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Washington et Paris renversent Aristide

Coup d’État en Haïti

Coup d’État en Haïti

Washington et Paris se sont réconciliés pour défendre leurs intérêts impériaux dans les Caraïbes. Ils ont savamment organisé un coup d’État en Haïti pour renverser le président élu. Après avoir fabriqué une opposition de convenance autour du financier de la dictature des Duvalier, André Apaid, Washington a créé des groupes armés autour de l’ancien officier putschiste Guy Philippe. Tandis que Régis Debray et Véronique de Villepin-Albanel tentaient de contraindre Jean-Bertrand Aristide à la démission. En définitive, la rue restant fidèle à Aristide, les « rebelles » ne sont pas entrés dans Port-au-Prince. Ce sont les Forces spéciales états-uniennes qui ont dû enlever le président, dans son palais, au petit matin.

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Dimanche 29 février 2004, Jean-Bertrand Aristide a démissionné de ses fonctions de président de la République d’Haïti et s’est enfui en avion vers une destination inconnue. En quelques jours, le chaos s’était installé dans le pays et le peuple, outré de la corruption de son régime, s’était soulevé contre lui. Tandis que les États-Unis, qui le suspectaient d’être devenu le nouveau parrain de la cocaïne dans les Caraïbes, facilitaient son départ. Washington et Paris déployaient une force d’interposition sans même attendre que le Conseil de sécurité ne vote la constitution d’une force multinationale. Fin du scénario mis au point par les services de « communication ». La réalité est toute autre.

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Louis Jodel Chamblain

Le père Jean-Bertrand Aristide a été élu à une écrasante majorité de 67,5% des voix, en 1990. Il était alors le premier président démocratiquement élu dans l’histoire de son pays. Il choisit René Préval comme Premier ministre. Mais l’arrivée au pouvoir d’un partisan de la théologie de la libération dans l’île la plus proche de Cuba marquait l’échec de la stratégie états-unienne d’endiguement du communisme dans les Caraïbes. Aristide fut donc renversé, huit mois plus tard, par le général Raoul Cédras et le FRAPH, les escadrons de la mort de Louis-Jodel Chamblain [1], soutenu par l’administration Bush pére. Pour justifier cette opération, les putschistes déclarèrent avoir libéré leur peuple d’une dictature qui attentait gravement aux droits de l’homme. Non seulement ces accusations ne furent pas étayées, mais elles devaient être démenties par la suite. Exilé aux États-Unis, Aristide mobilisa la bourgeoisie noire pour qu’elle vienne en aide à la « république nègre ». La CIA tenta alors de le discréditer en le présentant comme un malade mental et diffusa son dossier médical, lequel s’avéra ultérieurement être un faux. Cependant, le soutien grandissant d’Aristide dans l’électoral noir états-unien, plus encore que l’impopularité du régime militaire en Haïti, conduisit Bill Clinton a rompre avec la brutale politique de son prédécesseur et à négocier un compromis : Washington organisa le départ de la junte et le retour d’Aristide en l’échange d’un engagement de ne plus exacerber la lutte des classes, mais de réconcilier riches et pauvres ; et de ne plus stigmatiser le capitalisme comme un « péché mortel », mais d’appliquer les recommandations du FMI.

Aristide revient donc en 1994, dans les bagages des GI’s de l’opération Restaurer la démocratie. Il respecte ses engagements vis-à-vis de Washington ou trahit ceux de ses électeurs, selon les points de vue. La constitution n’autorisant pas deux mandats successifs, c’est son ancien Premier ministre, René Préval, qui se présente pour son parti. Il est élu à 88 %. Préval n’étant pas lié par l’engagement d’Aristide, il s’éloigne de l’orthodoxie libérale. En octobre 2000, treize officiers formés en Équateur, profitant d’un voyage en Asie de Préval, tentent un coup d’État. Ils échouent. Leur chef, le sémillant Guy Philippe, se réfugie à l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince. À l’issue du mandat de Préval, Aristide se représente et est à nouveau élu avec 91% des voix, dans une ambiance troublée et avec une abstention massive. Il renoue alors avec sa politique anti-impérialiste et demande notamment le remboursement des 90 millions de francs or extorqués par la France à Haïti entre 1825 et 1885 [2].

L’administration Bush fils prend la décision de le renverser fin 2002 et se rapproche, sur ce sujet de la France, dans la mesure où les deux grandes puissances ont toujours voulu exercer une tutelle commune sur l’île. Paris ne se positionne qu’à l’été 2003. Un plan conjoint est alors établi pour le coup d’État.

