sont un échec. Malgré la présence d’une coûteuse armada sur place, il est impossible d’exploiter pleinement les champs pétroliers irakiens. Les opérations de prise de contrôle de petits gisements ont également tourné au fiasco et il semble, de toute manière, que le coût de guerres périphériques et de constructions d’installations d’exploitation soit en définitive impossible à amortir dans la longue durée. Les actions de déstabilisation, comme au Venezuela, ont, elles aussi, échoué. La Maison-Blanche a donc renoncé à diversifier ses sources d’approvisionnement. Elle resserre son dispositif et se concentre sur des cibles majeures : les trois principaux États pétroliers du monde que sont l’Arabie saoudite, la Russie et l’Iran.

Cette nouvelle stratégie, en rupture avec celle énoncée par le vice-président Cheney pour le premier mandat Bush [5], devrait s’imposer comme celle de l’administration « W.2 ». Prenant acte de leurs échecs, le complexe militaro-industriel, les multinationales du pétrole et de la pharmacie, et leurs relais politiques néo-conservateurs définissent de nouveaux objectifs et préparent de nouvelles équipes. Ce travail est réalisé en coulisse par l’ancien patron de la CIA, R. James Woolsey, assisté par l’ancien contrôleur financier du Pentagone, le rabbin Dov Zakheim, sous couvert de la société de conseil Booz Allen Hamilton [6].

Ancien collaborateur de Dick Cheney et de Donald Rumsfeld sous Ronald Reagan, R. James Woolsey est un démocrate néo-conservateur. Il fut directeur de la CIA sous Bill Clinton avant de se reconvertir dans la préparation de la guerre contre l’Irak. Il fabriqua Ahmed Chalabi et pilota le Congrès national irakien en exil. Par l’intermédiaire de la journaliste du New York Times, Judith Miller, il diffusa largement toutes sortes d’intoxications pour conduire à la guerre [7]. Actuel président de la Freedom House [8], il supervise les critères d’attribution de l’aide états-unienne aux États en développement et attribue bons et mauvais points en matière de Droits de l’homme, selon que l’État concerné est ami ou ennemi.

R. James Woolsey vient de constituer une nouvelle association destinée à préparer l’opinion publique états-unienne à la politique étrangère de « W.2 ». Il lui a donné le nom de Comité sur le danger présent (Committee on Present Danger - CPD) par analogie avec deux associations homonymes qui mobilisèrent les États-uniens contre les Soviétiques tout au long de la Guerre froide [9]. Son objectif est de tourner la page de la rhétorique de l’unité mondiale face au terrorisme et de la remplacer par un discours mixant « guerre contre le terrorisme islamique » et « lutte contre le totalitarisme russe ». Pour éviter que ce revirement idéologique ne paraisse évidemment dicté par des questions énergétiques, il les a évacuées de ses campagnes destinées au grand public et les a limitées à une association spécialisée, l’Institut pour l’analyse de la sécurité globale (Institute for the Analysis of Global Security - IAGS) [10].

Considérant que l’élection présidentielle n’est qu’une formalité dont le résultat est connu d’avance, R. James Woolsey s’est employé à ne pas reproduire le dispositif partisan de 2000, mis en place autour du projet pour un nouveau siècle américain (Projet for a New American Century - PNAC) [11]. Il a placé le Comité sur le danger présent sous les auspices de deux personnalités aux étiquettes différentes, un sénateur républicain, John Kyl, et un démocrate Joseph Liberman.
Conscient que la présidence de l’Empire états-unien dépasse les frontières du pays, M. Woolsey a décidé d’élargir son action de communication à l’ensemble du bloc atlantique. Il a donc adjoint au Comité sur le danger présent une branche internationale qu’il a confiée à l’ancien secrétaire d’État et animateur du Comité pour la libération de l’Irak, George P. Schultz [12], lequel s’est adjoint l’Espagnol José Maria Aznar pour la droite européenne et le Tchèque Vaclav Havel pour la gauche.

