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Bilan de 5 ans d’interventions

L’extension régionale du Plan Colombie

L’extension régionale du Plan Colombie

Officiellement conçu pour lutter militairement contre la culture de la coca, le Plan Colombie est surtout un prétexte à la présence militaire états-unienne dans le pays. Il déborde sensiblement sur les États riverains, rapporte l’Agence Altercom : installation de bases états-uniennes en Équateur, bataille navale dans les eaux territoriales équatoriennes, incursions au Venezuela. Et toujours aucun résultat tangible par rapport à l’objectif affiché.

Réseau Voltaire | Quito (Équateur)
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Le président Alvaro Uribe a reconnu que la lutte contre les groupes armés illégaux en Colombie « engendre des difficultés pour nos voisins et frères ». [1].
Régionaliser le Plan Colombie entraîne non seulement une implication des armées de la région dans des opérations militaires de la guerre qui sévit depuis un demi siècle dans ce pays sud-américain, mais la régionalisation apporte aussi d’autres travers, tout aussi dangereux, que ceux du seul volet militaire [2].

Différents analystes militaires équatoriens, parmi lesquels certains étaient des opposants au président Lucio Gutiérrez lorsqu’ils nous ont informés sur les différentes tactiques et stratégies, sont maintenant des fonctionnaires du gouvernement. Ils nous ont alors affirmé que les Forces Armées équatoriennes seraient utilisées comme « l’enclume quand le marteau frappera au Nord les guerrilleros », et qu’à ce moment-là, quand les insurgés en fuite entreraient en territoire équatorien, nous serions automatiquement impliqués dans le conflit. C’est dans ce contexte que nous avons pris connaissance, non sans crainte, du dénommé « Plan Patriote » : des milliers de soldats équipés et qualifiés s’enfonçant dans les forêts colombiennes pour mettre un terme à la rébellion, confirmant ainsi les prévisions.
Maintenant, lorsque l’on commence à analyser le « plan patriote », la réalité est toute autre. Le président Uribe peut seulement exhiber deux victoires peu glorieuses : les enlèvements de Simón Trinidad et de Ricardo Granda. Tous deux réalisés en territoire étranger, et contre des personnes désarmées, le tout en violation flagrante de la souveraineté d’autres pays qui ont des relations d’amitié et n’étaient pas en situation de méfiance. Aucun haut commandant rebelle n’a été placé en situation de combat. Pendant ce temps, les grands médias rendent compte, chaque semaine, de dizaines morts et de blessés appartenant aux Forces armées colombiennes. Les FARC demeurent potentiellement combatifs et ont durement frappé les forces régulières, ce que reconnaît M. Uribe Vélez lui-même.

Le « Plan patriote », de toute évidence, n’a pas été une campagne militaire victorieuse et l’Équateur n’a pas vu arriver les milliers de guérilleros vaincus et fuyant la défaite.
De ce côté de la frontière ont été mobilisés entre 10 et 15 000 hommes pour garder la frontière, sous la responsabilité financière stricte de l’Équateur (pays pauvre et surendetté) et sous la direction du Commandement Sud de l’armée des États-Unis. Cependant, les faits les plus retentissants n’ont pas été, précisément, les combats avec les forces rebelles. Au contraire, l’activité a été quasi imperceptible pour ce qui est des confrontations avec l’armée régulière colombienne dans les provinces frontalières de Carchi et de Sucumbíos. Par ailleurs les mensonges officiels ont été démasqués et révélés par la presse des deux pays. Ainsi, il convient de passer en revue les faits marquants de l’année 2004.

- L’enlèvement de Simón Trinidad
2004 a débuté avec la détention de Simón Trinidad à Quito, par un commando multinational, au sein duquel l’Équateur n’a pas pris part. Les informations fournies par le gouvernement de Lucio Gutiérrez affirmant que la capture s’est effectuée dans le cadre « d’une opération de routine », a été réfutée immédiatement par les presses colombienne et états-unienne, qui ont rendu compte d’un suivi méticuleux et d’actions d’espionnage préalables effectuées dans notre pays par les services colombiens « avec l’aide des USA ». Les preuves incontestables (photographies et vidéos) ouvertement exhibées hors d’Équateur, ont fait taire les porte-parole gouvernementaux.

