Réseau Voltaire
Mafia

Le gouvernement kosovar et le crime organisé

Le gouvernement kosovar et le crime organisé

Pour organiser des troubles au Kosovo et susciter un usage disproportionné de la force par Belgrade, l’OTAN avait fait appel à des délinquants locaux qui constituèrent le « Front de libération du Kosovo » (UÇK). Ils n’en continuèrent pas moins leurs activités criminelles. Par la suite, l’OTAN s’accommoda d’autant plus facilement de cette organisation mafieuse qu’elle ne pouvait espérer recruter des gens honnêtes pour servir des intérêts étrangers. L’élévation unilatérale du Kosovo occupé au rang d’État indépendant, en 2008, a donné l’immunité d’un gouvernement au commandement d’une organisation criminelle bien connue des services de police occidentaux ainsi que l’atteste un article de la « Weltwoche », paru en 2005, que nous reproduisons dans nos colonnes.

Réseau Voltaire | Zurich (Suisse)
+
JPEG - 58.4 ko
Le parrain Hashim Thaçi, Premier ministre de « l’État » du Kosovo

Trois des politiciens kosovars les plus importants sont profondément impliqués dans la criminalité organisée, en particulier dans le trafic de drogue. C’est ce qui ressort de documents secrets des Services de renseignement allemands, de l’ONU et de la Kfor, troupe internationale de stabilisation, que détient la Weltwoche. Ces documents accusent Ramush Haradinaj, qui était Premier ministre jusqu’en mars 2005, Hashim Thaçi, l’actuel chef du Parti démocratique du Kosovo [Premier ministre depuis le 9 janvier 2008], et Xhavit Haliti, membre de la présidence du Parlement. Tous les trois ont fait carrière dans l’UÇK, l’armée de libération du Kosovo. Ils ont vécu de longues années en Suisse et entretiennent aujourd’hui encore des relations d’affaires et personnelles avec notre pays.

Dans l’analyse des 67 pages du rapport des Services de renseignement allemands sur la criminalité organisée au Kosovo, qui date du 22 février 2005, on peut lire ceci : « Par l’intermédiaire des acteurs clés (comme Haliti, Thaçi, Haradinaj), il existe des imbrications étroites entre la politique, l’économie et des structures criminelles opérant au niveau international. Les réseaux criminels qui les soutiennent favorisent l’instabilité politique. Ils n’ont aucun intérêt à ce que s’instaure un ordre étatique efficace qui pourrait gêner leurs florissantes affaires. [C’est pourquoi] les acteurs importants de la criminalité organisée aspirent à des postes de premier plan dans le gouvernement ou dans les partis et/ou entretiennent de bons rapports avec ces milieux. » La criminalité organisée se constitue ainsi « un milieu politique approprié ». Telle est l’analyse que les Services de renseignement qualifient d’« informations classifiées ».

L’un de ces personnages clés, bien connu en Suisse, est Hashim Thaçi, surnommé le Serpent, président du Parti démocratique du Kosovo. À en croire les Services de renseignement allemands, il contrôle une partie importante des activités criminelles du Kosovo. « Thaçi passe pour être, avec Haliti, un des commanditaires du tueur professionnel Afrimi », vraisembablement responsable d’au moins 11 meurtres commandités.

À partir de 1995, Thaçi, 36 ans, a vécu pendant 5 ans en Suisse avec le statut de réfugié et a étudié, grâce à une bourse, l’histoire des pays de l’Est à l’Université de Zurich. Il fut, en 1992, un des fondateurs de l’UÇK et en devint plus tard le chef. Il accéda subitement à la célébrité en 1999 lorsqu’il apparut en tant que chef de la délégation du camp albano-kosovar aux négociations de paix albano-serbes de Rambouillet et fut reconnu comme homme politique par la communauté internationale.

À l’époque, selon les Services de renseignement allemands, il contrôlait un « service de sécurité », « un réseau criminel opérant dans tout le Kosovo ». « En 2001, il entretenait probablement des contacts avec la mafia tchèque et la mafia albanaise. Et en octobre 2003, il aurait « été étroitement lié, dans le cadre de trafics d’armes et de drogue », à un clan auquel on reproche également du blanchiment d’argent et des chantages. […]

Le clan des Albanais du Kosovo

Le deuxième personnage clé, Ramush Haradinaj, 37 ans, est sans doute un des politiciens les plus controversés du Kosovo. Dans le rapport des Services de renseignement allemands, on peut lire ceci : « La structure autour de Haradinaj, basée dans le Decani sur un clan familial, se livre à tout l’éventail des activités criminelles, politiques et militaires qui influencent considérablement les conditions de sécurité de tout le Kosovo. Le groupe comprend environ 100 membres impliqués dans le trafic de drogue, d’armes et de marchandises soumises au régime douanier. En outre, il contrôle des gouvernements communaux. » Dans un rapport secret du 10 mars 2004, la Kfor qualifie ce groupe de « plus puissante organisation criminelle » de la région et ajoute que Haradinaj a également contrôlé la distribution de biens humanitaires et l’a utilisée comme un instrument de pouvoir.

