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6 - Terrorisme (Terrorism)

Discours de M. Powell au Conseil de sécurité de l’ONU - Partie 6/7

Discours de M. Powell au Conseil de sécurité de l’ONU - Partie 6/7
Réseau Voltaire | New York (États-Unis)
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Chers amis,

Les renseignements que je vous ai présentés sur ces terribles armes et sur le refus continuel de l’Irak de respecter ses obligations en vertu de la résolution 1441 du Conseil de sécurité sont liés à un sujet auquel je veux maintenant consacrer un peu de temps et qui a trait au terrorisme.

Ce ne sont pas seulement ces armes illicites qui nous inquiètent mais la façon dont elles peuvent être associées aux activités des terroristes et aux organisations terroristes qui n’ont aucun scrupule à les utiliser contre des innocents à travers le monde.

Les liens entre l’Irak et le terrorisme remontent à plusieurs décennies. Bagdad entraîne des membres du Front de libération de la Palestine au maniement des armes et des explosifs. Saddam Hussein utilise le Front de libération pour acheminer de l’argent aux familles des kamikazes palestiniens dans le but de prolonger l’Intifada. Et la participation des services de renseignements de Saddam Hussein à des douzaines d’attaques ou de tentatives d’assassinat, dans les années 1990, n’a rien de secret.

Mais ce que je veux porter à votre attention aujourd’hui, c’est la connexion, éventuellement bien plus sinistre, qui existe entre l’Irak et le réseau terroriste al-Qaïda, connexion qui allie les organisations terroristes classiques aux méthodes modernes d’assassinat. L’Irak héberge aujourd’hui un réseau terroriste meurtrier dirigé par Abou Moussab Zarkaoui, partenaire et collaborateur d’Oussama ben Laden et de ses lieutenants d’al-Qaïda.

Palestinien natif de Jordanie, Abou Zarkaoui avait combattu lors de la guerre d’Afghanistan il y a plus de dix ans. À son retour en Afghanistan, en 2000, il a dirigé un camp d’entraînement de terroristes. L’une de ses spécialités, et l’une des spécialités de ce camp, est le poison.

Lorsque notre coalition a chassé les talibans, le réseau d’Abou Zarkaoui a aidé à établir un autre camp de formation des spécialistes du poison et des explosifs et ce camp est situé dans le nord-est de l’Irak. Voici une photo de ce camp.

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Ce réseau apprend à ses membres à produire du ricin et d’autres poisons. Permettez-moi de vous appeler les effets du ricin. Moins d’une pincée de ricin - imaginez une pincée de sel - ajoutée à votre nourriture entraînerait un choc, suivi d’un arrêt de la circulation sanguine. La mort survient dans les 72 heures, et il n’existe ni antidote ni traitement. La mort s’ensuit inévitablement.

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Ceux qui aident à administrer ce camp sont des lieutenants d’Abou Zarkaoui qui opèrent dans les enclaves kurdes du Nord, en dehors du territoire irakien contrôlé par Saddam Hussein. Mais Bagdad a un agent au sommet de la hiérarchie de l’organisation extrémiste Ansar al-Islam qui contrôle ce coin de l’Irak. En 2002, cet agent a offert un refuge dans la région aux membres d’Al-Qaïda.

Lorsque nous avons débarrassé l’Afghanistan d’Al-Qaïda, certains de ses membres ont accepté ce refuge. Ils s’y trouvent encore aujourd’hui.

Les activités d’Abou Zarkaoui ne se limitent pas à ce petit coin du nord de l’Irak. Il s’est rendu à Bagdad en mai 2002 pour un traitement médical et a résidé dans la capitale irakienne pendant deux mois durant sa convalescence, avant de reprendre le combat.

Durant son séjour, près de deux douzaines d’extrémistes ont convergé sur Bagdad et y ont établi une base d’opérations. Ces partisans d’Al-Qaïda basés à Bagdad coordonnent à présent les mouvements de personnes, d’argent et de ravitaillement à leur entrée en Irak et à l’intérieur du pays pour son réseau et ils opèrent maintenant librement dans la capitale depuis plus de huit mois.

Les milieux officiels irakiens nient les accusations de liens avec Al-Qaïda. Mais ces démentis ne sont absolument pas crédibles. L’an dernier, un membre d’Al-Qaïda s’est vanté de la situation « favorable » qui régnait à Bagdad, du fait que l’on pouvait rapidement transiter par cette ville.

