Réseau Voltaire

Entretien de Joschka Fischer au « Handelsblatt »

Entretien de Joschka Fischer au « Handelsblatt »
Réseau Voltaire
+

Une intervention de l’OTAN en Iraq ne serait pas une bonne idée

Question : Monsieur Fischer, quels sont les points du projet actuel de résolution sur l’Iraq devant encore faire l’objet d’une révision ?

Joschka Fischer : Ce projet est une bonne base de discussion que l’on est en train d’améliorer. Je crois qu’un consensus est possible. Les éléments à éclaircir sont principalement des questions de définition et de délimitation, ainsi que l’ampleur du transfert de souveraineté. Mais il faut attendre que M. Brahimi, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies, ait fait part de ses propositions pour pouvoir en dire plus.

Mais ne doit-on pas clarifier par exemple la question du contrôle exclusif des recettes pétrolières par les Iraquiens ?

Joschka Fischer : Le contrôle des ressources naturelles est un point de vue très important. En même temps, il faut prendre en considération, dans les décisions s’appliquant à long terme, que le gouvernement intérimaire n’est pas encore doté d’une légitimité totalement démocratique. Ce ne sera le cas qu’après les élections. Ce point par exemple doit encore être précisé dans la résolution. Lors du transfert de souveraineté, la question de la structure de sécurité durant le processus politique est également déterminante. Mais tout ceci doit d’abord être débattu calmement avec les partenaires au Conseil de sécurité - pas dans des interviews.

Le président du Conseil de gouvernement iraquien a déjà fait part, au cours d’une interview, de sa déception au sujet du projet de résolution.

Joschka Fischer : La composition du gouvernement intérimaire fera partie intégrante des propositions de M. Brahimi. Tous les souhaits ne pourront alors être exaucés. L’essentiel c’est que M. Brahimi parvienne à y faire participer vraiment tous les groupes pertinents, afin d’obtenir un consensus aussi vaste que possible en Iraq. Il est important qu’après le transfert du pouvoir, ce processus suive un calendrier très clair menant assez rapidement à des élections, qui produiront un gouvernement complètement légitimé.

... même si les conditions de sécurité ne sont pas idéales pour des élections ?

Joschka Fischer : La date de janvier était déjà un compromis. Le leader chiite Sistani voulait qu’elles aient lieu bien plus tôt et avait fait descendre dans la rue des dizaines de milliers d’adeptes pour faire entendre sa revendication. Je considère qu’il est très important de s’en tenir au calendrier.

Que pensez-vous du passage, dans le projet de résolution, selon lequel une unité spéciale doit protéger les collaborateurs de l’ONU ?

Joschka Fischer : Il est évident que les collaborateurs de l’ONU doivent recevoir une protection. La question de savoir qui fournira une telle protection doit être débattue au cas par cas. Mais pour éviter toute spéculation : l’Allemagne n’enverra pas de troupes en Iraq. Rien n’a changé sur ce point.

L’OTAN pourrait alors s’en charger ...

Joschka Fischer : Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, car l’OTAN serait également considérée comme faisant partie d’une force d’occupation. Dans l’intérêt de l’OTAN et de sa durabilité, il faut renoncer à cette idée. Mais nous ne nous opposerons pas à un consensus.

Qui reste-t-il alors - les voisins arabes ?

Joschka Fischer : Ou bien la coalition au sol, qui est déjà en place, actuellement en tant que force d’occupation. En ce qui concerne les voisins, il faut bien entendu qu’ils soient impliqués, non seulement pour renforcer la légitimité du nouveau gouvernement, mais aussi pour contribuer à la stabilisation. En effet, aucun des voisins n’a intérêt à voir l’Iraq s’effondrer.

Vous attendez-vous à ce que les troupes américaines restent présentes longtemps en Iraq ? Ou les États-Unis cherchent-ils déjà une stratégie de sortie ?

Joschka Fischer : Je ne crois pas à une présence à long terme des troupes de la coalition. Quant aux stratégies de sortie, vous devez poser la question directement aux Américains. La discussion à ce sujet se poursuit - à Washington également.