JPEG - 29.4 ko
Ramush Haradina dirige les tueurs de la mafia kosovare

C’est grâce à l’aide active de la communauté internationale et tout particulièrement à celle des États-Unis qu’il a pu faire carrière. Parlant couramment l’anglais et le français, il vint en Suisse en 1989 en tant que travailleur immigré et fut videur dans une discothèque de la station de ski de Leysin. En février 1998, il rentra au Kosovo et y organisa des opérations militaires de l’UÇK. Après la guerre, il attira l’attention à la suite d’affrontements armés avec d’autres clans qui furent tout d’abord interprétés par l’ONU comme des « actes de vengeance » et des « règlements de comptes ». Il s’agissait sans doute effectivement de luttes de pouvoir entre familles mafieuses, comme le montre l’exemple suivant.

La Central Intelligence Unit (CIU), le service de renseignement de l’ONU, décrit dans un rapport du 29 décembre 2003 une affaire instructive aux implications diplomatiques : Haradinaj attaqua le 7 juillet 2000 la maison d’un clan rival qui lui faisait manifestement concurrence dans le trafic de drogue. Selon la CIU, il voulait voler à cette famille 60 kilos de cocaïne qu’elle était censée cacher dans cette maison. Il fut blessé au cours d’un échange de tirs et dut s’enfuir.

Avant qu’il puisse être interrogé par des policiers des Nations Unies, il a, au cours d’une opération éclair organisée par deux agents présumés de la CIA, été mis dans un hélicoptère militaire italien et conduit à une base de l’armée états-unienne. Les policiers des Nations Unies ont reçu de leur quartier général de Pristina l’ordre de « renoncer à toutes mesures à son encontre ».

La raison de cette surprenante retenue : on craignait que son arrestation, ou ne fût-ce que la mise en accusation d’un « héros du combat pour la libération », ne mette le feu aux poudres alors que la situation était tendue. Après cet incident, il a été mis à l’abri aux États-Unis. « Pendant son séjour là-bas, il a bénéficié d’un entraînement et les États-Unis lui ont promis de le soutenir dans sa carrière politique. Si le Kosovo devenait indépendant, il serait leur candidat favori. »

De retour au Kosovo, le protégé des USA fonda un nouveau parti, l’Alliance pour l’avenir du Kosovo. En décembre 2004, selon le vœu des États-uniens, il devint Premier ministre du Kosovo. Mais cela ne dura que trois mois. En mars 2005, il démissionna et se présenta devant le Tribunal pénal international de La Haye. On lui reproche d’avoir, pendant le conflit du Kosovo, pratiqué des nettoyages ethniques systématiques accompagnés de tortures et de viols à l’endroit de Serbes et de Roms. En juin, sous la forte pression des États-Unis et contre la volonté de la Procureure en chef Carla del Ponte, il a été libéré de la détention préventive et il peut provisoirement se livrer à des activités politiques. Son procès à La Haye commencera probablement en 2007 [Il a été acquitté le 3 avril 2008.]. Aucune plainte pour crime organisé n’a encore été déposée.

Attentat de Zurich

Xhavit Haliti, surnommé « Bunny », joue également un rôle important au Kosovo. À en croire la Kfor, ce membre de la présidence du Parlement (et vice-président du Parti démocratique du Kosovo) « est un criminel connu impliqué dans le trafic de drogue et d’armes ». Selon le rapport des Services de renseignement allemands, il « est impliqué dans le blanchiment d’argent et des trafics de drogue, d’armes, d’êtres humains et de carburant ainsi que dans des affaires de prostitution et appartient au premier cercle de la mafia. En tant que personnage clé de la criminalité organisée, il manipule toujours de grosses sommes d’argent. »

JPEG - 4.2 ko
Le député Xhavit Haliti, alias « Bunny », trésorier de la mafia kosovare

Haliti, 49 ans, a, comme Haradinaj et Thaçi, commencé sa carrière en Suisse. Il a étudié la psychologie ici à la fi n des années 1980. En 1990, il a été victime d’un attentat à la bombe à mobile politique. Une année après, il faisait partie de la présidence du Mouvement populaire du Kosovo et organisait l’UÇK depuis la Suisse. On pense qu’avant et pendant la guerre, il lui a procuré des armes et qu’il a contrôlé le « Homeland Calling Fund ». Des immigrés albano-kosovars de Suisse et d’Allemagne ont versé plus ou moins volontairement 400 millions de dollars à ce fonds.