Acte 1 : la déstabilisation « démocratique »

Du côté états-unien, la Fondation nationale pour la démocratie (NED) fabrique une « opposition démocratique » en finançant des groupes de la « société civile » et le sous-secrétaire d’État Roger Noriega [3] met en place un groupe de travail « pour la restauration de la démocratie » à la Brookings Institution (cf. notre enquête La CIA déstabilise Haïti).

Acte 2 : la pression diplomatique

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Régis Debray

Du côté français, l’opération est supervisée par Régis Debray et Véronique Albanel. Celle-ci apparaît en qualité de présidente de l’association Fraternité universelle qui développe des œuvres sociales à Haïti en lien avec l’Église catholique. Elle est par ailleurs, la sœur de Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des Affaire étrangères, et l’épouse du général de division aérienne Baudoin Albanel.

Le 15 juillet 2003, André Apaid [4], ex-financier de la dictature des Duvalier [5] devenu leader du Groupe des 184 [6], organise une provocation. Il tient meeting dans un bidonville acquis à Aristide, la Cité Soleil. Il demande la protection de la France, qui le fait escorter par des gardes armés en présence du premier secrétaire Stéphane Grumberg. Comme prévu, le meeting tourne à l’émeute. Il y aura 6 morts et 40 blessés par balle. Les témoins accusent les gardes français d’être les seuls responsables de la tuerie ce qui est démenti par l’ambassade [7]

Le 17 décembre 2003, à 15h, Régis Debray se présente au palais présidentiel pour exiger la démission du président élu Jean-Bernard Aristide. Celui-ci refuse. Debray et Villepin-Albanel rendont public, quelques jours plus tard, un rapport à Dominique de Villepin. On peut y lire : « Ne nous payons pas de mots. Le départ du président Aristide ne rendra pas du jour au lendemain le pays plus prospère, ni plus productif. » (p. 35). « Beaucoup imaginent une rivalité là où il y a en fait complémentarité [entre les États-Unis et la France], et si nos moyens d’influence ne se recoupent pas, ils peuvent et doivent s’additionner, pour le bien de la nation haïtienne. Il appartiendrait peut-être au président de la république, en tous cas au ministre des Affaires étrangères, de fixer d’entrée de jeu, au meilleur niveau, les modalités et l’esprit de cette combinatoire. Une implication plus affirmée en Haïti ne saurait en effet s’exercer contre les intérêts des États-Unis, mais dans un esprit d’équilibre et de prévoyance » (p. 52). Bref, la mission est de renverser Aristide pour défendre les intérêts conjoints du grand empire états-unien et du petit empire français. Mais après la crise irakienne et dans le contexte de l’alliance germano-française en Europe, Berlin doit être associé à ce rapprochement entre Paris et Washington et y trouver aussi son intérêt dans son minuscule empire. « On ne peut s’empêcher de penser aux avantages, pas seulement symboliques, que représenterait l’ouverture à Port-au-Prince d’une mission diplomatique commune à la France et à la République fédérale d’Allemagne, à laquelle ferait naturellement pendant, de l’autre côté de l’Atlantique, l’ouverture d’une mission germano-française par exemple à Windhoek, Namibie, ou ailleurs » (p. 57).

Les États-Unis et la France exercent des pressions sur différents États de la région pour qu’ils ne participent pas aux cérémonies du 200e anniversaire de la « première république nègre d’Amérique » [8], le 1er janvier 2004 à Port-au-Prince. Seul le président sud-africain, Thabo Mbeki, défie les grandes puissances en s’y rendant.

Le 2 janvier, le Groupe des 184 présente une alternative de transition prévoyant le départ d’Aristide. Le 7 janvier, une manifestation dégénère. Immédiatement Washington accuse le gouvernement de ne pas être démocratique. Le 13 janvier, le mandat des députés et des deux tiers des sénateurs arrive à expiration, mais l’opposition refusant de désigner ses délégués à la Commission électorale, Aristide ne peut organiser les élections. Il est alors accusé de ne pas vouloir les organiser et d’instaurer une dictature.