L’Iraq va-t-il devenir un deuxième Viet Nam pour les États-Unis ?

Joschka Fischer : C’est aux historiens de décider.

Vous argumentez comme Condoleezza Rice, la conseillère des États-Unis pour la sécurité nationale, qui rejette toute critique relative au cours de la politique américaine en Iraq en affirmant que seule l’histoire pourra déterminer si c’était juste ou non.

Joschka Fischer : Ne mélangez pas les choses. La position du gouvernement fédéral quant à la guerre en Iraq était claire depuis le début. Nous avons toujours déconseillé à nos amis de franchir ce pas, pour de très bonnes raisons. Nous n’avons pas jugé la menace telle qu’une guerre soit inévitable. Nous avons mis en garde contre les conséquences : ce qu’une guerre signifiait pour la stabilité régionale, pour le terrorisme, pour la cohésion de l’Iraq.

Est-il judicieux, après les accusations de torture à l’encontre de soldats américains, de poursuivre l’offensive de démocratisation pour le Proche et Moyen-Orient (initiative du "Grand Moyen-Orient") ?

Joschka Fischer : Les faits n’ont pourtant pas changé. Les attentats terroristes du 11 septembre nous ont prouvé, aux États-Unis et à nous, qu’il était très risqué de vouloir maintenir le statu quo dans la région. Cette région revêt une très grande importance pour nous Européens, sur le plan politique, culturel, économique et démographique. On y trouve à la fois une nouvelle idéologie totalitaire, une pression sociale et démographique, une proportion élevée de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel ainsi que des conflits explosifs. Il s’agit d’un mélange extrêmement dangereux. La façon dont cette région continuera de se développer déterminera la sécurité et la stabilité - économique également - de l’Europe au cours des prochaines décennies.

La question cruciale est la suivante : le monde arabo-islamique va-t-il prendre part à la mondialisation en y apportant sa contribution, ou se contenter de la subir passivement ? Cette région doit entreprendre une énorme transformation, elle doit trouver sa voie propre vers la modernité. La recette de la lutte contre le terrorisme international est donc : un septième seulement d’interventions de la police, de l’armée et des services secrets et de destruction de structures terroristes, et six septièmes de réformes. Cela requiert un dialogue entre partenaires. Toute tentative échoue dès qu’elle est imposée de l’extérieur et perçue comme néocolonialiste.

C’est pourtant précisément l’impression que produit l’initiative du "Grand Moyen-Orient" sur de nombreux Arabes.

Joschka Fischer : Je crois que les initiatives européennes sont bien acceptées dans la région. Et je pense qu’entre-temps, les positions européennes trouvent également un accueil favorable du côté américain.

Le moment ne semble cependant pas bien opportun - même un pays modéré tel que l’Égypte a refusé l’invitation au sommet du G8.

Joschka Fischer : L’initiative a été lancée bien avant les accusations de torture. Évidemment, celles-ci ne faciliteront pas le travail - c’est le moins qu’on puisse dire -, on l’aura compris aussi à Washington. Mais a-t-on un autre choix ? Je ne suis pas aussi sceptique quant à l’évolution de la situation. Le monde arabe est plus différencié que beaucoup ne le pensent. Il y a aussi de nombreux partisans d’une coopération étroite.

On reproche parfois aux Européens de ne pas toujours prendre au sérieux leurs propres exigences - et de ne pas coopérer uniquement avec des gouvernements démocratiques. Qu’en dites-vous ?

Joschka Fischer : Selon moi, ce reproche est faux. Naturellement, la situation est parfois difficile à traiter. Les gouvernements sont toujours amenés à coopérer avec des gouvernements qui parfois ne correspondent pas à leurs attentes. Dans certains cas, il faut accorder temporairement la priorité au désir de stabilité, parce que, tout bien considéré, les conséquences d’une déstabilisation seraient bien plus terribles. En politique étrangère, il faut toujours envisager les conséquences. Le cas de l’Iraq le montre. Par ailleurs, il est certain depuis le 11 septembre que nous ne pouvons plus accepter le statu quo. Aucun gouvernement responsable ne peut attendre que des armes encore plus meurtrières ne parviennent entre les mains de terroristes irresponsables. Mais on ne peut pas changer les choses avec un ordre nouveau, impérialiste, imposé de l’extérieur. Cela ne fonctionnera pas. Nous devons progresser sur la voie ardue de la modernisation et de la démocratisation au travers de partenariats.

