Réseau Voltaire
Consensus colonial

Le programme commun Bush-Kerry

Le programme commun Bush-Kerry

Les quatre shows télévisés de la campagne présidentielle états-unienne ont permis aux candidats de manifester leur accord sur le fond de la politique extérieure et de faire valoir leurs capacités respectives à poursuivre l’aventure coloniale. Laissant à son challenger John Kerry le soin de dire tout haut ce qu’il ne peut exprimer en sa qualité de président, George W. Bush a clarifié à usage interne les ambiguïtés de son discours externe. Les deux hommes sont tombés d’accord sur les vrais mobiles de l’invasion de l’Irak et les prochaines cibles de l’Empire.

Réseau Voltaire | Paris (France)
+
JPEG - 10.2 ko

Depuis 1988, une association dénommée Commission on Presidential Debate organise des réunions publiques, retransmises à la télévision, pour permettre aux candidats de se présenter aux électeurs. L’association s’est dotée d’un règlement qui ne retient que les candidats crédités d’au moins 15 % des voix par chacun des cinq plus grands instituts de sondages. Ne participent donc que les candidats des partis républicain et démocrate, garantissant ainsi à la classe dirigeante qu’aucun parti émergeant ne viendra troubler ce cartel.

Ces réunions publiques sont dénommées « débats », bien que les deux interlocuteurs ne s’adressent pas l’un à l’autre, mais à un journaliste qui leur donne la parole en alternance. Ce procédé n’a pas pour but d’empêcher les attaques personnelles, et les orateurs n’hésitent pas à s’invectiver sans se regarder, mais à mettre en scène l’homogénéité du cadre dans lequel un choix est proposé aux électeurs. La scénographie est celle des publicités comparatives : chaque marque présente son produit et stigmatise la concurrence sans la nommer. Ainsi, le journaliste ouvre l’une des réunions en ces termes : « Sans mentionner [Kerry et Bush] par leur nom, expliquez-nous en quoi vous êtes différents de votre adversaire ». L’une des caractéristiques de ce procédé est d’accorder un grand soin à montrer que les produits des marques rivales sont comparables. De la même manière, dans ces réunions publiques, les orateurs dépensent autant d’énergie à garantir leur conformité à la norme qu’à exposer leurs différences de compétence.

On aboutit ainsi à des monologues alternés confinant au surréalisme. Trois réunions ont permis d’exposer au public le président Bush et le sénateur Kerry, et une autre a exposé le vice-président Cheney et le colistier Edwards. Mais, on n’a rien appris : George W. Bush a affirmé qu’il n’avait jamais commis d’erreurs ; John Kerry a indiqué qu’il n’aurait pas commis les erreurs de son concurrent s’il avait été aux affaires ; Bush a souligné qu’il était le commandant en chef de la guerre au terrorisme et qu’il avait changé le régime en Irak dans cette perspective ; Kerry a précisé qu’il soutenait la guerre au terrorisme, qu’il l’aurait conduite différemment, et qu’il la poursuivrait quand même s’il était élu.
Bref on a discuté de savoir qui laverait plus blanc, mais pas s’il fallait changer de machine à laver.

Nous ne traiterons dans cet article que des questions de politique internationale et de défense qui intéressent directement nos lecteurs. Nous laisserons de côté les questions intérieures qui, avouons-le, se prêtent moins bien à notre démonstration. En effet, sur les questions d’impôts et de santé, les téléspectateurs ont pu observer une passe d’armes plus classique s’apparentant par moments à un réel débat.

Les interventions manifestent avant tout la connivence des candidats et leur capacité à manier une même langue de bois, à partager une vulgate qu’ils savent fausse tout en évoquant de possibles différences de management. Nous allons résumer leur propos et expliciter leurs sous-entendus.

JPEG - 12.5 ko

Les candidats multiplient les références aux attentats du 11 septembre 2001. John Edwards a mentionné que, si les deux partis étaient d’accord pour dire que tout avait changé depuis, l’administration Bush avait refusé que soit instituée une commission d’enquête sur la manière dont avaient eu lieu ces attentats et sur les responsabilités. Cette dérobade traduirait, a-t-il poursuivi, un manque d’agressivité.
- Il aurait fallu couper quelques têtes pour rester crédibles.

