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L’administration Bush II

Elliott Abrams, le « gladiateur » converti à la « théopolitique »

Elliott Abrams, le « gladiateur » converti à la « théopolitique »

Le nouveau numéro 2 du Conseil national de sécurité, Elliott Abrams, est un néoconservateur de toujours. Mis à l’écart à la suite de l’Irangate, où il était gravement compromis, il s’est recasé dans un think-tank religieux où il a développé une étrange doctrine d’alliance des intégrismes juifs et chrétiens. Il a discrètement fait son retour dans l’ombre de Condoleezza Rice pour fermer le front palestinien et préparer l’attaque de la Syrie.

Réseau Voltaire | Paris (France)
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Elliott L. Abrams est de retour. Lui qui avait été interdit d’accès aux bâtiments du Congrès en raison des faux témoignages qu’il y avait livrés au cours de l’Irangate, revient par la grande porte. Il vient d’être nommé n°2 du Conseil national de sécurité.

Né le 24 janvier 1948 à New York, dans une famille juive pratiquante, Elliott Abrams a suivi des études à Harvard, puis à la London School of Economics. Il devient alors assistant parlementaire du sénateur Henry « Scoop » Jackson (1975-76), puis du sénateur Daniel P. Monihan (1977-79).

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Henry « Scoop » Jackson

Leader du Parti démocrate, qu’il présida pendant la campagne de John F. Kennedy, le sénateur Jackson fut l’auteur d’une législation conditionnant le commerce avec l’Union soviétique à la levée des restrictions à l’émigration des minorités religieuses [1]. Cette pression favorisa en trente ans l’émigration d’environ 1,5 million de Soviétiques, dont 250 000 chrétiens et 250 000 juifs vers les États-Unis, et surtout 1 million de juifs vers Israël, assurant ainsi le peuplement de cette colonie qui ne comptait alors que 3 millions d’habitants. Jackson, proche de l’avionneur Boeing, était le faucon des démocrates. Il s’était entouré d’une équipe de jeunes trotskistes, qui étaient entrés dans le parti et y avaient constitué une tendance, les sociaux-démocrates états-uniens (SD/USA). Parmi ces jeunes gens prometteurs, se trouvaient Douglas Feith, Abram Shulsky, Richard Perle, Paul Wolfowitz (actuel secrétaire adjoint à la Défense) et Elliott Abrams (nouveau conseiller national adjoint de sécurité) [2]. Ils sont en contact, en URSS, avec Aanatoly Sharansky (actuel ministre israélien pour Jérusalem et la diaspora sous le nom de Natan Sharansky).

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Abrams participe à l’administration des deux mandats de Ronald Reagan. Sur recommandation de Jeane Kirkpatrick [3], il est nommé assistant du secrétaire d’État (Alexander M. Haig) chargé des organisations internationales, en janvier 1981. Il organise alors le retrait des États-Unis de l’UNESCO [4] en dénonçant la « politisation » de l’organisation. Celle-ci a en effet tenté de remettre en cause le monopole des agences de presse occidentales qui imposent au monde leurs angles de vue.

En 1980, Abrams épouse Rachel Decter, la fille de Midge Decter en première noces et la belle-fille de Norman Podhoretz. Il entre ainsi dans le club fermé des journalistes néo-conservateurs. Il se voit ouvrir les colonnes de Commentary, l’influente revue de l’American Jewish Committee, et les tribunes du Committee for the Free World [5]

En décembre 1981, Elliott Abrams devient assistant du secrétaire d’État pour les Droits de l’homme et les Affaires humanitaires à la place de son ami Ernest W. Lefever, président de l’Ethics and Public Policy Center (EPPC), dont la confirmation avait été rejetée par le Sénat [6]. Abrams se focalise sur la dénonciation des persécutions religieuses en Iran contre la communauté Bahaia et en URSS avec le contrôle de l’Église orthodoxe par le Parti communiste. Surtout, il dénonce l’ONU qu’il accuse de légitimer l’antisémitisme en condamant le sionisme [7]. Selon lui, les Nations Unies sont sous l’influence des 90 nations du Groupe des non-alignés, auprès desquelles l’OLP joue un rôle majeur. En faisant adopter par l’Assemblée générale, en 1975, une résolution qui assimile le sionisme à une forme de racisme, l’ONU aurait mis en cause « la survie d’Israël et celle du peuple juif ».