Nous savons que ces membres ont des liens avec Abou Zarkaoui parce qu’ils restent, même maintenant, en contact permanent avec ses subordonnés directs, y compris les membres de la cellule qui organise la fabrication de poison. Et ils ne déplacent pas que de l’argent et du matériel. L’an dernier, 2 agents soupçonnés d’appartenir à al-Qaïda ont été arrêtés alors qu’ils passaient de l’Irak en Arabie saoudite. Ils étaient liés à des membres de la cellule de Bagdad, et l’un d’eux avait été formé en Afghanistan à l’utilisation du cyanure.

De son réseau terroriste en Irak, Abou Zarkaoui peut diriger les activités de ce réseau au Proche-Orient et au-delà. Nous tous aux États-Unis, le département d’État et l’Agence des États-Unis pour le développement international, avons perdu un ami cher avec l’assassinat de Lawrence Foley à Amman, en Jordanie, en octobre dernier. Un acte ignoble a été commis ce jour là : l’assassinat d’un être dont la seule mission consistait à aider le peuple jordanien. À son arrestation, l’assassin a indiqué que sa cellule avait reçu de l’argent et des armes d’Abou Zarkaoui en paiement de cet assassinat. Après l’attaque, un comparse de l’assassin a quitté la Jordanie pour l’Irak afin d’obtenir des armes et des explosifs pour de nouvelles opérations.

Les responsables irakiens prétendent qu’ils ne savent pas où Abou Zarkaoui ou ses comparses se trouvent. De nouveau, ces dénégations ne sont pas plausibles. Nous sommes au courant des activités d’Abou Zarkaoui à Badgad. Je viens de vous les décrire.

Je tiens maintenant à faire état d’un autre fait. Nous avons demandé au service de sécurité d’un pays ami de faire des démarches auprès de Bagdad en vue de l’extradition d’Abou Zarkaoui et de la fourniture de renseignements à son sujet et au sujet de ses complices. Ce service est entré en relation avec des responsables irakiens à deux reprises et nous avons communiqué des détails qui auraient dû permettre de trouver Abou Zarkaoui. Le réseau est encore à Bagdad. Abou Zarkaoui est encore libre d’aller et venir.

Comme le savent mes collègues autour de cette table et comme le savent les citoyens qu’ils représentent en Europe, les activités terroristes d’Abou Zarkaoui ne sont pas limitées au Proche-Orient. Abou Zarkaoui et son réseau ont préparé des actes de terrorisme contre des pays tels que la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la Russie.

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Selon des détenus, Abou Atia, qui a reçu une formation dans le camp d’entraînement des terroristes d’Abou Zarkaoui en Afghanistan, a chargé en 2001 au moins 9 extrémistes nord-africains de se rendre en Europe pour exécuter des attentats au poison et à l’explosif.

Depuis l’an dernier, des membres de ce réseau ont été arrêtés en France, en Grande-Bretagne, en Espagne et en Italie. Selon notre dernier recensement, 116 agents relevant de ce réseau mondial ont été arrêtés. Le graphique que vous voyez montre l’étendue de ce réseau en Europe.

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Nous sommes au courant de ce réseau européen et de ses liens avec Abou Zarkaoui parce que les détenus qui ont fourni des renseignements sur les objectifs des attentats ont aussi fourni les noms des membres du réseau. Trois d’entre eux ont été arrêtés en France en décembre dernier. Les autorités ont trouvé dans les appartements des terroristes des circuits pour des engins explosifs et une liste d’ingrédients pour fabriquer des toxines.

Le détenu qui a contribué à rassembler ces informations a déclaré que la tentative d’attentat visait aussi la Grande-Bretagne. Des renseignements obtenus par la suite ont prouvé de nouveau qu’il avait raison. Lorsque les Britanniques ont découvert une cellule dans leur pays le mois dernier, un officier de police britannique a été assassiné au cours de la destruction de cette cellule.

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Nous savons aussi que les collègues d’Abou Zarkaoui ont joué un rôle actif dans la vallée de Pankisi (Géorgie) et en Tchétchénie (Russie). Les complots auxquels ils sont liés ne sont pas de simples bavardages. Les membres du réseau d’Abou Zarkaoui ont dit que leur objectif était de tuer des Russes à l’aide de toxines.

