Réseau Voltaire
Scandale international

La commission Mehlis discréditée

La commission Mehlis discréditée

La mission d’assistance judiciaire auprès de la Justice libanaise, confiée par le Conseil de sécurité de l’ONU à Detlev Mehlis, s’est transformée en commission d’enquête internationale, puis en parquet international. Elle est devenue un instrument des néoconservateurs et a mis la Syrie en accusation, lui imputant l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Cependant, ainsi que le relate Talaat Ramih, les manipulations de M. Mehlis ont éclaté au grand jour et il a été contraint de démissionner dans la honte et la confusion. La preuve est faite que le dossier contre la Syrie est vide, mais Washington ne s’en soucie pas plus que des rapports d’Hans Blix montrant qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak.

Réseau Voltaire | Paris (France)
+
JPEG - 18.1 ko
Detlev Mehlis

Certains Libanais ont gonflé l’image de Detlev Mehlis, parlé des heures et des heures de sa transparence et de la crédibilité de la commission d’enquête qu’il présidait. Une commission qu’ils n’ont pas cessé de défendre contre les critiques aiguës dont elle a fait l’objet. Ils ont lié leur sort à celui du rapport Mehlis et de ses conclusions hâtives auxquelles ils ont attribué plus d’importance qu’elles n’en méritaient, tout en multipliant leurs attaques contre la Syrie et certaines forces politiques libanaises. Ces Libanais en question se trouvent désormais dans un embarras sans issue. Surtout après les récents développements relatifs aux enquêtes effectuées par ladite commission. Des développements qui ont d’ailleurs poussé M. Mehlis lui-même à démissionner de la commission, dont la crédibilité a été mise en question, et qui apparaît maintenant comme n’ayant d’autre objectif que de mettre en scène des scénarios permettant d’intervenir en Syrie.

Mehlis a quitté Beyrouth pour Paris, après avoir organisé deux longues réunions avec Fouad Siniora, le Premier ministre libanais, et Charles Rizk, le ministre de la Justice. C’étaient deux occasions de faire ses adieux à ceux qui l’ont aidé à accomplir son jeu. Dans le même cadre, et suite aux deux réunions, des articles de la presse allemande ont confirmé que M. Mehlis ne comptait pas continuer sa mission et qu’il ne se rendrait pas à Vienne où les interrogations des témoins syriens devaient avoir lieu. Selon le journal allemand Jung Welt, des officiels allemands ont obligé Mehlis à se retirer de la commission d’enquête pour éviter qu’il ne cause un préjudice aux intérêts allemands au Proche-Orient. Le journal a précisé que l’enquêteur en question a effectivement présenté sa démission au secrétaire général de l’ONU. Juste après la diffusion de ces nouvelles, l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, John Bolton, les a implicitement confirmées en demandant à M. Mehlis de rester ou, à défaut, qu’on lui trouve un remplaçant.

Ainsi, le départ de Mehlis est confirmé. Les parties libanaises qui commençaient à s’organiser en fonction des investigations et de leurs résultats supposés, et qui ont défié les autres forces politiques et la Syrie, se sont retrouvées dans un embarras effrayant. Une situation qui les a mené à essayer, par tous les moyens, d’organiser une attaque avancée contre la Syrie et certaines parties libanaises locales.

Si M. Mehlis avait annoncé sa décision de démissionner avant le scandale, les choses auraient pu se dérouler sans problème : il aurait été remplacé sans que rien ne soit changé à son plan. Cela aurait épargné à ses comparses, États et partis politiques, de se trouver dans une telle situation. Mais, le départ de Mehlis est survenu après une décision onusienne de prolongation de sa mission, et après qu’il ait conclu un accord avec la Syrie pour interroger ses responsables. Ce départ, sans préavis, n’en est que plus surprenant. Pis, la démission en question intervient dans une situation scandaleuse marquant le dernier acte de sa pièce.