- La « fameuse Matrice de Sécurité »
Quelques semaines plus tard, vers le 14 janvier 2004, des officiers de haut rang du Commandement Sud des États-Unis exposent à leurs collègues équatoriens la « Matrice de Sécurité » dans un hôtel de la capitale de la République. Dans ce document, sont assignées aux Forces Armées équatoriennes 200 tâches militaires. Immédiatement, le Chef du Commandement Conjoint d’Équateur réfute les révélation de la presse nationale, mais se reprend en juin et accepte finalement les faits, prétextant : « Nous avons beaucoup d’insuffisances. Nous espérons qu’ils nous aident ».

- Attaques de bateaux battant pavillon équatorien
La liste des interventions s’allonge avec les 8 bateaux équatoriens coulés par la marine américaine, dans le périmètre des 200 miles des eaux territoriales. L’affaire a été dénoncée par l’ ALDHU, et rejetée par la Chancellerie équatorienne, le 23 novembre le 2004, ainsi que par la Commission des Affaires Internationales du Congrès National. « Pour éviter tout contact avec nous, les migrants, les militaires états-uniens ont utilisé des combinaisons en plastique. Après un pilonnage d’environ deux heures, le bateau a été coulé à la grande joie des militaires étrangers. C’était comme un film de guerre. », rapporte un des témoins avec rage et horreur. En outre, plusieurs soupçons indiquent que les Marines et « terminators » venaient de Manta, port national occupé par les troupes états-uniennes dans le cadre du même Plan Colombie.
« Malgré les preuves, la Chancellerie a renoncé à présenter une plainte », a déclaré l’internationaliste Maurice Gándara, jurisconsulte et coordinateur du Groupe Dignité et Souveraineté.

Fumigations et déplacés

Noël, pour les populations frontalières de la Colombie, s’est annoncé avec deux funestes cadeaux ; la reprise des fumigations et les menaces des paramilitaires. Conséquences de ce premier cadeau, 2 morts et des cultures détruites ; deuxièmement, plus de 200 familles déplacées, qui en outre, ne peuvent pas utiliser les installations prévues pour les réfugiés, car elles sont natives du lieu !
Sur les accords pour établir une bande de sécurité, le président Uribe a déclaré n’en rien savoir, au sein même du palais du Gouvernement à Quito, alors que la Chancellerie équatorienne les avait évoqués comme argument de défense face aux attaques de différents secteurs et aux plaintes des paysans de la région. Jusqu’à présent, il n’y a aucune explication officielle sur le différend. Simplement, les fumigations continuent.

Vague de réfugiés

Les réfugiés colombiens viennent à constituer un problème de ce côté de la frontière. Selon ACNUR, depuis 2000, 27 230 demandes d’asile ont été présentées, parmi lesquelles 28 % ont été acceptées. Vu l’afflux de réfugiés, cet organisme international a augmenté son budget pour l’Équateur de 800 000 à 3 millions de dollars. Pour le seul mois de novembre, 200 familles colombiennes ont grossi les rangs des réfugiés.
L’Équateur, pour sa part, a sollicité une coopération économique de la Colombie pour développer des plans d’accueil des réfugiés. L’opinion publique ignore s’il existe une réponse officielle à ces questions.

