Réseau Voltaire
La fabrication de « l’Armée islamique en Irak »

Le vrai-faux retrait philippin

Le vrai-faux retrait philippin

L’opération contre la France a été décidée début juillet, après l’échec du sommet d’Istanbul. Pour crédibiliser une prétendue « Armée islamique en Irak », le retrait programmé du contingent philippin a fait l’objet d’une mise en scène. En faisant croire que Manille avait cédé à un chantage, on attribuait un pouvoir démesuré à une organisation fantoche.

Réseau Voltaire | Paris (France)
+
DOSSIER SPÉCIAL : LES OTAGES FRANCAIS EN IRAK
Décryptage, revendication affichée et enjeux cachés de l’enlèvement
Le vrai-faux retrait philippin, ou la fabrication de « l’Armée islamique en Irak »
Chronologie de la prise en otage de Christian Chesnot et Georges Malbrunot
Téléchargez le numéro spécial de Voltaire consacré aux otages français en Irak (Pdf, 650 Ko)

Les Philippines sont un allié fidèle des États-Unis, au point d’appartenir à la catégorie des « alliés majeurs hors de l’Otan » , définie par le Département d’État [1]. À ce titre, le gouvernement philippin a envoyé 80 soldats en Irak [2]. Ces hommes servent aux côtés de soldats polonais dans le Sud du pays.

Le 14 avril, alors que George W. Bush vient de nommer John Negroponte au poste d’ambassadeur des États-Unis en Irak, la présidente philippine Gloria Arroyo annonce le possible retrait des troupes philippines en raison de la dégradation des conditions de sécurité. Le 16 avril, elle affirme que « notre objectif est un "zéro victime" pour les civils et la force de maintien de la paix. (...) Nous respecterons nos engagements internationaux et nous nous assurerons que nos ressortissants sont en sécurité » [3]. Une position difficilement compatible avec le théâtre d’opérations irakien, secoué par des attentats, des accrochages avec la résistance irakienne et des prises d’otages.

JPEG - 5.5 ko
Bill Clinton et Gloria Arroyo

L’ensemble de la Coalition est d’ailleurs soumise à des menaces d’attentat. Le 22 avril, la présidente des Philipines « appelle tous les Philippins à l’étranger qui sont vulnérables aux attaques terroristes à se placer en état d’alerte et à prendre des mesures préventives sous les directives, ou en coopération avec, leur gouvernement hôte » [4]. Le même jour, les ambassades de Corée du Sud et du Pakistan en Thaïlande reçoivent une lettre d’une mystérieuse « Organisation d’outre-mer jaune-rouge » (Yellow-Red Overseas Organization) proférant des menaces d’attentats contre des infrastructures en Australie, au Japon, au Koweït, au Pakistan, aux Philippines, à Singapour, en Corée du Sud et en Thaïlande entre les 20 et les 30 avril [5]. Ces attaques, qui n’eurent pas lieu, étaient justifiées dans la lettre par le soutien apporté par ces pays aux États-Unis en Irak.

Le 29 avril 2004, un premier ressortissant philippin est tué dans l’attaque d’un convoi. Manille interdit alors aux agences locales de recrutement d’envoyer des employés en Irak. Peu de jours après éclate le scandale des tortures d’Abou Ghraib autour d’un rapport d’inspection rédigé par le général états-unien d’origine philippine, Antonio Taguba. Le 11 mai, quatre civils philippins sont tués dans une attaque au mortier contre une base aérienne états-unienne. Le 13 mai débutent les manœuvres multilatérales « Cobra d’or 04 » menées par l’armée états-unienne en Thaïlande, en collaboration avec Singapour, la Mongolie, les Philippines et la Thaïlande. De ces quatre pays, seul Singapour n’a pas de troupes engagées en Irak. Début juin, trois soldats philippins sont blessés dans une embuscade, ce qui renforce la prudence de Manille : « notre contingent humanitaire va rester, mais les options de déploiement doivent s’orienter vers des zones moins dangereuses », affirme le porte-parole de la présidence, Ignacio Bunye [6]. Le 8 juin, le secrétaire philippin à la Défense, Eduardo Ermita, déclare que son gouvernement envisage de retirer ses hommes d’Irak après le transfert de souveraineté à un gouvernement irakien provisoire, prévu pour le 30 juin. Mais la décision se fait attendre : le 29 juin, la présidente Gloria Arroyo affirme que « le gouvernement des Philippines continuera à soutenir la paix, la sécurité et les programmes humanitaires pour le bénéfice du peuple irakien, conformément au mandat des Nations unies ». Une semaine plus tard, l’envoyé spécial des Philippines en Irak, Roy Cimatu, conseille à Manille de maintenir sa cinquantaine de soldats présents sur place, minant les positions défendues dans le pays par l’opposition et une partie de la majorité.

