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Discours de George W. Bush devant l’American Enterprise Institute, 26 février 2003

Discours de George W. Bush devant l’American Enterprise Institute, 26 février 2003
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- Voir aussi notre résumé de ce discours dans Tribunes Libres Internationale N°99

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À l’« American Enterprise Institute », certains des meilleurs cerveaux de notre pays tentent de trouver des solutions aux problèmes fondamentaux de notre pays. Vous faites un si bon travail que mon gouvernement a emprunté vingt de ces sommités. Je tiens à les remercier pour leurs services, mais je tiens aussi à rappeler que depuis soixante ans les chercheurs de l’« American Enterprise Institute » apportent une contribution essentielle à notre pays et à notre gouvernement, et nous leur en sommes reconnaissants.

Nous sommes réunis aujourd’hui à une période décisive de l’histoire de notre pays, et du monde civilisé. Une partie de cette histoire a été écrite par d’autres que nous ; le reste, c’est nous qui l’écrirons. Par un matin de septembre, des menaces qui s’étaient précisées au fil des ans, en secret et loin de nous, ont abouti à un massacre de grand ampleur dans notre pays. Il s’ensuit que nous devons considérer la sécurité sous un angle tout nouveau, car notre pays est un champ de bataille de la première guerre du XXIe siècle.

Nous avons appris une leçon : il faut faire face activement et avec force aux dangers de notre époque, avant qu’ils ne se manifestent de nouveau dans notre espace aérien et dans nos villes. Et nous nous sommes fixé un objectif : nous ne permettrons pas le triomphe de la haine et de la violence dans les affaires humaines.

Composée de plus de quatre-vingt-dix pays, notre coalition pourchasse les réseaux terroristes à l’aide de tous les instruments de la justice et de la puissance militaire. Nous avons arrêté de nombreux commandants importants du réseau Al-Qaïda ou pris d’autres mesures à leur égard. Dans le monde entier, nous pourchassons les tueurs un à un. Nous l’emportons en leur montrant la définition de la justice américaine. Enfin, nous faisons face au plus grave danger de la guerre contre le terrorisme, à savoir les gouvernements hors-la-loi dotés d’armes de destruction massive.

En Irak, un dictateur produit et cache des armes susceptibles de lui permettre de dominer le Moyen-Orient et d’intimider le monde civilisé, mais nous ne le permettrons pas. Ce même tyran a des liens étroits avec des réseaux terroristes et pourrait leur fournir des moyens terribles de frapper notre pays, mais les États-Unis ne le permettront pas. On ne saurait ignorer le danger que constituent Saddam Hussein et ses armes. Il nous faut faire face à ce danger. Nous espérons que le gouvernement irakien satisfera les exigences des Nations unies et qu’il désarmera totalement et pacifiquement. S’il ne le fait pas, nous sommes prêts à désarmer l’Irak par la force. Dans les deux cas, ce danger sera supprimé.

La sécurité des Américains dépend de la disparition de cette menace directe et croissante. En agissant contre ce danger, on contribuera aussi considérablement à la sécurité et à la stabilité durables de notre monde. Le gouvernement irakien montre comment une tyrannie peut semer la discorde et la violence au Moyen-Orient. Un Irak libéré pourra montrer comment la liberté peut transformer cette région qui revêt une importance extrême, en apportant espoir et progrès à des millions de personnes. Les intérêts des États-Unis en matière de sécurité et leur attachement à la liberté mènent dans la même direction, à savoir à un Irak libre et pacifique.

C’est au peuple irakien, d’abord, que pofiterait la libération de l’Irak. Aujourd’hui, il vit dans la pénurie et dans la peur sous la férule d’un dictateur qui ne leur a apporté que guerre, misère et torture. Saddam Hussein se soucie peu de la vie et de la liberté des Irakiens, mais leur vie et leur liberté nous importent beaucoup.

Rétablir la stabilité et l’unité dans un Irak libre ne sera pas chose facile. Mais ce n’est pas une raison pour laisser les chambres de torture et les laboratoires de poisons continuer leurs activités. Un avenir que les Irakiens choisiront eux-même, quel qu’il soit, vaudra mieux que le monde cauchemardesque que Saddam Hussein a choisi pour eux.

S’ils doivent utiliser la force, les États-Unis et les membres de leur coalition se tiennent prêts à aider les habitants d’un Irak libéré. Nous ferons parvenir des médicaments aux malades et nous sommes actuellement en train de mettre en place près de trois millions de rations alimentaires afin de nourrir les affamés.

