Réseau Voltaire
Compassion et bonnes affaires

Le Millennium Challenge, colonialisme libéral

Le Millennium Challenge, colonialisme libéral

Les États-Unis ont lancé, depuis près d’un an, un vaste projet d’aide aux pays en voie de développement au sein d’une nouvelle agence, la Millennium Challenge Corporation. Celle-ci exige des pays bénéficiaires qu’ils organisent la libéralisation de leur économie et son ouverture aux investisseurs étrangers. Elle réclame aussi d’importantes réformes politiques qui peuvent être apparentées à des changements de régimes. Par le biais de ce nouveau Plan Marshall, Washington prétend pouvoir imposer son « modèle » au reste du monde, dans une visée néo-coloniale non dissimulée.

Réseau Voltaire | Paris (France)
+
JPEG - 18.9 ko

Le 22 mars 2002, le président états-unien George W. Bush annonce, dans un discours à Monterrey au Mexique, la création d’une nouvelle agence, le Compte du Millénaire, « destinée à financer des projets dans des pays qui gouvernent avec justice, qui investissent dans le domaine social et qui encouragent la liberté dans le domaine économique ».

L’aide publique au développement : l’arme des néo-colonialistes

JPEG - 9.4 ko
George W. Bush
Annonçant la création
du « Millenium Account »

Les trois principes édictés donnent bien le ton de cette nouvelle manière de conditionner l’aide au développement. À la fin des années 1980 on avait vu l’émergence du concept de « conditionnalité démocratique » dans ce domaine. François Mitterrand proposait ainsi, dans son discours de La Baule, en 1992, de conditionner l’attribution de l’aide au développement à la mise en œuvre de réformes démocratiques dans les pays bénéficiaires. Cette gigantesque hypocrisie néo-colonialiste n’eut guère de suite dans les relations françafricaines et peu nombreux furent les décideurs politiques à s’insurger, par exemple, contre l’approvisionnement par la France du régime rwandais Hutu, au cœur du génocide de 1994. Cependant, l’idée a fait son chemin dans les organisations internationales, notamment au sein du FMI et de l’Union européenne qui apprécient particulièrement cette possibilité d’imposer à ces pays des réformes structurelles, en échange de subventions.

Une telle démarche aurait été profitable - encore qu’elle aurait été teintée de développementalisme compassionnel de bon teint - si elle avait permis d’inciter les pays bénéficiaires de l’aide au développement à assurer la tenue d’élections libres, la liberté de la presse, ou encore la libération des prisonniers politiques. Malheureusement, les questions relatives aux droits fondamentaux n’ont qu’une place minime dans l’échiquier économique mondial. Les organisations internationales ont surtout conditionné l’attribution des aides à la réduction des dépenses publiques (santé, retraites, assurances-chômage) et à l’ouverture des marchés nationaux à la concurrence internationale. Dix à quinze ans plus tard, il est possible d’évaluer les bénéfices de ces mesures : non seulement l’aide publique au développement n’a pas cessé d’être détournée au profit des décideurs nationaux, mais les réformes orchestrées sur les bons conseils du FMI ont engendré une d’importantes régressions sociales dans les pays concernés [1]

L’équipe du Millennium Challenge Corporation

Dans ce contexte, le projet de George W. Bush du Millenium Challenge Corporation (MCA) est particulièrement intéressant. Il est placé sous la direction du département d’État et doit donc refléter ses vues en matière d’économie et d’ingérence politique. L’équipe dirigeante est composée exclusivement de membres importants de l’administration états-unienne.

Son administrateur général n’est autre qu’Alan Parson, le sous-secrétaire d’État aux affaires économiques, qui s’est vu attribuer cette nouvelle responsabilité le 2 février 2004. Il occupait déjà cette fonction de sous-secrétaire d’État pendant l’administration Clinton, et sa reconduction au sein de l’administration Bush avait suscité de nombreuses interrogations dans la presse états-unienne. La coutume veut en effet que l’arrivée d’un nouveau président entraîne un renouvellement de l’ensemble des postes gouvernementaux.