Unités militaires colombiennes en Équateur

Le 18 mai, le général Octavio Romarin, chef du Commandement Conjoint, a déclaré que des unités militaires chargées de la sécurité à la frontière Nord « [avaient] détecté à deux reprises des survols de notre territoire par l’armée de l’air colombienne, ce qui a été communiqué au ministère des Relations extérieures » [3]. Dans le même journal, il est affirmé que le 10 septembre, il se rend compte que le jour précédent, 70 militaires colombiens ont pénétré à Buena vista, en territoire équatorien. Ils ont perquisitionné des propriétés et ont arrêté 5 jeunes pour mener à bien leurs investigations. L’Assemblée Communale a exigé leur libération.
« Le village est limitrophe de la Rosa, une localité colombienne située sur l’autre rive de la rivière Putumayo, ses habitants ont rapporté que l’armée colombienne a mis en place avant-hier un campement temporaire sur les plages équatoriennes de Putumayo... et ont déclaré vouloir en découdre avec l’Armée équatorienne accusée de collusion avec la guerrilla. L’armée colombienne a mené une attaque aérienne depuis le territoire équatorien. Les hélicoptères ont traversé la frontière ; et ont tiré » [4].

Le Commandant du Bataillon 55 de Putumayo, en Équateur, a envoyé un communiqué aux officiers de la Base navale Sud de Colombie pour leur demander de respecter les accords internationaux et qu’il s’abstiennent d’entrer en Équateur : « Evitez de vous approcher et de pénétrer en territoire équatorien, afin de sauvegarder les bonnes relations tant avec l’Armée qu’avec la population frontalière. ».
Le 13 décembre, Rodrigo Granda, membre de la Commission Internationale des FARC, est enlevé à Caracas. Le gouvernement colombien justifie l’action en arguant que la guérilla circulait librement dans différents pays, dont l’Équateur. Les papiers de Granda en Équateur ne sont pas faux et ont été légalement obtenus avec son prénom et nom de famille. La police équatorienne n’a jamais reçu de mandat d’arrêt de la part des autorités colombiennes. Les preuves, entre autres documents exhibés officiellement en Colombie, sont des photographies et vidéos enregistrées à Quito et rendus publiques à Bogota, ce qui prouve une activité routinière des forces militaires colombiennes en territoire équatorien. Depuis sa prison, le guérillero affirme que le 21 août, il a failli être enlevé à Quito par un commando des services secrets de son pays.
Aucun de ces points n’a été évoqué par le chancelier Zuquilanda, pas même une explication officielle. Le silence est la seule réponse. Apparemment, le gouvernement équatorien a abandonné tacitement la souveraineté nationale au gouvernement d’Uribe Vélez et/ou les Forces armées colombiennes ont été chargées de surveiller la région, d’ignorer les frontières et d’assumer la commandement militaire de la région sur ordre du Commandement Sud.

Militaires états-uniens en Équateur

Il est de notoriété publique que 475 militaires états-uniens sont autorisés à entrer et à circuler en territoire équatorien, grâce à l’accord de la Base de Manta. Chiffre exorbitant si nous considérons qu’en Colombie, pays traversé par une long conflit interne, pour augmenter le nombre de soldats de 400 à 800, Bush a dû demander une autorisation expresse à son Congrès en invoquant l’intensification de la guerre civile. Il convient d’ajouter à cela l’attitude et les activités de l’ambassadrice états-unienne en Équateur : visites d’inspection des unités militaires de la frontière, où elle est reçue avec les honneurs militaires, ainsi qu’une intervention ouverte dans des affaires internes du pays en semant la discorde lors de convulsions politiques.

Si la montagne ne vient pas à moi...

L’analyse de ces faits s’avère des plus simples si nous les relions entre eux : il n’y a aucune nécessité pour nos soldats de combattre à la frontière Nord. La régionalisation du Plan Colombie n’était pas uniquement centrée sur cet aspect. Les tentacules de la plus puissante armée d’Amérique après celle des États-Unis, dont le pouvoir et l’armement altère l’équilibre militaire dans la région, s’étendent aux pays voisins. La transnationalisation des Forces armées colombiennes s’opère sans réaction de leurs homologues latino-américaines. Elles agissent avec une liberté totale dans les différents pays, sauf au Venezuela, où leur audace leur a coûté cher, notamment la gêne du président Uribe demandant pardon dans la maison de la victime.

