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Faux experts et vrais mensonges

9/11 : Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié reconnaissent avoir inventé la piste saoudienne

9/11 : Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié reconnaissent avoir inventé la piste saoudienne

La théorie selon laquelle les attentats du 11 septembre 2001 auraient été financés par les Saoudiens a fait long feu. Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié, les pseudos-experts qui l’ont étayée viennent de reconnaître s’être trompés en tous points. Il reste que cette supercherie a rencontré un écho international et continue à servir de base à ceux qui prétendent que les États-Unis n’auraient pas dû attaquer l’Irak, mais l’Arabie saoudite. Le Réseau Voltaire revient sur cette incroyable mystification médiatique.

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C’est une humiliation rare : les deux experts les plus cités au monde à propos du financement des attentats du 11 septembre 2001 ont publié, au tarif publicitaire, dans de grands quotidiens leurs plates excuses pour s’être trompés de A à Z [1]. Cette initiative est la conséquence d’un protocole d’accord signé avec la famille Bin Mahfouz pour mettre un terme aux procès en diffamation engagés. Cependant, faute de place, les lecteurs des journaux devront se contenter d’un démenti succinct et sans appel, alors que le protocole comprend 12 pages de rétractations portant sur 42 erreurs graves.

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Excuses publiques de MM. Dasquié et Brisard

Les deux experts médiatiques sont le Français Guillaume Dasquié et le Franco-États-uniens Jean-Charles Brisard. Ils ont formé une brillante équipe pour intoxiquer la presse du monde entier et des institutions nationales et internationales, puis se sont spécialisés, le premier dans le dénigrement de Thierry Meyssan, le second dans celui de Tariq Ramadan, fournissant là encore toutes sortes de fausses informations à une presse avide de boucs émissaires. Si l’administration Bush a imposé la théorie selon laquelle les attentats du 11 septembre 2001 auraient été perpétrés par des agents kamikazes d’Al Qaïda, ce sont MM. Dasquié et Brisard qui ont inventé le complément théorique selon lequel ces attentats auraient été financés par des milliardaires saoudiens.

À la lecture de leur communiqué d’excuses, on pourrait un instant croire à leur bonne foi, mais l’ampleur de leurs manœuvres et la chronologie des évènements ne plaident pas en leur faveur. La seule vraie question est de savoir qui a pu commanditer une opération aussi vaste.

Tout commence en 2000, Jean-Charles Brisard, ancien assistant parlementaire des députés RPR Christian Estrosi, puis Alain Marsaud et biographe officiel de Charles Pasqua [2], a intégré la cellule d’intelligence économique de la multinationale Vivendi (ex-Compagnie générale des eaux, renommée depuis Veolia). Ce petit groupe est dirigé par l’ancien juge anti-terroriste, puis député pasquaïen, Alain Marsaud. Sans que l’on sache pourquoi, ils enquêtent sur le financement des ONG musulmanes par des milliardaires saoudiens et sur le lien entre ces ONG et la mouvance islamiste. Ils travaillent en relation avec des agents du FBI, notamment John O’Neill rencontré par Alain Marsaud lors d’une conférence au siège du FBI à Quantico [3]

En 1999, M. Brisard rédige un premier rapport sur ce sujet qui circule rapidement au sein de l’OCDE. Cette organisation intergouvernementale, issue du Plan Marshall, joue un rôle central dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Parmi les structures incriminées figure un établissement français, la Société bancaire arabe (SBA), dont Salim Mahfouz est actionnaire. Affolée, la Banque de France photocopie elle-même le rapport et le transmet à plusieurs de ses partenaires pour les mettre en garde. Selon la lettre politique confidentielle Le Pli, le flamboyant Pdg de Vivendi, Jean-Marie Messier, remet lui-même une version de ce rapport au président Jacques Chirac.

Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, alors que les cendres du World Trade Center étaient encore chaudes, Jean-Charles Brisard produit une version actualisée de son rapport d’enquête. Sur 71 pages, il y étudie la nébuleuse financière d’Oussama Ben Laden et démontre l’implication des plus hauts financiers saoudiens dans le financement du terrorisme international. Les wahhabites sont coupables. Les premiers extraits de ce document sont publiés dans le quotidien économique La Tribune du 13 septembre 2001 [4]. Le journal le présente comme « un rapport d’enquête officiel franco-américain ». La rédaction a en effet été convaincue que M. Brisard travaille conjointement pour la DST et le FBI. Compte tenu des relations de cet enquêteur, cette assertion paraît plausible. D’autant que M. Brisard écrit dans la Revue de la Défense nationale [5].

Ce document est bientôt intégralement mis en ligne sur le site internet de la lettre confidentielle Intelligence On Line, dont Guillaume Dasquié est rédacteur en chef. Cette fois, il est précisé que le rapport « est l’œuvre d’un expert international ayant travaillé sur ce sujet dans le cadre d’une mission pour un organisme fiscal » [6]
Le document est publié par l’Assemblée nationale française en annexe du rapport de la Mission d’information sur le blanchiment des capitaux en Europe [7]. Une décision prise par le rapporteur de la Mission, le député Arnaud Montebourg, formé par John Negroponte à la French American Foundation [8].

L’intoxication est générale. De nombreux médias la répercutent croyant pouvoir s’appuyer sur un rapport qui a été ainsi visé par tant d’institutions. M. Brisard est notamment l’invité du magazine de France Télévision « Pièces à conviction » où il est présenté comme collaborateur de la DST et où il réitère ses accusations. Tandis que pour Le Monde, le rapport Brisard a été commandité par le FBI [9]
Le Réseau Voltaire publie une enquête de Thierry Meyssan avec un angle fort différent : « Les liens financiers occultes entre les Bush et les Ben Laden ». Selon cette analyse, les deux familles, loin d’être des ennemies, seraient en affaire depuis longtemps. Mais l’article reproduit lui aussi quelques imputations issues de ce document [10].

Problème : la famille Bin Mahfouz et la Société de banque arabe réagissent à ce qu’elles perçoivent comme une campagne de calomnies. Intelligence On Line retire le document de son site internet et prévient ses lecteurs. L’Assemblée nationale interrompt la diffusion de son rapport et passe les exemplaires restants au pilon. Le Réseau Voltaire publie une mise au point avec les premiers détails sur la manipulation [11]. Puis, il publie une version corrigée de son enquête dans l’hebdomadaire mexicain Proceso [12].

Une autre intoxication circule depuis trois ans pour créditer le lien entre les financiers saoudiens et le terrorisme international : la sœur de Khaled ben Mahfouz aurait épousé Oussama Ben Laden. Elle provient du témoignage sous serment de James Woolsey, directeur de la CIA, devant le Sénat des États-Unis [13]. Ce mensonge ne sera démenti que beaucoup plus tardivement [14]

Quoi qu’il en soit, Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié publient ensemble une version grand public du rapport bidon sous forme de livre : Ben Laden, La Vérité interdite [15]. La veille de sa sortie en librairie, les bonnes feuilles en sont publiées par Le Monde. Le quotidien atlantiste prétend que le rapport initial de Jean-Charles Brisard a été rédigé « à la demande d’un service de renseignement français » et qu’il « a été présenté à George Bush par Jacques Chirac lors de sa première visite à Washington après le 11 septembre » [16].

L’ouvrage connaîtra un succès international. Il accrédite la thèse de la responsabilité saoudienne et de l’impuissance de la bureaucratie états-unienne qui n’aurait pas écouté à temps les avertissements d’un vertueux officier du FBI. Lors de sa publication aux États-Unis [17], le dossier de presse diffusé par leur éditeur Nation Books indique que Jean-Charles Brisard a été conseiller du sénateur démocrate du Colorado Marty Wirth [18]. Problème : ce sénateur n’a jamais existé et M. Brisard n’a jamais figuré sur le registre des personnes accréditées au Congrès [19].
L’ouvrage, qui sert évidemment à préparer la guerre que les néo-conservateurs veulent livrer à l’Arabie saoudite [20] est perçu, à tort, par les opposants à George W. Bush comme une critique révolutionnaire du discours gouvernemental. Il est primé par le Project Censored en 2003 [21]. En fait de révolution, le livre de MM. Brisard et Dasquié sert de base au rapport rédigé par de très hautes personnalités états-uniennes pour le Council on Foreign Relations à propos de la lutte contre le financement du terrorisme [22]. Parmi la douzaine de rédacteurs, on relève des responsables du Conseil de sécurité nationale et un ancien directeur de la CIA.