La revue Mother Jones a trouvé la raison de cette mansuétude des faucons à l’égard d’un proche du président Clinton. En février 2000, Alan Parson a reçu la visite de Dick Cheney, alors président d’Halliburton. Celui-ci souhaite remettre en cause une décision du département d’État bloquant une somme de 500 millions de dollars de garanties bancaires fédérales destinées à un société russe du nom de Tyumen Oil. Cette décision était motivée par des rapports de la CIA faisant état de manœuvres douteuses de la société et de ses propriétaires, le conglomérat russe Alfa Group de l’oligarque Mikhail Fridman, pour prendre le contrôle de ses concurrents. Or, Tyumen est un partenaire privilégie d’Halliburton, avec lequel il a signé un accord évalué à 300 millions de dollars pour l’exploitation de champs pétroliers en Sibérie. Alan Parson a su, à l’époque, se montrer compréhensif avec le futur vice-Président, et a donc levé les restrictions et débloqué l’argent. Une décision qui lui valut d’être reconduit après l’arrivée de George W. Bush et Dick Cheney à la Maison-Blanche, en janvier 2001.

Depuis cette date, il est considéré comme l’une des « étoiles montantes » de la nouvelle administration. En octobre 2002, il a été envoyé en mission en Arabie saoudite et dans d’autres pays producteurs de pétrole afin d’y obtenir l’assurance d’une augmentation de leur production en cas de chute de la production irakienne provoquée par une invasion états-unienne. Au même moment, la société Tyumen est devenue la premier société russe à fournir du pétrole au Strategic Petroleum Reserve [2].

Les autres membres de la Millennium Challenge Corporation restent à désigner, l’organisation en étant encore à ses balbutiements. Pour l’année 2004, un budget de 1 milliard de dollars lui a été alloué, ce qui devrait surtout couvrir ses frais d’installation et les premières tournées diplomatiques visant à établir la liste des pays bénéficiaires. En revanche, George W. Bush a d’ores et déjà annoncé que l’agence bénéficierait d’un budget de 5 milliards de dollars pour 2005, faisant ainsi quasiment doubler l’aide publique au développement fournie par les États-Unis (le montant actuel est de près 7 milliards de dollars annuels).

Le programme est placé directement sous la tutelle du département d’État, et donc de Colin Powell, qui en est le président. On retrouve à ses côtés, dans l’organigramme, le Secrétaire au Trésor John W. Snow, au poste de vice-président, mais aussi le représentant états-unien pour le Commerce extérieur, Robert B. Zoellick, et l’administrateur de l’USAID [3], Andrew S. Natsios.

Le Compte du Millénaire : un programme « changement politique contre subventions »

D’après le département d’État, le fonds de développement « fournira des aides aux pays en développement qui auront adopté une politique judicieuse sur les plans politique, économique et social » [4]. Ce qui invite naturellement à s’interroger sur les critères choisis par Washington pour sélectionner les pays méritant l’aide états-unienne, qui doivent être officiellement désignés en mai.

Le premier critère objectif concerne le degré de richesse (ou de pauvreté) des pays candidats. Aussi faut-il que le revenu moyen par habitant des pays bénéficiaires n’excède pas 1415 dollars annuels, ce qui correspond à la définition donnée par l’International Development Aid. A partir de 2006, ce plafond s’élèverait à 2975 dollars annuels, soit le critère de la Banque mondiale pour sa propre attribution des aides au développement. Le deuxième critère, également objectif mais nettement plus relatif, est celui lié à la loi états-unienne. Les pays qui, selon cette loi, ne peuvent pas recevoir d’aide, ne le seront donc pas plus pour l’aide du Millenium Challenge Account. Ce qui laissera à la diplomatie états-unienne la liberté de modifier cette liste pour y inclure ou en exclure des pays demandeurs.