Le rôle de Vaclav Havel

M. Havel, qui jouit d’une image positive en Europe occidentale où on lui attribue d’avoir réussi une « révolution de velours » dans son pays, est un pilier de l’atlantisme. Aveuglément dévoué à Washington, il avait été jusqu’à proposer, lorsqu’il avait quitté la présidence de son pays, de modifier les règles électorales et de donner la nationalité tchèque à Madeleine K. Albright pour qu’elle puisse lui succéder [13].
Le 30 janvier 2003, M. Havel avait signé, avec sept autres dirigeants européens (dont José Maria Aznar), une tribune intitulée « L’Europe et l’Amérique doivent rester unies » appelant leurs homologues à soutenir l’invasion de l’Irak pour mettre fin à la menace des armes de destruction massive [14].
En juillet 2003, Madeleine K. Albright a organisé à Madrid une conférence internationale avec José Maria Aznar et Vaclav Havel pour la démocratie à Cuba au cours de laquelle a été élargi le Comité international pour la démocratie à Cuba qu’elle avait créé avec les fonds de la NED/CIA.
En juillet 2004, le gouvernement tchèque a créé un « département chargé des régimes totalitaires » au sein de son ministère des Affaires étrangères [15]. Sa direction politique a été confiée à l’ancien président Vaclav Havel avec comme mission de relayer en Europe centrale et orientale les ingérences « démocratiques » de l’OTAN.
Du 17 au 19 septembre 2004, Vaclav Havel et José Maria Aznar ont co-présidé une nouvelle conférence pour la démocratie à Cuba, cette fois dans les locaux du Sénat tchèque, à Prague [16]. Il s’agissait de montrer que, même après l’effondrement de l’URSS, Cuba relève toujours de l’« Empire du Mal ».
Le son côté le département d’État dépense des trésors de persuasion pour convaincre les cinq juges Nobel d’attribuer le Prix de la paix 2004 à Vaclav Havel.

Pour réunir les 115 signatures de sa pétition anti-russe, M. Havel s’est appuyé sur plusieurs réseaux. En premier lieu sur la Nouvelle initiative atlantique, un programme de l’American Enterprise Institute qu’il avait contribué à créer, à Prague, en 1996, avec George P. Schultz.

Pour ne pas « griller » des « messagers de l’Amérique » dans leurs propres pays, R. James Woolsey et Vaclav Havel ont pris soin, lorsque cela paraissait nécessaire, de ne solliciter que des atlantistes de droite ou que des atlantistes de gauche. La liste des signataires est donc bipartisane à l’échelle internationale, mais pas toujours au plan national. Par exemple, il a sollicité pour la France Pascal Bruckner, André Glucksman, Pierre Hassner, Bernard Kouchner et Jacques Rupnik. Du coup, il a renoncé à Pierre Lellouche, Alain Madelin [17] et Jean-François Revel.

Simultanément, le banquier néo-fasciste Richard Mellon Scaife a financé par le biais de ses multiples fondations le Centre pour le futur de la Russie et le site internet La Russie en procès. Si le site dénonce les violations des Droits de l’homme en Tchétchénie et les atteintes à la liberté de la presse dans l’ensemble de la Russie, son argument principal est on ne peut plus clair : « Dites au président Bush de dire Non à un contrôle des ressources pétrolières par le Kremlin ! ». À y regarder de plus près, la Lettre ouverte du Comité sur le danger présent n’est pas plus discrète. On peut y lire que « la politique étrangère du président Poutine est de plus en plus marquée par une attitude menaçante envers les voisins de la Russie et la sécurité énergétique de l’Europe » (sic).

Une nouvelle donne internationale ?