Nous ferons en sorte que les 55.000 centres de distribution de vivres établis en Irak dans le cadre du programme « Pétrole contre nourriture » soient stockés et ouverts aussi vite que possible. Les États-Unis et la Grande-Bretagne font actuellement parvenir une aide financière forte de dizaines de millions de dollars au Haut Commissariat aux réfugiés et à d’autres groupes tels que le Programme alimentaire mondial et l’UNICEF pour qu’ils soient en mesure de fournir une aide d’urgence au peuple irakien.

Lorsqu’il s’agira d’exécuter le travail urgent et dangereux qui est de détruire les armes chimiques et biologiques, nous serons aussi les premiers. Nous nous emploierons à assurer la sécurité contre ceux qui essaieront de propager le chaos, de régler des comptes ou de menacer l’intégrité territoriale de l’Irak. Nous nous efforcerons de protéger les ressources naturelles de l’Irak contre les manœuvres de sabotage d’un régime moribond et de garantir que ces ressources seront utilisées pour le bien de ceux à qui elles appartiennent : les Irakiens.

Les États-Unis n’ont nullement l’intention de déterminer la forme exacte du nouveau gouvernement irakien. C’est aux Irakiens qu’il appartient de faire ce choix. Il n’en demeure pas moins que nous ferons en sorte qu’un dictateur brutal ne soit pas remplacé par un autre. Dans le nouveau gouvernement, tous les Irakiens doivent avoir voix au chapitre, et les droits de tous les Irakiens doivent être protégés.

La reconstruction de l’Irak exigera un engagement soutenu de la part de nombreuses nations, y compris la nôtre. Nous resterons en Irak aussi longtemps que cela sera nécessaire, et pas un jour de plus. L’Amérique a déjà pris un tel engagement par le passé, et l’a respecté - lorsque la paix a été rétablie après une guerre mondiale. Après avoir vaincu les ennemis, nous n’avons pas laissé derrière nous des armées d’occupation ; nous avons laissé des constitutions et des parlements. Nous avons institué un climat de sécurité permettant à des chefs de file locaux responsables et axés sur la réforme de bâtir les institutions qui sous-tendent une liberté durable. Dans des sociétés qui engendraient autrefois le fascisme et le militarisme, la liberté s’est installée définitivement.

Il fut un temps où beaucoup de gens disaient que les cultures du Japon et de l’Allemagne étaient incapables de soutenir des valeurs démocratiques. Eh bien, ils avaient tort. Certains disent la même chose aujourd’hui à propos de l’Irak. Ils font erreur. La nation irakienne, avec son fier patrimoine, ses ressources abondantes et son peuple qualifié et éduqué, est tout à fait capable de progresser vers la démocratie et de vivre en liberté.

La propagation des valeurs démocratiques est clairement dans l’intérêt du monde, car des nations stables et libres n’engendrent pas des idéologies meurtrières. Elles encouragent la recherche pacifique d’une vie meilleure. Et il existe des signes encourageants d’un désir de liberté au Proche-Orient. Des intellectuels arabes ont exhorté des gouvernements arabes à prendre en considération le « fossé » en matière de liberté, de façon que leurs peuples puissent pleinement jouir des progrès de notre époque.

Des chefs de file de la région parlent d’une nouvelle charte arabe qui prônerait la réforme intérieure, une plus grande participation politique, l’ouverture économique et le libre-échange. Du Maroc à Bahreïn et au-delà, des nations sont en train de faire de véritables progrès vers la réforme politique. Pour d’autres nations de la région, un nouveau régime en Irak servirait d’exemple spectaculaire et impressionnant de la liberté.

Il est arrogant et insultant de prétendre qu’une région tout entière du monde - c’est-à-dire le cinquième de l’humanité qui est musulman - est, pour une raison quelconque, insensible aux aspirations essentielles de la vie. Les civilisations humaines peuvent être très différentes. Pourtant, partout sur la terre, l’âme humaine désire le même bien. Dans leur désir d’être protégés de l’oppression brutale et tyrannique, tous les êtres humains se ressemblent. Dans notre désir d’élever nos enfants et de leur donner une vie meilleure que la nôtre, nous nous ressemblons tous. C’est pour ces raisons fondamentales que la liberté et la démocratie auront toujours et partout plus d’attrait que les slogans haineux et les tactiques terroristes.