Lorsque les dons diminuèrent après la guerre, Haliti « s’adonna à la criminalité organisée sur une grande échelle », écrit la Kfor. Et toujours selon cette source, il ne représente pas un cas unique : « Ce qui frappe, c’est que presque tous les responsables de la criminalité organisée sont des commandants de l’UÇK ou des chefs d’unités spéciales. » Au sujet d’Haliti non plus, on n’a encore rien pu retenir qui justifie une plainte pénale.

Ces trois cas exemplaires montrent une fois de plus que la Suisse était un centre d’activités de l’UÇK. C’est ici qu’avant le conflit, on a recueilli des millions destinés à l’achat d’armes et à la propagande et que des com-battants ont été recrutés en vue de la « lutte pour la liberté des Albanais opprimés du Kosovo ». À l’été 2001, le Conseil fédéral a décidé que les représentants des organisations albano-kosovares devaient cesser leurs activités politiques et ne devaient plus collecter de fonds. Il a prononcé contre Haliti une interdiction du territoire.

De l’opium pour l’Europe

Les rapports secrets des services de renseignement laissent supposer que le Kosovo, malgré l’administration de l’ONU et la troupe internationale de stabilisation, est une des plaques tournantes criminelles les plus importantes d’Europe. Une des raisons en est que le trafic de drogue est très lucratif : une grande partie de la récolte d’opium croissante d’Afghanistan arrive sur le marché d’Europe occidentale sous forme d’héroïne via l’Albanie et le Kosovo. Selon Klaus Schmidt, chef de la Mission d’assistance de la Communauté européenne à la police albanaise (Pameca), chaque jour, 500 à 700 kilos passent par l’Albanie et le Kosovo et sont en partie transformés dans leurs laboratoires. Chaque jour, un million d’euros d’argent de la drogue est échangé sur le marché gris de la capitale albanaise de Tirana. Selon les spécialistes, il s’agit là du « plus important cartel de la drogue au monde » qui soit apparu au cours des dernières années.

Selon le rapport des Services de renseignement allemands, même les débordements de mars 2004, qui ont conduit le Kosovo au bord d’une nouvelle guerre civile, ont été fomentés par des criminels qui voulaient pouvoir continuer à se livrer en toute quiétude à leurs trafics : « Au début d’avril 2004, on savait par les milieux chargés de la sécurité dans les Balkans que les récents troubles du Kosovo avaient été préparés et commis à la demande de la criminalité organisée. Pendant les émeutes, des camions entiers d’héroïne et de cocaïne ont passé la frontière non contrôlée parce que les policiers de l’ONU et les soldats de la Kfor étaient entièrement occupés à circonscrire les émeutes. Ce fait est confirmé par les policiers de l’ONU basés à Pristina qui ont souhaité garder l’anonymat pour leur sécurité. Ils se plaignent que l’on n’ait rien fait jusqu’ici contre les criminels.

L’ONU et la Kfor n’ont pas résolu le problème, même pas en partie. La police onusienne manque notamment de moyens. « Nous allons au combat avec des épées de bois », se plaint un officier de police onusien de haut rang. Et surtout, elle manque de soutien politique pour agir efficacement contre les clans mafieux. Selon les Services de renseignement allemands, « ni les milieux gouvernementaux régionaux ni l’exécutif n’ont intérêt à lutter contre la criminalité organisée parce qu’ils y sont impliqués ». Et un chef de la police onusienne chargée de la lutte contre la criminalité organisée a déclaré à la Weltwoche : « Des personnalités renommées, y compris l’ancien Premier ministre, sont à l’origine des troubles de mars qui ont été préparés par une structure criminelle connue. De nombreux services le savent et pourtant on ne fait rien contre cette structure. » Voici son explication : « On ne veut pas déclencher de nouveaux troubles et ce serait le cas si on menait une enquête criminelle à l’encontre de Ramush Haradinaj.