La prise en otages d’un ressortissant philippin par un groupe armé autoproclamé « Brigade Khaled Ibn Al-Walid », dépendant de l’Armée islamique en Irak, d’après Al-Jazira précipite les évènements. Roy Cimatu, partisan du maintien des troupes, met immédiatement en doute la nationalité philippine de l’otage, arguant que « tous les travailleurs philippins à l’étranger ont répondu à l’appel sur leur lieu de travail ». L’information est pourtant rapidement confirmée par le chargé d’affaires philippin en Irak, Ricardo Endaya. Il affirme que « le travailleur était basé en Arabie saoudite et il avait l’habitude de voyager en Irak », mais refuse de révéler son identité. Selon lui, « des contacts à Bagdad et au Qatar » ont également confirmé l’enlèvement. Rapidement des « lignes de communication » sont établies avec les ravisseurs, grace à l’aide des membres du gouvernement irakien « et des responsables des partis politiques alliés aux forces proaméricaines » [7].

La demande des preneurs d’otages est claire : sur la vidéo diffusée par Al-Jazira le 10 juillet, le prisonnier philippin, Angelo de la Cruz, demande à la présidente Gloria Arrroyo de retirer les troupes philippines déployées en Irak, faute de quoi il sera exécuté dans les 72 heures. Une revendication difficile à comprendre puisqu’à ce moment là, seuls 51 policiers philippins restent déployés dans le pays. Le porte-parole de la présidence refuse d’ailleurs d’envisager que Manille cède à ses exigences. Selon lui, le contingent philippin ne partira pas avant la date prévue, c’est-à-dire le 20 août. Cette position vaut au pays les félicitations de l’ambassadeur états-unien à Manille, Francis Ricciardone. Le même jour, le cheikh Abdelsalam al-Koubaïssi, membre du Comité des oulémas musulmans, animé par des sunnites, annonce la libération prochaine de l’otage. La présidente Arroyo confirme même officiellement cette libération, avant de se rétracter quelques heures plus tard après la diffusion d’un démenti par les ravisseurs sur Al-Jazira : ceux-ci y réaffirment leur volonté de voir partir le contingent philippin avant le 20 juillet, soit un mois avant la date prévue. Sinon, menacent-ils, ils exécuteront l’otage. L’épouse et le frère de celui-ci se rendent alors en Irak pour « aider à sa libération » : « nous nous rendons en Jordanie parce que la Jordanie est l’endroit le plus proche où une libération peut avoir lieu », déclare Arsenia de la Cruz [8]. D’après les négociateurs, les discussions comprennent une offre de rançon refusée par les preneurs d’otages qui « restent fidèles à leur cause » [9].

Les réactions du monde arabe, si elles n’ont pas l’ampleur de celles suscitées aujourd’hui par l’enlèvement des deux journalistes français et de leur chauffeur, reflètent le refus généralisé de la pratique des prises d’otage. La participation du cheikh Abdelsalam al-Koubaïssi, membre du Comité des oulémas musulmans, animé par des sunnites, aux négociations, est un exemple de ce soutien apporté aux Philippins. Selon le cheikh, le Comité était alors sur le point de diffuser un communiqué appelant à libérer les otages actuellement détenus en Irak : « Le sens de notre message sera de dire qu’il n’est pas acceptable de détenir ainsi des civils ». La Malaisie, alors présidente de l’Organisation de la conférence islamique, la plus grande organisation musulmane, appelle à « la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages, dont le ressortissant philippin », d’après son ministre des Affaires étrangères, Syed Hamid. Le diplomate déclare que la Malaisie « ne trouve pas d’excuses à des tels actes car ils menacent la vie de civils innocents et de travailleurs humanitaires ». Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, affirme pour sa part qu’il soupçonne « des "agents" travaillant pour le compte des États-Unis et d’Israël d’être à l’origine d’une vague de prises d’otages et de décapitations en Irak, selon l’agence officielle Irna » [10]. Peu après, l’émissaire philippin Norberto Gonzales demande l’aide de la Syrie lors d’un entretien avec le ministre des Affaires étrangères syrien, Farouk al-Chareh.