Les candidats attribuent les attentats du 11 septembre à Oussama Ben Laden et à son organisation Al Qaïda. Ils en concluent que cet homme doit être la cible principale. Pour Kerry cependant, c’est une faute que de ne pas avoir encore arrêté Ben Laden. On a eu tort de sous-traiter la traque dans les montagnes de Bora-Bora aux seigneurs de la guerre, qui étaient trop divisés pour être efficaces. Pour Bush, il ne s’agit pas d’un échec, mais d’une question de temps. À quoi Kerry répond que ce délai a été mis à profit par Al Qaïda pour essaimer dans 60 pays et devenir plus dangereux encore.
- Vous auriez dû trouver un autre prétexte que l’impuissance de nos armées à attraper Ben Laden pour justifier nos actions tous azimuts.

Cheney se félicite de la tenue d’élections démocratiques en Afghanistan, tout en déclarant avant que le résultat ne soit dépouillé : « Nous avons le président Karzaï qui est au pouvoir ».
- N’ayez crainte, nous avons renforcé notre crédibilité en donnant une apparence démocratique à l’occupation de l’Afghanistan, tout en truquant les élections pour nous assurer que le président ne nous désavouera pas.

Les candidats s’accordent à reconnaître qu’ils ont approuvé l’attaque de l’Irak sur la base de renseignements erronés. Ils croyaient que les États-Unis étaient menacés par Saddam Hussein, mais en réalité l’Irak n’avait pas d’armes de destruction massive. Il n’en reste pas moins que cette guerre était une bonne chose car « Le monde est plus sûr sans Saddam Hussein », déclare Bush.
- Nous sommes d’accord, nous n’avions aucune raison légitime d’envahir l’Irak, mais nous avons trouvé là une occasion de démontrer notre force et de faire peur à tous ceux qui dans le monde contestent notre hégémonie.

Kerry dénonce le coût financier et humain de l’expédition en Irak tout en évoquant l’intérêt économique et stratégique de l’occupation, avec le pétrole et la construction de bases militaires permanentes. Il reproche à l’administration de le faire en donnant une mauvaise image des Etats-Unis par manque de préparation. « [La réussite de cette opération] c’est important pour Israël, c’est important pour l’Amérique, c’est important pour le monde, c’est important pour le combat contre le terrorisme », note-t-il .Il propose de sortir du bourbier en se défaussant sur des forces autochtones à former et en élargissant la Coalition. Bush observe que c’est très exactement ce que son administration est en train de faire et Kerry renchérit en assurant qu’il le fera mieux.
- Ce n’est pas parce que nous sommes entrés illégalement en Irak que nous allons en partir, mais pour que cette affaire que nous avons planifié avec Israël soit rentable, nous devons en faire porter le coût aux autres et soigner notre communication. Reste à savoir lequel de nous deux saura rentabiliser le plus rapidement cet investissement.

JPEG - 3.2 ko

Les candidats partagent l’assurance que les États-Unis vaincront en Irak, d’autant que les Irakiens sont avec eux. Cheney désigne l’ennemi : « Zarkaoui est responsable de la plupart des attentats à la voiture piégée qui ont tué ou blessé des milliers de personnes. C’est lui que vous voyez aux informations du soir décapiter des otages. C’est sans aucun doute un méchant homme ».
- Cette résistance populaire est catastrophique pour notre image. Nous avons donc inventé un nouveau bouc émissaire pour masquer le problème. Tout ce qui ne va pas en Irak est de la faute de Zarkaoui.

Concernant la Corée du Nord, la question nucléaire n’est qu’une entrée en matière. Kerry insiste : « Je veux que des pourparlers bilatéraux aient lieu qui mettent tous les problèmes sur la table : depuis l’armistice de 1952, les questions économiques, les problèmes de Droits de l’homme, le désarmement conventionnel, la question des zones démilitarisées, et les questions nucléaires ». Au contraire, Bush affirme que cette méthode unilatérale n’a rien donné et est vouée à l’échec car les États-Unis n’ont aucun moyen de pression direct sur la Corée du Nord, à la différence de ses voisins. Il préconise donc la poursuite des négociations multilatérales au sein du groupe des Six.
- Nous devons terminer la guerre de Corée, et ce n’est pas à des pays comme la Chine, qui était notre ennemie, de s’interposer dans les négociations. D’un autre côté, puisque nous sommes incapables de fermer ce dossier, autant faire porter la responsabilité de notre incurie sur d’autres.