Une conséquence de cette retenue est qu’en Europe occidentale, et particulièrement en Suisse, en Allemagne et en Italie, les clans albano-kosovars constituent un pouvoir criminel dominant. Les services de renseignement allemands y voient « un grand danger pour l’Europe ». Au Kosovo, de nombreux postes de police de l’ONU sont remis aux services de police du Kosovo, mais les anciens cadres sont toujours là, qu’on soupçonne d’entretenir des liens très étroits, souvent familiaux, avec des chefs connus de la mafia.

Les documents cités reposent bien à l’abri dans les coffres des chancelleries.

____________________________________________

Voir aussi : « Le Kosovo, paradis des mafias » article publié au journal Tribune de Genève, Genève, Suisse, le 09 avril 2008.

Article publié dans Weltwoche n°43 (2005). Version française : Horizons et débats.

Jürgen Roth

Journaliste allemand, auteur de nombreux ouvrages sur la criminalité organisée. Dernier ouvrage publié : Ermitteln verboten !

 
Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

Survivre à Gaza
Par Mohamed al-RANTISSI
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
Mafias et narcopolitique
Les organisations criminelles contemporaines gèrent les marchés noirs, ceux que les législations déclarent illégaux (drogues, prostitution, immigration clandestine, fausse monnaie, armes, espèces protégées, contrefaçons, organes). Les plus connues sont la Mafia états-unienne, la ’Ndrangheta et la Camorra italiennes, les cartels colombiens, l’Organizatsiya russe, les clans yakuzas japonais et les triades chinoises. Selon les organisations internationales, leur chiffre d’affaire annuel excéderait les 1 000 milliards de dollars US par an.
Paradoxalement, ces organisations sont combattues par les États qui y voient une autorité rivale, mais elles ne peuvent prospérer qu’à l’ombre de ces mêmes États qui, en prohibant des activités économiques, leur accordent de facto un monopole. Il va de soi que, face aux méthodes modernes de surveillance, les organisations criminelles ne peuvent perdurer et s’étendre qu’avec des complicités dans les appareils d’État qu’elles infiltrent et corrompent.
L’obscurité dans laquelle elles se meuvent et leur présence dans les appareils d’État en font des outils parfaits pour des actions politiques et militaires secrètes. Ainsi, les États-Unis utilisèrent les services de Cosa Nostra pour préparer leur débarquement en Sicile et ceux de clans yakuzas pour pacifier le Japon. Sur cette lancée, ils ont armé des cartels colombiens contre les guérillas latino-américaines ou se sont appuyés sur l’Organizatsiya pour accélérer la décomposition de l’ex-URSS. Plus récemment, ils ont armé et salarié des organisations criminelles en Irak pour éradiquer la Résistance.
Les États utilisent également les mafias pour leur narcopolitique. Lors de la guerre de l’opium (1839-1842), le Royaume-Uni organisa la culture du pavot en Inde et imposa sa consommation en Chine. La France, les États-Unis et la Russie s’associèrent à cette politique pour leur propre expansion coloniale. Ce modèle de domination économique est reproduit aujourd’hui à plus grande échelle par les Anglo-Saxons qui exploitent le pavot en Asie centrale et la coca dans les Andes par l’intermédiaire de gouvernements fantoches. Ils utilisent le Pacte de Vienne pour justifier la répression des producteurs concurrents et des insurrections rurales.
+

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
Español
italiano
عربي
Deutsch
 
93 articles cette semaine dans toutes les langues
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
« Revue de presse Syrie » #49
Face à la concurrence de l’OCS, l’OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
Partenaires, 10 février 2012
 
أجتماع مجلس الأمن لمناقشة الحالة في سوريا أجتماع مجلس الأمن لمناقشة الحالة في سوريا
Shabakat Voltaire, 10 شباط (فبراير) 2012
 
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
by Rick Rozoff, Voltaire Network, 10 February 2012
 
La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
255. Il faut à nouveau faire jouer l'« orchestre européen »
« Horizons et débats », 12e année, n° 5, 6 février 2012
Il faut à nouveau faire jouer l’« orchestre européen »
Partenaires, 8 février 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial
par Pierre Khalaf, Partenaires, 8 février 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012
 
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
الثابت والمتغير في المواقف
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
بقلم Imad Fawzi Shueibi, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟ رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟
بقلم Mahdi Darius Nazemroaya, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
Iglesia católica en conflicto peruano-chileno
Socios, 6 de febrero de 2012
 
 Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
Il doppio veto che impedisce la guerra imperiale contro la Siria
Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
di Thierry Meyssan, Rete Voltaire, 6 febbraio 2012
 
الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
ثرثرة
لـ((أغلبية صامتة))!!
بقلم نضال الخضري, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
سورية
الحدث من حمص
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التحرك الروسي
وذروة الأزمة
بقلم مازن بلال, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
قبل وصول لافروف...
ما الذي ستحمله موسكو؟!
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الأميركية
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
التقرير الأسبوعي لمراكز الدراسات الأميركية
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Les pressions morales sur la Russie
« Revue de presse Syrie » #44
Les pressions morales sur la Russie
Partenaires, 5 février 2012
 
The GCC and NATO lose their leadership
DOUBLE VETO BANS IMPERIAL WAR AGAINST SYRIA
The GCC and NATO lose their leadership
by Thierry Meyssan, Voltaire Network, 5 February 2012
 
Señal de Alerta
Poder Judicial: ¡otra controvertida licitación!
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 5 de febrero de 2012
 
Le CCG et l'OTAN perdent leur leadership
Le double veto pour interdire la guerre impériale contre la Syrie
Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2012
 
UN shenanigans on Syria UN shenanigans on Syria
Voltaire Network, 5 February 2012
 
بهد الفيتو
الحل الروسي..؟
بقلم مازن بلال, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
سورية..
كل الأدوات في المواجهة
بقلم سورية الغد, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
طرفة عين..
في سورية
بقلم نضال الخضري, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
بعد الفيتو..
تحركات سياسية متوازية
بقلم مازن بلال, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
Moral pressure heaped on Russia
« SYRIA PRESS REVIEW » #44
Moral pressure heaped on Russia
Partners, 5 February 2012
 
Presiones morales sobre Rusia
« Revista de prensa sobre Siria » #44
Presiones morales sobre Rusia
Socios, 5 de febrero de 2012
 
François Hollande verhandelt mit dem Emir des Qatar François Hollande verhandelt mit dem Emir des Qatar
Voltaire Netzwerk, 5. Februar 2012
 
 Moralischer Druck auf Russland
« Presseschau Syrien » #44
Moralischer Druck auf Russland
Partner, 5. Februar 2012
 
El «Proyecto Juicio Final» y los eventos profundos: el asesinato de JFK, el Watergate, el Irangate y el 11 de septiembre
Historia del Estado profundo en Estado Unidos (Segunda parte)
El «Proyecto Juicio Final» y los eventos profundos: el asesinato de JFK, el Watergate, el Irangate y el 11 de septiembre
por Peter Dale Scott, Red Voltaire, 4 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Confunden Detención con Extradición
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 4 de febrero de 2012
 
طبول الحرب في المعسكر الغربي تارة تقرع و تارة تخفت
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الاميركية
طبول الحرب في المعسكر الغربي تارة تقرع و تارة تخفت
Shabakat Voltaire, 4 شباط (فبراير) 2012
 
 سياسة الجزرة و العصا الأمريكية
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الأميركية
سياسة الجزرة و العصا الأمريكية
Shabakat Voltaire, 4 شباط (فبراير) 2012
 
Il est urgent d'attendre
« Revue de presse Syrie » #43
Il est urgent d’attendre
Partenaires, 4 février 2012
 
"In Lybia now the truth is coming out"
New York Times interview with Lizzie Phelan
"In Lybia now the truth is coming out"
by Lizzie Phelan, Voltaire Network, 4 February 2012
 
Europe in the US "rotation"
The art of war
Europe in the US "rotation"
by Manlio Dinucci , Voltaire Network, 3 February 2012
 
Páginas Libres
Espionaje chileno no se amedrenta ni ante catástrofes
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 3 de febrero de 2012
 
Señal de Alerta
¡Big brother is watching you!
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 3 de febrero de 2012
 
It is urgent to wait
« SYRIA PRESS REVIEW » #43
It is urgent to wait
Partners, 3 February 2012
 
Draft resolution dealing with Syria (by Morrocco) Draft resolution dealing with Syria (by Morrocco)
Voltaire Network, 3 February 2012
 
Es urgente… esperar
« Revista de prensa sobre Siria » #43
Es urgente… esperar
Socios, 3 de febrero de 2012
 
Es ist dringend notwendig zu warten
« Presseschau Syrien » #43
Es ist dringend notwendig zu warten
Partner, 3. Februar 2012