Drame en quatre actes

Le premier coup dont Mehlis a été victime lui a été adressé lors de la remise de son rapport à l’ONU, en démasquant la véritable biographie du Syrien Zouhir Sedik, dont le témoignage lui avait servi de base pour accuser des responsables libanais et syriens. Sedik a reconnu, après son interpellation en France, être poursuivi pour escroquerie et avoir encaissé des sommes gigantesques en contre-partie de son faux témoignage. Cela a contraint M. Mehlis à modifier, voire à supprimer, certains passages dans son rapport qui avait déjà été distribué à la presse. Une erreur qu’il qualifia de « technique », imputable à la non-révision du rapport avant sa distribution.

Puis, la deuxième gifle est venue d’un prisonnier syrien en Turquie qui a dévoilé les chantages relatifs à sa libération, et les grosses sommes d’argent qui lui ont été proposées en contre-partie d’un faux témoignage accusant des responsables syriens. Ce qui a attesté l’implication de M. Mehlis dans un manipulation des services de renseignment.

Le troisième coup, ce fut la révélation que M. Mehlis travaillait dans des centres de recherche des services de renseignement états-uniens. Une accusation lancée par l’auteur de ces lignes lors de sa participation au magazine d’Al-Jazeera « L’Opinion contraire ». J’ai rappelé que c’est le même procureur Mehlis qui avait conclu à la responsabilité de la Libye dans l’affaire de l’attentat au dancing La Belle. À l’époque, il s’était précipité un quart d’heure après le discours de Ronald Reagan pour reprendre cette accusation au compte de la justice allemande. J’ai révélé que Mehlis a encaissé de deux centres de recherche subventionnés par les services états-uniens des honoraires disproprotionnées par rapport à son travail, par exemple 80 000 dollars, en 2003. Or, ces centres sont liés à l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), qui se définit lui-même comme « le lobby américain pro-Israël » (America’s pro-Israel lobby). Le juge allemand est aussi soupçonné d’avoir des relations avec plusieurs filières de l’OTAN.

Le quatrième coup quant à lui, c’est l’échec de Mehlis à contraindre les responsables syriens à se plier à ses conditions. De ce fait, il s’est trouvé obligé d’accepter des garanties turques, saoudiennes et russes pour interroger les responsables syriens dans un pays tiers, ce qui déplut à l’administration Bush dont les plans et les intérêts doivent être prioritaires.

En fin, Mehlis est tombé par K.O. quelques heures avant de quitter le Liban. Le protagoniste de ce dernière épisode s’appelle Houssam Taher Houssam. Connu aussi sous le surnom de « témoin masqué », il était la carte maîtresse du jeu de Mehlis. Houssam a déclaré avoir été obligé, par des responsables libanais dont le fils de Rafic Hariri, de délivrer un faux témoignage contre la Syrie dans l’enquête menée par les Nations Unies. Il a ajouté qu’il a travaillé au sein des services de renseignement libanais et syriens avant le retrait de l’armée syrienne du Liban, et qu’il a subit des tortures et des menaces justifiant son faux témoignage.

Houssam a qualifié toute l’affaire de « jeu » ayant pour objectif d’affaiblir la Syrie. Le fils de Rafic Hariri lui avait assuré qu’il est convaincu de l’implication de la Syrie dans l’explosion du camion ayant causé la mort de son père, mais qu’il avait besoin du témoignage de Houssam pour confirmer sa conviction. Houssam a aussi accusé le leader socialiste Walid Jumblatt et le ministre des Télécommunications Marwan Hamadé d’avoir mis en scène d’autres faux témoignages contre la Syrie.

Le « témoin masqué » a révélé qu’il devait charger Maher Al-Assad, l’un des frères du président Al-Assad, et son beau frère Assef Shawkat, le directeur des services des renseignement. Il a indiqué avoir subit des sévices et l’injection de drogues. Il a attesté que le ministre de l’Intérieur, Hassan Sabaa, lui a proposé 3,1 millions de dollars pour alléguer avoir vu dans une caserne syrienne le camion utilisé dans l’assassinat d’Hariri.

