Réseau Voltaire
Diffamation

Le harcèlement de Kofi Annan

Le harcèlement de Kofi Annan

La campagne orchestrée par la Maison-Blanche pour contraindre Kofi Annan à la démission a d’abord utilisé des relais de presse en Irak, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Puis elle a mobilisé la CIA, des parlementaires républicains et des associations. Soupçonné de corruption, le secrétaire général de l’ONU était paralysé. Mais une fois de plus la Maison-Blanche a fait l’unanimité contre elle, renforçant involontairement l’autorité de M. Annan.

Réseau Voltaire | Paris (France)
+
JPEG - 22.3 ko

L’Assemblée générale des Nations Unies s’est levée, le 8 décembre 2004, pour ovationner Kofi Annan. Seule la délégation états-unienne resta de marbre tandis que crépitaient longuement les applaudissements. Les diplomates de 190 délégations manifestaient leur soutien au secrétaire général en butte à une campagne médiatique exigeant sa démission.

Tout avait commencé le 25 janvier dernier, lorsque le quotidien irakien Al Mada avait affirmé que Saddam Hussein avait détourné des fonds du programme « pétrole contre nourriture » pour corrompre 270 personnalités dans le monde, obtenir leur soutien sur la scène internationale et tenter de se procurer des matériels pour fabriquer des armes de destruction massive. Les opposants à la guerre n’étaient en fait que des « clients » du tyran de Bagdad. Nous avons montré dans ces colonnes l’absurdité de ces allégations [1]. Notre enquête avait été largement reprise dans la presse internationale [2].
Un mois plus tard, la journaliste néo-conservatrice, Claudia Rosett, accusait dans le Wall Street Journal Kofi Annan de complicité [3]. Le secrétaire général de l’ONU aurait laissé Saddam Hussein détourner des sommes considérables du programme « pétrole contre nourriture » et c’est cet argent qui aurait été versé aux personalités mises en cause par Al Mada. Mme Rosett est par ailleurs salariée du Hudson Institute de Richard Perle (alors président du Conseil de défense du Pentagone) et de la Foundation for Defense of Democracies de James Woolsey (ex-patron de la CIA).
Le 29 février, le New York Times publiait une longue enquête, basée sur des documents fournis par l’Autorité provisoire de la Coalition et le département du Trésor, et coroborrée par des témoignages, attestant des détournements [4].

Le 3 mars, Claude Hankes-Drielsma, un ami d’Ahmed Chalabi et conseiller du Conseil de gouvernement irakien dont la firme avait été citée comme informatrice probable d’Al Mada, commandait un audit à KPMG International. Une semaine plus tard, des fuites de l’audit, publiées par Claudia Rosett dans la National Review, révélaient que Kojo Annan, fils du secrétaire général, percevait un salaire de la Cotecna, une entreprise du programme « pétrole contre nourriture » [5]. Kofi Annan n’était donc pas seulement un fonctionnaire incompétent, il était lui-même corrompu.

Le 18 mars, le sous-Comité de surveillance et d’investigation de la commission des finances de la Chambre des représentants se mêlait de l’affaire [6].

Face à cette campagne, M. Annan ordonnait une enquête interne. Il le faisait avec d’autant plus de sérénité que le programme n’était pas placé sous sa responsabilité, mais sous celle du Conseil de sécurité et d’un Comité des sanctions nommé par ce dernier.

L’affaire avait rebondi, le 7 avril, avec les auditions organisées par Richard G. Lugar devant la Commission sénatoriale des relations étrangères [7]. L’honorable sénateur accusait l’ONU d’avoir, par négligence ou corruption, augmenté les souffrances du peuple irakien, financé des achats d’armes par l’Irak et, en définitive, d’avoir augmenté les pertes états-uniennes lors de la « libération » de l’Irak. Le directeur du General Accounting Office (GAO) -sorte de Cour des comptes- déposait alors un rapport établissant que, de 1997 à 2002, l’Irak avait perçu 5,7 milliards de dollars de ventes illégales de pétrole et 4,4 milliards de dollars de surfacturation pétrolière, soit un total de 10,1 milliards de dollars [8]. Le GAO déclarait détenir ces informations de l’étude des contrats transmis à l’Autorité provisoire de la Coalition (représentée aux auditions). Il ne donnait aucune indication précise sur les modalités de ce détournement, ni sur l’usage qui aurait pu être fait de cet argent.