... comme dans le cas de la Turquie ?

Joschka Fischer : Oui. Nous approchons des cérémonies de commémoration du soixantième anniversaire du "jour J", le débarquement allié en Normandie. Une Turquie européanisée, l’association d’une économie moderne, d’une société civile forte ainsi que d’un État de droit démocratique dans un pays islamique - ce serait le "jour J" dans la lutte contre le terrorisme et le défi totalitaire.

N’êtes-vous donc pas inquiet du fait que dans quelques États de l’Union européenne, le scepticisme par rapport aux négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE s’accroisse.

Joschka Fischer : Je prends les objections très au sérieux, mais il faut comprendre de quoi il s’agit réellement. La question est de savoir si les Européens parviendront, en collaboration avec leurs partenaires d’Ankara, à ancrer solidement la Turquie dans l’époque moderne - et cela tient à la perspective européenne. Le pays deviendra alors un facteur de stabilité. Si nous repoussions la Turquie d’une façon ou d’une autre, on laisserait ce pays entre une perspective de Grande Turquie et une perspective islamico-orientale. Il deviendrait alors un facteur d’instabilité.

Mais en France, le parti du gouvernement devient lui aussi sceptique ?

Joschka Fischer : Ici aussi, il faut aborder les choses calmement. La prochaine décision de l’UE ne portera pas sur l’adhésion de la Turquie, mais sur l’ouverture de négociations. Les Turcs aussi savent qu’étant donné la taille de leur pays, tout dépend non seulement de l’adoption de l’acquis européen, mais aussi de sa mise en pratique effective. Dans quelques années, au terme du processus de négociations, la situation dans l’est et le sud-est du pays permettra de décider si la Turquie est prête pour l’adhésion. À la lumière de la réalité, de nombreuses craintes pourront disparaître, et disparaîtront.

L’UE parviendra-t-elle, avant cela, à retrouver la forme - notamment avec la conclusion de la constitution européenne ?

Joschka Fischer : Lundi dernier a eu lieu une réunion très fructueuse des ministres des Affaires étrangères. Si les chefs de gouvernement avaient été présents, on aurait peut-être même pu conclure les débats. C’était en fait la première fois que presque tous étaient d’accord sur la question de la pondération des voix lors des votes, c’est-à-dire sur la double majorité.

La question de la double majorité était-elle le seul problème ?

Joschka Fischer : Non. Mais l’ancienne querelle, à savoir qui du Conseil ou du Parlement de l’UE doit avoir le dernier mot en matière budgétaire, semble résolue. La présidence irlandaise du Conseil a proposé un compromis raisonnable selon lequel les deux parties devront se mettre d’accord. Dans la question de la répartition des sièges au sein du Parlement européen, l’Allemagne n’est pas opposée au fait que les quatre États les plus petits de l’Union reçoivent chacun un siège supplémentaire - tant que cela ne se fait pas à nos dépens. Quant à la question de l’évocation de l’héritage religieux chrétien dans la constitution, nous sommes ouverts à toutes propositions ; je renvoie ici à la Loi fondamentale. Cependant, la majorité des États membres est actuellement fixée sur la formulation de la Convention.

Ne craignez-vous pas que le Conseil de l’UE puisse adopter en juin une constitution qui ne soit pas ratifiée ensuite par tous les 25 États membres ?

Joschka Fischer : D’abord, la constitution doit être adoptée, puis on s’occupera de la ratification. Nous ne devrions pas charger les gouvernements de problèmes supplémentaires qui les mettent sous pression. L’adoption de la constitution est déjà un véritable exercice d’acrobatie. Je pense de toute façon que le processus de ratification sera certes très difficile, mais qu’il finira par aboutir. Cette fois, l’enjeu est vraiment très grand, l’UE ne peut tout simplement pas continuer à fonctionner avec le Traité de Nice.