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Elliott Abrams supervise la création d’une nouvelle agence, chargée de poursuivre le travail de la CIA sans recourir à la violence : la National Endowment for Democracy (NED) [8]. L’idée est d’utiliser la promotion des Droits de l’homme pour s’ingérer dans les affaires intérieures des États et en prendre le contrôle. L’exemple, déjà ancien, du renversement de Mossadegh en Iran, avait montré qu’il est possible de subvertir des États en corrompant des formations politiques et en payant des figurants pour organiser des manifestations.
Abrams assure la liaison entre la NED et deux unités secrètes et illégales du Conseil national de sécurité : d’abord l’Office of Public Diplomacy, c’est-à-dire le Bureau de la propagande, dirigé par Otto Reich [9], puis le Project Democracy, chargé de fabriquer des groupes de pression amis sous l’autorité du colonel Oliver North.

En juillet 1985, Elliott Abrams est nommé assistant du secrétaire d’État (George P. Schultz) pour les Affaires inter-américaines. Au Chili, il tente de conduire le général Pinochet vers la sortie, sans perdre le contrôle du pays, sur le modèle de ce qui vient d’être réalisé avec l’éviction de Marcos aux Philippines et de Duvalier en Haïti. Mais en définitive, il estime difficile de corrompre les partis politiques d’opposition et renonce à la « démocratisation ». Elle ne sera réalisée que quatre ans plus tard.

Surtout, Elliott Abrams se lance à corps perdu dans l’opération de soutien aux Contras nicaraguayens et endosse le surnom de « Gladiateur ». Il est alors « le pitbull de la politique de l’administration : "plutôt mort que rouge" » [10]. Il agit en lien direct avec les conseillers de sécurité nationale successifs Frank C. Carlucci et l’amiral John M. Pointdexter, et leur âme damnée le colonel Oliver North. Mais bientôt éclate le scandale de l’Irangate. « Les membres du Congrès se souviennent des comparutions rageuses d’Abrams lors des auditions parlementaires, défendant les escadrons de la mort et les dictateurs, deniant les massacres, mentant sur les activités états-uniennes illégales de soutien aux Contras nicaraguyens. Abrams raillait ses critiques pour leur aveuglement et leur naïveté, ou les appelait les vipères », raconte une éditorialiste du Washington Post [11]. Il sera ultérieurement poursuivi pour faux témoignage, à défaut de l’être pour sa responsabilité dans divers massacres au Honduras. Il plaidera coupable pour deux chefs d’accusation, échappant ainsi à la prison, et sera en définitive grâcié par le président Bush père, qui se protégeait ainsi lui-même de la suite de l’enquête.

De 1990 à 2001, Elliott Abrams occupa des fonctions dans divers think-tanks. D’abord dans un institut de futurologie, le Hudson Institute, alors présidé par Donald Rumsfeld et dirigé par sa belle-mère Midge Decter [12]. Puis, Abrams rejoint l’Ethics and Public Policy Center (EPPC), dont il a déjà été question. Il en prend la direction et y développe l’idée que les Droits de l’homme doivent devenir un « outil diplomatique » permettant aux États-Unis d’exercer des pressions sur les autres États. Il préconise particulièrement d’instrumentaliser les atteintes à la liberté religieuse et finit par obtenir de l’administration Clinton la création d’une Commission sur la liberté religieuse dans le monde [13], dont il prend la présidence, en 1999.