Le choix des néo-conservateurs de consacrer le second mandat Bush au contrôle des ressources pétrolières du Golfe arabo-persique et de Russie, après la déroute des projets pharaoniques du bassin de la Mer Caspienne, devrait logiquement susciter une alliance arabo-russe, malgré la permanence du conflit tchétchène.
En septembre 2003, le prince régent d’Arabie saoudite, Abdallah, inquiet d’une éventuelle déstabilisation de son pays par la CIA avait annulé son voyage prévu de longue date à Washington et s’était soudainement rendu à Moscou [18]. Il avait pris acte de la fin de l’athéisme d’État soviétique et conclu la réconciliation russo-saoudienne en saluant la place de la communauté musulmane dans la Fédération de Russie [19].
Cette alliance avait été élargie lors du Xe sommet de la Conférence islamique, qui s’est tenu en Malaisie en octobre 2003 [20]. La Fédération de Russie y avait été admise en qualité d’observateur compte tenu de sa forte population musulmane, elle avait pu ainsi resserrer ses liens avec les États arabes présents.
Dans la nouvelle Guerre froide qui s’annonce, les cartes ont été redistribuées : les deux premiers producteurs mondiaux de pétrole ne sont plus adversaires.

Annuaire des signataires de la lettre ouverte « Cessons d’embrasser Poutine » - 1ère partie

Annuaire des signataires de la lettre ouverte « Cessons d’embrasser Poutine » - 2nde partie

Texte intégral de la lettre ouverte

[1] « Offener Brief rückt Putin in die Nähe eines Diktators » par Wolfgang Proissl, Financial Times Deutchland, 29 septembre 2004.

[2] « Foreign Policy Experts Protest Putin’s Action », par Colum Lynch, The Washington Post, 29 septembre 2004.

[3] « Bush, Khodorkovsky & Associates », Voltaire, 13 novembre 2003.

[4] « La responsabilité anglo-saxonne à Beslan » par Mariviala Carrasco et la rédaction, Voltaire, 27 septembre 2004.

[5] « Les ombres du rapport Cheney » par Arthur Lepic, Voltaire, 30 mars 2004.

[6] « Dov Zakheim, la caution du Pentagone » par Paul Labarique, Voltaire, 9 septembre 2004.

[7] « Judith Miller, journaliste d’intoxication massive » par Paul Labarique, Voltaire, 5 mars 2004.

[8] « Freedom House : quand la liberté n’est qu’un slogan, Voltaire, 7 septembre 2004.

[9] « Les marionnettistes de Washington » par Thierry Meyssan, Voltaire, 13 novembre 2002.

[10] « L’IAGS prépare l’économie états-unienne à la guerre » par Arthur Lepic, Voltaire, 30 septembre 2004.

[11] « L’Institut américain de l’entreprise à la Maison-Blanche », Voltaire, 21 juin 2004.

[12] « Une guerre juteuse pour Lockheed Martin », Voltaire, 7 février 2003.

[13] « Albright tipped for Czech presidency », BBC News, 28 février 2000.

[14] « La crise irakienne menace l’Europe entre atlantistes et indépendantistes », Tribunes libres internationales, in Voltaire, 30 janvier 2003.

[15] Un département chargé des régimes totalitaires a été créé au ministère tchèque des AE, AFP, 14 juillet 2004.

[16] « Un nouveau plan anticastriste ? », Voltaire, 22 septembre 2004.

[17] « Madelin et Lellouche contre Chirac », Voltaire, 15 avril 2003.

[18] « Déclaration conjointe russo-saoudienne », 4 septembre 2003.

[19] Les Saoudiens distinguent la question de l’islam russe de celle de la Tchétchènie.

[20] « Discours de Vladimir Poutine au Xe sommet de l’OCI », 16 octobre 2003.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie des analyses de politique étrangère dans la presse arabe, latino-américaine et russe. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).

