Réseau Voltaire
Cheney exige le départ d’Aristide

La CIA déstabilise Haïti

La CIA déstabilise Haïti

Les États-Unis tentent de renverser le président Jean-Bertrand Aristide à Haïti en employant leur nouvelle méthode dite de la « révolution de velours ». La CIA finance l’opposition par le biais de l’Institut républicain et l’organise autour du patronat. Elle bloque le système institutionnel et provoque des violences dont elle rend Aristide responsable. Elle conditionne l’opinion publique internationale pour rendre plausible l’apparence d’un soulèvement populaire. Pourtant, Aristide continue à être soutenu par son peuple bien que la présence militaire états-unienne l’empêche de poursuivre la politique sociale qu’il avait initiée. Il y a longtemps qu’Aristide n’est plus dangereux, mais il n’est pas assez docile.

Réseau Voltaire
+
JPEG - 37.8 ko
Manifestation contre l’ingérence des États-Unis, le 27 mars 2002 à Port-au-Prince.

Alors que Haïti fête le bicentenaire de son indépendance et la proclamation de la première république noire du monde, le pays sombre dans une profonde crise politique. Le président Jean-Bertrand Aristide affronte une forte opposition de la « société civile » qui l’accuse de violations de Droits de l’homme, met en cause son élection et réclame sa démission. Mais étrangement, Washington reprend à son compte et à l’identique les critiques formulées par l’opposition. En juin 2003, le secrétaire d’État Colin Powell somme l’Organisation des Etats américains (OEA) de résoudre la crise haïtienne d’ici septembre. Le 4 octobre 2003, le tout nouvel ambassadeur états-unien en Haïti, James B. Foley apporte publiquement son soutien à l’opposition et demande la tenue de nouvelles élections : « Je voudrais réaffirmer notre soutien à tout Haïtien désirant exercer son droit de manifester pacifiquement et de s’exprimer librement, droits fondamentaux du processus démocratique […]. Nous n’appuierons qu’une seule sortie de crise : la tenue d’élections libres et crédibles dans un climat de sécurité ». Le 15 décembre, Richard Boucher, porte-parole du département d’État, attaque frontalement Aristide : « Le gouvernement haïtien a agi de concert avec des gangs armés travaillant à sa solde pour réprimer avec violence ces manifestations, provoquant ainsi des blessés et même des pertes en vies humaines. Nous exhortons le gouvernement haïtien à mettre, dans les plus brefs délais, un terme à ses efforts pour étouffer toute divergence légitime et à œuvrer avec l’Organisation des États américains, le gouvernement américain et les autres membres de la communauté internationale en vue d’une résolution pacifique et démocratique de ses difficultés politiques. »

Haïti, point stratégique des Caraïbes, aux portes de Cuba

Ancienne colonie française devenue indépendante il y a deux siècle, Haïti est depuis 1915 sous contrôle états-unien. Depuis l’inauguration du canal de Panama en 1914, la politique de Washington est centrée sur le contrôle des pays voisins de cette artère économique et militaire vitale. C’est le fameux « corollaire Roosevelt » de la doctrine Monroe. Au cœur de cette artère se trouve Haïti que les États-Unis occupent eux-mêmes militairement de 1915 à 1934, puis par l’intermédiaire des dictatures de François et Jean-Claude Duvalier (« Papa Doc » et « Baby Doc ») de 1957 à 1986.

GIF - 7.8 ko

Pendant la Guerre froide, Cuba représente la principale menace pour les États-Unis qui accroissent leur surveillance sur l’ensemble du bassin caraïbe. Dans les années 80 et 90, la plupart des interventions militaires états-uniennes ont lieu dans des pays de la région (Panama, Granade, Haïti) [1].

JPEG - 8.9 ko
Jean-Bertrand Aristide

L’élection du prêtre de gauche Jean-Bertrand Aristide, partisan de la théologie de la libération, en 1990, est un désastre pour Washington. C’est pourquoi les États-Unis se montrent favorables au coup d’État organisé contre le père Aristide en 1991. Le colonel Michel François, l’homme fort de la nouvelle junte est un ancien élève de leur célèbre École des Amériques qui a formé nombre de dictateurs latino-américains amis des États-Unis.