Très intrigué par le fait que Guillaume Dasquié, en tant que rédacteur en chef d’Intelligence On Line ait diffusé puis désavoué le rapport Brisard et qu’à titre personnel il en ait rédigé une version grand public, Thierry Meyssan se rend à son bureau pour le rencontrer [23]. Mais il n’obtient pas de réponse claire mais une proposition d’embauche qu’il écarte.
En mars 2002, Thierry Meyssan publie L’Effroyable imposture [24], une analyse des attentats du 11 septembre et de leurs conséquences en politique intérieure et extérieure états-uniennes. Il y réfute la thèse gouvernementale du complot islamique mondial financé par les saoudiens. Il est conspué par une très violente campagne de presse animée par les relais français du Manhattan Institute [25] et de la Foundation for the Defense of Democracies [26]

Guillaume Dasquié ne tarde pas à publier un ouvrage en réplique avec le journaliste du Point Jean Guisnel, L’Effroyable mensonge [27]. Les deux auteurs se gardent bien de discuter l’analyse des dérives politiques intérieures et extérieures des États-Unis. Ils concentrent leur critique sur un chapitre, très médiatisé en France, la contestation qu’un avion se soit écrasé sur le pentagone. Problème : pour cela, ils bravent les lois de la physique newtonnienne et assurent sans rire que l’avion s’est écrasé en « piqué horizontal ». L’essentiel de leur pamphlet est une supputation sur l’identité des collaborateurs du Réseau Voltaire visant à faire accroire que l’association aurait viré à l’extrême droite [28].
La presse internationale est satisfaite. MM. Dasquié et Guisnel ont « prouvé » que les journalistes ont bien fait leur travail sur le 11 septembre et que les travaux de Meyssan peuvent être écartés. Inutile de les lire. Problème : ce livre fait l’objet d’une condamnation judiciaire [29]

De son côté, Jean-Charles Brisard ne s’en tient pas là. Il devient enquêteur aux États-Unis pour un prestigieux cabinet d’avocats Motley Rice LLC qui défend 5 600 parents de victimes des attentats du 11 septembre et exige des dommages et intérêts de la famille royale saoudienne [30]. Dans ce cadre, M. Brisard transmet des documents au juge Renaud van Ruymbeke (proche du juge Alain Marsaud). Yeslam Binladen et son demi-frère Oussama diposaient d’un compte commun à l’Union des banques suisses (UBS) de 1990 à 1997 [31]. Des transferts de fonds de 300 millions de dollars auraient été opérés entre la Suisse et le Pakistan en 2000 pour financer les attentats. Le parquet de Paris ouvre une enquête. Problème : après avoir perquisitionné neuf sociétés, la Suisse constate que l’accusation n’est aucunement étayée et rejette la commission rogatoire internationale [32]. Selon l’AFP, les déclarations de M. Brisard reposeraient sur des informations provenant des services états-uniens [33]. Comme le reste, c’est faux.
Problème : M. Brisard a installé sa société de consulting à Lausanne. Il a été mandaté par le Ministère public de la Confédération pour produire une expertise. Mais la Suisse ignorait qu’il était un informateur du juge Van Ruymbeke et qu’il travaillait pour un cabinet d’avocats états-uniens. Or, des éléments du dossier suisse, couverts par le secret de l’instruction, ont fait surface dans le cabinet d’avocat états-unien Motley Rice LLC, comme si un expert avait organisé une fuite… [34]

En décembre 2002, il fait circuler une nouvelle version de son rapport, cette fois présentée comme une commande du président colombien du Conseil de sécurité des Nations Unies [35]. Problème : l’ambassadeur Alfonso Valdivieso dément et tempête bruyamment contre cet affabulateur.