Acte 3 : la déstabilisation militaire

La fabrication d’une opposition « démocratique » et les pressions diplomatiques s’avérant insuffisantes, Washington met en place un groupe armé en République dominicaine, placé sous le commandement de Guy Philippe. Les « rebelles » prennent le contrôle de plusieurs villes et menacent de marcher sur Port-au-Prince. Il refusent les divers plans de paix, qu’il s’agisse de celui de l’épiscopat ou de celui de l’Organisation des États américains.
L’opposition "« démocratique » du Groupe des 184 reste en contact permanent avec le secrétaire d’État Colin L. Powell. Sur ses instructions, elle prend ses distances avec les rebelles pour rester en capacité d’exercer le pouvoir sans avoir à endosser les exactions qui peuvent être commises dans son intérêt.
Le 21 février, le plan de règlement de la communauté internationale est accepté par Aristide, mais rejeté par l’opposition qui exige toujours son départ.

Le 23 février, des troupes fraîches franchissent la frontière aux côtés de Louis-Jodel Chamblain. L’AFP commente : « À Port-au-Prince beaucoup pensent que l’armée dominicaine a laissé passer les anciens militaires haïtiens avec l’aval des États-Unis, qui fournit la quasi-totalité de son équipement et entretient des liens très étroits avec son haut commandement et le gouvernement. Saint-Domingue est le seul pays des caraïbes à avoir envoyé 300 militaires en Irak à la demande de Washington. » [9]

Acte 4 : l’enlèvement

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Roger Noriega

Le 26 février, Baudoin Jacques Kétant, un trafiquant de cocaïne extradé par Aristide à la demande de la DEA est jugé à Miami (Floride) [10]. Dans le cadre d’une transaction judiciaire lui permettant une réduction de peine de 27 ans de réclusion, il avoue avoir introduit plus de 30 tonnes de drogues aux États-Unis. Il déclare « Aristide est un baron de la drogue qui contrôle le trafic de la drogue en Haïti (...) Il a transformé son pays en plaque-tournante de la drogue ».

Le 29 février, entre 2 et 3h du matin, les Forces spéciales états-uniennes investissent le palais présidentiel. Elles annoncent à Aristide qu’il va être emmené à Miami pour être jugé pour trafic de drogue à moins qu’il n’accepte de démissionner ou qu’il attende l’arrivée de Guy Philippe chargé de l’abattre. Il parvient à joindre par téléphone la représentante de Californie Maxine Waters pour qu’elle puisse témoigner et empêcher ainsi qu’il ne soit « suicidé » à la Allende. Il aurait alors signé une déclaration de démission pré-rédigée « afin d’éviter un bain de sang », en présence de James B. Foley, ambassadeur des États-Unis, et de Thierry Burkard, ambassadeur de France, qui authentifient le document. En fait, il refuse de signer sa démission et grifonne à la place une lettre d’adieu. Il est alors conduit par les Forces spéciales à un avion blanc, non immatriculé, et dirigé sur Bangui (République centrafricaine) où l’attendent des agents français.

Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies est convoqué d’urgence pour décider l’envoi d’une force d’interposition, les États-Unis et la France, sans attendre la réunion, envoient des troupes.

À Washington, Otto Reich et le sous-secrétaire Noriega ont supervisé le renversement de Jean-Bertrand Aristide. Désormais la Commission d’assistance à un Cuba libre, qu’ils animent, étudie la possibilité d’utiliser Haïti comme base arrière pour en finir avec Fidel Castro cet été.

Documents joints

 

[1] Le FRAPH est notamment responsable de l’assassinat d’Antoine Izmery (11 septembre 1993), de l’exécution du ministre de la Justice Guy Malary (14 octobre 1993) et du massacre de Raboteau (23 avril 1994).

[2] Actualisée et augmentée de ses intérêts, cette somme représenterait 21 milliards de dollars actuels.

[3] Ancien assistant parlementaire du sénateur d’extrême droite Jesse Helmes, Roger Noriega a voué sa vie à la destruction des théologiens de la libération.

[4] Destiné à devenir le pion de Washington à Haïti, M. Apaid s’est vu décerner la double nationalité haïtienne et états-unienne.

[5] François et Jean-Claude Duvalier, dits « papa doc » et « baby doc », établirent une dictature anticommuniste de 1957 à 1986.

[6] Le groupe des 184 rassemble des responsables des syndicats, du patronat et de la presse, sous la houlette de la Fondation nationale pour la démocratie (NED), branche « ouverte » de la CIA.

[7] Une plainte à l’encontre des fonctionnaires français devrait être prochainement déposée par Me Gilbert Collard au nom des familles des victimes.

[8] Le 4 janvier 1794, la Convention abolit l’esclavage. Le décret s’applique à la colonie française d’Haïti. Mais, le Premier consul Napoléon Bonaparte, pressé par sa belle-famille qui détient d’importantes plantations dans les Caraïbes, rétablit l’esclavage. Toussaint Louverture, se réclamant de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, proclame alors la Constitution autonomiste. Bonaparte envoie son beau-frère, le général Leclerc, mâter les rebelles. Celui-ci est battu par Louverture, Dessalines et Christophe. Le 1er janvier 1804, la première république nègre d’Amérique est proclamée.