Apparemment, si l’on suit le débat allemand sur la politique financière, nous ne le pouvons pas non plus avec le Pacte de stabilité européen.

Joschka Fischer : Mon Dieu, nous revoilà à ce débat de principe à propos des économies. Je ne comprends pas pourquoi nous nous imposons cela. Je ne vois pas de contradiction entre des efforts de consolidation et un défi conjoncturel. Nous ne voulons tout de même pas jeter l’argent par les fenêtres. Mais après trois ans de stagnation, nous devons relancer la croissance.

Ne s’agit-il réellement que d’un débat de principe, ou plutôt d’un débat sur le droit européen et les institutions ?

Joschka Fischer : Le Pacte de stabilité et de croissance est effectivement une invention allemande. Mais Waigel et Kohl n’ont pas tenu compte du fait qu’au moment où ils l’ont produit, la météo était au beau fixe, le soleil brillait de son plus bel éclat. À l’époque, nous connaissions une longue période d’essor conjoncturel mondial. Qu’il se mettrait aussi à pleuvoir un jour, personne n’y a pensé alors.

(...)

Source : ministère fédéral allemand des Affaires étrangères

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
italiano
Português
عربي
русский
Español
 
86 articles cette semaine dans toutes les langues
Páginas Libres
Proinversion niega detalles sobre Aeropuerto en Chinchero
Socios, 30 de mayo de 2012
 
 Le partenaire possessif de l'UE
« L’art de la guerre »
Le partenaire possessif de l’UE
par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 30 mai 2012
 
The West's adaptation to the compelling equations
Orient Tendencies
The West’s adaptation to the compelling equations
by Wassim Raad, Partners, 30 May 2012
 
أمريكا تبيع مصارفها للصين, وترفع قيمة الديوان
الجولة الرابعة من الحوار الاستراتيجي الاقتصادي بين الصين والولايات المتحدة
أمريكا تبيع مصارفها للصين, وترفع قيمة الديوان
بقلم ألفردو خليفة رحمة, Shabakat Voltaire, 29 أيار (مايو) 2012
 
Señal de Alerta
¡Lloriqueando por cursilerías procesales!
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 29 de mayo de 2012
 
Syrian opposition sets up summer headquarters in Miami Syrian opposition sets up summer headquarters in Miami
by Jean Guy Allard, Voltaire Network, 29 May 2012
 
Le bassin du Levant et Israël - une nouvelle donne géopolitique ?
La ruée vers le gaz en méditerranée (1ère partie)
Le bassin du Levant et Israël - une nouvelle donne géopolitique ?
par F. William Engdahl, Réseau Voltaire, 29 mai 2012
 
Les takfiristes menacent les autres musulmans Les takfiristes menacent les autres musulmans
Réseau Voltaire, 29 mai 2012
 
Páginas Libres
Paren de matar vs paren de morir
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 29 de mayo de 2012
 
Señal de Alerta
¡Simplones: la historia no es lineal!
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 28 de mayo de 2012
 
روسيا تحتج ضد مثيري شغب سوريين في كوسوفو روسيا تحتج ضد مثيري شغب سوريين في كوسوفو
Shabakat Voltaire, 28 أيار (مايو) 2012
 
Syrie : que dit le Conseil de sécurité ?
Les mécanismes de la propagande
Syrie : que dit le Conseil de sécurité ?
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 mai 2012
 
Páginas Libres
Perú. Conga, las cartas sobre la mesa
por Gustavo Espinoza M, Socios, 28 de mayo de 2012
 
May 2012-05-28, Syrian Crisis Updated May 2012-05-28, Syrian Crisis Updated
by Syrian Center for Documentation, Partners, 28 May 2012
 
2012-05-28 اخر تطورات الأزمة في سوريا 2012-05-28 اخر تطورات الأزمة في سوريا
بقلم المركز السوري للتوثيق, الشركاء, 28 أيار (مايو) 2012
 
Páginas Libres
Aristócratas, oligarcas, monarcas y nobles de nuevo cuño
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 28 de mayo de 2012
 
