Réseau Voltaire
Corne de l’Afrique

La crise éthiopienne

La crise éthiopienne

Premier article d’une série d’Horizons et débats sur les crises majeures dans la Corne de l’Afrique, ce résumé de la guerre sans fin en Éthiopie et de la sécession érythréenne souligne le rôle des États-Unis dans un conflit qui n’en finit pas de solder la Guerre froide.

Partenaires | Zurich (Suisse)
+

Appelée anciennement Abyssinie et tirant ses origines mythiques ou bibliques du roi Salomon, l’Éthiopie (« pays des visages brûlés en grec ») est, à côté du Libéria, le seul pays africain à n’avoir pas été colonisé. C’est le plus grand de la Corne de l’Afrique, l’un des foyers des anciennes civilisations les plus connues du continent et pays riverain du fleuve Nil et de la Mer Rouge. Fortement christianisée dès le VIe siècle après J. C., pays au passé prestigieux (du royaume d’Axoum à l’empire éthiopien du XIXe siècle), il a résisté avec succès à l’expansion de l’islam, voire la colonisation européenne (victoire d’Adoua le 1er mars 1896 devant les troupes italiennes). Dirigée par la dynastie des Zagoués depuis le XIIe siècle, ses monarques les plus connus de l’histoire contemporaine sont Ménélik II (1889–1913), « negusä nägäst » ou roi des rois, et Hailé Séllassié I (1930–1936, 1941–1974). Ce dernier, qui recevait la grande partie de l’aide des États-Unis, fut renversé le 12 septembre 1974 par une junte militaire aux vélléités marxiste-léninistes et dirigée par Hailé Mariam Mengistu.

Communisme autoritaire sous Mengistu

Voilà donc l’Éthiopie passant d’un État dit messianique à un État socialiste. La Corne de l’Afrique, et plus spécialement l’Éthiopie, a subi ces trente dernières années deux famines majeures. La révélation, fin 1973, d’une grave crise de subsistance, au Nord, a entraîné la déposition de Hailé Sellassié, le 12 septembre 1974. Mengistu instaura une dictature communiste dure et sanguinaire, sous la bannière du Parti travailleur de l’Éthiopie : Au pouvoir, le Därg (Comité militaire secret ou Conseil militaire administratif provisoire qui avait renversé le roi Hailé Sellassié) s’engagea dans la Réforme agraire (mars 1975) afin de débarrasser les paysans du fardeau du féodalisme et de déchaîner les forces productives. Il mobilisa les étudiants, les professeurs et les militaires dans une campagne d’explication et d’alphabétisation, la Zämacha. Pris dans les luttes pour la terre, dans les conflits indépendantistes (alimentés et soutenus par les États-Unis, soucieux d’isoler le Soudan islamiste), dans ses rivalités internes, la Révolution remit son sort entre les mains d’un homme fort, Mengistu.

Allié de l’URSS, il lança, en 1979, la « Révolution verte », habillage dissimulant à peine la collectivisation des terres et l’agrandissement des fermes d’État. Alors que la paysannerie du Nord, attachée à la transmission lignagère de la tenure, avait refusé la Réforme agraire tandis que le Sud l’avait acceptée, les paysans, dans l’ensemble, s’opposèrent à la pseudo-Révolution verte. Or, alors qu’en 1984 on fêtait le 10e anniversaire de la Révolution, des bruits alarmants de famine atteignirent la capitale. Le président Mengistu commit les mêmes erreurs que le négus : Il nia, puis reconnut l’étendue du désastre qui touchait plus largement les terres du Nord et de l’Est et même du Sud. Malgré cela, il annonça l’extension des fermes d’État et la villagisation des campagnes. Le régime ne renonçait pas à l’extinction du mode de production paysan et bien plus, voulait accélérer la collectivisation en profi­tant de l’affaiblissement de la paysannerie (et des éleveurs). Cette politique brutale et cynique qui menaçait dans son existence 90% de la population éthiopienne apporta de nouvelles recrues aux fronts de libération, entraîna la défection de ministres, de diplomates, d’officiers, de fonctionnaires et heurta les paysans choqués, de plus, par des campagnes d’athéisme.