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Les théories d’Abrams ont été peu discutées aux États-Unis. S’inscrivant dans un courant majoritaire, il considère que c’est la foi religieuse qui assure le lien social. L’agnosticisme et athéisme sont donc des menaces contre l’ordre social. La liberté de conscience et la laïcité, qui leur accordent droit de cité, sont des atteintes à la liberté religieuse et à la société toute entière. C’est aux religions qu’il appartient d’organiser l’espace public et au « peuple élu » de montrer la voie. Il écrit ainsi dans son ouvrage Foi ou peur : Comment les juifs peuvent survivre dans une Amérique chrétienne [14] : « Hors de la terre d’Israël, il n’y a pas de doute que les juifs, confiants dans l’Alliance entre Dieu et Abraham, doivent vivre séparés de la nation dans laquelle ils résident. C’est la vraie nature des juifs d’être séparés -excepté en Israël- du reste de la population ». De même, il milite activement pour l’interdiction des mariages inter-religieux. Il s’ensuit que l’EPPC noue des contacts privilégiés avec des organisations fondamentalistes juives et chrétiennes, y compris avec l’Opus Dei qui est représentée dans son conseil d’administration par le professeur Mary Ann Glendon [15]. Pour Abrams, l’opposition entre les États-Unis et la France est fondamentale : elle réside dans l’antagonisme de leurs projets politiques qu’au XVIIIe siècle Thomas Paine avait déjà explicité [16] : si les États-Unis sont une nouvelle terre promise, la France laïque est une nouvelle Égypte. Il organise donc des auditions devant sa commission, au Congrès et à l’OSCE, pour dénoncer le « totalitarisme laïque français » qui persécute les adeptes de l’Église de Scientologie et encourage l’antisémitisme.

Abrams fréquente le Center for security Policy (CSP) où il côtoie aussi bien les autres néoconservateurs que ses collaborateurs les plus durs de l’administration reagan [17]

En 1997, Richard Perle (qu’il avait connu au cabinet du sénateur Jackson et suivi au CSP) le sollicite pour rejoindre un groupe de travail de l’American Enterprise Institute : le Project for a New American Century (Projet pour un nouveau siècle américain) [18]. Il s’y engage en faveur d’une attaque de l’Irak et de la Syrie. Pour le compte de ce groupe, il rédige un chapitre sur le Proche-Orient dans un livre-manifeste, intitué Les Dangers actuels [19]. Dans ce document et dans quelques autres, il défend les thèses du Likoud : il n’y a pas de conflit israélo-palestinien, car les Palestiniens n’ont pas de revendications légitimes, mais un conflit israélo-arabe, car les Arabes sont viscéralement antisémites. Le processus d’Oslo est une manœuvre de Yasser Arafat pour conserver son pouvoir après l’effondrement de l’URSS qui le protégeait. Les Israéliens n’y ont adhéré que pour fermer un front secondaire et mieux faire face aux masses arabes. Mais il appartient aux États-Unis de venir en aide au peuple élu et de renverser ce rapport de force.

Sur la base d’un tel parcours et de telles conceptions, Elliott Abrams fait son retour dans l’administration avec George W. Bush. En 2001, le nouveau président le nomme au Conseil national de sécurité, assistant spécial de Condoleezza Rice chargé des Droits de l’homme ; puis, en 2002, assistant spécial chargé du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord. En fait de droits de l’homme, il supervise la tentative de coup d’État au Venezuela, pour renverser le président élu Hugo Chavez et y « rétablir la démocratie » face au bolivarisme [20]. Plus tard, au Proche-Orient, il propose de « démocratiser la Palestine » en éliminant les dirigeants du Hamas et Yasser Arafat et en plaçant Mahmoud Abbas au pouvoir. Les premiers seront assassinés, le second mourra d’une maladie inconnue et foudroyante, le troisième remportera des élections après que ses rivaux aient été dissuadés de se présenter. En fermant le front palestinien, il devient possible d’ouvrir le front syrien.

En octobre 2002, il explique devant un parterre de Scientologues et de Moonistes, réunis au sein de la Coalition internationale pour la liberté religieuse, que « Les élites éduquées d’aujourd’hui, particulièrement à l’Ouest, sont toujours les enfants des Lumières » [21], une philosophie honnie qu’il est temps d’éradiquer avant qu’elle n’éloigne l’homme de Dieu et le pousse vers le communisme.
En octobre 2003, il aide, avec Richard Perle et ses amis, à organiser le sommet de Jérusalem consacré à l’avènement de la « théopolitique » [22] : la lecture des Écritures enseigne aux sages la volonté de Dieu en politique.