La seconde catégorie de critères est relative à la vision états-unienne de « bonne gouvernance », nettement plus subjective tant dans sa définition que dans son appréciation. D’après George W. Bush, le Compte du Millénaire « récompensera les pays qui mettent fin à la corruption, qui respectent les droits de l’homme et qui instaurent l’État de droit (…), qui investissent dans les domaines de la santé et de l’enseignement (…) qui libéralisent leur économie et qui appliquent une politique budgétaire judicieuse. »

Une note du département d’État indique précisément la manière dont les États-Unis évalueront le respect de ces multiples « valeurs universelles ». Washington se fondera sur les statistiques et les études empiriques réalisées par cinq organismes :
- la Banque mondiale fournira les données relatives à l’efficacité du gouvernement, à la réalité de l’État de droit, à la lutte contre la corruption, mais aussi à la situation sociale, en évaluant les dépenses publiques consacrées à l’enseignement primaire public et à la santé, ainsi que le pourcentage d’enfants vaccinés, etc.
- le Fond monétaire international (FMI) donnera son évaluation du déficit budgétaire des pays candidats au cours des trois dernières années ainsi que le niveau d’inflation.
- l’Institutional Investor Magazine [5] fournira la note qu’il attribue aux différents pays pour leur capacité à encourager la liberté dans le domaine économique.
- la Fondation Heritage [6] dressera un bilan de la politique commerciale des différents États demandeurs.
- Freedom House [7] analysera l’état des libertés publiques et des droits politiques.

A ces critères a priori s’ajoutent des modalités de réception dans les pays demandeurs, qui doivent adopter leur mode de gouvernement au « modèle » états-unien. D’après le département d’État, « œuvrant en étroite collaboration avec le MCA, les pays devront identifier les principaux obstacles à leur propre développement, garantir la participation de la société civile et mettre au point un plan de collaboration avec le MCA répondant à leurs besoins particuliers ». En matière commerciale, ils devront se conformer « à un certain nombre d’objectifs mesurables à atteindre ». Une formulation imprécise qui laisse la place à l’établissement d’un véritable programme de réformes élaboré à Washington [8].

Cela correspond à la vision économique des membres de l’administration Bush telle que définie par Alan Larson lors d’une réunion de la Rand Corporation à New York, le 3 juin 2001. Selon lui, « dans l’économie de l’information actuelle, la liberté économique et la liberté politique se renforcent l’un l’autre. Comme l’a dit le président Bush en avril [2001] devant l’Organisation des États Américains, "il y a un lien vital entre la liberté des peuples et la liberté de commerce (…) [La liberté de commerce] aide à démanteler les bureaucraties protectionnistes qui étouffent l’initiative [individuelle] et invitent à la corruption. Le libre commerce renforce les habitudes de liberté et renforce la démocratie à long terme" » [9]. Une vision largement différente de celle développée par les économistes du Fonds monétaire international dans les années 1970, qui défendaient l’intérêt d’investir dans des pays autoritaires et peu démocratiques comme gage de sûreté et de rentabilité.

Vers un Plan Marshall pour les pays en voie de développement

En réalité, le niveau d’exigence en matière politique fait plus ressembler le MCA au Plan Marshall qu’à un projet d’aide au développement. Une filiation historique revendiquée par plusieurs membres de l’administration états-unienne lors de présentations publiques du Compte du Millénaire, et notamment Colin Powell dans une tribune du Washington Post . Le Plan Marshall est souvent présenté comme un plan d’aide à la reconstruction des pays européens, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. C’est notamment le cas de Robert Pingeon, président du Parti républicain américain pour l’Europe, qui le décrit dans une tribune parue dans Le Figaro en juin 2003, comme « la plus grande action d’aide humanitaire des temps modernes ». Il s’agit en réalité d’une opération de diplomatie politique déguisée en plan d’aide économique. En échange des crédits états-uniens, les pays bénéficiaires étaient en effet tenus de mettre en oeuvre des réformes économiques, politiques et mêmes culturelles (par exemple l’envoi de sociologues en mission de productivité aux États-Unis), le tout afin d’empêcher la montée des partis communistes nationaux. Il peut donc être assimilé à une tactique de domination impérialiste sans recours aux armes plutôt qu’à une aide philanthropique à la reprise économique.