Le 22 octobre 2003, Jean-Charles Brisard est auditionné par la Commission bancaire du Sénat des États-Unis. Il y usurpe son faux curriculum vitae et y réitère ses allégations mensongères. Il y assure que son ami, le ministre français Charles Pasqua, avait déjà tiré la sonnette d’alarme auprès du gouvernement saoudien en novembre 1994 [36].

Désormais installé à Lausanne (Suisse), Jean-Charles Brisard se consacre à l’étude d’une documentation qu’il aurait obtenue via une requête du cabinet d’avocats Motley Rice LLC : 1,5 millions de pages saisies dans les locaux d’une ONG saoudienne en Bosnie, la Benevolence International Foundation [37]. Il participe aussi à une campagne contre l’intellectuel suisse Tariq Ramadan.

En janvier 2005, Jean-Charles Brisard publie un nouvel ouvrage, Zarkaoui, le nouveau visage d’Al-Qaida [38]. Il s’agit cette fois de donner une consistance à un personnage que les États-Unis mettent en scène pour discréditer la résistance irakienne [39]. Du coup, il est sollicité comme expert par le juge Juan del Olmo dans l’enquête sur les attentats de Madrid. Il rédige un rapport établissant que l’opération a été commandité par Al-Zarkaoui pour punir l’Espagne d’avoir envoyé des troupes en Irak [40]. Problème : ces allégations seront démenties par la commission d’enquête parlementaire. Peu importe, deux ans plus tard, Jean-Charles Brisard établira avec autant d’assurance un lien entre les prétendus auteurs des attentats de Madrid et ceux de Londres [41].

Toujours sur le même créneau, Guillaume Dasquié, devenu la coqueluche des émissions de télévision et chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), publie Al Qa’ida vaincra [42]. Des bonnes feuilles paraissent dans la revue Amnistia, enquêtes interdites, qui s’est fait une spécialité de présenter à force d’amalgame le Réseau Voltaire et toutes les résistances arabes sans distinction comme des avatars du fascisme [43]. M. Dasquié élargi son propos en mettant violemment en cause la principale organisation caritative saoudienne, l’IIRO, et en établissant un lien entre un contrat d’armement franco-saoudien et les hommes d’Oussama Ben Laden [44]. Ce dernier point attire l’attention du Service de recherche du Congrès des États-Unis qui y voit une occasion de plus de lier le refus français d’intervenir en Irak à des intérêts occultes saoudiens [45]. Problème : les enquêteurs US font choux blanc.

Guillaume Dasquié a le sens de la camaraderie : il glisse dans son livre la narration d’un entretien avec le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière [46]. Lequel lui confie : « Brisard lui, finira avec une balle dans la tête. Y a des gens qui font ça très bien. Vous savez, les milieux auxquels vous vous intéressez sont dangereux. Y a des morts parfois ». Voilà qui permet à M. Brisard, ex co-auteur, de revenir sur le devant de la scène et de saisir les autorités pour demander leur protection [47]. Personne ne relève que Jean-Louis Bruguière est l’ami et le successeur du juge Alain Marsaud, qui, passé dans le privé, employa Jean-Charles Brisard pour rédiger son trop fameux rapport.

L’histoire ne s’arrête pas là. Les élucubrations de MM. Brisard et Dasquié sont reprises dans la version révisée d’un ouvrage connu de Michael Griffin sur les talibans [48]. La rumeur gonfle. Cette fois, on apprend que les Saoudiens auraient aussi commandité en 1995 l’assassinat du président égyptien, Hosni Moubarak, par Al Qaïda. Michael Griffin est un collaborateur de Transparency International, une ONG portée à bout de bras par la NED/CIA pour imposer les normes du business anglo-saxon dans le monde. Problème : M. Griffin reconnaît ses torts et retire son livre de la vente.