Le succès en Irak pourrait également marquer le début d’une nouvelle étape pour la paix au Proche-Orient et déclencher la marche vers un État palestinien réellement démocratique. L’élimination du régime de Saddam Hussein privera les nébuleuses terroristes d’un parrain riche qui finance l’entraînement des terroristes et offre des récompenses aux familles des terroristes suicidaires. En outre, d’autres régimes recevront un message clair indiquant que le soutien au terrorisme ne sera pas toléré.

Sans cet appui externe au terrorisme, les Palestiniens qui œuvrent à la réforme et appellent la démocratie de leurs vœux seront en meilleure position de choisir de nouveaux dirigeants. De vrais dirigeants qui aspirent à la paix ; de vrais dirigeants qui servent loyalement leur peuple. Un État palestinien doit être un État réformé et pacifique qui renonce pour toujours au recours à la terreur.

Par ailleurs, on attendra du nouveau gouvernement d’Israël, au fur et à mesure que la menace de terrorisme se dissipera et que la sécurité s’améliorera, qu’il soutienne la création d’un État palestinien viable et qu’il s’achemine le plus rapidement possible vers un accord définitif sur le statut de cet État. Il faut progresser vers la paix, et les activités de colonisation dans les territoires occupés doivent cesser. Par ailleurs, les États arabes doivent assumer leur responsabilité de s’opposer au terrorisme et de soutenir la naissance d’un État pacifique et démocratique en Palestine, et annoncer clairement qu’ils vivront en paix avec Israël.

Les États-Unis et d’autres pays sont en train d’élaborer un plan qui mènera vers la paix. Nous sommes en train de poser les conditions indispensables au progrès vers l’objectif de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Mon gouvernement - et c’est également mon engagement personnel - s’est engagé à mettre ce plan en œuvre et à atteindre cet objectif. Les vieux cycles de violence au Proche-Orient peuvent être brisés si toutes les parties concernées se détournent de l’amertume, de la haine et de la violence, et se mettent sérieusement au travail du développement économique, de la réforme politique et de la réconciliation. L’Amérique saisira toutes les possibilités d’appuyer la paix. Or, la disparition de l’actuel régime irakien créera une telle possibilité.

En affrontant l’Irak, les États-Unis donnent également la preuve de leur soutien à des institutions internationales efficaces. Nous sommes un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous avons aidé à le créer. Nous croyons tellement au bien-fondé du Conseil de sécurité que nous voulons que ses décisions aient du poids.

Un pays à lui seul ne peut pas faire face à la menace mondiale que constitue la prolifération des armes de destruction massive. Le monde a besoin aujourd’hui, et aura besoin demain, d’institutions internationales dotées du pouvoir et de la volonté de mettre fin à la propagation du terrorisme ainsi qu’à la prolifération des armes chimiques, biologiques et nucléaires. Une menace qui pèse sur tous doit être affrontée par tous. Les déclarations nobles contre la prolifération n’ont guère d’importance si les pays les plus forts ne sont pas disposés à les défendre et à avoir recours à la force au besoin. Après tout, l’Organisation des Nations unies a été créée, comme l’a dit Winston Churchill, pour « garantir que la force du droit sera, en fin de compte, protégée par le droit de la force ».

Un autre projet de résolution est maintenant à l’étude au Conseil de sécurité. Si celui-ci répond aux actes de défi de l’Irak par de nouvelles excuses et de nouveaux délais, si tout son pouvoir se révèle creux, l’Organisation des Nations unies sera gravement affaiblie en tant que source de stabilité et de maintien de l’ordre. Si ses membres se montrent à la hauteur de la situation, alors le Conseil de sécurité remplira sa mission originelle.

J’ai écouté attentivement les personnes et les dirigeants qui ont fait connaître leur désir de paix dans le monde entier. Nous voulons tous la paix. La menace qui pèse sur la paix ne provient pas de ceux qui cherchent à faire respecter les exigences justes du monde civilisé ; elle provient de ceux qui font fi de ces exigences. S’il nous faut agir, nous le ferons pour maîtriser les violents et pour défendre la cause de la paix. En agissant, nous signalerons aux gouvernements hors-la-loi que les limites du comportement civilisé seront respectées dans ce nouveau siècle.