JPEG - 11.4 ko
Claudia Rosett

Le 16 avril, Commentary, la revue de l’American Jewish Committee, publiait une longue étude de Claudia Rosett présentant la version néo-conservatrice de l’affaire [9]. Malgré d’évidentes erreurs d’analyse, ce travail allait s’imposer comme la référence des néo-conservateurs. Il ne ferait pas l’objet de discussions, mais de développements.
Le même jour, Kofi Annan rendait publique la composition de la commission d’enquête indépendante. Elle serait présidée par l’ancien patron de la Réserve fédérale états-unienne, Paul Volcker.

Puis, le 21 avril, le sous-comité de la Sécurité nationale de la Chambre des représentants organisait de nouvelles auditions, non pas tant pour éclaircir les événements que pour confondre les dirigeants étrangers opposés à l’invasion de l’Irak en tentant de prouver qu’ils avaient été corrompus par Saddam Hussein [10]. Outre les officiels états-uniens (dont l’ambassadeur John Negroponte), les parlementaires auditionnèrent l’inévitable Claudia Rosett, ainsi que le docteur Raphaeli du Memri (l’office de propagande créé par des officiers de Tsahal et qui a diffusé les articles d’Al Mada), Nile Gardiner de l’Heritage Foundation et le docteur Edward C. Luck du Centre d’étude des organisations internationales de l’université de Columbia [11].

Il se trouve que certains des documents irakiens cités lors de l’audition avaient déjà été publiés par le Daily Telegraph de Londres, propriété du groupe Hollinger au conseil d’administration duquel siégeait Richard Perle (l’employeur de Claudia Rosett au Hudson Institute). Ils attestaient que le député travailliste George Galloway, leader du mouvement anti-guerre, avait été acheté par Saddam Hussein pour au moins 375 000 livres. D’autres documents, provenant de la même source, avaient été publiés par le Christian Science Monitor, toujours pour mettre en cause M. Galloway, qui avait été immédiatement suspendu du Parti travailliste. Il clamait depuis son innocence et criait au complot [12].

Le 8 juillet 2004, c’est le sous-comité de l’Énergie de la Chambre des représentants qui procédait à de nouvelles auditions, toujours avec Claudia Rosett [13]. Le GAO en profitait pour déposer un nouveau rapport [14].

Nouveau rebondissement, le 30 septembre, avec la publication par la CIA du rapport de Charles Duelfer sur la recherche des armes de destruction massive [15]. On y apprend que si elles n’existent pas, elles auraient pu exister, car Saddam Hussein tentait de s’en procurer grâce aux fonds détournés du programme « pétrole contre nourriture ». En prime, la CIA confirme la liste d’Al Mada et la complète. L’étau se resserre.

Le 17 novembre, la Commission des relations internationales de la Chambre des représentants pécise le tir. Elle auditionne les représentants de la BNP-Paribas [16]. En effet, selon Mme Rosett, la banque française gérait l’ensemble du programme [17]. Puis, le dossier est transmis pour complément d’enquête au sous-comité de la sécurité nationale [18].

Pendant ce temps, l’association Move America Forward diffuse des spots publicitaires sur les chaînes de télévision états-uniennes appelant à bouter l’ONU hors du pays [19]. Le 1er décembre, le sénateur Norm Coleman franchit le pas : dans le Wall Street Journal, il appelle Kofi Annan à démissionner [20]. Selon lui, même si le secrétaire général est innocent de ce dont on le soupçonne, il doit se démettre pendant la durée de l’enquête. Fox News se joint à la campagne. À l’antenne, le journaliste Bill O’Reilly parle d’une « entreprise criminelle » qui a rapporté 20 milliards de dollars à Saddam Hussein (soit le double des sommes évaluées par le GAO) [21]. L’analyste de l’Heritage Foundation, Nile Gardiner, pousse à 21 milliards [22]. Le président Bush se déclare « troublé ». Des parlementaires se joignent à l’appel de Coleman. D’autres déposent une proposition de loi conditionnant le versement de la contribution états-unienne à l’ONU à la clarification du scandale. Le Sénat de la ville de New York s’oppose à un projet d’extension des bâtiments de l’ONU, cet hôte désormais indésirable.