Surtout, les imputations de MM. Brisard et Dasquié sont popularisées dans les pays anglo-saxons par une universitaire néoconservatrice, Rachel Ehrenfeld. Elle s’est spécialisé depuis de nombreuses années dans la dénonciation des financements occultes des mouvements de libération nationale. Elle publie, en 2003, une synthèse entre ses théories personnelles et celles de Jean-Charles Brisard, Subventionner le Mal : comment le terrorisme est financé et comment l’arrêter [49]. Problème : ce livre fait l’objet d’une condamnation judiciaire [50]

Madame Ehrenfeld collabore au cabinet Benador Associates qui fournit des tribunes libres à de nombreux journaux et des débatteurs aux médias audiovisuels. En tout une cinquantaine « d’experts » auxquels le monde doit les plus spectaculaires intoxications médiatiques des années Bush (Michael Ledeen, Laurie Mylroie, Richard Perle, Walid Phares, Daniel Pipes, Natan Sharansky, Amir Taheri etc…). Parmi eux, bien sûr, James Woolsey, l’ancien patron de la CIA qui avait inventé la parenté entre Ossama Ben Laden et le milliardaire saoudien Bin Mahfouz. Rachel Ehrenfeld elle-même a évolué du statut de prêtresse de la « Guerre à la drogue » sous Bush père à celui d’experte de la « Guerre au terrorisme » sous Bush fils. Elle s’est rendue célèbre en inventant la théorie selon laquelle Fidel Castro serait un trafiquant de drogues [51] et celle selon laquelle Yasser Arafat détournait à son profit personnel l’argent de l’OLP et vivait dans un luxe de nabab [52] ; Problème : cette assertion est totalement démentie à la mort du président de l’Autorité palestinienne [53].

A la fin de la Guerre froide, Rachel Ehrenfeld affirmait à la Fondation Héritage que l’URSS supervisait à la fois le trafic mondial des drogues et le terrorisme international [54]. Aujourd’hui, c’est le juge français Jean-Louis Bruguière qui affirme au Club de Bilderberg que tout est de la faute des musulmans.

Jean-Charles Brisard (désormais présenté comme ancien officier de renseignement français) et Rachel Ehrenfeld collaborent au sein de divers organismes, écrivent sur le Terror Finance Blog et participent à l’Intelligence Summit. Le premier sort des « scoops » impliquant le théologien musulman Tariq Ramadan dans le cercle restreint des dirigeants du terrorisme international, la seconde les relaye dans les médias états-uniens [55]. Problème : là encore, tout est faux et ces allégations n’empêchent pas M. Ramadan d’être nommé dans une commission nationale de médiation par le gouvernement britannique.

Après des années de mensonges et d’usurpations, il aura fallu toute la ténacité de la famille Bin Mahfouz, mise en cause personnellement avec bien d’autres personnalités saoudiennes, pour que MM. Brisard et Dasquié, menacés de faillite par les jugements à venir au Royaume-Uni et aux États-Unis, reconnaissent publiquement avoir inventé la piste saoudienne. Encore ont-ils cherché par tous les moyens de fuir leurs responsabilités. Jean-Charles Brisard étant même allé jusqu’à demander l’immunité des témoins parlementaires au motif qu’il avait été auditionné par le Congrès [56]. Cependant, les innombrables auteurs et journalistes qui ont cité, commenté, et tiré des conclusion de travaux invalidés n’ont pas encore rectifié leurs œuvres.

[1] « Excuses publiques de Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié à Khalid bin Mahfouz et Abdulrahman bin Mahfouz » par Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié, Le Figaro, 31 octobre 2006.

[2] Charles Pasqua. Une force peu tranquille par Jean-Charles Brisard et Géraud Durand, éd. Granger, 1994. Précisons au passage, mais cela n’a bien sûr aucun rapport avec la suite de cette histoire, que Thierry Meyssan est l’auteur d’une biographie non autorisée de la même personnalité, L’Énigme Pasqua, Golias, 2000.