Manille finit par céder : le 12 juillet, le vice-ministre des Affaires étrangères, Raphaël Seguis, déclare qu’« en réponse à la demande du groupe Khaled ibn al-Walid, le gouvernement philippin, conformément à ses engagements, va retirer ses forces humanitaires d’Irak rapidement, le temps d’achever les préparatifs nécessaires pour leur retour aux Philippines ». Une formulation particulièrement ambiguë et déroutante : comment un État souverain peut-il officiellement reconnaître qu’il soumet sa politique étrangère et de Défense à une organisation radicale extrémiste ? Et que signifie la formule « conformément à ses engagements » ? Le retrait annoncé est si minime - huit hommes le 15 juillet - qu’il ne paraît pas lié à la prise d’otages, mais semble participer du retrait progressif prévu pour 20 août. En effet, la semaine précédente, six soldats avaient déjà quitté le terrritoire irakien, cinq pour une permission, le sixième pour un détachement au Koweït. « Sont-ils en train de se retirer avant le 10 août ? Le plus vite possible, ça veut dire combien de temps... quelques jours, quelques semaines », déclare un diplomate à l’AFP, sous couvert de l’anonymat [11].

Le pays se retrouve néanmoins sous le feu de la critique internationale, notamment de la part de ses partenaires au sein de la Coalition en Irak. Le vice-ministre polonais de la Défense déclare ainsi que les autorités de Manille « commettent une erreur » de céder au chantage des ravisseurs. Parallèlement, il réaffirme que le contingent polonais en Irak sera prochainement divisé par deux, pour avoisiner les 1000 à 1500 soldats, contre 2500. Peu après, les autorités philippines démentent le retrait prématuré annoncé par Raphaël Seguis, en affirmant : « Nous maintenons nos positions », c’est-à-dire un retrait prochain, mais non immédiat, des troupes. Le haut diplomate reçoit pourtant le soutien de sa supérieure hiérarchique, le ministre des Affaires étrangères Delia Albert. La position de Manille est, au minimum, extrêmement confuse, comme le confirme le porte-parole du département d’État états-unien, Richard Boucher : « Nous attendons une clarification sur ce que signifient exactement » les déclarations de Manille, déclare-t-il. Le soir même, le chef de la diplomatie irakienne, Hoshyar Zebari, demande à l’Otan d’aider rapidement son pays. La Maison-Blanche déclare, pour sa part que les Philippines « adresseraient le mauvais message aux terroristes » si elles retiraient leurs troupes d’Irak. L’Australie, qui avait « fermement exhorté » Manille à ne pas céder déclare que « si les pays cèdent aux terroristes, cela ne fera que les encourager à enlever plus d’otages ». Le Premier ministre John Howard résume ainsi sa vision de l’épisode : « Je ne veux pas être dur avec un pays ami mais cela consiste à céder aux terroristes. C’est une faute ». Le ministre des Affaires étrangères irakien, Hoshyar Zebari, évoque un « mauvais précédent ».

Le 16 juillet, dix soldats philippins quittent l’Irak pour le Koweït. Trois jours plus tard, les trente derniers militaires quittent le pays. Ce retrait fait suite à celui des troupes espagnoles, de la République dominicaine, du Honduras et du Nicaragua. Le 20 juillet, la chaîne de télévision Al-Arabiya annonce la libération du chauffeur de camion philippin, en citant des sources au Congrès national irakien. Il est effectivement remis à l’ambassade des Émirats arabes unis à Bagdad, à des diplomates de son pays.
Si la « victoire » des terroristes n’a eu aucun intérêt pour la résistance irakienne, elle a permis en revanche de crédibiliser « l’armée islamique en Irak » en en faisant, aux yeux de l’opinion publique occidentale, une organisation capable de peser sur la politique d’un État souverain.

DOSSIER SPÉCIAL : LES OTAGES FRANCAIS EN IRAK
Décryptage, revendication affichée et enjeux cachés de l’enlèvement
Le vrai-faux retrait philippin, ou la fabrication de « l’Armée islamique en Irak »
Chronologie de la prise en otage de Christian Chesnot et Georges Malbrunot
Téléchargez le numéro spécial de Voltaire consacré aux otages français en Irak (Pdf, 650 Ko)

[1] Douze pays bénéficient de ce statut privilégié accordé par Washington : l’Égypte, la Jordanie, le Koweït, le Bahreïn, le Pakistan, la Corée du Sud, les Philippines, l’Argentine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et Israël.