Nous ne sommes pas surpris que l’Irak abrite Abou Zarkaoui et ses subordonnés. Cette entente se fonde sur une expérience qui remonte à des décennies pour ce qui est des liens entre l’Irak et Al-Qaïda. Au début des années 1990 et jusqu’en 1995 environ, alors qu’Oussama ben Laden était établi au Soudan, une source d’Al-Qaïda nous a dit que Saddam Hussein et Oussama ben Laden étaient parvenus à un accord en vertu duquel Al-Qaïda ne soutiendrait plus les activités dirigées contre Bagdad. Des liens ont été noués entre de hauts responsables des services irakiens de renseignements et Al-Qaïda.

Nous savons que des membres de ces deux organismes se sont réunis à de multiples reprises, notamment à huit reprises aux niveaux les plus élevés depuis le début des années 1990. En 1996, un service de sécurité étranger nous a dit qu’Oussama ben Laden s’était entretenu avec un haut responsable des services irakiens de renseignements à Khartoum, puis avec le directeur de ces services quelque temps plus tard.

Saddam Hussein est devenu plus intéressé lorsqu’il a vu les attaques effroyables du réseau Al-Qaïda. Des membres de ce réseau qui sont en détention nous ont dit que Saddam Hussein était plus que disposé à aider Al-Qaïda après les attentats de 1998 contre nos ambassades au Kenya et en Tanzanie. Saddam Hussein a été aussi impressionné par l’attentat d’Al-Qaïda contre le destroyer américain Cole qui a eu lieu au Yémen, en octobre 2000.

Les Irakiens ont continué de rendre visite à Oussama ben Laden dans sa nouvelle résidence en Afghanistan. Un des anciens chefs des services de renseignements de Bagdad en Europe qui a fait défection a déclaré que Saddam Hussein avait envoyé ses agents en Afghanistan au milieu des années 1990 pour dispenser une formation à des membres d’Al-Qaïda en matière de contrefaçon de documents.

De la fin des années 1990 à 2001, l’ambassade de l’Irak au Pakistan a joué le rôle de liaison avec le réseau Al-Qaïda.

Certains sont convaincus ou prétendent que ces contacts ne veulent pas dire grand chose. Ils disent que la tyrannie laïque de Saddam Hussein et la tyrannie religieuse d’Al-Qaïda ne se mélangent pas. Cette idée ne me réconforte pas. L’ambition et la haine sont suffisantes pour rapprocher l’Irak d’Al-Qaïda, suffisantes pour qu’Al-Qaïda puisse apprendre à fabriquer des bombes plus perfectionnées et à forger des documents, suffisantes enfin pour qu’Al-Qaïda s’adresse à l’Irak pour l’aider à acquérir les connaissances nécessaires dans le domaine des armes de destruction massive.

Et le bilan de la coopération de Saddam Hussein avec d’autres groupes terroristes islamistes est clair. Le Hamas, par exemple, a ouvert un bureau à Bagdad en 1999, et l’Irak a accueilli des conférences auxquelles ont assisté des membres du Djihad islamique de Palestine. Ces groupes sont les principaux organisateurs des attentats suicide contre Israël.

Al-Qaïda continue de porter un grand intérêt à l’acquisition d’armes de destruction massive. Tout comme pour Abou Zarkaoui et son réseau, je peux relater le récit d’un agent terroriste de haut rang qui a indiqué comment l’Irak avait appris à Al-Qaïda à se servir de ces armes. Heureusement, cet agent est maintenant en détention et il a dit ce qu’il savait. Je vais vous relater maintenant ce qu’il a décrit.

Ce membre de haut rang d’Al-Qaïda était chargé de l’un des camps d’entraînement de ce réseau en Afghanistan. Ses renseignements proviennent de sa participation aux réunions des hauts échelons d’Al-Qaïda. Selon lui, Oussama ben Laden et son principal adjoint en Afghanistan, Mohammed Atef, qui est mort entre temps, ne pensaient pas que les laboratoires d’Al-Qaïda en Afghanistan étaient en mesure de produire ces agents chimiques ou biologiques. Ils estimaient nécessaire d’aller ailleurs et de rechercher une aide en dehors de l’Afghanistan.

Où sont-ils allés ? Ils sont allés en Irak. Le soutien qu’il a décrit consistait en une formation en matière d’armes chimiques ou biologiques dispensée à deux membres d’Al-Qaïda à partir de décembre 2000. Il a dit qu’un militant du nom d’Abdoullah al-Araki avait été envoyé en Irak à plusieurs reprises de 1997 à 2000 pour obtenir une aide en ce qui concerne l’acquisition de poisons et de gaz. Abdoullah al-Araki a qualifié les rapports qu’il avait établis avec des responsables irakiens de très bons.