Pourtant, toute cette campagne est diffamatoire. Le programme pétrole contre nourriture était supervisé par le Conseil de sécurité. Aucune opération ne pouvait avoir lieu à l’insu des Anglo-Saxons. Les rétro-commissions versées l’ont été avec l’aval du Royaume-Uni et des États-Unis. Ceux-ci ont d’ailleurs eux-mêmes désigné des bénéficiaires, ce qui démontre qu’une partie des opérations au moins étaient légales. Le système ne passait pas par la seule banque française BNP, mais à moitié par la Chase Manhattan Bank. Si la probité d’un haut fonctionnaire de l’ONU, le Chypriote Benon Sevan, est peut-être en cause, celle de M. Annan ne l’est pas. Les sommes touchées par son fils, l’ont été par une société qu’il avait quitté et qui lui versait une clause de non-concurrence. Une partie des documents cités sont des faux, comme l’a admis la Haute Cour de Londres qui a successivement condamné le Christian Science Monitor et le Daily Telegraph pour leurs accusations à l’encontre de George Galloway. Mais il a fallu plus d’un an au parlementaire pour qu’on lui rende justice et les Anglo-saxons espéraient ne pas donner ce temps à M. Annan.

Cette campagne poursuit plusieurs objectifs.
- En premier lieu, réécrire l’Histoire. Le programme « pétrole contre nourriture » a été arraché par la communauté internationale aux Anglo-Saxons, qui refusaient de lever l’embargo, de manière à éviter la famine. Il fut très insuffisant. Le maintien de l’embargo coûta la vie à des centaines de milliers d’Irakiens.
- Deuxièmement, justifier a posteriori l’invasion de l’Irak. Certes, il n’y avait pas d’armes de destruction massive, mais Saddam Hussein voulait en acheter en détournant l’argent destiné à nourrir son peuple. Or, cet argent n’a pas été dépensé en armement, mais majoritairement en produits de première nécessité.
- Troisièmement, l’occasion est trop belle pour se débarasser d’un secrétaire général qui avait été élu avec le soutien de Washington et n’en a pas moins déclaré l’invasion de l’Irak « illégale ». Après l’avoir placé sous écoute [23] et avoir vainement tenté de le prendre dans un scandale, on fabrique une affaire.
- Enfin, éliminer Annan, c’est remettre en cause l’ONU elle-même. Affirmer que désormais la loi du plus fort domine le droit international.

La communauté internationale n’a pas été dupe de cette mystification. Des États, des organisations intergouvernementales, des personnalités ont apporté leur soutien à Kofi Annan, jusqu’à cette ovation de l’Assemblée générale. Immédiatement, la Maison-Blanche battait en retraite. L’ambassadeur Danforth assurait à la presse que Washington n’avait jamais eu l’intention d’exercer de pression sur M. Annan.

[1] « L’Intox des barils irakiens », Voltaire, 30 janvier 2004.

[2] Voir par exemple l’article d’Abdulmajid Attar, ancien PDG de la Sonatrach, publié dans Dar Al-Hayat et résumé dans Voltaire du 6 février 2004 : « Offrir des barils de pétrole secrètement ?! ».

[3] « The Real World : Fishy Accounting Over Iraq » par Claudia Rosett, The Wall Street Journal, 25 février 2004.

[4] « Hussein’s Regime Skimmed Billions From Aid Program » sous la direction de Susan Sachs, The New York Times, 29 février 2004.

[5] « Kojo and Kofi » par Claudia Rosett, National Review Online, 10 mars 2004.

[6] The Hunt for Saddam’s Money : U.S. and Foreign Efforts to Recover Iraq’s Stolen Money,US House Financial Services Subcommittee on Oversight and Investigations, 18 mars 2004.

[7] A review of the United Nations Oil-for-Food Program, US Senate Committee on Foreign Relations, 7 avril 2004.

[8] Observations on the Oil for Food Program, Statement of Joseph A. Christoff, Director, International Affairs and Trade, GAO n° 04-651T, 7 avril 2004.

[9] « The Oil-for-Food Scam : What Did Kofi Annan Know, and When Did He Know It ? » Par Claudia Rosett, Commentary, 16 avril 2004.

[10] « L’intox des barils, suite et fin ? », Voltaire, 19 avril 2004.

[11] The Iraq Oil-For-Food program : Straving for Accountability, US House Government Reform Subcommittee on National Security, Emerging Threats and International Relations, 21 avril 2004.