Le président George W. Bush vient de nommer M. Abrams adjoint du conseiller national de sécurité Stephen Hadley [23]. Son programme : attaquer la Syrie baasiste en lui imputant un attentat [24] et transformer le Liban en État chrétien.

[1] Cette disposition est connue comme « l’amendement Jackson-Vanik » (1974).

[2] « Les New York Intellectuals et l’invention du néo-conservatisme » par Denis Boneau, Voltaire, 26 novembre 2004.

[3] Madame Kirkpatrick avait été la présidente des jeunes de SD/USA. Elle quitta le Parti démocrate pour devenir l’ambassadrice de Ronald Reagan à l’ONU.

[4] Ce retrait n’a été effectif qu’en 1984, il a été suivi de celui du Royaume-Uni. Celui-ci a réintégré l’UNESCO en 1988, et les États-Unis en 2002 après 18 ans d’absence

[5] L’essayiste français Raymond Aron deviendra le président d’honneur du Committee for the Free World et créera un équivalent de Commentary, la revue Commentaire. Cf « Raymond Aron, avocat de l’atlantisme » par Denis Boneau, Voltaire, 21 octobre 2004.

[6] À l’époque, diverses ONG avaient lancé une campagne mondiale de boycott de Nestlé pour protester contre sa politique agressive de destruction des économies du tiers-monde en faveur de la consommation de laits maternisés. L’OMS étudiait une réglementation internationale pour mettre fin aux agissements de la multinationale, dont les milliardaires français Liliane et André Bettencourt étaient les actionnaires de référence. Pour contrer le boycott, Nestlé engagea Ernest W. Lefever, qui finança et publia divers articles et brochures de défense de la multinationale. Ce rôle de lobbyiste ayant été éventé, le sénat rejetta la nomination de M. Lefever. Cf. L’Empire Nestlé par Pierre Harrisson, Éditions Pierre-Marcel Favre (Suisse), 1982.

[7] « USA ONU - L’ONU aide à légitimer l’antisémitisme, estime un responsable américain », AFP, 10 décembre 1984, 22h10 GMT.

[8] « La NED, nébuleuse de l’ingérence démocratique » par Thierry Meyssan, Voltaire, 22 janvier 2004.

[9] « Otto Reich et a contre-révolution » par Arthur Lepic et Paul Labarique, Voltaire, 14 mai 2004.

[10] « Contra-Intuitive » éditorial de Mary McGrory, Washington Post, 8 juillet 2001.

[11] Ibid.

[12] Le conseil d’administration du Hudson Institute est alors composé de nombreux amis d’Eliott Abrams, dont Jeane Kirkpatrick (qui l’avait fait nommer dans l’administration Reagan) et Carl Gersham (président de la NED). On y trouve aussi les Français Alain Besançon et Jean-Claude Casanova (revue Commentaire).

[13] En 1997, la secrétaire d’État, Madeleine Albright, s’est adjoint un « Comité consultatif pour la liberté religieuse à l’étranger », composé de vingt leaders religieux américains, sous la présidence de John Shattuck. En 1998, elle s’est adjoint un « Représentant spécial pour la liberté internationale de religion », Robert Seiple. Sur pression du Congrès, le président Clinton a promulgué, en octobre 1998, une loi sur la liberté internationale de religion (International Religious Freedom Act), qui donne pouvoir au président d’appliquer des sanctions économiques et politiques à l’encontre des États coupables d’atteintes à la liberté religieuse.

[14] Faith or Fear : How Jews can Survive in a Christian America par Elliott Abrams, Free Press, 1997.

[15] Professeur de droit à l’université d’Harvard, Mary-Ann Glendon dirigea la délégation du Saint-Siège à la conférence de l’ONU au Caire. Elle devint par la suite la présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales. En 2001, le président George W. Bush l’a nommée au Comité consultatif de bioéthique qu’il venait de créer.

[16] Le journaliste Thomas Paine fut à l’origine de la Révolution américaine avant de devenir député pendant la Révolution française. Dans son ouvrage sur les Droits de l’homme, il analyse les différences de conceptions entre les deux pays.

[17] « Les marionnettistes de Washington » par Thierry Meyssan, Voltaire, 13 novembre 2002.