Kerry affirme que la plus grande menace aujourd’hui, c’est la prolifération nucléaire qui rend possible l’acquisition de la bombe par « les » terroristes. D’abord, « il y a toujours plus de 600 tonnes de matériaux nucléaires non sécurisés dans l’ancienne Union soviétique et la Russie ». La Russie elle-même pourrait devenir une menace si la dictature s’y renforçait. « M. Poutine contrôle maintenant toutes les stations de télévision. Ses opposants politiques se font emprisonner ». Ensuite, l’Iran est sur le point de devenir une puissance nucléaire.
Edwards définit différemment les cibles : « Il est très important pour l’Amérique de punir les Saoudiens qui n’ont pas été publiquement poursuivis pour avoir financé le terrorisme depuis le 11 septembre. Et il est important que l’Amérique regarde en face la situation en Iran, parce que l’Iran représente une menace énorme pour Israël et le peuple israélien. (...) L’Iran est le sponsor le plus important du terrorisme sur la planète ».
- Nous devons concentrer nos attaques sur les trois plus grands États pétroliers que sont la Russie, l’Arabie saoudite et l’Iran. Nous utiliserons encore une fois le prétexte des armes de destruction massive, enfin uniquement des armes nucléaires. Tant que la situation n’est pas stabilisée en Irak, nous devons protéger Israël qui est notre porte-avion dans la région.

Neuf sur dix divisions actives des forces US sont impliquées dans l’occupation de l’Irak. Les États-Unis sont donc dans l’impossibilité d’ouvrir de nouveaux fronts. Kerry propose de créer deux nouvelles divisions actives pour retrouver une capacité d’intervention extérieure. En outre, il doublera le nombre des Forces spéciales pour les actions contre des cibles non-étatiques et acceptera d’encadrer une force d’intervention de l’Union africaine qui pourrait se déployer notamment au Darfour. Bush ne dit pas mieux.
- Nos projets coloniaux nécessitent des troupes plus nombreuses que nous financerons en nous servant sur place.

Les commentateurs européens se sont efforcés de deviner qui avait gagné au cours de ces quatre show télévisés, d’analyser les préférences des consommateurs états-uniens. Il est plus utile d’écouter les propos des orateurs et de comprendre leurs points d’accord.

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

Le Nouveau Pearl Harbor
Par David Ray Griffin
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
USA : Politique intérieure
Les États-Unis se présentent au reste du monde comme une démocratie exemplaire. Il n’en est rien. Les père fondateurs, qui étaient farouchement opposés à la notion de « souveraineté populaire », ont conçu un système original où le peuple est régulièrement consulté pour valider des institutions qui confient le pouvoir à une oligarchie. Au plan intérieur, ce système parvient à se perpétuer grâce à une série de verrous juridiques qui stoppent l’émergence d’alternatives, et au besoin par des trucages allant jusqu’à l’utilisation d’invérifiables machines à voter. Au plan extérieur, la propagande masque l’étrangeté des institutions. Celles-ci prévoient par exemple l’élection du président par un collège désigné par les gouverneurs des États (et non une élection au second degré comme l’a rappelé la Cour suprême en 2000 lorsqu’elle a refusé de prendre en compte le vote des citoyens de Floride). Le système n’est pas non plus républicain, car il rejette comme totalitaire le concept « d’Intérêt général » et lui préfère celui de coalition majoritaire de lobbies. Une philosophie qui conduit à institutionnaliser les groupes de pression et va jusqu’à légaliser et codifier la corruption des parlementaires.
Au-delà des partis-jumeaux démocrate et républicain, il existe de longue date une contestation intérieure. Elle s’est largement développée durant les mandats de George W. Bush, tant son style cow-boy rendait évidents le contrôle policier des populations et les injustices sociales. Alors que cette opposition était jusque-là qualifiée de « non-américaine », elle a trouvé une légitimité en faisant valoir les nombreuses violations des idéaux états-uniens par l’administration Bush, de ses aventures coloniales à sa revendication de la torture. Face à l’offensive de charme du président Obama, l’opposition intérieure est redevenue marginale, bien qu’aucune des critiques de fond n’ait trouvé de réponse. Dans le contexte de la crise économique, de profondes fractures sociétales, datant d’avant la guerre de Sécession, resurgissent. Elles s’expriment aussi bien par une révolte fiscale, un populisme anti-financiers, que par des tendances séparatistes, sans oublier des conflits ethniques. De ces mouvements contradictoires et de leurs rapports de force dépend la capacité des États-Unis à se réformer ou à se disloquer.
+
États-Unis : les lobbyistes ont acheté le Congrès
États-Unis : les lobbyistes ont acheté le Congrès
Article primé par Project Censored
 

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
Español
italiano
عربي
русский
Deutsch
 
101 articles cette semaine dans toutes les langues
112. For humane and responsible finances
« Current Concerns», n° 2, 22 January 2012
For humane and responsible finances
Partners, 14 February 2012
 