[3] « Tué par son plus fidèle ennemi » par Éric Pelletier, L’Express, 12 septembre 2002.

[4] « Les complexes réseaux de Ben Laden », La Tribune, 13 septembre 2001.

[5] « Services de renseignement et intérêts commerciaux américains » par Jean-Charles Brisard, Revue de la Défense nationale, juillet 2000.

[6] « Ussama Bin Laden : un Saoudien, surtout ! », Éditorial d’Intelligence On Line n°413, 20 septembre 2001.

[7] Le blanchiment des capitaux en Europe, Tome 4 : Londres, Gilbraltar et les dépendances de la Couronne, Assemblée nationale, 2001.

[8] « Un ministre français adulé aux États-Unis », Voltairenet, 7 octobre 2005.

[9] « La toile financière d’Oussama Ben Laden s’étend des pays du Golfe à l’Europe », par Babette Stern, Le Monde, 25 septembre 2001.

[10] « Les liens financiers occulte entre les Bush et les Ben Laden », Notes d’information du Réseau Voltaire n°237, octobre 2001.

[11] « Qui veut nuire à la SBA ? », communiqué diffusé mi-novembre, reproduit dans Notes d’information du Réseau Voltaire n°241, 16 décembre 2001.

[12] « Los lazos financieros ocultos entre las familias Bush y Ben Laden », dossier traduit par Anne-Marie Mergier, Proceso, 21 octobre 2001.

[13] Testimony before Senate Judiciary Committee Subcommittee par James R. Woolsey, 3 septembre 1998.

[14] M. Woolsey déclare ne plus bien se souvenir… avoir mal prononcé un nom arabe… ne pas avoir relu la transcription de son intervention (« Top investigator in 9/11 victims’s lawsuit faces libel action » par Ken Silverstein, Los Angeles Times, 26 février 2003). Puis il se rétracte le 15 décembre 200, lors de son témoignage devant la Haute Cour de Justice de Queen’s Bench Division, alors qu’il était venu soutenir le Wall Street Journal accusé de diffamation.

[15] Ben Laden, La Vérité interdite par Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié, Denoël, 2001.

[16] « Quand Washington négociait avec les talibans », Le Monde, 13 novembre 2001.

[17] Forbidden Truth : U.S. -Taliban Secret Oil Diplomacy and the Failed Hunt for Bin Laden par Jean-Charles brisard et Guillaume Dasquié, Nation Books, 2002.

[18] Extrait du dossier de presse : « Jean-Charles Brisard is former head of corporate intelligence for Vivendi Universal. Featured on radio and television around the world, Brisard is the first expert to fully investigate the financial links between Islamic banking institutions and worldwide terrorist organizations. Former advisor to Senator Marty Wirth (D/CO), Brisard studied international law in Paris and diplomacy at Georgetown University. Currently, CEO of a financial investigation company, he resides in Paris and will be available for interviews in the United States in August 2002 ».

[19] « 9/11 Author Seeks Senate Protection » par Ethan Wallison, Roll Call, 15 juillet 2004.

[20] A propos du plan Mettre les Seoud dehors, voir La « Guerre des civilisations » par Thierry Meyssan, Voltairenet, 4 juin 2004.

[21] The Top 25 Censored Media Stories of 2001-2002, Project Censored, 2003.

[22] Terrorist Financing, Council on Foreign Relations, 2002.

[23] Entretien le 14 décembre 2001 à 10h.

[24] L’Effroyable imposture par Thierry Meyssan, Carnot, 2002.

[25] « Le Manhattan Institute, laboratoire du néo-conservatisme » par Paul Labarique, Voltairenet, 15 septembre 2004.

[26] « Les trucages de la Foundation for the Defense of Democracies », Voltairenet, 2 février 2005.

[27] L’Effroyable mensonge. Thèse et foutaises sur les attentats du 11 septembre par Guillaume Dasquié et Jean Guisnel, La Découverte, 2002.

[28] Toutes ces imputations sont fantaisistes, à l’exception de la désignation du commandant Pierre-Henri Bunel, mais c’était public.