50 milioni di rubli per arrestare Putin 50 milioni di rubli per arrestare Putin
Rete Voltaire, 28 maggio 2012
 
La NSA può spiare su Google, ma non solo La NSA può spiare su Google, ma non solo
Rete Voltaire, 28 maggio 2012
 
L'AFP riscrive il caso Lockerbie L’AFP riscrive il caso Lockerbie
Rete Voltaire, 28 maggio 2012
 
Quiproquo: la vendita di banche statunitensi alla Cina e la rivalutazione dello yuan
Il quarto dialogo strategico ed economico tra gli Stati Uniti e la Cina
Quiproquo: la vendita di banche statunitensi alla Cina e la rivalutazione dello yuan
di Alfredo Jalife-Rahme, Rete Voltaire, 28 maggio 2012
 
La NATO esalta il suo declino
Il vertice di Chicago
La NATO esalta il suo declino
di Thierry Meyssan, Rete Voltaire, 28 maggio 2012
 
267. Non au projet « Managed Care »
« Horizons et débats », 12e année, n° 22, 28 mai 2012
Non au projet « Managed Care »
Partenaires, 28 mai 2012
 
الحولة..
لانتماء للمجزرة!
بقلم نضال الخضري, الشركاء, 28 أيار (مايو) 2012
 
الحولة..
تقنية أزمة يوغوسلافيا
بقلم مازن بلال, الشركاء, 28 أيار (مايو) 2012
 
الحولة..
الإدانة في الحدث
بقلم سورية الغد, الشركاء, 28 أيار (مايو) 2012
 
Des massacres « préparés » pour torpiller le processus politique
« Tendances de l’Orient »
Des massacres « préparés » pour torpiller le processus politique
par Pierre Khalaf, Partenaires, 28 mai 2012
 
Páginas Libres
¿Favorece descaradamente PJ al BCP?
Socios, 27 de mayo de 2012
 
Páginas Libres
Auditoría de EE.FF. ¡No es sobrecosto!
por Luis Latínez Carpio, Socios, 27 de mayo de 2012
 
2012-05-27 اخر تطورات الأزمة في سوريا 2012-05-27 اخر تطورات الأزمة في سوريا
بقلم المركز السوري للتوثيق, الشركاء, 27 أيار (مايو) 2012
 
May 2012-05-27, Syrian Crisis Updated May 2012-05-27, Syrian Crisis Updated
by Syrian Center for Documentation, Partners, 27 May 2012
 
Syrian government denies involvement in Houla massacre
Video
Syrian government denies involvement in Houla massacre
Voltaire Network, 27 May 2012
 
When the respectable become extremists, the extremists become respectable When the respectable become extremists, the extremists become respectable
by James Petras, Voltaire Network, 27 May 2012
 
Kossayr : c'est ainsi que tout a commencé
Témoignages
Kossayr : c’est ainsi que tout a commencé
par Suha Mustafa, Réseau Voltaire, 27 mai 2012
 
2012-05-26 اخر تطورات الأزمة في سوريا 2012-05-26 اخر تطورات الأزمة في سوريا
بقلم المركز السوري للتوثيق, الشركاء, 26 أيار (مايو) 2012
 
May 2012-05-26, Syrian Crisis Updated May 2012-05-26, Syrian Crisis Updated
by Syrian Center for Documentation, Partners, 26 May 2012
 
Russia accuses U.S. of industrial sabotage Russia accuses U.S. of industrial sabotage
Voltaire Network, 26 May 2012
 
The Human Rights Record of the United States in 2011 The Human Rights Record of the United States in 2011
Voltaire Network, 26 May 2012
 
Thousands protest journalist killings in Honduras Thousands protest journalist killings in Honduras
Voltaire Network, 26 May 2012
 
Webster Tarpley: West is Behind Syrian Violence
Video
Webster Tarpley: West is Behind Syrian Violence
Voltaire Network, 26 May 2012
 
Señal de Alerta
¡Historia condenará a los “olvidadizos!
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 25 de mayo de 2012
 