La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Endgame in the Middle East
LIVE
Endgame in the Middle East
by Thierry Meyssan, Voltaire Network, 14 February 2012
 
111. Philosophical reflections on human rights and human dignity
« Current Concerns», n° 1, 15 January 2012
Philosophical reflections on human rights and human dignity
Partners, 14 February 2012
 
Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
256. Petite leçon suisse d'instruction civique à l'intention de l'Europe
« Horizons et débats », 12e année, n° 6, 13 février 2012
Petite leçon suisse d’instruction civique à l’intention de l’Europe
Partenaires, 14 février 2012
 
Syria's Uprising in Context Syria’s Uprising in Context
by Stephen Gowans, Voltaire Network, 14 February 2012
 
US war games in South East Asia US war games in South East Asia
Voltaire Network, 14 February 2012
 
Francois Hollande negozia con l'emiro del Qatar Francois Hollande negozia con l’emiro del Qatar
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Europei prime vittime di sanzioni contro l'Iran Europei prime vittime di sanzioni contro l’Iran
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan
Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Сирия сегодня Сирия сегодня
Борис ДОЛГОВ, Сеть Вольтер, 14 февраля 2012
 
Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie
Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Das Ende der Partie im Nahen Osten Das Ende der Partie im Nahen Osten
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Se termina la partida en el Medio Oriente Se termina la partida en el Medio Oriente
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 14 de febrero de 2012
 
Fin de partie au Proche-Orient
En direct
Fin de partie au Proche-Orient
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Al-Qaida frappe à Alep
« Revue de presse Syrie » #50
Al-Qaida frappe à Alep
Partenaires, 13 février 2012
 
Páginas Libres
Con magia y mano negra Movistar repara y avería mi teléfono
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 13 de febrero de 2012
 
Le Qatar achète la démission du général al-Dabi Le Qatar achète la démission du général al-Dabi
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
2012, année de tous les périls ? 2012, année de tous les périls ?
par Joseph Stiglitz, Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
الفيتو المزدوج لمنع حرب الإمبراطوريات على سوريا
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
بقلم ثييري ميسان, Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا
Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
Iran's Historic Anniversary Iran’s Historic Anniversary
by Stephen Lendman, Voltaire Network, 13 February 2012
 
Al-Qaeda strikes in Aleppo
« SYRIA PRESS REVIEW » #50
Al-Qaeda strikes in Aleppo
Partners, 13 February 2012
 
Páginas Libres
Mafia de complicidad y reacción en el Apra
por Jesús Guzmán Gallardo, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Syria 2011-2012, a rematch of Israel's 2006 war on Lebanon Syria 2011-2012, a rematch of Israel’s 2006 war on Lebanon
by Mahdi Darius Nazemroaya, Voltaire Network, 12 February 2012
 
Páginas Libres
¿Se incrementa riesgo personal con este gobierno?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
« Revista de prensa sobre Siria » #49
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
Socios, 12 de febrero de 2012
 
Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Moscow and the formation of The New World System Moscow and the formation of The New World System
by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 11 February 2012
 
Assassinats anonymes
« L’art de la guerre »
Assassinats anonymes
par Manlio Dinucci , Réseau Voltaire, 11 février 2012
 
Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen
Voltaire Netzwerk, 11. Februar 2012
 
Al-Qaeda refashioned by the UK Al-Qaeda refashioned by the UK
Voltaire Network, 11 February 2012
 
الإرهاب في سورية
إغلاق السفارات والارهاب في حلب
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
حلب تستفيق على الإرهاب...
وتصعيد دبلوماسي إعلامي وإرهابي
بقلم سورية الغد, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
أغفو في وطني
بقلم نضال الخضري, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
التحرك الخليجي إلى أين...
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
¿Sófero retroceso post marcha por el agua?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 11 de febrero de 2012
 
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
« Revue de presse Syrie » #49
Face à la concurrence de l’OCS, l’OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
Partenaires, 10 février 2012
 
 Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
« Presseschau Syrien » #49
Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
Partner, 10. Februar 2012
 
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
"NATO’s favorite despot"
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
by Rick Rozoff, Voltaire Network, 10 February 2012
 
La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
« SYRIA PRESS REVIEW » #49
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
Partners, 10 February 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
 Der Westen sucht den « B » Plan
« Presseschau Syrien » #48
Der Westen sucht den « B » Plan
Partner, 9. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
por Luis Alberto Pacheco Mandujano, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
por Héctor Guillén Tamayo, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012