Mehlis sait que son jeu touche à sa fin et qu’il a perdu sa crédibilité. D’autant que ce témoin-clé a servi de référence principale dans la plus part des accusations contre la Syrie. Tout cela n’est pas sans nous rappeller les manœuvres autour de la commission d’enquête onusienne sur les armes de destruction massive en Irak, qui ont été démasquées de la même manière après qu’on eut appris la relation entre des enquêteurs et les services des renseignement israéliens et états-uniens.

Les significations de la démission de Mehlis

La présentation de la démission de Mehlis, même si elle devait être refusée, est significative.

Premièrement, la Syrie et ses alliés au Liban ont bien réagi et maîtrisé la situation, à la fois sur le plan politique et sur le plan médiatique, tout en s’adaptant aux méthodes de Mehlis. De même, ils ont bien exploité leur connaissance des protagonistes, ce que leur a permis de jouer avec Mehlis, avant de le tromper et de l’obliger à se retirer avant même la fin de sa mission.

La démission de Mehlis prouve aussi qu’il y a des types de guerre dont il faut connaître les dimensions et les statégies avant de les mener. À signaler que le Syrie a su doubler le jeu : tout en acceptant de laisser interroger ses responsables par M. Mehlis, elle a constitué en parallèle une autre commission d’enquête sur une base exclusivement jurique et non politique. En outre, la Syrie a su négocier des garanties sur les conditions d’interrogatoire de ses responsables dans un pays tiers en partenarait avec des acteurs arabes et internationaux, là encore sur une base exclusivement juridique et non politique. Ce faisant, elle a associé ces acteurs à sa resistance aux pressions états-uniennes.

Ce qui a eu lieu montre aussi que la pression des États-Unis s’affaiblit de plus en plus, d’une part à cause de son enlisement en Irak et d’autre part, vu la réaction des autres États, dont la dernière est relative à l’affaire des prisons de la CIA en Europe. Cela prouve qu’une attaque « universelle » est en gestation contre la politique états-unienne.

Comment réagissent les États-Unis ?

Les propos de Bolton concernant la démission de Mehlis ne font qu’exprimer un constat d’échec et une tentative de maintenir la même stratégie avec le remplaçant de Mehlis. Bolton a essayé de nous convaincre que le départ de Mehlis serait dû à des problèmes personnels et sécuritaires. Il a également fait l’éloge du juge allemand tout en le priant de se maintenir à son poste. Pourtant, il a appelé à designer quelqu’un d’autre pour le remplacer. Sans oublier de menacer la Syrie, sans la nommer, en lui rappelant qu’elle n’a pas encore gagné la guerre.

Il ne faut donc pas croire que le jeu états-unien touche à sa fin, ni pour l’administration Bush elle-même, ni pour ses alliés au Liban. L’Empire n’a pas attendu le départ de Mehlis pour contre-attaquer. Ainsi, Jumblatt a une nouvelle fois accusé la Syrie. Surtout, on a trouvé un vieux charnier à proximité d’un centre des services de renseignement syriens au Liban. Cette découverte pourrait justifier l’intervention des États-Unis, de la France et des Nations Unies pour remettre la pression sur la Syrie à travers une enquête internationale. Celle-ci pourrait alors isoler et rouvrir le dossier de la présence syrienne au Liban, de son début sous l’ancien régime à son retrait sous l’actuel gouvernement.