[2] « Les troupes de la Coalition dirigées par les États-Unis en Irak », AFP, 25 mars 2004.

[3] « Les Philippines veulent rester en Irak, mais avec "zéro mort" », AFP, 16 avril 2004.

[4] « Manille met en garde contre le terrorisme, confirme son engagement en Irak », AFP, 22 avril 2004.

[5] « Menaces d’attentats contre les huit pays soutenant les États-Unis », AFP,22 avril 2004.

[6] « Les soldats philippins restent en Irak malgré des blessés », AFP, 3 juin 2004.

[7] « Les Philippines tentent d’obtenir la libération d’un otage en Irak », par Camille Sarlin, La Croix, 9 juillet 2004.

[8] « L’épouse de l’otage philippin retenu en Irak se rend en Jordanie », AFP, 11 juillet 2004.

[9] « Les ravisseurs de l’otage philippin ont rejeté une offre de rançon (diplomate) », AFP, 12 juillet 2004.

[10] « L’Irak appelle l’Otan à une aide rapide, confusion sur le sort des otages », AFP, 13 juillet 2004.

[11] « Vrai ou faux retrait ? Le mystère plane sur la volonté réelle de Manille », par Karl Wilson, AFP, 15 juillet 2004.

Paul Labarique

 
Les Biélorusses défendent leurs intérêts
Les Biélorusses défendent leurs intérêts
Échecs de l’« ingérence démocratique »
 
La Biélorussie sous pression
La Biélorussie sous pression
Résistance à l’ingérence
 
La démocratie forcée
La démocratie forcée
La doctrine Albright-Rice
 
Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

L'Effroyable Imposture suivi de Le Pentagate
par Thierry Meyssan
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
Action secrète
Alors que le droit international a consacré le principe de souveraineté des États, les grandes puissances n’hésitent pas à corrompre des gouvernements, à déstabiliser des sociétés, à éliminer des dirigeants, voire à renverser des régimes par l’action secrète. Cette forme d’ingérence s’avère relativement peu coûteuse par rapport aux gains que l’on peut en attendre, mais elle mine la confiance entre les États.
À ce jeu, les Anglo-Saxons sont passés maîtres. Unis au sein d’un pacte militaire secret conclu en 1948 (UK-USA + Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), ils ont développé des outils d’espionnage et d’action clandestine au service d’un projet commun, celui de la Guerre froide. Ils rivalisaient alors avec l’Union soviétique face à laquelle ils avaient atteint une supériorité indéniable en la matière. La Chine maoïste et la France post-coloniale ambitionnèrent également de tenir par ce biais des zones d’influence, principalement en Afrique.
Après la dissolution de l’URSS, ce paysage fut entièrement renouvelé. La Chine a renoncé au financement tous azimuts de groupes armés révolutionnaires et s’est focalisée sur le renseignement utile au développement de la coopération économique. La France se retire de son pré carré africain au profit de l’Union européenne. Les services russes, qui auraient dû être engloutis dans le néant eltsinien, se sont attachés à restructurer le pays et sa zone historique d’influence (États nouvellement indépendants ex-soviétiques) en luttant contre les ingérences extérieures et non en s’ingérant dans le reste du monde.
À partir de 1995, les Anglo-Saxons ont investi massivement dans leurs services secrets, dont ils ont triplé le budget en une quinzaine d’années. En outre, ils ont intégré les services israéliens dans leur dispositif, parfois comme un membre à part entière de leur communauté, parfois comme un simple sous-traitant. En 2009, les services anglo-saxons (Israël non compris) emploient au total plus de 250 000 hommes et disposent de plus de 100 milliards de dollars US (soit 15 fois plus que ceux de la Russie leur principal compétiteur virtuel). De facto, l’espionnage et l’action clandestine sont devenus les outils essentiels de la globalisation forcée.
+

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
Español
italiano
عربي
русский
Deutsch
 
101 articles cette semaine dans toutes les langues
Many Americans gave up hope last year – 2012 will be worse Many Americans gave up hope last year – 2012 will be worse
by Joseph Stiglitz, Voltaire Network, 14 February 2012
 
112. For humane and responsible finances
« Current Concerns», n° 2, 22 January 2012
For humane and responsible finances
Partners, 14 February 2012
 