Le projet de Compte du Millénaire n’est finalement pas autre chose. Ses modalités d’application auront fatalement comme conséquence l’ouverture des marchés intérieurs de ces pays en voie de développement à la concurrence venue des pays technologiquement les plus avancés, au premier rang desquels les États-Unis. Cela représente déjà un progrès par rapport à la traditionnelle politique de la « canonnière » utilisée auparavant pour ouvrir manu militari les marchés récalcitrants aux investisseurs états-uniens. On peut également voir dans la plus grande participation de la société civile exigée par Washington un moyen d’assurer des débouchées politiques aux personnalités indigènes d’opposition financées par la Fondation Ford ou soutenues par la National Endowment for Democracy. Déjà les États-Unis, dans leurs rêves de grandeur d’un empire « millénaire », cherchent à associer à leur démarche l’Union européenne, incitée à adopter la même grille de critères. Il n’est cependant pas certain que l’ensemble des pays pourvoyeurs d’aide au développement partagent exactement la vision néo-colonialiste des conservateurs libéraux de Washington.

[1] Le journaliste du Monde, Stephen Smith, explique dans son dernier ouvrage Négrologie - Pourquoi l’Afrique meurt, que la raison du chaos africain est à chercher dans « l’autisme identitaire » de ses dirigeants, convaincus de l’irréductibilité de « l’homme noir ». Un ouvrage dans la lignée des travaux de son auteur, qui s’est fait une spécialité de dégager toute responsabilité des néo-colonialistes sur le continent africain.

[2] « The Cheney loyalty test : why did Alan Larson, a Clinton undersecretary, keep his job under Bush (Outfront) », par Arm Roston, Mother Jones, mars-avril 2003.

[3] L’United States Agency for International Development est l’agence gouvernementale à laquelle revient traditionnellement la charge de répartir l’aide publique au développement.

[4] « M. Alan Larson nommé administrateur général du Compte du millénaire », département d’État, 3 février 2003.

[5] L’Intitutional Investor Magazine est un journal d’analyse économique réalisant des analyses statistiques de la situation économiques de différents pays et institutions. Il appartient au groupe Euromoney PLC.

[6] Principal think tank reaganien, la Fondation Heritage est le bastion de l’extrême droite intellectuelle états-unienne. Elle est principalement financée par le banquier extrémiste Richard Mellon Scaife.

[7] Créée en 1941, Freedom House est devenue un institut satellite de la Fondation nationale pour la démocratie (NED). Elle publie un rapport annuel sur les libertés dans le monde, avec une insistance particulière sur les libertés religieuses. Son président actuel est James Woolsey, ancien directeur de la CIA.

[8] Pour une liste exhaustive recensant pays candidats et pays refusés, voir le site du MCA. On notera, parmi les pays mis sur la liste noire de Washington, la Serbie, la Somalie, le Soudan, la Côte d’Ivoire, la Centrafrique, l’Ouzbékistan et le Zimbabwe.

[9] « Remarks to the Rand Business Leaders Forum, "Russia and the United States : Next Steps in a Maturing Relationship" », département d’État, 3 juin 2001.

Paul Labarique

 
Les Biélorusses défendent leurs intérêts
Les Biélorusses défendent leurs intérêts
Échecs de l’« ingérence démocratique »
 
La Biélorussie sous pression
La Biélorussie sous pression
Résistance à l’ingérence
 