مصر ايران و سوريا تحت المجهر
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الأميركية
مصر ايران و سوريا تحت المجهر
Shabakat Voltaire, 25 أيار (مايو) 2012
 
ما العمل في سوريا
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الأميركية
ما العمل في سوريا
Shabakat Voltaire, 25 أيار (مايو) 2012
 
Venezuela breaks embargo against Syria anew Venezuela breaks embargo against Syria anew
Voltaire Network, 25 May 2012
 
L'opposition syrienne prend ses quartiers d'été à Miami
Une nouvelle Internationale du terrorisme
L’opposition syrienne prend ses quartiers d’été à Miami
par Agence Cubaine de Nouvelles,Jean Guy Allard, Réseau Voltaire, 25 mai 2012
 
حلف شمال الأطلسي يحتفي بانحطاطه
قمة شيكاغو
حلف شمال الأطلسي يحتفي بانحطاطه
بقلم تييري ميسان, Shabakat Voltaire, 25 أيار (مايو) 2012
 
Quiproquo : la vente de banques US à la Chine et la réévaluation du yuan
Le 4e Dialogue Stratégique et Économique entre les États-Unis et la Chine
Quiproquo : la vente de banques US à la Chine et la réévaluation du yuan
par Alfredo Jalife-Rahme, Réseau Voltaire, 25 mai 2012
 
Páginas Libres
¡DU de García con ilícitas y extrañas urgencias!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 25 de mayo de 2012
 
Merkel moves Berlin to Russia
Video
Merkel moves Berlin to Russia
Voltaire Network, 25 May 2012
 
La Syrie est à la fois le nœud du problème et sa solution
Un rapport des experts du PS à François Hollande
La Syrie est à la fois le nœud du problème et sa solution
par Issa el Ayoubi, Réseau Voltaire, 25 mai 2012
 
May 2012-05-25, Syrian Crisis Updated May 2012-05-25, Syrian Crisis Updated
by Syrian Center for Documentation, Partners, 25 May 2012
 
2012-05-25 اخر تطورات الأزمة في سوريا 2012-05-25 اخر تطورات الأزمة في سوريا
بقلم المركز السوري للتوثيق, الشركاء, 25 أيار (مايو) 2012
 
Páginas Libres
García: inminente responsable penal por colegios emblemáticos
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 24 de mayo de 2012
 
2012-05-24 اخر تطورات الأزمة في سوريا 2012-05-24 اخر تطورات الأزمة في سوريا
بقلم المركز السوري للتوثيق, الشركاء, 24 أيار (مايو) 2012
 
May 2012-05-24, Syrian Crisis Updated May 2012-05-24, Syrian Crisis Updated
by Syrian Center for Documentation, Partners, 24 May 2012
 
US War Veterans Toss Medals Back at NATO
Videos
US War Veterans Toss Medals Back at NATO
Voltaire Network, 24 May 2012
 
Blood red dawn in Kabul
The Art of War
Blood red dawn in Kabul
by Manlio Dinucci, Voltaire Network, 23 May 2012
 
L'éternelle jeunesse de l'Otan
« L’art de la guerre »
L’éternelle jeunesse de l’Otan
par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 23 mai 2012
 
L'eterna giovinezza della Nato
L’arte della guerra
L’eterna giovinezza della Nato
di Manlio Dinucci, Rete Voltaire, 23 maggio 2012
 
Páginas Libres
Pequeñas pinceladas sobre la Izquierda política peruana
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 23 de mayo de 2012
 
May 2012-05-23, Syrian Crisis Updated May 2012-05-23, Syrian Crisis Updated
by Syrian Center for Documentation, Partners, 23 May 2012
 
2012-05-23 اخر تطورات الأزمة في سوريا 2012-05-23 اخر تطورات الأزمة في سوريا
بقلم المركز السوري للتوثيق, الشركاء, 23 أيار (مايو) 2012
 
Post-Sarkozy : Revolt against the Euro and alliance with the BRICS? Post-Sarkozy : Revolt against the Euro and alliance with the BRICS?
by Alfredo Jalife-Rahme, Voltaire Network, 22 May 2012