Les Armées Secrètes de l'OTAN
Par Daniele GANSER
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
Action secrète
Alors que le droit international a consacré le principe de souveraineté des États, les grandes puissances n’hésitent pas à corrompre des gouvernements, à déstabiliser des sociétés, à éliminer des dirigeants, voire à renverser des régimes par l’action secrète. Cette forme d’ingérence s’avère relativement peu coûteuse par rapport aux gains que l’on peut en attendre, mais elle mine la confiance entre les États.
À ce jeu, les Anglo-Saxons sont passés maîtres. Unis au sein d’un pacte militaire secret conclu en 1948 (UK-USA + Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), ils ont développé des outils d’espionnage et d’action clandestine au service d’un projet commun, celui de la Guerre froide. Ils rivalisaient alors avec l’Union soviétique face à laquelle ils avaient atteint une supériorité indéniable en la matière. La Chine maoïste et la France post-coloniale ambitionnèrent également de tenir par ce biais des zones d’influence, principalement en Afrique.
Après la dissolution de l’URSS, ce paysage fut entièrement renouvelé. La Chine a renoncé au financement tous azimuts de groupes armés révolutionnaires et s’est focalisée sur le renseignement utile au développement de la coopération économique. La France se retire de son pré carré africain au profit de l’Union européenne. Les services russes, qui auraient dû être engloutis dans le néant eltsinien, se sont attachés à restructurer le pays et sa zone historique d’influence (États nouvellement indépendants ex-soviétiques) en luttant contre les ingérences extérieures et non en s’ingérant dans le reste du monde.
À partir de 1995, les Anglo-Saxons ont investi massivement dans leurs services secrets, dont ils ont triplé le budget en une quinzaine d’années. En outre, ils ont intégré les services israéliens dans leur dispositif, parfois comme un membre à part entière de leur communauté, parfois comme un simple sous-traitant. En 2009, les services anglo-saxons (Israël non compris) emploient au total plus de 250 000 hommes et disposent de plus de 100 milliards de dollars US (soit 15 fois plus que ceux de la Russie leur principal compétiteur virtuel). De facto, l’espionnage et l’action clandestine sont devenus les outils essentiels de la globalisation forcée.
+

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
Español
italiano
Português
عربي
Deutsch
 
81 articles cette semaine dans toutes les langues
255. Il faut à nouveau faire jouer l'« orchestre européen »
« Horizons et débats », 12e année, n° 5, 6 février 2012
Il faut à nouveau faire jouer l’« orchestre européen »
Partenaires, 8 février 2012
 
Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial
par Pierre Khalaf, Partenaires, 8 février 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012
 
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
الثابت والمتغير في المواقف
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
بقلم Imad Fawzi Shueibi, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟ رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟
بقلم Mahdi Darius Nazemroaya, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
Iglesia católica en conflicto peruano-chileno
Socios, 6 de febrero de 2012
 
 Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
Il doppio veto che impedisce la guerra imperiale contro la Siria
Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
di Thierry Meyssan, Rete Voltaire, 6 febbraio 2012
 
الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
ثرثرة
لـ((أغلبية صامتة))!!
بقلم نضال الخضري, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
سورية
الحدث من حمص
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التحرك الروسي
وذروة الأزمة
بقلم مازن بلال, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
قبل وصول لافروف...
ما الذي ستحمله موسكو؟!
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الأميركية
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
التقرير الأسبوعي لمراكز الدراسات الأميركية
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Les pressions morales sur la Russie
« Revue de presse Syrie » #44
Les pressions morales sur la Russie
Partenaires, 5 février 2012
 
The GCC and NATO lose their leadership
DOUBLE VETO BANS IMPERIAL WAR AGAINST SYRIA
The GCC and NATO lose their leadership
by Thierry Meyssan, Voltaire Network, 5 February 2012
 
Señal de Alerta
Poder Judicial: ¡otra controvertida licitación!
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 5 de febrero de 2012
 
Le CCG et l'OTAN perdent leur leadership
Le double veto pour interdire la guerre impériale contre la Syrie
Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2012
 
UN shenanigans on Syria UN shenanigans on Syria
Voltaire Network, 5 February 2012
 
بهد الفيتو
الحل الروسي..؟
بقلم مازن بلال, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
سورية..
كل الأدوات في المواجهة
بقلم سورية الغد, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
طرفة عين..
في سورية
بقلم نضال الخضري, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
بعد الفيتو..
تحركات سياسية متوازية
بقلم مازن بلال, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
Moral pressure heaped on Russia
« SYRIA PRESS REVIEW » #44
Moral pressure heaped on Russia
Partners, 5 February 2012
 