Sécession érythréenne

Un autre élément qui a pesé sur l’évolution interne est la question érythréenne. En effet, l’Érythée a été rattachée à l’Éthiopie par l’ONU pour former un État fédéré en 1952 ; l’Éthiopie transforma celle-ci en une province en 1962. Dès cette date naquirent progressivement plusieurs mouvements d’opposition : certains étaient d’obédience nationale comme le Front populaire démocratique du peuple éthiopien (FPDPE). Par contre, d’autres étaient régionalement et ethniquement ancrés. C’est le cas du Front populaire de libération du Tigré (FPLE) et l’Organisation démocratique du peuple Oromo (ODPO). Le FPDPE réussit, et ce avec la bénédiction de Washington, à s’emparer de la capitale en mai 1991. Ne pouvant pas survivre à l’effondrement de l’URSS, Mengistu fut vaincu malgré l’appui des troupes soviétiques et cubaines et contraint de chercher refuge au Zimbabwe où il vit jusqu’aujourd’hui. Toutefois, comme ce fut le cas avec son prédecesseur, l’ampleur de la catastrophe (famine) de 1984–1985 a hâté, sans nulle doute, la chute de Mengistu.

Le chef des tombeurs de Mengistu et son successeur est Meles Zenawi ; le nouveau pouvoir, confronté au réveil des nationalités, reconnaît l’indépendance de l’Érythrée, effective le 3 mai 1993. Ce qui prive l’Éthiopie de sa façade maritime. Les anciens alliés qui sont pourtant tous tigréens et « se dis­putent l’héritage de la reine de Saba » (Meles Zenawi et Issayas Afeworki) sont entrés en guerre depuis 1998, une guerre qui n’a pas encore pris fin jusqu’aujourd’hui. Les « deux jumeaux », comme on les appelle, l’Éthiopie et l’Érythrée sont devenus des « frères ennemis » qui sont loin d’enterrer leur hache de guerre. Le calme qui règne actuellement est très fragile car il tient au bout du file grâce à l’œil vigilant de leur parrains américains. Addis-Abeba est le siège de l’Union Africaine (UA) depuis 1963. En plus, l’Éthiopie est constituée par une mosaïque d’ethnies (parmi lesquelles on trouve les Oromo/Gallas – les plus nombreux –, les Amhara, les Tigréens, les Falashas/Beta Israel, les Afars, les Somalis) et de régions aux constrastes bien marqués et correspondant parfois aux divisions ethniques. C’est pour bien répondre aux aspirations des uns et des autres que le régime actuel a fait de l’Ethiopie un État fédéral avec une autonomie plus ou moins renforcée des régions. Ce qui a apaisé un peu les revendications des Oromo.