Le Plan de Sécurité Démocratique d’Uribe est décliné sous un autre nom par ses alliés, Lucio Gutiérrez en Équateur et Alejandro Toledo au Pérou. Le plan prévoyant des soldats paysans a sa déclinaison dans les assemblées campagnardes, récemment organisées en Équateur. Il existe déjà des plaintes documentées de Communautés indigènes dans lesquelles, à peine l’assemblée constituée, sont apparues les listes « des communistes, voleurs, mafieux » contre lesquels il est demandé d’agir, et « de les éliminer ». La répression est devenue quotidienne. Des adversaires politiques, défenseurs de droits humains, journalistes et personnels d’ONG ont été menacés. Les paramilitaires trouvent leur justification dans la nécessité de garantir la sécurité et dans la défense de la propriété privée.
Pendant ce temps, le gouvernement fait diversion en portant le débat sur d’autres questions : l’encaissement des dettes, l’extradition des banquiers, les différends entre groupes oligarchiques, le salaire de sa secrétaire privée, la corruption des députés, telle chose ou telle autre, et pour finir une consultation populaire confuse.

Ne serions-nous pas en train de mettre en pratique le proverbe chinois qui dit « quand le doigt pointe la lune, l’imbécile regarde le doigt ? ». Nous devons regarder au fond des choses sur le long terme. Nous ne pouvons pas laisser la ligne de front vacante. La survie de l’Équateur comme État national est en jeu. La transnationalisation de l’armée colombienne est un fait, ainsi que l’a exprimé son propre ministre de la Défense Jorge Alberto Uribe Echavarría : « Les menaces qui planent sur notre sécurité ne sont pas l’affaire de chaque nation. Le terrorisme, le blanchiment d’actifs et le trafic illicite armes, de munitions et explosifs entre autres, sont des menaces pour nos démocraties. Nous devons y faire face de manière conjointe et coordonnée.
La Colombie fait ce qu’elle a à faire. Par la Politique de Sécurité Démocratique, nous apportons la sécurité aux Colombiens. Cependant tout effort, s’il n’est pas coordonné dans toute la région, servira seulement à déplacer et à renforcer la menace. Jamais nous ne nous fatiguerons de le répéter : les problèmes globaux requièrent des solutions globales.
Je ne cesse de souligner l’effort énorme que nous développons en Colombie avec l’aide des États-Unis depuis quelques années. Sans l’appui du Gouvernement et du peuple des États-Unis, le panorama de la sécurité dans la région serait tout autre.
Je souhaiterais également souligner le travail que nous avons réalisé avec mon ami Robert Chiabra, Ministre de la Défense du Pérou, ainsi que les compromis obtenus avec le Brésil et l’Équateur. La Colombie est disposée à travailler avec la région et pour la région...
Je crois que pendant longtemps nous avons tu les mérites de cette coopération. De fait, je crois que la coopération dans les secteurs de la sécurité et de la défense servent de base pour des rapprochements sur d’autres sujets... »

Michael Shifter disait il y a quelques mois, dans un entretien pour le journal Le Temps de Bogota, « Mon impression est que chaque Gouvernement de la région fait ce qu’il peut pour ses intérêts particuliers, ce qui est compréhensible, mais pas le plus efficace... Je veux les inviter à protéger ce que nous avons en commun et à orchestrer, de la manière plus efficace qui soit, une défense intégrale et régionale de nos démocraties contre les menaces. Déraciner la violence et l’insécurité de notre continent comme on éradique une épidémie requiert le travail et des compromis de tous, mais aussi et surtout, la décision de commencer par ce qui est urgent afin de pouvoir poursuivre avec ce qui est important ». Qu’est ce qui est urgent, et qu’est-ce qui est important ? irement

[1] BBC, mardi 15 février 2005, Caracas, 23H08 GMT.