La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Endgame in the Middle East
LIVE
Endgame in the Middle East
by Thierry Meyssan, Voltaire Network, 14 February 2012
 
111. Philosophical reflections on human rights and human dignity
« Current Concerns», n° 1, 15 January 2012
Philosophical reflections on human rights and human dignity
Partners, 14 February 2012
 
Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
256. Petite leçon suisse d'instruction civique à l'intention de l'Europe
« Horizons et débats », 12e année, n° 6, 13 février 2012
Petite leçon suisse d’instruction civique à l’intention de l’Europe
Partenaires, 14 février 2012
 
Syria's Uprising in Context Syria’s Uprising in Context
by Stephen Gowans, Voltaire Network, 14 February 2012
 
US war games in South East Asia US war games in South East Asia
Voltaire Network, 14 February 2012
 
Francois Hollande negozia con l'emiro del Qatar Francois Hollande negozia con l’emiro del Qatar
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Europei prime vittime di sanzioni contro l'Iran Europei prime vittime di sanzioni contro l’Iran
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan
Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Сирия сегодня Сирия сегодня
Борис ДОЛГОВ, Сеть Вольтер, 14 февраля 2012
 
Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie
Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Das Ende der Partie im Nahen Osten Das Ende der Partie im Nahen Osten
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Se termina la partida en el Medio Oriente Se termina la partida en el Medio Oriente
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 14 de febrero de 2012
 
Fin de partie au Proche-Orient
En direct
Fin de partie au Proche-Orient
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Al-Qaida frappe à Alep
« Revue de presse Syrie » #50
Al-Qaida frappe à Alep
Partenaires, 13 février 2012
 
Páginas Libres
Con magia y mano negra Movistar repara y avería mi teléfono
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 13 de febrero de 2012
 
Le Qatar achète la démission du général al-Dabi Le Qatar achète la démission du général al-Dabi
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
2012, année de tous les périls ? 2012, année de tous les périls ?
par Joseph Stiglitz, Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
الفيتو المزدوج لمنع حرب الإمبراطوريات على سوريا
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
بقلم ثييري ميسان, Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا
Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
Iran's Historic Anniversary Iran’s Historic Anniversary
by Stephen Lendman, Voltaire Network, 13 February 2012
 
Al-Qaeda strikes in Aleppo
« SYRIA PRESS REVIEW » #50
Al-Qaeda strikes in Aleppo
Partners, 13 February 2012
 
Páginas Libres
Mafia de complicidad y reacción en el Apra
por Jesús Guzmán Gallardo, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Syria 2011-2012, a rematch of Israel's 2006 war on Lebanon Syria 2011-2012, a rematch of Israel’s 2006 war on Lebanon
by Mahdi Darius Nazemroaya, Voltaire Network, 12 February 2012
 
Páginas Libres
¿Se incrementa riesgo personal con este gobierno?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
« Revista de prensa sobre Siria » #49
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
Socios, 12 de febrero de 2012
 
Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Moscow and the formation of The New World System Moscow and the formation of The New World System
by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 11 February 2012
 
Assassinats anonymes
« L’art de la guerre »
Assassinats anonymes
par Manlio Dinucci , Réseau Voltaire, 11 février 2012
 
Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen
Voltaire Netzwerk, 11. Februar 2012
 
Al-Qaeda refashioned by the UK Al-Qaeda refashioned by the UK
Voltaire Network, 11 February 2012
 
الإرهاب في سورية
إغلاق السفارات والارهاب في حلب
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
حلب تستفيق على الإرهاب...
وتصعيد دبلوماسي إعلامي وإرهابي
بقلم سورية الغد, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
أغفو في وطني
بقلم نضال الخضري, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
التحرك الخليجي إلى أين...
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
¿Sófero retroceso post marcha por el agua?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 11 de febrero de 2012
 
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
« Revue de presse Syrie » #49
Face à la concurrence de l’OCS, l’OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
Partenaires, 10 février 2012
 
 Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
« Presseschau Syrien » #49
Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
Partner, 10. Februar 2012
 
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
"NATO’s favorite despot"
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
by Rick Rozoff, Voltaire Network, 10 February 2012
 
La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
« SYRIA PRESS REVIEW » #49
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
Partners, 10 February 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
 Der Westen sucht den « B » Plan
« Presseschau Syrien » #48
Der Westen sucht den « B » Plan
Partner, 9. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
por Luis Alberto Pacheco Mandujano, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
por Héctor Guillén Tamayo, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012