[12] « Qui veut la peau de George Galloway ?, Voltaire, 17 juillet 2003.

[13] Unites Nations Oil For Food Program, US House Energy and Commerce Subcommittee on Energy and Air Quality, 8 juillet 2004.

[14] Observations on the Oil for Food Program and areas for Further Investigations, Statement of Joseph A. Christoff, Director International Affairs and Trade, GAO, 8 juillet 2004.

[15] Comprehensive Report of the Special Adviser to the Director of the Central Intelligence on Iraq’s Weapons of Mass Destruction, CIA, 30 septembre 2004.

[16] The Oil For Food Program : Tracking the Funds, US House International Relations Committee, 17 novembre 2004.

[17] « La campagne anti-française de la Chambre des représentants », Voltaire, 18 novembre 2004.

[18] The U.N. Oil for Food Program : Cash Cow Meets Paper Tiger, US HouseGovernment Reform Subcommittee on National Security, Emerging Threats and International Relations, 5 octobre 2004.

[19] « Qui veut bouter l’ONU hors des États-Unis ?, Voltaire, 23 novembre 2004.

[20] « Kofi Annan Must Go » par Norm Coleman, The Wall Street Journal, 1er décembre 2004. Article résumé dans Voltaire du 2 décembre 2004.

[21] « The O’Reilly Factor » Fox News, 6 décembre 2004.

[22] « Kofi Annan Must Go » par Nile Gardiner, Human Events, 10 décembre 2004.

[23] « Washington et Londres placent l’ONU sur écoutes », Voltaire, 4 mars 2003.

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

Les Armées Secrètes de l'OTAN
Par Daniele GANSER
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
Action secrète
Alors que le droit international a consacré le principe de souveraineté des États, les grandes puissances n’hésitent pas à corrompre des gouvernements, à déstabiliser des sociétés, à éliminer des dirigeants, voire à renverser des régimes par l’action secrète. Cette forme d’ingérence s’avère relativement peu coûteuse par rapport aux gains que l’on peut en attendre, mais elle mine la confiance entre les États.
À ce jeu, les Anglo-Saxons sont passés maîtres. Unis au sein d’un pacte militaire secret conclu en 1948 (UK-USA + Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), ils ont développé des outils d’espionnage et d’action clandestine au service d’un projet commun, celui de la Guerre froide. Ils rivalisaient alors avec l’Union soviétique face à laquelle ils avaient atteint une supériorité indéniable en la matière. La Chine maoïste et la France post-coloniale ambitionnèrent également de tenir par ce biais des zones d’influence, principalement en Afrique.
Après la dissolution de l’URSS, ce paysage fut entièrement renouvelé. La Chine a renoncé au financement tous azimuts de groupes armés révolutionnaires et s’est focalisée sur le renseignement utile au développement de la coopération économique. La France se retire de son pré carré africain au profit de l’Union européenne. Les services russes, qui auraient dû être engloutis dans le néant eltsinien, se sont attachés à restructurer le pays et sa zone historique d’influence (États nouvellement indépendants ex-soviétiques) en luttant contre les ingérences extérieures et non en s’ingérant dans le reste du monde.
À partir de 1995, les Anglo-Saxons ont investi massivement dans leurs services secrets, dont ils ont triplé le budget en une quinzaine d’années. En outre, ils ont intégré les services israéliens dans leur dispositif, parfois comme un membre à part entière de leur communauté, parfois comme un simple sous-traitant. En 2009, les services anglo-saxons (Israël non compris) emploient au total plus de 250 000 hommes et disposent de plus de 100 milliards de dollars US (soit 15 fois plus que ceux de la Russie leur principal compétiteur virtuel). De facto, l’espionnage et l’action clandestine sont devenus les outils essentiels de la globalisation forcée.
+

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
Español
italiano
عربي
русский
Deutsch
 
101 articles cette semaine dans toutes les langues
Many Americans gave up hope last year – 2012 will be worse Many Americans gave up hope last year – 2012 will be worse
by Joseph Stiglitz, Voltaire Network, 14 February 2012
 
112. For humane and responsible finances
« Current Concerns», n° 2, 22 January 2012
For humane and responsible finances
Partners, 14 February 2012
 
La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Endgame in the Middle East
LIVE
Endgame in the Middle East
by Thierry Meyssan, Voltaire Network, 14 February 2012
 