[2] Voir notre enquête sur le Plan Colombie « Cocaïne, pétrole et mercenaires », par Paul Labarique, Voltaire, 25 février 2004.

[3] Journal Le Commerce, 19 mai 2004, A2.

[4] Journal Le Commerce, Quito, 10 septembre 2004.

Diego Mince Jara

Docteur en Droit de l’université de Cuenca, ancien parlementaire, auteur de nombreux ouvrages sur la dette externe, le Plan Colombie et la faillite du système bancaire équatorien.

 
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La Colonie française en Algérie
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Depuis le XIXe siècle, les États-Unis considèrent l’Amérique latine comme leur zone d’influence (Doctrine Monroe), toutefois ce n’est qu’en 1903 qu’ils créèrent le SouthCom. Il s’agissait alors de s’approprier la zone du chemin de fer reliant l’Atlantique au Pacifique pour y creuser un canal. Washington suscita en Colombie une improbable sécession du Panama et envoya des troupes pour « garantir la sécurité du nouvel État ».
Durant la Guerre froide, le SouthCom appuya d’abord ouvertement les dictatures militaires de droite, puis encadra plus discrètement la répression des guérillas marxistes sous couvert de lutte contre le narcotrafic. Cette évolution a conduit à une réforme structurelle progressive. Désormais le SouthCom travaille en étroite collaboration avec de nombreuses agences US et non plus simplement sous les ordres du département de la Défense.
Dans les années à venir, le SouthCom devrait se développer au fur et à mesure du retrait US du Grand Moyen-Orient et concentrer ses efforts sur le contrôle des champs pétroliers de la zone Caraïbes. Dans la perspective d’une épreuve de force contre le Venezuela et Cuba, Washington a réactivé la IVe flotte (2008), renversé le gouvernement du Honduras qui voulait fermer la base d’écoutes de Soto Cano (2009) et loué sept bases militaires à la Colombie (2009).
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Guerres de basse intensité
Si la guerre oppose classiquement des États entre eux, les « conflits de basse intensité » opposent un État à des acteurs non-étatiques. L’expression, créée par le chef d’état-major privé de la reine Elizabeth II, Sir Frank Kitson, s’applique aux contre-insurrections dans les colonies, à la lutte contre la subversion durant la Guerre froide, et à certaines opérations de « maintien de la paix ».
Alors que les résistants, rebelles ou autres guérilleros cherchent à se mouvoir dans la population « comme un poisson dans l’eau », selon la formule de Mao Zedong, la guerre de basse intensité vise d’abord à séparer les combattants du reste de la population, au besoin en déplaçant de force les populations isolées dans des zones surveillés, puis à « neutraliser » les individus suspectés d’être des combattants.
Le développement récent d’opérations de « maintien de la paix » par l’ONU illustre la dérive de l’Organisation au service des grandes puissances. Ce qui devait être exceptionnel est devenu routinier : les Nations Unies déploient des forces militaires non pour surveiller l’application d’accords de paix, mais pour imposer ces accords à des parties récalcitrantes, devenant ainsi elles mêmes parties du conflit. Ce phénomène s’est accentué avec la réforme Brahimi en totale contradiction avec les principes de la Charte de San Francisco.
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por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 23 de mayo de 2012
 
May 2012-05-23, Syrian Crisis Updated May 2012-05-23, Syrian Crisis Updated
by Syrian Center for Documentation, Partners, 23 May 2012
 
2012-05-23 اخر تطورات الأزمة في سوريا 2012-05-23 اخر تطورات الأزمة في سوريا
بقلم المركز السوري للتوثيق, الشركاء, 23 أيار (مايو) 2012
 
Post-Sarkozy : Revolt against the Euro and alliance with the BRICS? Post-Sarkozy : Revolt against the Euro and alliance with the BRICS?
by Alfredo Jalife-Rahme, Voltaire Network, 22 May 2012