[18] « L’Institut américain de l’entreprise à la Maison-Blanche », Voltaire, 21 juin 2004.

[19] Present Dangers. Crisis and Opportunity in American Foreign and Defense Policy, Encounter Books, 2000. L’expression « dangers actuels » fait référence au Comité sur les dangers actuels que le sénateur Jackson anima pendant la Guerre froide.

[20] « Opération manquée au Venezuela » par Thierry Meyssan, Voltaire, 18 mai 2002.

[21] Cité dans « USA : promotion sectaire au nom de la liberté religieuse » par Michel Muller, L’Humanité, 18 novembre 2002.

[22] « Sommet historique pour sceller l’Alliance des guerriers de Dieu », Voltaire, 17 octobre 2003.

[23] « Stephen Hadley, conseiller de sécurité national », Voltaire, 16 décembre 2004.

[24] « La cible syrienne » par Paul Labarique, Voltaire, 27 janvier 2004

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie des analyses de politique étrangère dans la presse arabe, latino-américaine et russe. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).

 
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Néoconservatisme, racisme
Le néo-conservatisme est un courant d’idées apparu aux États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il se développe dans un milieu de journalistes trotskistes, autour de la revue de l’American Jewish Committee Commentary. Ces partisans du « 3e camp » (c’est-à-dire renvoyant dos-à-dos le capitalisme et la bureaucratie soviétique) s’allient bientôt à la CIA pour lutter contre le stalinisme.
Du trotskisme, ils ont conservé la culture plus que l’idéal. Ils se perçoivent comme une avant-garde éclairée. Ils militent pour la globalisation de la démocratie de marché (équivalente à leurs yeux la révolution mondiale) et dénoncent systématiquement la politique de l’URSS, puis de la Russie. Surtout, ils privilégient la construction de leurs moyens d’action par rapport à la réalisation de leurs projets.
Au cours des années soixante, les néo-conservateurs sont transformés par l’enseignement de Leo Strauss et d’Alan Bloom à l’université de Chicago. Ils pensent stopper la décadence morale de l’Occident en alliant la Raison et la Foi, la Science et la Bible, les États-Unis et Israël.
Outre l’oxymore de la « démocratisation forcée », on leur doit l’assimilation du communisme au nazisme, la théopolitique (croyance selon laquelle la paix mondiale est subordonnée à l’établissement d’un État juif en Terre Sainte), et surtout le « choc des civilisations ». Ce concept, inventé par Bernard Lewis et Samuel Huntington, sert d’alibi intellectuel aux aventures coloniales dans le monde musulman (Palestine, Afghanistan, Irak). Il est également utilisé pour motiver les pays et populations récalcitrants en agitant le péril arabo-musulman, comme était agitée autrefois la menace bolchévique. Bien que cette notion ait été abandonnée par l’administration Obama, elle reste centrale dans la propagande sioniste pour justifier le régime d’apartheid en Palestine.
Les néoconservateurs s’identifient finalement au parti de la guerre et changent de formation politique à chaque alternance présidentielle. Ils sont démocrates sous Carter, républicains sous Reagan et Bush père, démocrates sous Clinton, républicains sous Bush fils, et à nouveau démocrates sous Obama. Serviteurs de chaque président, ils lui conseillent toujours d’étendre la « démocratie » par la force et de soutenir Israël.
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L'Effroyable Imposture suivi de Le Pentagate
par Thierry Meyssan
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USA : administration Bush
Candidat du complexe militaro-industriel et des lobbies pétrolier et pharmaceutique, George W. Bush s’est emparé frauduleusement de la Maison-Blanche. Comme annoncé dans le manifeste Pour un nouveau siècle américain, un « Pearl Harbor spatial » frappe les États-Unis, le 11 septembre 2001 justifiant un état d’exception permanent et des opérations militaires extérieures. Si sa décision de profiter des attentats pour déclarer la « guerre globale au terrorisme » et prendre le contrôle des voies commerciales internationales est soutenue par l’ensemble de la classe dirigeante US, il n’en est pas de même de la colonisation anachronique de l’Irak. Dès le premier jour, la contestation est conduite par le général Brent Scowcroft (ancien conseiller de sécurité de Bush père). Elle s’étend progressivement parmi les officiers supérieurs qui craignent un nouveau Vietnam. L’administration Bush s’éloigne alors de certains leaders républicains et s’appuie sur son électorat sioniste, particulièrement sur les évangéliques. La Maison-Blanche privatise les services sociaux au profit des Églises, éloigne ses conseillers scientifiques, et développe un ordre moral. Au Pentagone, Donald Rumsfeld tente une privatisation des armées en créant les Forces spéciales et en engageant des mercenaires par dizaines de milliers.
Cependant les déboires annoncés en Irak tournent à la catastrophe militaire. La rhétorique de la croisade et le recours revendiqué à la torture participent également de la détérioration de l’image des États-Unis dans le monde, de la baise d’attractivité de leurs produits, et du déclin de leur leadership. Fin 2006, ses généraux entrent en révolte ouverte. La Commission Baker-Hamilton sur l’Irak parvient à créer un consensus politique pour stopper l’aventurisme de George W. Bush, qui menace alors d’étendre la guerre en Iran. Le président perd les élections de mi-term. Il est contraint de limoger le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et de le remplacer par Robert Gates (le fils spirituel de Scowcroft et membre de la Commission Baker-Hamilton). Durant ses deux dernières années à la Maison-Blanche, il n’exerce plus la réalité du pouvoir.
Il s’avère que le pays est gravement endetté par le coût exorbitant des guerres. L’absence de tout retour sur investissement plonge le monde anglo-saxon dans un début de crise financière et économique.
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كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012
 