[9] Interrogations à Port-au-Prince sur l’entrée facile d’ex-militaires en Haïti par Dominique Levanti, AFP International, 23 février 2004.

[10] Baudoin Jacques Kétant devait être jugé avec le colonel Michel François. Celui-ci fut le n°2 du régime militaire de Raoul Cédras qui renversa Aristide. Homme lige des Etats-Unis, il fut formé à l’École des Amériques, il est aujourd’hui en fuite au Honduras.

Les Espions de l'or noir
Par Gilles MUNIER
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
Action secrète
Alors que le droit international a consacré le principe de souveraineté des États, les grandes puissances n’hésitent pas à corrompre des gouvernements, à déstabiliser des sociétés, à éliminer des dirigeants, voire à renverser des régimes par l’action secrète. Cette forme d’ingérence s’avère relativement peu coûteuse par rapport aux gains que l’on peut en attendre, mais elle mine la confiance entre les États.
À ce jeu, les Anglo-Saxons sont passés maîtres. Unis au sein d’un pacte militaire secret conclu en 1948 (UK-USA + Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), ils ont développé des outils d’espionnage et d’action clandestine au service d’un projet commun, celui de la Guerre froide. Ils rivalisaient alors avec l’Union soviétique face à laquelle ils avaient atteint une supériorité indéniable en la matière. La Chine maoïste et la France post-coloniale ambitionnèrent également de tenir par ce biais des zones d’influence, principalement en Afrique.
Après la dissolution de l’URSS, ce paysage fut entièrement renouvelé. La Chine a renoncé au financement tous azimuts de groupes armés révolutionnaires et s’est focalisée sur le renseignement utile au développement de la coopération économique. La France se retire de son pré carré africain au profit de l’Union européenne. Les services russes, qui auraient dû être engloutis dans le néant eltsinien, se sont attachés à restructurer le pays et sa zone historique d’influence (États nouvellement indépendants ex-soviétiques) en luttant contre les ingérences extérieures et non en s’ingérant dans le reste du monde.
À partir de 1995, les Anglo-Saxons ont investi massivement dans leurs services secrets, dont ils ont triplé le budget en une quinzaine d’années. En outre, ils ont intégré les services israéliens dans leur dispositif, parfois comme un membre à part entière de leur communauté, parfois comme un simple sous-traitant. En 2009, les services anglo-saxons (Israël non compris) emploient au total plus de 250 000 hommes et disposent de plus de 100 milliards de dollars US (soit 15 fois plus que ceux de la Russie leur principal compétiteur virtuel). De facto, l’espionnage et l’action clandestine sont devenus les outils essentiels de la globalisation forcée.
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SouthCom : Contrôle de l'Amérique latine
Depuis le XIXe siècle, les États-Unis considèrent l’Amérique latine comme leur zone d’influence (Doctrine Monroe), toutefois ce n’est qu’en 1903 qu’ils créèrent le SouthCom. Il s’agissait alors de s’approprier la zone du chemin de fer reliant l’Atlantique au Pacifique pour y creuser un canal. Washington suscita en Colombie une improbable sécession du Panama et envoya des troupes pour « garantir la sécurité du nouvel État ».
Durant la Guerre froide, le SouthCom appuya d’abord ouvertement les dictatures militaires de droite, puis encadra plus discrètement la répression des guérillas marxistes sous couvert de lutte contre le narcotrafic. Cette évolution a conduit à une réforme structurelle progressive. Désormais le SouthCom travaille en étroite collaboration avec de nombreuses agences US et non plus simplement sous les ordres du département de la Défense.
Dans les années à venir, le SouthCom devrait se développer au fur et à mesure du retrait US du Grand Moyen-Orient et concentrer ses efforts sur le contrôle des champs pétroliers de la zone Caraïbes. Dans la perspective d’une épreuve de force contre le Venezuela et Cuba, Washington a réactivé la IVe flotte (2008), renversé le gouvernement du Honduras qui voulait fermer la base d’écoutes de Soto Cano (2009) et loué sept bases militaires à la Colombie (2009).
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Aristide, Jean-Bertrand
Jean-Bertrand Aristide, un an après
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Retour sur la chute du président haïtien
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Paris relâche le président haïtien
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Transit en Jamaïque
 

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