Comme je l’ai dit dès le début, rien de tout cela ne devrait surprendre aucun d’entre nous. Le terrorisme constitue un instrument dont Saddam Hussein se sert depuis des décennies. Ce dernier a soutenu le terrorisme bien avant que ces réseaux de terroristes aient un nom, et ce soutien se poursuit. Le lien entre les poisons et le terrorisme est nouveau. Le lien entre l’Irak et le terrorisme est ancien. Cette alliance est mortelle.

Vu ce bilan, les dénégations de l’Irak quant à son soutien du terrorisme doivent être rangées avec les autres dénégations de l’Irak au sujet des armes de destruction massive. C’est là un tissu de mensonges.

Lorsque nous faisons face à un gouvernement qui nourrit une ambition de domination régionale, qui cache des armes de destruction massive et qui donne un asile et un soutien actif aux terroristes, nous ne faisons pas face au passé, mais au présent. Et si nous n’agissons pas, nous aurons à faire face à un avenir encore plus effrayant.

Traduction française : Département d’État. Images du diaporama : Maison-Blanche.

Discours intégral du secrétaire d’État des Etats-Unis, Colin Powell, au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, le 11 février 2003 :
1 – Démenti et fraude (Denial and deception)
2 – Armes biologiques (Biological weapons)
3 – Armes chimiques (Chemical weapons)
4 – Armes nucléaires (Nuclear weapons)
5 – Missiles (Delivery systems)
6 – Terrorisme (Terrorism)
7 – Violation des droits de l’homme (Human rights violations)

Colin L. Powell

Colin L. Powell Assistant aux affaires de Sécurité nationale du président Reagan (1987-1989) et chef d’état-major de l’armée états-unienne (1989-1993) sous la présidence de George Herbert Walker Bush. Secrétaire d’État des États-Unis sous la présidence de George W. Bush (2001-05).

 
Discours de Colin Powell devant l’AIPAC, 30 mars 2003
American Israel Public Affairs Committee
 
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La Guerre contre la vérité
Par Nafeez Mosaddeq Ahmed
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USA : administration Bush
Candidat du complexe militaro-industriel et des lobbies pétrolier et pharmaceutique, George W. Bush s’est emparé frauduleusement de la Maison-Blanche. Comme annoncé dans le manifeste Pour un nouveau siècle américain, un « Pearl Harbor spatial » frappe les États-Unis, le 11 septembre 2001 justifiant un état d’exception permanent et des opérations militaires extérieures. Si sa décision de profiter des attentats pour déclarer la « guerre globale au terrorisme » et prendre le contrôle des voies commerciales internationales est soutenue par l’ensemble de la classe dirigeante US, il n’en est pas de même de la colonisation anachronique de l’Irak. Dès le premier jour, la contestation est conduite par le général Brent Scowcroft (ancien conseiller de sécurité de Bush père). Elle s’étend progressivement parmi les officiers supérieurs qui craignent un nouveau Vietnam. L’administration Bush s’éloigne alors de certains leaders républicains et s’appuie sur son électorat sioniste, particulièrement sur les évangéliques. La Maison-Blanche privatise les services sociaux au profit des Églises, éloigne ses conseillers scientifiques, et développe un ordre moral. Au Pentagone, Donald Rumsfeld tente une privatisation des armées en créant les Forces spéciales et en engageant des mercenaires par dizaines de milliers.
Cependant les déboires annoncés en Irak tournent à la catastrophe militaire. La rhétorique de la croisade et le recours revendiqué à la torture participent également de la détérioration de l’image des États-Unis dans le monde, de la baise d’attractivité de leurs produits, et du déclin de leur leadership. Fin 2006, ses généraux entrent en révolte ouverte. La Commission Baker-Hamilton sur l’Irak parvient à créer un consensus politique pour stopper l’aventurisme de George W. Bush, qui menace alors d’étendre la guerre en Iran. Le président perd les élections de mi-term. Il est contraint de limoger le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et de le remplacer par Robert Gates (le fils spirituel de Scowcroft et membre de la Commission Baker-Hamilton). Durant ses deux dernières années à la Maison-Blanche, il n’exerce plus la réalité du pouvoir.
Il s’avère que le pays est gravement endetté par le coût exorbitant des guerres. L’absence de tout retour sur investissement plonge le monde anglo-saxon dans un début de crise financière et économique.
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