Guerres sans fin

L’après-Mengistu n’a pas apporté la paix attendue. Cinq ans après le compromis politique et ethnique qui a abouti à l’indépendance de l’Érythrée, l’Éthiopie est entrée en guerre contre son nouveau voisin (1998–2000) ; comme nous venons de le dire, les États-Unis sont intervenus « pour calmer le jeu » et la paix ne repose que sur le bout du fil. En plus de la méfiance qu’ils se vouent, les dirigeants éthiopiens et érythréens nourrissent tous les deux des ambitions hégémoniques sur l’ensemble de la Corne de l’Afrique. Dans ce cadre, l’Érythtrée soutient les opposants à l’Éthiopie et vice versa. Comme la Somalie est demeurée un trou noir depuis la chute du régime de Siad Barré en 1991, elle est le havre de tous les combattants de la région. D’un côté, il s’agit surtout des rebelles éthiopiens dont le Front de Libération Oromo et l’Ogaden National Liberation Front ; de l’autre côté, c’est la présence de l’Union des Tribunaux Islamistes dont l’importance n’a cessé de grandir à partir de 1991. En invoquant le motif de la sécurité et du droit d’auto-défense, l’Éthiopie intervint directement dans les affaires internes à la Somalie. Ces arguments éthiopiens allaient de pair avec ceux des États-Unis qui justifient cette intervention par la lutte contre le terrorisme et Al-Qaïda. Sur le plan politique, l’Éthiopie soutint la formation d’un gouvernement Fédéral de Transition somalien et l’élection d’un ancien opposant somalien, Abdul Yusu, à Nairobi en octobre 2004 comme président de ce gouvernement. Comme celui-ci a vécu en Éthiopie, c’est Addis-Abeba qui allait diligenter les affaires de la Somalie par son canal ; ce qui fut fait dès que ce gouvernement fut transféré de Nairobi (Kenya) à Mogadiscio (Somalie) en février 2006. Faible, il ne put résister à l’assaut de l’Union des Tribunaux Islamistes qui réussirent à le chasser quelques semaines après, s’emparer de Mogadiscio, et contrôler, en plus de la capitale, une grande partie du Sud et du centre de la Somalie. L’Éthiopie intervint militairement en envoyant en Somalie près de 20 000 soldats dès décembre 2006 avec l’aval et l’appui des États-Unis (présence des Marines et commandos de la CIA aux côtés des troupes éthiopiennes). Expulsés de Mogadiscio, ces Tribunaux Islamistes n’ont pas désarmé de sorte que l’Éthiopie qui a remis ses amis au pouvoir s’enlise dans ce bourbier somalien : elle soutient le gouvernement fédéral de transition alors que son rival, l’Érythrée, soutient les Tribunaux Islamistes et d’autres groupes anti-Éthiopie avec lesquels ils ont formé l’Alliance pour la relibération de la Somalie (ARS ; plus de 5000 de ses soldats y seraient déployés) ; elle les soutient probablement avec l’aval et l’appui des États-Unis car ceux-ci ne semblent pas l’en dissuader. Les deux armées rivales éthiopiennes et érythréennes se trouvent face à face dans le front somalien. En prétendant asseoir son hégémonie, l’Éthiopie fait la sous-traitance de l’hégémonie US dans la région. L’impact de cette intervention armée en Somalie musulmane sur la politique interne en Éthiopie chrétienne est double : la montée d’une grogne dans l’armée qui risque d’aboutir à une véritable mutinerie (ce qui fragiliserait davantage le gouvernement de Meles Zenawi) et le réveil des sentiments sécessionnistes dans l’Ogaden ou du séparatisme ogadenien sous la bannière du Front de Libération nationale d’Ogaden que soutiennent l’Égypte (expression de la lutte entre l’Égypte et l’Éthiopie pour l’hégémonie régionale), la Lybie et les Somaliens opposés à l’Éthiopie. Comme Mamo Zeleke le dit si bien, « la guerre dans l’Ogaden menace l’unité éthiopienne, sur le plan ethnique, mais aussi religieux (Tigréens ou groupe au pouvoir de confession catholique dans le pays contre Somaliens musulmans de l’Ogaden » (voir bibliographie) ; à tout cela vient s’ajouter l’odeur du pétrole qui est un ingrédient supplémentaire dans cette guerre. La montée de la résistance contre l’occupation éthiopienne en Somalie ne rend pas la tâche facile à Addis-Abeba dans la région ni à Washington, son mentor. Du côté sud, le Kenya a fermé ses frontières pour limiter l’aflux des réfugiés somaliens dans un contexte où lui-même est confronté à des violences d’ordre politique et ethnique. L’Union Africaine qui y a envoyé, dans le cadre de la Mission africaine en Somalie, quelques troupes (on parle de 8000 hommes) pour maintenir la paix donne l’air d’être plus spectatrice qu’actrice décisive.