La démocratie forcée
La démocratie forcée
La doctrine Albright-Rice
 
Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

Globalisation économique
La théorie du « libre-échange », énoncée au XVIIIe siècle, visait initialement à empêcher les Néerlandais de fermer leur empire colonial au commerce anglais. Elle servit d’argumentaire politique à l’expansion coloniale britannique, imposant une division du travail à l’échelle internationale qui s’avéra beaucoup plus efficace pour piller les ressources que le système colonial lui-même.
En 1941, les Anglo-Saxons se donnèrent comme but de guerre le passage du mode d’exploitation colonial à celui de l’échange inégal après la victoire sur la tyrannie nazie. Ainsi la Charte de l’Atlantique promeut la décolonisation, le libre-échange et la libre-circulation maritime. Ce modèle fut formalisé en 1947 par les accords du GATT. Il a été renforcé à l’ère Reagan-Thatcher par un vaste mouvement de privatisation et de dérégulation.
En 1991 le président Bush père énonça sa vision d’un nouvel ordre mondial : la globalisation. L’objectif est de profiter du vide créé par la disparition de l’URSS pour étendre la domination anglo-saxonne en privilégiant l’expansion économique sur l’expansion militaire. Le nouveau modèle vise non seulement à une libre-circulation des produits, mais aussi des services et des capitaux, le tout régulé par un tribunal arbitral qui empiète sur la souveraineté des États. Il est aujourd’hui incarné par l’Organisation mondiale du Commerce.
Au XXIe siècle, ce processus se prolonge avec la dématérialisation de l’économie. Les Anglo-Saxons ferment leurs industries de biens de consommation pour ne garder que leur industrie militaire. Ils inventent une économie basée sur les « produits financiers » (c’est-à-dire la spéculation) et les redevances de la « propriété intellectuelle » (c’est-à-dire des droits d’usage). Ils étendent leur contrôle de la libre-circulation des biens et des services à l’espace aérien en prétextant la « guerre au terrorisme » et à l’espace maritime sous couvert de « lutte contre la piraterie ». Cependant, la colonisation anachronique de l’Irak en 2003 et son coût exorbitant manquent de provoquer l’effondrement financier de l’Empire. Le président Obama et le Premier ministre Brown tentent alors de sauver le système en vidant les places financières étrangères et en contraignant les capitaux à migrer vers les paradis fiscaux anglo-saxons. En outre, dans un mouvement concerté, les États occidentaux placent tous les moyens financiers publics au service de quelques banques privées qui peuvent alors non seulement éviter la chute, mais acquérir les sociétés défaillantes, dans un gigantesque mouvement de concentration des richesses.
+
Les coupeurs de tête modernes
Les coupeurs de tête modernes
« L’art de la guerre »
 
Les bombes intelligentes de Wall Street
Les bombes intelligentes de Wall Street
« L’art de la guerre »
 
L'Effroyable Imposture suivi de Le Pentagate
par Thierry Meyssan
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
USA : administration Bush
Candidat du complexe militaro-industriel et des lobbies pétrolier et pharmaceutique, George W. Bush s’est emparé frauduleusement de la Maison-Blanche. Comme annoncé dans le manifeste Pour un nouveau siècle américain, un « Pearl Harbor spatial » frappe les États-Unis, le 11 septembre 2001 justifiant un état d’exception permanent et des opérations militaires extérieures. Si sa décision de profiter des attentats pour déclarer la « guerre globale au terrorisme » et prendre le contrôle des voies commerciales internationales est soutenue par l’ensemble de la classe dirigeante US, il n’en est pas de même de la colonisation anachronique de l’Irak. Dès le premier jour, la contestation est conduite par le général Brent Scowcroft (ancien conseiller de sécurité de Bush père). Elle s’étend progressivement parmi les officiers supérieurs qui craignent un nouveau Vietnam. L’administration Bush s’éloigne alors de certains leaders républicains et s’appuie sur son électorat sioniste, particulièrement sur les évangéliques. La Maison-Blanche privatise les services sociaux au profit des Églises, éloigne ses conseillers scientifiques, et développe un ordre moral. Au Pentagone, Donald Rumsfeld tente une privatisation des armées en créant les Forces spéciales et en engageant des mercenaires par dizaines de milliers.
Cependant les déboires annoncés en Irak tournent à la catastrophe militaire. La rhétorique de la croisade et le recours revendiqué à la torture participent également de la détérioration de l’image des États-Unis dans le monde, de la baise d’attractivité de leurs produits, et du déclin de leur leadership. Fin 2006, ses généraux entrent en révolte ouverte. La Commission Baker-Hamilton sur l’Irak parvient à créer un consensus politique pour stopper l’aventurisme de George W. Bush, qui menace alors d’étendre la guerre en Iran. Le président perd les élections de mi-term. Il est contraint de limoger le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et de le remplacer par Robert Gates (le fils spirituel de Scowcroft et membre de la Commission Baker-Hamilton). Durant ses deux dernières années à la Maison-Blanche, il n’exerce plus la réalité du pouvoir.
Il s’avère que le pays est gravement endetté par le coût exorbitant des guerres. L’absence de tout retour sur investissement plonge le monde anglo-saxon dans un début de crise financière et économique.
+
Le projet de loi US contre le terrorisme intérieur
Le projet de loi US contre le terrorisme intérieur
Enquête primée par Project Censored
 