111. Philosophical reflections on human rights and human dignity
« Current Concerns», n° 1, 15 January 2012
Philosophical reflections on human rights and human dignity
Partners, 14 February 2012
 
Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
256. Petite leçon suisse d'instruction civique à l'intention de l'Europe
« Horizons et débats », 12e année, n° 6, 13 février 2012
Petite leçon suisse d’instruction civique à l’intention de l’Europe
Partenaires, 14 février 2012
 
Syria's Uprising in Context Syria’s Uprising in Context
by Stephen Gowans, Voltaire Network, 14 February 2012
 
US war games in South East Asia US war games in South East Asia
Voltaire Network, 14 February 2012
 
Francois Hollande negozia con l'emiro del Qatar Francois Hollande negozia con l’emiro del Qatar
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Europei prime vittime di sanzioni contro l'Iran Europei prime vittime di sanzioni contro l’Iran
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan
Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Сирия сегодня Сирия сегодня
Борис ДОЛГОВ, Сеть Вольтер, 14 февраля 2012
 
Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie
Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Das Ende der Partie im Nahen Osten Das Ende der Partie im Nahen Osten
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Se termina la partida en el Medio Oriente Se termina la partida en el Medio Oriente
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 14 de febrero de 2012
 
Fin de partie au Proche-Orient
En direct
Fin de partie au Proche-Orient
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Al-Qaida frappe à Alep
« Revue de presse Syrie » #50
Al-Qaida frappe à Alep
Partenaires, 13 février 2012
 
Páginas Libres
Con magia y mano negra Movistar repara y avería mi teléfono
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 13 de febrero de 2012
 
Le Qatar achète la démission du général al-Dabi Le Qatar achète la démission du général al-Dabi
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
2012, année de tous les périls ? 2012, année de tous les périls ?
par Joseph Stiglitz, Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
الفيتو المزدوج لمنع حرب الإمبراطوريات على سوريا
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
بقلم ثييري ميسان, Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا
Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
Iran's Historic Anniversary Iran’s Historic Anniversary
by Stephen Lendman, Voltaire Network, 13 February 2012
 
Al-Qaeda strikes in Aleppo
« SYRIA PRESS REVIEW » #50
Al-Qaeda strikes in Aleppo
Partners, 13 February 2012
 
Páginas Libres
Mafia de complicidad y reacción en el Apra
por Jesús Guzmán Gallardo, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Syria 2011-2012, a rematch of Israel's 2006 war on Lebanon Syria 2011-2012, a rematch of Israel’s 2006 war on Lebanon
by Mahdi Darius Nazemroaya, Voltaire Network, 12 February 2012
 
Páginas Libres
¿Se incrementa riesgo personal con este gobierno?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
« Revista de prensa sobre Siria » #49
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
Socios, 12 de febrero de 2012
 
Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Moscow and the formation of The New World System Moscow and the formation of The New World System
by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 11 February 2012
 
Assassinats anonymes
« L’art de la guerre »
Assassinats anonymes
par Manlio Dinucci , Réseau Voltaire, 11 février 2012
 
Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen
Voltaire Netzwerk, 11. Februar 2012
 
Al-Qaeda refashioned by the UK Al-Qaeda refashioned by the UK
Voltaire Network, 11 February 2012
 
الإرهاب في سورية
إغلاق السفارات والارهاب في حلب
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
حلب تستفيق على الإرهاب...
وتصعيد دبلوماسي إعلامي وإرهابي
بقلم سورية الغد, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
أغفو في وطني
بقلم نضال الخضري, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
التحرك الخليجي إلى أين...
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
¿Sófero retroceso post marcha por el agua?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 11 de febrero de 2012
 
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
« Revue de presse Syrie » #49
Face à la concurrence de l’OCS, l’OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
Partenaires, 10 février 2012
 
 Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
« Presseschau Syrien » #49
Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
Partner, 10. Februar 2012
 
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
"NATO’s favorite despot"
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
by Rick Rozoff, Voltaire Network, 10 February 2012
 
La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
« SYRIA PRESS REVIEW » #49
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
Partners, 10 February 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
 Der Westen sucht den « B » Plan
« Presseschau Syrien » #48
Der Westen sucht den « B » Plan
Partner, 9. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
por Luis Alberto Pacheco Mandujano, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
por Héctor Guillén Tamayo, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012