Bibliographie

- Jean-Louis Peninou, « Tensions régionales et guerre contre le terrorisme. Un redéploiement stratégique dans la Corne de l’Afrique », in Le Monde diplomatique, décembre 2001.
- André Dulait et al., La Corne de l’Afrique, Nouvel Enjeu stratégique, Rapport d’Information 200, Session Ordinaire du Sénat français 2002–2003.
- Philippe Racekawicz, « Verouillage stratégique de l’Océan Indien », in Le Monde dipomatique, octobre 1995.
- James E. Winkates, « US Policy Towards East Africa : Crisis Response Amid Limited Interests », in United States Interests and Policies in Africa. Transition to a New Era (edited by Karl P. Magyar), New York, Palgrave MacMillan, 2000, pp.99–138.
- Ashok Swain, « Ethiopia, the Sudan and Egypt : The Nile River Dispute », in The Journal of Modern African Studies, XXXV, 4, 1997, pp. 675-694.
- M. El-Fadel, Y. El-Sayegh, K. el-Fadl, and D. Khorbotly, « The Nile Basin : A Case Sudy in Surface Water. Conflict Resolution », in Journal of Natural Resource, Life Science Education, n°32, 2003, pp. 107–117.
- Hamesso Boroda, « Corne de l’Afrique. Guerres par procuration », Afrique-Asie, n°154, juillet-août 2002.
- Jean-Louis Miège, « Les rêves africans de l’Italie », .
- Christophe Clapham, « Guerre et construction de l’État dans la Corne de l’Afrique », in Critique internationale, n°9, octobre 2000, pp. 93–111. (traduit de l’anglais par Hélène Arnaud)
- Yann Gartner, « Enjeux et Perspectives des Relations Ethio-Soudanaises », avril-juin 2003.
- K. Fukui and J. Markakis, Ethnicity and Conflict in the Horn of Africa, London, James Currey, 1994.
- N. Mburu, « Contemporary Banditry in the Horn of Africa : Causes, History and Political Implications », Nordic Journal of African Studies, vol. 8, n° 2, 1999, pp. 89–107.
- M. Zeleke, « Dans le bourbier somalien », Afrique-Asie, mars 2008.

Horizons et débats

Horizons et débats est l’édition française de Zeit Fragen un hebdomadaire basé à Zurich.

Coffret 4 DVD 11-Septembre

À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
AfriCom : Contrôle de l'Afrique
A l’horizon 2013, un quart du pétrole et des matières premières consommés aux USA et devraient provenir d’Afrique. Sur la base de constat, un think tank israélo-états-unien l’Institute for Advanced Strategic & Political Studies (IASPS) a préconisé la création d’un commandement militaire US pour l’Afrique, l’Africom. Il a été inauguré par l’administration W. Bush à la fin de son mandat et placé sous le commandement du général afro-américain William E. Ward, ancien coordinateur de la sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne.
L’annonce de ce dispositif a suscité une forte résistance en Afrique et aucun État n’a accepté d’héberger le commandement général, lequel s’est en définitive installé en Allemagne et en Italie.
La montée en puissance de l’Africom devrait s’articuler autour de la base US de Djibouti où stationnent déjà des troupes israéliennes. Une emphase particulière devrait êre portée au contrôle du Golfe de Guinée. Dans un premier temps, pour des raisons diplomatiques, elle devrait prendre la forme d’un réseau de petites bases, plutôt que de la construction de grandes installations. Washington devrait aussi prendre des initiatives pour se donner une image plus conciliante, notamment en acceptant l’exploitation chinoise des champs pétroliers soudanais, donc en cessant de déstabiliser ce pays.
Simultanément, la France devrait réduire sa présence militaire, la partager avec d’autres États de l’Union européenne, et la mettre au service des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine. Paris dispose encore de 9 000 hommes sur place, stationnés en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon, en Centrafrique, au Tchad et à Djibouti.
+
Le grand jeu africain
Le grand jeu africain
« L’art de la guerre »
 

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
Español
italiano
عربي
русский
Deutsch
 
100 articles cette semaine dans toutes les langues
L'Amérique et ses alliés font du surplace au Moyen-Orient
« Tendances de l’Orient »
L’Amérique et ses alliés font du surplace au Moyen-Orient
par Pierre Khalaf, Partenaires, 15 février 2012
 
La privatizzazione della guerra
L’arte della guerra
La privatizzazione della guerra
di Manlio Dinucci , Rete Voltaire, 15 febbraio 2012
 
Señal de Alerta
El “después”, “Dios proveerá” y dejadez arruinan al Perú
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 14 de febrero de 2012
 
Qatar buys General al-Dhabi's resignation Qatar buys General al-Dhabi’s resignation
Voltaire Network, 14 February 2012
 
Many Americans gave up hope last year – 2012 will be worse Many Americans gave up hope last year – 2012 will be worse
by Joseph Stiglitz, Voltaire Network, 14 February 2012
 
La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
End of game in the Middle East End of game in the Middle East
by Thierry Meyssan, Voltaire Network, 14 February 2012
 
Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Syria's Uprising in Context Syria’s Uprising in Context
by Stephen Gowans, Voltaire Network, 14 February 2012
 
US war games in South East Asia US war games in South East Asia
Voltaire Network, 14 February 2012
 
Francois Hollande negozia con l'emiro del Qatar Francois Hollande negozia con l’emiro del Qatar
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Europei prime vittime di sanzioni contro l'Iran Europei prime vittime di sanzioni contro l’Iran
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan
Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Сирия сегодня Сирия сегодня
Борис ДОЛГОВ, Сеть Вольтер, 14 февраля 2012
 
Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie
Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Das Ende der Partie im Nahen Osten Das Ende der Partie im Nahen Osten
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Se termina la partida en el Medio Oriente Se termina la partida en el Medio Oriente
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 14 de febrero de 2012
 
Fin de partie au Proche-Orient
En direct
Fin de partie au Proche-Orient
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Al-Qaida frappe à Alep
« Revue de presse Syrie » #50
Al-Qaida frappe à Alep
Partenaires, 13 février 2012
 
Páginas Libres
Con magia y mano negra Movistar repara y avería mi teléfono
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 13 de febrero de 2012
 
Le Qatar achète la démission du général al-Dabi Le Qatar achète la démission du général al-Dabi
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
2012, année de tous les périls ? 2012, année de tous les périls ?
par Joseph Stiglitz, Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
256. Petite leçon suisse d'instruction civique à l'intention de l'Europe
« Horizons et débats », 12e année, n° 6, 13 février 2012
Petite leçon suisse d’instruction civique à l’intention de l’Europe
Partenaires, 13 février 2012
 
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
الفيتو المزدوج لمنع حرب الإمبراطوريات على سوريا
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
بقلم ثييري ميسان, Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا
Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
Iran's Historic Anniversary Iran’s Historic Anniversary
by Stephen Lendman, Voltaire Network, 13 February 2012
 
Al-Qaeda strikes in Aleppo
« SYRIA PRESS REVIEW » #50
Al-Qaeda strikes in Aleppo
Partners, 13 February 2012
 
Páginas Libres
Mafia de complicidad y reacción en el Apra
por Jesús Guzmán Gallardo, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Syria 2011-2012, a rematch of Israel's 2006 war on Lebanon Syria 2011-2012, a rematch of Israel’s 2006 war on Lebanon
by Mahdi Darius Nazemroaya, Voltaire Network, 12 February 2012
 
Páginas Libres
¿Se incrementa riesgo personal con este gobierno?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
« Revista de prensa sobre Siria » #49
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
Socios, 12 de febrero de 2012
 
Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Moscow and the formation of The New World System Moscow and the formation of The New World System
by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 11 February 2012
 
Assassinats anonymes
« L’art de la guerre »
Assassinats anonymes
par Manlio Dinucci , Réseau Voltaire, 11 février 2012
 
Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen
Voltaire Netzwerk, 11. Februar 2012
 
Al-Qaeda refashioned by the UK Al-Qaeda refashioned by the UK
Voltaire Network, 11 February 2012
 
الإرهاب في سورية
إغلاق السفارات والارهاب في حلب
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
حلب تستفيق على الإرهاب...
وتصعيد دبلوماسي إعلامي وإرهابي
بقلم سورية الغد, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
أغفو في وطني
بقلم نضال الخضري, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
التحرك الخليجي إلى أين...
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
¿Sófero retroceso post marcha por el agua?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 11 de febrero de 2012
 
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
« Revue de presse Syrie » #49
Face à la concurrence de l’OCS, l’OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
Partenaires, 10 février 2012
 
 Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
« Presseschau Syrien » #49
Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
Partner, 10. Februar 2012
 
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
"NATO’s favorite despot"
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
by Rick Rozoff, Voltaire Network, 10 February 2012
 
La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
« SYRIA PRESS REVIEW » #49
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
Partners, 10 February 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
 Der Westen sucht den « B » Plan
« Presseschau Syrien » #48
Der Westen sucht den « B » Plan
Partner, 9. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
por Luis Alberto Pacheco Mandujano, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
por Héctor Guillén Tamayo, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012