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
الثابت والمتغير في المواقف
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
بقلم Imad Fawzi Shueibi, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟ رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟
بقلم Mahdi Darius Nazemroaya, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
Iglesia católica en conflicto peruano-chileno
Socios, 6 de febrero de 2012
 
 Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
Il doppio veto che impedisce la guerra imperiale contro la Siria
Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
di Thierry Meyssan, Rete Voltaire, 6 febbraio 2012
 
الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
ثرثرة
لـ((أغلبية صامتة))!!
بقلم نضال الخضري, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
سورية
الحدث من حمص
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التحرك الروسي
وذروة الأزمة
بقلم مازن بلال, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
قبل وصول لافروف...
ما الذي ستحمله موسكو؟!
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الأميركية
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
التقرير الأسبوعي لمراكز الدراسات الأميركية
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Les pressions morales sur la Russie
« Revue de presse Syrie » #44
Les pressions morales sur la Russie
Partenaires, 5 février 2012
 
The GCC and NATO lose their leadership
DOUBLE VETO BANS IMPERIAL WAR AGAINST SYRIA
The GCC and NATO lose their leadership
by Thierry Meyssan, Voltaire Network, 5 February 2012
 
Señal de Alerta
Poder Judicial: ¡otra controvertida licitación!
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 5 de febrero de 2012
 
Le CCG et l'OTAN perdent leur leadership
Le double veto pour interdire la guerre impériale contre la Syrie
Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2012
 
UN shenanigans on Syria UN shenanigans on Syria
by Aisling Byrne, Voltaire Network, 5 February 2012
 
بهد الفيتو
الحل الروسي..؟
بقلم مازن بلال, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
سورية..
كل الأدوات في المواجهة
بقلم سورية الغد, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
طرفة عين..
في سورية
بقلم نضال الخضري, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
بعد الفيتو..
تحركات سياسية متوازية
بقلم مازن بلال, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
Moral pressure heaped on Russia
« SYRIA PRESS REVIEW » #44
Moral pressure heaped on Russia
Partners, 5 February 2012
 
Presiones morales sobre Rusia
« Revista de prensa sobre Siria » #44
Presiones morales sobre Rusia
Socios, 5 de febrero de 2012
 
François Hollande verhandelt mit dem Emir des Qatar François Hollande verhandelt mit dem Emir des Qatar
Voltaire Netzwerk, 5. Februar 2012
 
 Moralischer Druck auf Russland
« Presseschau Syrien » #44
Moralischer Druck auf Russland
Partner, 5. Februar 2012