Plus d'un million d'Irakiens tués sous l'occupation US
Plus d’un million d’Irakiens tués sous l’occupation US
Enquête primée par « Projet Censuré »
 

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
Español
italiano
عربي
Deutsch
 
91 articles cette semaine dans toutes les langues
Jeux de guerre états-uniens dans le sud-est asiatique Jeux de guerre états-uniens dans le sud-est asiatique
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
الفيتو المزدوج لمنع حرب الإمبراطوريات على سوريا
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
بقلم ثييري ميسان, Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا
Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
Iran's Historic Anniversary Iran’s Historic Anniversary
by Stephen Lendman, Voltaire Network, 13 February 2012
 
Páginas Libres
Mafia de complicidad y reacción en el Apra
Socios, 12 de febrero de 2012
 
Syria 2011-2012, a rematch of Israel's 2006 war on Lebanon Syria 2011-2012, a rematch of Israel’s 2006 war on Lebanon
by Mahdi Darius Nazemroaya, Voltaire Network, 12 February 2012
 
Páginas Libres
¿Se incrementa riesgo personal con este gobierno?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
« Revista de prensa sobre Siria » #49
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
Socios, 12 de febrero de 2012
 
Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Moscow and the formation of The New World System Moscow and the formation of The New World System
by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 11 February 2012
 
Assassinats anonymes
« L’art de la guerre »
Assassinats anonymes
par Manlio Dinucci , Réseau Voltaire, 11 février 2012
 
Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen
Voltaire Netzwerk, 11. Februar 2012
 
Al-Qaeda refashioned by the UK Al-Qaeda refashioned by the UK
Voltaire Network, 11 February 2012
 
الإرهاب في سورية
إغلاق السفارات والارهاب في حلب
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
حلب تستفيق على الإرهاب...
وتصعيد دبلوماسي إعلامي وإرهابي
بقلم سورية الغد, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
أغفو في وطني
بقلم نضال الخضري, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
التحرك الخليجي إلى أين...
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
¿Sófero retroceso post marcha por el agua?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 11 de febrero de 2012
 
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
« Revue de presse Syrie » #49
Face à la concurrence de l’OCS, l’OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
Partenaires, 10 février 2012
 
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
"NATO’s favorite despot"
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
by Rick Rozoff, Voltaire Network, 10 February 2012
 
La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
« SYRIA PRESS REVIEW » #49
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
Partners, 10 February 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
255. Il faut à nouveau faire jouer l'« orchestre européen »
« Horizons et débats », 12e année, n° 5, 6 février 2012
Il faut à nouveau faire jouer l’« orchestre européen »
Partenaires, 8 février 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial
par Pierre Khalaf, Partenaires, 8 février 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012
 
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
الثابت والمتغير في المواقف
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
بقلم Imad Fawzi Shueibi, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟ رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟
بقلم Mahdi Darius Nazemroaya, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
Iglesia católica en conflicto peruano-chileno
Socios, 6 de febrero de 2012
 
 Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
Il doppio veto che impedisce la guerra imperiale contro la Siria
Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
di Thierry Meyssan, Rete Voltaire, 6 febbraio 2012
 
الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
ثرثرة
لـ((أغلبية صامتة))!!
بقلم نضال الخضري, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
سورية
الحدث من حمص
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التحرك الروسي
وذروة الأزمة
بقلم مازن بلال, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
قبل وصول لافروف...
ما الذي ستحمله موسكو؟!
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الأميركية
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
التقرير الأسبوعي لمراكز الدراسات الأميركية
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Les pressions morales sur la Russie
« Revue de presse Syrie » #44
Les pressions morales sur la Russie
Partenaires, 5 février 2012