« Si l’école doit être préservée de toute forme de violence, de pression et de trouble du cadre éducatif, elle ne saurait être, comme le souligne à juste titre le Président, "un lieu d’uniformité, d’anonymat, où seraient proscrits le fait ou l’appartenance religieuse". Il faudra donc veiller à ce que, dans sa formulation, une loi sur les signes religieux ne soit pas ressentie comme une marque de défiance par la grande majorité de ceux et celles dont les signes d’appartenance religieuse ne troublent aucunement l’ordre public. »
Le Président de la République a fait connaître hier sa position sur le "respect du principe de laïcité dans la République".
Le projet de société pour la France, réaffirmé fortement par le Président de la République, privilégie l’intégration et refuse toute forme de repli communautariste. Il nous paraît très positif que les conditions du vivre ensemble soient explicitées. Les valeurs fortes de la République - liberté, égalité, fraternité - doivent être rappelées et promues. L’unité nationale ne méconnaît pas les différences mais les assume et les intègre. Nous nous inscrivons dans cette "nouvelle communauté de destin" qui exige lucidité, imagination et fidélité.
Le code de la laïcité, prévu par le Président de la République et confié au Gouvernement, pourra contribuer à rappeler utilement les principes et les règles qui nous régissent en ce domaine. Mais il devra souligner aussi que la laïcité est d’abord un art de vivre ensemble enrichi par l’expérience et la pratique.
L’Etat est laïc. Cette neutralité en matière religieuse est l’un des fondements de la démocratie moderne. Elle s’accompagne d’une vigilance pour assurer la liberté de conscience et pour garantir le libre exercice des cultes. Cette vigilance va plus loin que le simple fait de permettre à chacun d’exprimer et de pratiquer sa foi. Elle implique la prise en compte de la dimension sociale et institutionnelle des religions dans la société. Il est de la responsabilité de l’Etat d’assurer "le même respect, la même considération à toutes les grandes familles spirituelles". Il le fera en tenant compte de la diversité de ces familles religieuses qui n’ont pas toutes la même histoire, la même conception de Dieu, de l’homme et de la femme, la même façon de vivre les rapports entre les lois religieuses et les lois de la société. Il ne saurait y avoir un traitement indifférencié du "religieux", pas plus d’ailleurs qu’un front commun de défense des religions.
La question du port de tenues ou signes religieux à l’école publique et dans les administrations a focalisé le débat. Le Président de la République souhaite une solution législative. Il en profile la problématique. Ne croyons pas pour autant que le vote d’une loi soit la réponse miracle à toutes les difficultés rencontrées. Une loi ne dispensera jamais d’un discernement à opérer en fonction des diverses situations, même pour discerner entre "l’ostensible" et le "discret". Il nous semble que si le rappel des règles est nécessaire, il ne saurait suffire. L’éducation, la pédagogie et la réaffirmation d’un projet de société commun nous paraissent aujourd’hui de première importance.
Si l’école doit être préservée de toute forme de violence, de pression et de trouble du cadre éducatif, elle ne saurait être, comme le souligne à juste titre le Président, « un lieu d’uniformité, d’anonymat, où seraient proscrits le fait ou l’appartenance religieuse ». Il faudra donc veiller à ce que, dans sa formulation, une loi sur les signes religieux ne soit pas ressentie comme une marque de défiance par la grande majorité de ceux et celles dont les signes d’appartenance religieuse ne troublent aucunement l’ordre public.
Dans la recherche de ce vivre ensemble avec tous, les catholiques sont déjà présents et actifs. L’Eglise catholique souhaite lutter contre toute forme de discrimination et de division. Avec d’autres, elle veut apporter sa contribution à l’édification d’une société plus libre, plus égalitaire et plus fraternelle.
Source : Conférence épiscopale de France
Du trotskisme, ils ont conservé la culture plus que l’idéal. Ils se perçoivent comme une avant-garde éclairée. Ils militent pour la globalisation de la démocratie de marché (équivalente à leurs yeux la révolution mondiale) et dénoncent systématiquement la politique de l’URSS, puis de la Russie. Surtout, ils privilégient la construction de leurs moyens d’action par rapport à la réalisation de leurs projets.
Au cours des années soixante, les néo-conservateurs sont transformés par l’enseignement de Leo Strauss et d’Alan Bloom à l’université de Chicago. Ils pensent stopper la décadence morale de l’Occident en alliant la Raison et la Foi, la Science et la Bible, les États-Unis et Israël.
Outre l’oxymore de la « démocratisation forcée », on leur doit l’assimilation du communisme au nazisme, la théopolitique (croyance selon laquelle la paix mondiale est subordonnée à l’établissement d’un État juif en Terre Sainte), et surtout le « choc des civilisations ». Ce concept, inventé par Bernard Lewis et Samuel Huntington, sert d’alibi intellectuel aux aventures coloniales dans le monde musulman (Palestine, Afghanistan, Irak). Il est également utilisé pour motiver les pays et populations récalcitrants en agitant le péril arabo-musulman, comme était agitée autrefois la menace bolchévique. Bien que cette notion ait été abandonnée par l’administration Obama, elle reste centrale dans la propagande sioniste pour justifier le régime d’apartheid en Palestine.
Les néoconservateurs s’identifient finalement au parti de la guerre et changent de formation politique à chaque alternance présidentielle. Ils sont démocrates sous Carter, républicains sous Reagan et Bush père, démocrates sous Clinton, républicains sous Bush fils, et à nouveau démocrates sous Obama. Serviteurs de chaque président, ils lui conseillent toujours d’étendre la « démocratie » par la force et de soutenir Israël.
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Source : « Discours de Mgr Jean-Pierre Ricard après l’annonce d’une loi sur la laïcité », par Mgr Jean-Pierre Ricard, Réseau Voltaire, 18 décembre 2003, www.voltairenet.org/a11808
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