 
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Guerre médiatique
 
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11 Septembre, La Faillite des médias
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Communication
La communication politique, qu’on l’appelle positivement « art de la persuasion » ou négativement « propagande », a changé de nature au cours des deux Guerres mondiales. Les premiers, les Britanniques (Lord Baeverbrook et Lord Northcliffe) ont créé un ministère de l’Information et ont élevé le mensonge au rang de stratégie militaire. Leur exemple a d’abord été suivi par les États-Unis, puis par l’Allemagne (Goebbels) et l’URSS (Tchakotine).
En principe, ce qui était admis en période de conflit ne l’était pas en temps de paix, mais la Guerre froide étant un état intermédiaire, les deux blocs développèrent des systèmes concurrents de propagande dans leurs zones d’influence. Au cours des années 70, le mouvement des non-alignés tenta de libérer l’information en secouant le joug des agences de presse monopolistiques. Cette révolte tourna court lorsque les États-Unis et le Royaume-Uni claquèrent la porte de l’UNESCO.
À la fin des années 80, les États-Unis étendirent leur hégémonie médiatique à l’échelle du globe à la faveur de l’essoufflement de l’URSS. Ils créèrent un nouveau modèle de consommation, l’information audio-visuelle en continu, qu’ils submergèrent de leurs propres contenus. La rapidité de la transmission leur permit ainsi de court-circuiter le travail de vérification des journalistes et d’imposer leur narration de l’actualité.
Au début du XXIe siècle, les gouvernements anglo-saxons mirent en place des outils communs de « communication globale » veillant à associer la narration de l’actualité avec des émotions et des actions collectives de conditionnement. Par exemple, à l’occasion de l’an 2000, la Maison-Blanche manipula les peurs millénaristes en annonçant un gigantesque bogue informatique. Ce canular fut accompagné de toutes sortes d’historiettes sur les conséquences prévisibles du bogue et d’instructions pour sauver les installations informatiques. Cette mise en scène fut appuyée par une agence temporaire des Nations Unies, l’International Y2K Cooperation Center (IY2KCC), et permit aux USA de vendre pour plus de 200 milliards de dollars de logiciels faisant de Bill Gates l’homme le plus riche du monde.
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Nouvelle Guerre froide
Depuis le début du XXe siècle, les Anglo-Saxons considèrent l’URSS, puis la Russie, comme leur ennemi principal. Persuadés que Moscou tenterait d’envahir toute l’Europe après la défaite du IIIe Reich, ils firent durer la Seconde Guerre mondiale pour affaiblir les Soviétiques, bombardèrent les villes allemandes pour s’assurer que l’Armée rouge ne pourrait rien en retirer, et lancèrent deux bombes nucléaires sur la population japonaise pour dissuader Staline de profiter de son avantage militaire. En 1949, Ils fondèrent l’OTAN et transformèrent la division de l’Europe en deux zones d’occupation en une Guerre froide, qui ne prit réellement fin qu’avec la disparition de l’URSS.
Cependant, face au redressement inattendu de la Russie, les Anglo-Saxons reviennent à leur stratégie initiale. La continuité de leur politique anti-russe est incarnée par le professeur Zbignew Brzezinski, conseiller de sécurité nationale du président démocrate Carter, passé au parti républicain, puis revenu au parti démocrate pour faire élire son élève, Barack Obama. Artisan, dans les années 70 d’un soutien inconditionnel au shah d’Iran et de l’organisation de la guerre d’Afghanistan, il préconise aujourd’hui un rapprochement avec le régime islamique iranien et l’extension de la guerre au Pakistan.
Moscou, qui est parvenu à vaincre l’émirat islamique d’Itchkérie (Tchétchènie) et à stopper l’agression géorgienne en Ossétie du Sud, s’est fait piéger par l’Ukraine lors de la guerre du gaz.
La stratégie de la Nouvelle Guerre froide n’est guère différente de la précédente. Sans imagination, la presse atlantiste applique les mêmes clichés à la Russie d’aujourd’hui qu’à l’URSS d’hier bien que les situations soient fort différentes. Londres, qui hébergeait jadis des dissidents, est devenu le refuge des oligarques mafieux en fuite. Le Pentagone déploie un prétendu bouclier anti-missiles comme il le fit avec les Pershing II, l’OTAN s’élargit à l’Est et ouvre de nouvelles bases dans le Grand Nord pour encercler l’ennemi de toujours, etc.
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La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
« SYRIA PRESS REVIEW » #49
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
Partners, 10 February 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
 Der Westen sucht den « B » Plan
« Presseschau Syrien » #48
Der Westen sucht den « B » Plan
Partner, 9. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
por Luis Alberto Pacheco Mandujano, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
por Héctor Guillén Tamayo, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012