Mais les révélations sur l’implication des militaires dans le trafic de drogues des Caraïbes les mettent bientôt en difficulté. L’Observatoire géopolitique des drogues (OGD) rapporte en 1993 que « les "fuites" dans la presse ont débuté, le 27 octobre, par un rapport du Sénat américain affirmant que les trafiquants colombiens versaient environ 100 millions de dollars par an au lieutenant-colonel Michel François […] pour qu’il protège et facilite le transit de cocaïne dans le pays. » [2] Par ailleurs, malgré la pression des militaires au pouvoir, le pays ne trouve pas de stabilité. Les gouvernements se succèdent, les manifestations et la répression aussi. La pays est bientôt sous embargo des Nations unies. Le retour d’Aristide semble la seule solution sortir de la crise. En 1994, les États-Unis obtiennent l’accord de l’ONU pour intervenir militairement. Et en septembre, un an après leur déroute en Somalie, 21 000 soldats états-uniens débarquent en Haïti où ils n’affrontent aucune résistance. Le 15 octobre 1994, après s’y être opposé, Washington remet finalement le pouvoir à Jean-Bertrand Aristide, non sans avoir obtenu de sa part la garantie qu’il abandonne les principes de la théologie de la libération et se plie à l’économie de marché. Le stationnement des troupes états-uniennes en Haïti est là pour lui rappeler ses engagements. Et Aristide nomme un homme d’affaire, Smarck Michel, comme Premier ministre.

Le 20 septembre 1994, Dick Cheney dénonce la politique de l’administration Clinton : « C’est le désordre en Haïti, c’est une tragédie. Haïti a toujours été en désordre depuis plus de 200 ans. Rien ne permet aujourd’hui de dire que l’on va pouvoir y établir la démocratie. »

La CIA finance l’opposition haïtienne

Dix ans plus tard, une violente crise politique conduit le président Aristide, qui avait échappé à une nouvelle tentative de coup d’Etat le 17 décembre 2001, vers la sortie. Par bien des points, cette crise est semblable à celle qui mine le Venezuela d’Hugo Chavez depuis avril 2002 [3] et à celle qui a abouti au départ d’Edouard Chevardnadze de la présidence de la Géorgie [4].

Comme au Venezuela et en Georgie, « l’opposition populaire » est présentée comme un vaste rassemblement de la société civile… et dirigée par de grands patrons. Piloté par l’homme d’affaire André Apaid, le « Groupe des 184 », rassemble 184 organisations regroupant « treize secteurs d’activités définis par consensus » : dont le patronat, des syndicats et la presse [5]

JPEG - 9.7 ko
Roger Noriega
Ambassadeur des États-Unis
auprès de l’Organisation des
États Américains et sous-
secrétaire d’État.

La 19 novembre 2002, la Brookings Institution [6]crée officiellement à Washington un think tank pour imposer « la démocratie » à Haïti : Haiti Democracy Project, confiée à James Morrell, ancien responsable du Center for International Policy. On y retrouve les anciens ambassadeurs états-uniens en Haïti, Ernest H. Preeg et Lawrence Pezzullo, le milliardaire Rudolph Boulos, Ira Lowenthal de l’Institut républicain international (IRI) et surtout Roger Noriega. Cette organisation soutient des groupes haïtiens chargés d’organiser l’opposition à Aristide. Par exemple la Fondation Nouvelle Haïti, dirigée par André Apaid, qui finance le fameux Groupe des 184.

Le 18 décembre 2002 l’Institut républicain international(IRI), c’est-à-dire la CIA [7], payait le déplacement en avion d’une cinquantaine de conspirateurs en République dominicaine pour finaliser leur plan de déstabilisation. L’IRI va même jusqu’à créer une banche spéciale pour le pays : IRI-Haiti.