Presiones morales sobre Rusia
« Revista de prensa sobre Siria » #44
Presiones morales sobre Rusia
Socios, 5 de febrero de 2012
 
François Hollande verhandelt mit dem Emir des Qatar François Hollande verhandelt mit dem Emir des Qatar
Voltaire Netzwerk, 5. Februar 2012
 
 Moralischer Druck auf Russland
« Presseschau Syrien » #44
Moralischer Druck auf Russland
Partner, 5. Februar 2012
 
El «Proyecto Juicio Final» y los eventos profundos: el asesinato de JFK, el Watergate, el Irangate y el 11 de septiembre
Historia del Estado profundo en Estado Unidos (Segunda parte)
El «Proyecto Juicio Final» y los eventos profundos: el asesinato de JFK, el Watergate, el Irangate y el 11 de septiembre
por Peter Dale Scott, Red Voltaire, 4 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Confunden Detención con Extradición
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 4 de febrero de 2012
 
طبول الحرب في المعسكر الغربي تارة تقرع و تارة تخفت
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الاميركية
طبول الحرب في المعسكر الغربي تارة تقرع و تارة تخفت
Shabakat Voltaire, 4 شباط (فبراير) 2012
 
 سياسة الجزرة و العصا الأمريكية
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الأميركية
سياسة الجزرة و العصا الأمريكية
Shabakat Voltaire, 4 شباط (فبراير) 2012
 
Il est urgent d'attendre
« Revue de presse Syrie » #43
Il est urgent d’attendre
Partenaires, 4 février 2012
 
"In Lybia now the truth is coming out"
New York Times interview with Lizzie Phelan
"In Lybia now the truth is coming out"
by Lizzie Phelan, Voltaire Network, 4 February 2012
 
Europe in the US "rotation"
The art of war
Europe in the US "rotation"
by Manlio Dinucci , Voltaire Network, 3 February 2012
 
Páginas Libres
Espionaje chileno no se amedrenta ni ante catástrofes
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 3 de febrero de 2012
 
Señal de Alerta
¡Big brother is watching you!
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 3 de febrero de 2012
 
It is urgent to wait
« SYRIA PRESS REVIEW » #43
It is urgent to wait
Partners, 3 February 2012
 
Draft resolution dealing with Syria (by Morrocco) Draft resolution dealing with Syria (by Morrocco)
Voltaire Network, 3 February 2012
 
Es urgente… esperar
« Revista de prensa sobre Siria » #43
Es urgente… esperar
Socios, 3 de febrero de 2012
 
Es ist dringend notwendig zu warten
« Presseschau Syrien » #43
Es ist dringend notwendig zu warten
Partner, 3. Februar 2012
 
L'OTAN se heurte à la Russie et à la Chine
« Revue de presse Syrie » #42
L’OTAN se heurte à la Russie et à la Chine
Partenaires, 2 février 2012
 
 Die NATO stößt mit Russland und China auf ein Hindernis
« Presseschau Syrien » #42
Die NATO stößt mit Russland und China auf ein Hindernis
Partner, 2. Februar 2012
 
Letra abierta para el deshonorable Ban Ki-Moon
Corrupción en la cumbre
Letra abierta para el deshonorable Ban Ki-Moon
por Hassan Hamade, Red Voltaire, 2 de febrero de 2012
 
Die Europäer, erste Opfer der Sanktionen gegen Iran Die Europäer, erste Opfer der Sanktionen gegen Iran
Voltaire Netzwerk, 2. Februar 2012
 
NATO runs up against Russia and China
« SYRIA PRESS REVIEW » #42
NATO runs up against Russia and China
Partners, 2 February 2012
 
La OTAN se estrella contra Rusia y China
« Revista de prensa sobre Siria » #42
La OTAN se estrella contra Rusia y China
Socios, 2 de febrero de 2012
 
Señal de Alerta
TC-Urviola: ¿gato de despensero?
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 1ro de febrero de 2012