[29] TGI de Paris, XVIIe chambre correctionnelle, 15 décembre 2003. Ce jugement n’est pas définitif, les défendeurs ayant fait appel.

[30] « Members of Saudi royal family sued for alleged complicity in September 11 » et « Lawyer for families of 9/11 investigated Saudi princess » par Francis Temman, AFP, 16 août et 25 novembre 2002.

[31] « L’un des demi-frères de Ben Laden s’explique sur ses comptes bancaires », Associated press, 28 septembre 2004.

[32] « La France traque le demi-frère de Ben Laden en Suisse », Libération, 28 mars 2002.

[33] « Fin de l’enquête française sur les comptes de Yeslam Binladin », AFP, 14 septembre 2006.

[34] « Plainte pénale du demi-frère de Ben Laden après des « fuites » à Berne » par Jean-Noël Cuenod, La Tribune de Genève, 11 décembre 2004.

[35] « Terrorism financing : roots and trends of Saudi terrorism financing » Jean-Charles Brisard Consulting, décembre 2002.

[36] Written Testimony of Jean-Charles Brisard, International Expert on Terrorism Financing, Lead Investigator 911 Lawsuit, CEO JCB Consulting International, Committee on Banking, Housing and Urban Affairs, United States Senate, 22 octobre 2003.

[37] « Les financiers d’Al-Qaïda traqués depuis Lausanne » par Sylvain Besson, Le Temps, 2 août 2003.

[38] Zarkaoui, le nouveau visage d’Al-Qaida par Jean-Charles Brisard et Damien Martinez, Fayard, 2005.

[39] « Abou Moussab al-Zarkaoui, super-héros du Mal » par Vladimir Alexe, Voltairenet, 19 juillet 2005.

[40] « Un informe del equipo legal del 11-S liga la red de Al Zarqawi con detenidos del 11-M » par J.A. Rodriguez, El País, 7 septembre 2005.

[41] « Profile : British authorities find fingerprints from bomb material ; search homes in north of London », NBC News, 12 juillet 2005.

[42] Al Qa’ida vaincra par Guillaume Dasquié, Privé, 2005.

[43] Amnistia.net, 8 juillet 2005.

[44] « "Al Qaïda vaincra", le journal d’une dernière enquête sur ben Laden », AFP, 16 avil 2005.

[45] « Le Congrès américain s’intéresse à un livre français sur Al-Qaïda », AFP, 20 mai 2005.

[46] « Jean-Louis Bruguière, un juge d’exception » par Paul Labarique, Voltairenet, 29 avril 2004.

[47] « Bruguière prié par un enquêteur de préciser des menaces pesant sur lui », AFP, 9 mai 2005.

[48] Reaping the Whirlwind : The Taliban Movement in Afghanistan par Michael Griffin, Pluto Press, édition révisée et augmentée de 2003.

[49] Funding Evil ; How Terrorism is Financed and How to Stop It par Rachel Ehrenfeld, Bonus Book, 2003.

[50] Haute Cour d’Angleterre, 3 mai 2005.

[51] « The Narcotic-Terrorism Connection » par Rachel Ehrenfeld et Michael Kahan, « The Americas : Castro Is Shocked ! Shocked ! to Find Drug-Dealing Comrades » par Rachel Ehrenfeld, The Wall Street Journal, 10 février 1986 et 23 juin 1989.

[52] « Poor, wealthy Yasser » par Rachel Ehrenfeld, Jerusalem Post, 22 novembre 1994.

[53] En l’absence d’État palestinien, une partie des fonds de l’OLP était gérée sur des comptes bancaires nominatifs du président Arafat. Ce qui n’a aucun rapport avec un usage personnel.

[54] Narco-Terrorism : The Kremlin Connection, Heritage Foundation Lecture n°89, 1986. Cité dans The Terrorism Industry. The Experts and Institutions that Shape our View of Terror par Edward Herman et Gerry O’Sullivan, Pantheon Books, 1989.