Les leaders de la contestation anti-Aristide prennent pour exemple le coup d’État de velours réussi en Géorgie. Ainsi, le dirigeant de l’Initiative citoyenne (IC), Frandley Denis Julien, a déclaré que « la révolution des roses » en Géorgie était « un exemple à suivre ». Dans une déclaration à Radio Métropole le 24 novembre 2003, il a appelé le secteur des affaires à assumer ses responsabilités dans la lutte déclenchée pour obtenir la démission du président Jean-Bertrand Aristide. Il a aussi demandé aux « policiers honnêtes » de suivre l’exemple des militaires géorgiens qui se sont ralliés à l’opposition.

Haïti, un Guantanamo bis ?

Pendant la dictature Duvallier, « la CIA travaillait de concert avec les escadrons de la mort, les tortionnaires et les trafiquants de drogues. » Lors de l’intervention de 1994, « les militaires états-uniens ont confisqué environ 160 000 documents, cassettes vidéo et audio, contenant, entre autres, des images des séances de torture, et des photos de victimes mutilées, appartenant à des organisation haïtiennes militaires et paramilitaires […] des dizaines d’années d’engagement de la CIA aux côtés des dictateurs haïtiens, des forces armées, des escadrons de la mort, des tortionnaires et des trafiquants de drogues donnent à Washington suffisamment de raison pour souhaiter que ces documents ne soient pas diffusés. » [8] Les États-Unis ne les rendront jamais.
La chute des Duvallier a contraint les agents spéciaux de la CIA à se replier sur la base proche de Guantanamo. Ils s’y sentent aujourd’hui à l’étroit.

Un scénario connu

Le département d’État rejoue un scénario connu : le 7 janvier 2004, à Port-au-Prince, une manifestation de l’opposition a donné lieu à des violences attribuées par Washington aux milices du président Aristide. Le 9 janvier, un communiqué du secrétaire d’État sommait le gouvernement haïtien de rétablir l’État de droit. Le 13 janvier, le mandat des députés et de deux tiers des sénateurs a pris fin, mais le gouvernement n’était pas en mesure d’organiser des élections faute de représentants désignés par l’opposition au Conseil électoral. La délégation états-unienne au Sommet des Amériques, à Monterrey, a dénoncé l’absence de Parlement. Organisant immédiatement une conférence de presse en marge du Sommet, Jean-Bertrand Aristide s’est engagé à organiser des élections générales sous six mois. L’opposition dénonce internationalement une manœuvre dilatoire alors, qu’en réalité, c’est elle qui empêche la tenue du scrutin. La situation est mûre pour un coup d’État de velours.

[1] « Les enjeux pour les États-Unis ou le canal de Panama comme instrument de géostratégie », in Remarques sur le CMA et le Plan Colombie, mémoire de Damien Laplanche, université de Nantes, 1999.

[2] « Coups tordus en cascade », La dépêche internationale des drogues, 1er décembre 1993.

[3] Voir notre enquête " Stay-behind : Opération manquée au Venezuela", 18 mai 2002, et l’article " Ingérence des États-Unis en Amérique latine : Chavez veut mener la résistance", 26 novembre 2003.

[4] Voir notre enquête " Les dessous du coup d’État en Géorgie", 7 janvier 2004.

[5] Presentation du Groupe 184 par lui-même : www.group184.org/histoire.html. Les treize secteurs d’activités sont :
« 1. Le secteur privé des affaires
2. Le secteur syndical
3. Le secteur paysan
4. Le secteur éducatif (professeurs, enseignants…)
5. Le secteur socioprofessionnel (médecins, avocats, agronomes….)
6. Le secteur culturel (écrivains, intellectuels, artistes)
7. Le secteur des Jeunes et Etudiants
8. Les femmes
9. La Presse
10. Les ONG
11. Le secteur des droits Humains
12. Les organisations civiques
13. Les organisations populaires de quartier ».

[6] Brookings Institution est l’un des plus importants think tanks états-unien et dispose d’un budget de 37 millions de dollars annuel.

[7] L’IRI est une organisation satellite de la National Endowment for Democracy, l’association-vitrine de la CIA chargé du financement légal des partis politiques pro-états-uniens dans le monde.

[8] L’État voyou de William Blum, édition Parangon, 2001.