La protection de ces limites a un prix. Si la guerre nous est imposée par le refus de l’Irak de désarmer, nous affronterons un ennemi qui cache ses forces militaires derrière des civils, qui possède des armes terribles et qui est capable de tous les crimes. Les dangers sont réels, comme nos soldats, nos marins, nos pilotes et nos « marines » le savent bien. Malgré cela, aucune armée n’a été mieux préparée pour y faire face.

Les membres de nos forces armées comprennent aussi pourquoi ils risquent de devoir se battre. Ils savent qu’on peut être sûr que le recul devant un dictateur s’accompagnera de sacrifices encore plus grands à l’avenir. Ils savent que la cause des États-Unis est bonne et juste : la liberté pour un peuple opprimé et la sécurité pour le peuple américain. Et je sais quelque chose au sujet de ces hommes et femmes qui portent l’uniforme de notre pays : ils accompliront toutes les tâches qui leur seront données avec compétence, honneur et courage.

En cette année 2003, les États-Unis ont beaucoup à faire. Le travail qui nous attend est exigeant. Il sera difficile de permettre que la liberté s’implante dans un pays qui a connu trente ans de dictature, de police secrète, de dissensions intestines et de guerre. Il sera difficile de cultiver la liberté et la paix au Moyen-Orient, après tant d’années de conflit. Et pourtant, la sécurité de notre pays et l’espoir de millions de personnes dépendent de nous, et les Américains ne se dérobent pas à leurs obligations parce qu’elles sont difficiles. Nous avons fait face à de grandes épreuves en d’autres temps, et nous ferons face aux épreuves de notre époque.

Nous irons de l’avant avec assurance, parce que nous avons confiance dans le pouvoir de la liberté humaine de changer des vies et des pays. Grâce à la détermination des États-Unis et de leurs amis et alliés, nous ferons de notre époque une époque de progrès et de liberté. Les peuples libres fixeront le cours de l’histoire et maintiendront la paix dans le monde.

Version française établie par le département d’État états-unien.
Voir aussi notre résumé de ce discours dans Tribunes Libres Internationale Numéro 99

USA : administration Bush
Candidat du complexe militaro-industriel et des lobbies pétrolier et pharmaceutique, George W. Bush s’est emparé frauduleusement de la Maison-Blanche. Comme annoncé dans le manifeste Pour un nouveau siècle américain, un « Pearl Harbor spatial » frappe les États-Unis, le 11 septembre 2001 justifiant un état d’exception permanent et des opérations militaires extérieures. Si sa décision de profiter des attentats pour déclarer la « guerre globale au terrorisme » et prendre le contrôle des voies commerciales internationales est soutenue par l’ensemble de la classe dirigeante US, il n’en est pas de même de la colonisation anachronique de l’Irak. Dès le premier jour, la contestation est conduite par le général Brent Scowcroft (ancien conseiller de sécurité de Bush père). Elle s’étend progressivement parmi les officiers supérieurs qui craignent un nouveau Vietnam. L’administration Bush s’éloigne alors de certains leaders républicains et s’appuie sur son électorat sioniste, particulièrement sur les évangéliques. La Maison-Blanche privatise les services sociaux au profit des Églises, éloigne ses conseillers scientifiques, et développe un ordre moral. Au Pentagone, Donald Rumsfeld tente une privatisation des armées en créant les Forces spéciales et en engageant des mercenaires par dizaines de milliers.
Cependant les déboires annoncés en Irak tournent à la catastrophe militaire. La rhétorique de la croisade et le recours revendiqué à la torture participent également de la détérioration de l’image des États-Unis dans le monde, de la baise d’attractivité de leurs produits, et du déclin de leur leadership. Fin 2006, ses généraux entrent en révolte ouverte. La Commission Baker-Hamilton sur l’Irak parvient à créer un consensus politique pour stopper l’aventurisme de George W. Bush, qui menace alors d’étendre la guerre en Iran. Le président perd les élections de mi-term. Il est contraint de limoger le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et de le remplacer par Robert Gates (le fils spirituel de Scowcroft et membre de la Commission Baker-Hamilton). Durant ses deux dernières années à la Maison-Blanche, il n’exerce plus la réalité du pouvoir.
Il s’avère que le pays est gravement endetté par le coût exorbitant des guerres. L’absence de tout retour sur investissement plonge le monde anglo-saxon dans un début de crise financière et économique.
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Bush & Ben - Copains comme cochons
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