[55] « Une plainte fait état de liens supposés avec les milieux terroristes internationaux » et « Hani, un frère provocateur et encombrant », Le Monde, 23 décembre 2003. « Peace Professor Singled Out Jews of France » par Elie Lake et « Why Revoke Tariq Ramadan’s U.S.Visa ? » par Daniel Pipes, The New York Sun, 7 janvier et 27 août 2004. « Why Tariq Ramadan lost ; Washington was right to deny visa » par Rachel Ehrenfeld et Alyssa A. Lappen, The Washington Times, 11 octobre 2006.

[56] Ethan Wallison op. cit.

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

11 septembre 2001
Les attentats du 11 septembre 2001 constituent le mythe fondateur à partir duquel les Anglo-Saxons justifient leur hypertrophie militaire. Dans un monde où aucun État ne cherche à se mesurer à eux, ils se sont inventé un ennemi imaginaire et invisible d’une puissance inégalée : le terrorisme. Il n’est donc pas possible de contester cette domination militaire globale sans questionner la version gouvernementale des attentats du 11-Septembre, et l’existence même d’un prétendu complot islamique mondial.
Initié par Thierry Meyssan à partir de ce site Internet et de ses ouvrages, le Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre est aujourd’hui soutenu par la majorité de l’opinion publique mondiale.
Comme une pelote de fil que l’on dévide, le dossier du 11-Septembre commence par des interrogations sur la présence d’explosifs dans les ruines du World Trade Center et sur l’absence de débris d’avion dans celles du Pentagone. Il se poursuit avec des interrogations sur les autres attentats attribués à Al-Qaïda. Puis, il débouche sur la remise en cause des lois anti-terroristes et sur la contestation de la légitimité des guerres en Afghanistan et en Irak.
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Démolition contrôlée
Démolition contrôlée
« L’art de la Guerre »
 
11 Septembre, La Faillite des médias
Par David Ray GRIFFIN
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
Communication
La communication politique, qu’on l’appelle positivement « art de la persuasion » ou négativement « propagande », a changé de nature au cours des deux Guerres mondiales. Les premiers, les Britanniques (Lord Baeverbrook et Lord Northcliffe) ont créé un ministère de l’Information et ont élevé le mensonge au rang de stratégie militaire. Leur exemple a d’abord été suivi par les États-Unis, puis par l’Allemagne (Goebbels) et l’URSS (Tchakotine).
En principe, ce qui était admis en période de conflit ne l’était pas en temps de paix, mais la Guerre froide étant un état intermédiaire, les deux blocs développèrent des systèmes concurrents de propagande dans leurs zones d’influence. Au cours des années 70, le mouvement des non-alignés tenta de libérer l’information en secouant le joug des agences de presse monopolistiques. Cette révolte tourna court lorsque les États-Unis et le Royaume-Uni claquèrent la porte de l’UNESCO.
À la fin des années 80, les États-Unis étendirent leur hégémonie médiatique à l’échelle du globe à la faveur de l’essoufflement de l’URSS. Ils créèrent un nouveau modèle de consommation, l’information audio-visuelle en continu, qu’ils submergèrent de leurs propres contenus. La rapidité de la transmission leur permit ainsi de court-circuiter le travail de vérification des journalistes et d’imposer leur narration de l’actualité.
Au début du XXIe siècle, les gouvernements anglo-saxons mirent en place des outils communs de « communication globale » veillant à associer la narration de l’actualité avec des émotions et des actions collectives de conditionnement. Par exemple, à l’occasion de l’an 2000, la Maison-Blanche manipula les peurs millénaristes en annonçant un gigantesque bogue informatique. Ce canular fut accompagné de toutes sortes d’historiettes sur les conséquences prévisibles du bogue et d’instructions pour sauver les installations informatiques. Cette mise en scène fut appuyée par une agence temporaire des Nations Unies, l’International Y2K Cooperation Center (IY2KCC), et permit aux USA de vendre pour plus de 200 milliards de dollars de logiciels faisant de Bill Gates l’homme le plus riche du monde.
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