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

La Route vers le Nouveau Désordre Mondial
Par Peter Dale SCOTT
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
Action secrète
Alors que le droit international a consacré le principe de souveraineté des États, les grandes puissances n’hésitent pas à corrompre des gouvernements, à déstabiliser des sociétés, à éliminer des dirigeants, voire à renverser des régimes par l’action secrète. Cette forme d’ingérence s’avère relativement peu coûteuse par rapport aux gains que l’on peut en attendre, mais elle mine la confiance entre les États.
À ce jeu, les Anglo-Saxons sont passés maîtres. Unis au sein d’un pacte militaire secret conclu en 1948 (UK-USA + Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), ils ont développé des outils d’espionnage et d’action clandestine au service d’un projet commun, celui de la Guerre froide. Ils rivalisaient alors avec l’Union soviétique face à laquelle ils avaient atteint une supériorité indéniable en la matière. La Chine maoïste et la France post-coloniale ambitionnèrent également de tenir par ce biais des zones d’influence, principalement en Afrique.
Après la dissolution de l’URSS, ce paysage fut entièrement renouvelé. La Chine a renoncé au financement tous azimuts de groupes armés révolutionnaires et s’est focalisée sur le renseignement utile au développement de la coopération économique. La France se retire de son pré carré africain au profit de l’Union européenne. Les services russes, qui auraient dû être engloutis dans le néant eltsinien, se sont attachés à restructurer le pays et sa zone historique d’influence (États nouvellement indépendants ex-soviétiques) en luttant contre les ingérences extérieures et non en s’ingérant dans le reste du monde.
À partir de 1995, les Anglo-Saxons ont investi massivement dans leurs services secrets, dont ils ont triplé le budget en une quinzaine d’années. En outre, ils ont intégré les services israéliens dans leur dispositif, parfois comme un membre à part entière de leur communauté, parfois comme un simple sous-traitant. En 2009, les services anglo-saxons (Israël non compris) emploient au total plus de 250 000 hommes et disposent de plus de 100 milliards de dollars US (soit 15 fois plus que ceux de la Russie leur principal compétiteur virtuel). De facto, l’espionnage et l’action clandestine sont devenus les outils essentiels de la globalisation forcée.
+
SouthCom : Contrôle de l'Amérique latine
Depuis le XIXe siècle, les États-Unis considèrent l’Amérique latine comme leur zone d’influence (Doctrine Monroe), toutefois ce n’est qu’en 1903 qu’ils créèrent le SouthCom. Il s’agissait alors de s’approprier la zone du chemin de fer reliant l’Atlantique au Pacifique pour y creuser un canal. Washington suscita en Colombie une improbable sécession du Panama et envoya des troupes pour « garantir la sécurité du nouvel État ».
Durant la Guerre froide, le SouthCom appuya d’abord ouvertement les dictatures militaires de droite, puis encadra plus discrètement la répression des guérillas marxistes sous couvert de lutte contre le narcotrafic. Cette évolution a conduit à une réforme structurelle progressive. Désormais le SouthCom travaille en étroite collaboration avec de nombreuses agences US et non plus simplement sous les ordres du département de la Défense.
Dans les années à venir, le SouthCom devrait se développer au fur et à mesure du retrait US du Grand Moyen-Orient et concentrer ses efforts sur le contrôle des champs pétroliers de la zone Caraïbes. Dans la perspective d’une épreuve de force contre le Venezuela et Cuba, Washington a réactivé la IVe flotte (2008), renversé le gouvernement du Honduras qui voulait fermer la base d’écoutes de Soto Cano (2009) et loué sept bases militaires à la Colombie (2009).
+

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
Español
italiano
عربي
русский
Deutsch
 
99 articles cette semaine dans toutes les langues
Señal de Alerta
El “después”, “Dios proveerá” y dejadez arruinan al Perú
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 14 de febrero de 2012
 
Qatar buys General al-Dhabi's resignation Qatar buys General al-Dhabi’s resignation
Voltaire Network, 14 February 2012
 
Many Americans gave up hope last year – 2012 will be worse Many Americans gave up hope last year – 2012 will be worse
by Joseph Stiglitz, Voltaire Network, 14 February 2012
 
La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Endgame in the Middle East Endgame in the Middle East
by Thierry Meyssan, Voltaire Network, 14 February 2012
 
Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Syria's Uprising in Context Syria’s Uprising in Context
by Stephen Gowans, Voltaire Network, 14 February 2012
 
US war games in South East Asia US war games in South East Asia
Voltaire Network, 14 February 2012
 
Francois Hollande negozia con l'emiro del Qatar Francois Hollande negozia con l’emiro del Qatar
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Europei prime vittime di sanzioni contro l'Iran Europei prime vittime di sanzioni contro l’Iran
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan
Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Сирия сегодня Сирия сегодня
Борис ДОЛГОВ, Сеть Вольтер, 14 февраля 2012
 
Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie
Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Das Ende der Partie im Nahen Osten Das Ende der Partie im Nahen Osten
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Se termina la partida en el Medio Oriente Se termina la partida en el Medio Oriente
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 14 de febrero de 2012
 
Fin de partie au Proche-Orient
En direct
Fin de partie au Proche-Orient
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Al-Qaida frappe à Alep
« Revue de presse Syrie » #50
Al-Qaida frappe à Alep
Partenaires, 13 février 2012
 
Páginas Libres
Con magia y mano negra Movistar repara y avería mi teléfono
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 13 de febrero de 2012
 
Le Qatar achète la démission du général al-Dabi Le Qatar achète la démission du général al-Dabi
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
2012, année de tous les périls ? 2012, année de tous les périls ?
par Joseph Stiglitz, Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
256. Petite leçon suisse d'instruction civique à l'intention de l'Europe
« Horizons et débats », 12e année, n° 6, 13 février 2012
Petite leçon suisse d’instruction civique à l’intention de l’Europe
Partenaires, 13 février 2012
 
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
الفيتو المزدوج لمنع حرب الإمبراطوريات على سوريا
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
بقلم ثييري ميسان, Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا
Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
Iran's Historic Anniversary Iran’s Historic Anniversary
by Stephen Lendman, Voltaire Network, 13 February 2012
 
Al-Qaeda strikes in Aleppo
« SYRIA PRESS REVIEW » #50
Al-Qaeda strikes in Aleppo
Partners, 13 February 2012
 
Páginas Libres
Mafia de complicidad y reacción en el Apra
por Jesús Guzmán Gallardo, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Syria 2011-2012, a rematch of Israel's 2006 war on Lebanon Syria 2011-2012, a rematch of Israel’s 2006 war on Lebanon
by Mahdi Darius Nazemroaya, Voltaire Network, 12 February 2012
 
Páginas Libres
¿Se incrementa riesgo personal con este gobierno?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
« Revista de prensa sobre Siria » #49
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
Socios, 12 de febrero de 2012
 
Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Moscow and the formation of The New World System Moscow and the formation of The New World System
by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 11 February 2012
 
Assassinats anonymes
« L’art de la guerre »
Assassinats anonymes
par Manlio Dinucci , Réseau Voltaire, 11 février 2012
 
Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen
Voltaire Netzwerk, 11. Februar 2012
 
Al-Qaeda refashioned by the UK Al-Qaeda refashioned by the UK
Voltaire Network, 11 February 2012
 
الإرهاب في سورية
إغلاق السفارات والارهاب في حلب
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
حلب تستفيق على الإرهاب...
وتصعيد دبلوماسي إعلامي وإرهابي
بقلم سورية الغد, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
أغفو في وطني
بقلم نضال الخضري, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
التحرك الخليجي إلى أين...
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
¿Sófero retroceso post marcha por el agua?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 11 de febrero de 2012
 
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
« Revue de presse Syrie » #49
Face à la concurrence de l’OCS, l’OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
Partenaires, 10 février 2012
 
 Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
« Presseschau Syrien » #49
Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
Partner, 10. Februar 2012
 
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
"NATO’s favorite despot"
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
by Rick Rozoff, Voltaire Network, 10 February 2012
 
La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
« SYRIA PRESS REVIEW » #49
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
Partners, 10 February 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
 Der Westen sucht den « B » Plan
« Presseschau Syrien » #48
Der Westen sucht den « B » Plan
Partner, 9. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
por Luis Alberto Pacheco Mandujano, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
por Héctor Guillén Tamayo, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012