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« La révolution des roses »

Les dessous du coup d’État en Géorgie

Les dessous du coup d’État en Géorgie

Présenté comme un mouvement spontané et non violent, le soulèvement qui a forcé Edouard Chevardnadze à renoncer à la présidence de la Géorgie est en réalité le fruit d’une patiente manipulation. Enjeu stratégique et pétrolier entre la Fédération de Russie et les États-Unis, la Géorgie est devenue un champ clos d’affrontement des grandes puissances. La colère populaire, habilement déclenchée par l’Institut démocratique de Madeleine Albright et structurée par des associations de jeunesse financées par George Soros, a permis à la CIA de placer ses hommes au pouvoir à Tbilissi.

Réseau Voltaire | Paris (France)
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Dirigée depuis 1991 par l’ancien ministre des Affaires étrangères de l’URSS, Edouard Chevardnadze, la Géorgie vient de connaître une révolution pacifique. Celui que l’on appelait le « Renard blanc » a été chassé par son peuple, lassé d’une corruption omniprésente et d’une fragilité économique persistante, qui contestait la régularité des élections qui se sont tenues en novembre 2003. Ce mouvement spontané, joliment comparée à la « révolution des œillets » portugaises qui avait vu le peuple renverser sans violence le régime post-salazariste de Marcelo Caetano, s’est vue affublée du titre de « révolution des roses », dont on imagine sans peine qu’elle ouvre la voie à un nouveau régime démocratique et porteur d’espoir.

Ce serait là se laisser un peu trop aisément abuser par la formidable propagande qu’a nécessitée ce coup d’État fomenté depuis l’étranger et planifié de longue date. Car la Géorgie n’est pas un pays sans enjeux internationaux. Son importance est même cruciale dans l’échiquier régional. Son territoire s’étend en effet au sud de la Caspienne, aux frontières de la Turquie, de la Russie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Cette position centrale lui vaut de se trouver régulièrement au cœur d’une zone de fortes turbulences depuis l’éclatement de l’URSS en 1991. Au cœur surtout de la formidable guerre des oléoducs que se livrent les États-Unis et la Fédération de Russie dans cette région.

La Géorgie au cœur du « Grand jeu »

Les hostilités se sont ouvertes le 17 avril 1999, avec l’ouverture de l’oléoduc reliant Bakou (Azerbaïdjan) au port de Soupsa (Géorgie) sur la mer Noire. Ce projet, financé par Washington, met fin à l’hégémonie russe sur l’exportation des hydrocarbures de la Caspienne. La même année, la Géorgie s’aligne sur l’Ukraine et l’Azerbaïdjan et s’éloigne de la Russie. Elle dénonce le traité de défense collective des frontières de la Communauté des États indépendants (CEI) et le traité de sécurité collective de Tachkent. À ce système diplomatique d’alliances organisé autour de la Russie, la Géorgie préfère désormais l’OTAN et sa direction états-unienne. Cette démarche contraint le président Eltsine à signer en novembre 1999, lors du sommet de l’OSCE à Istanbul, un accord de démantèlement de deux des quatre bases russes en Géorgie, démantèlement qui sera effectivement entamé en 2000 en dépit des réticences de l’état-major russe.

La décision géorgienne de se ranger clairement du côté états-unien, dans une période où sa position stratégique devient fondamentale, correspond à une tendance repérable dans l’ensemble des pays du sud Caucase. Depuis l’effondrement de l’URSS, les États-Unis ont en effet remplacé dans cette région leur doctrine de « containment » par une stratégie de « rollback » - c’est-à-dire de forcer un reflux des positions russes. C’est ainsi que les principaux pays de la région se regroupent au sein du Guuam (qui reprend les initiales de la Géorgie, l’Ukraine, l’Ouzbékistan, l’Azerbaïdjan et la Moldavie). Cette entité, proche des États-Unis, s’est notamment réunie en mai 2000 à Washington pour évoquer des questions militaires et de sécurité.

Les pays du Guuam sont au coeur du projet états-unien de construction de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), qui doit relier l’Azerbaïdjan à la Turquie, en passant par la capitale géorgienne. Son tracé évite la Russie via notamment la Tchétchénie, contourne l’Iran, mais aussi l’Arménie. Ce dernier pays est en effet en conflit avec l’Azerbaïdjan sur le Haut-Karabkh et reste le seul État de la région intégré dans les organes de coopération militaire avec Moscou. Les Arméniens sont donc soumis à une forte pression des Occidentaux, qui souhaitent qu’ils fassent les concessions nécessaires au règlement du conflit qui les oppose à l’Azerbaïdjan et choisissent le pipeline BTC. En octobre 1999, le Premier ministre arménien et le président du Parlement sont assassinés. L’objectif de ces pressions étant de stabiliser l’ensemble des pays que doit traverser ou pourrait traverser l’oléoduc.

Cependant, l’enjeu n’est pas uniquement pétrolier. On devine en sous-main des enjeux politiques et militaires également déterminants dans l’élaboration de la stratégie états-unienne. C’est ainsi que la CIA a présenté un rapport extrêmement optimiste - totalement irréaliste d’après les experts - sur les réserves de la zone Caspienne, afin d’en exagérer l’importance. Selon Jean Radvanyi et Philippe Rekacewicz, spécialistes du Caucase, « les pressions exercées par Washington et Ankara sur les compagnies afin que celles-ci cofinancent le passage de l’oléoduc via la Géorgie et la Turquie et non via l’Iran ou la Russie trahissent la priorité donnée aux objectifs politiques sur les intérêts économiques. » [1].

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Edouard Chevardnadze, allié peu reconnaissant

Dans ce nouveau « Grand jeu », qui prend même des tournures de nouvelle Guerre froide [2], la Géorgie est un pays crucial, puisqu’elle permet d’assurer une certaine stabilité à l’exploitation des ressources pétrolières, et d’approvisionner la Turquie. Le régime de Chevardnadze a donc été largement choyé par Washington, qui en a fait le principal bénéficiaire dans la région de son aide économique. En échange, la Géorgie s’est alignée sans mot dire sur la politique étrangère de la Maison-Blanche. Ainsi, en 1999, lorsque le président russe Boris Eltsine lui demande d’utiliser le territoire géorgien pour lancer une invasion de la Tchétchénie, le chef de l’État suit les ordres du conseiller spécial de Clinton pour la Russie, Strobe Talbott, et rejette la demande russe. De même, un mois après le 11 septembre 2001, Chevardnadze proposait d’accueillir les troupes états-uniennes dans la région, en échange d’une aide financière colossale de Washington. La Géorgie a ensuite servi de relais pour les vols de l’US Air Force lors de la guerre d’Afghanistan, et a autorisé quelques centaines de militaires états-uniens à encadrer des commandos géorgiens censés pourchasser d’hypothétiques membres d’Al Qaïda, du côté de la Tchétchénie voisine. Fin 2001, Chevardnadze va jusqu’à purger la direction de ses agences de renseignement et nommer son ancien ambassadeur pro-états-unien à Washington, Tedo Dzhaparidze, à la tête de la sécurité nationale.

Mais au fil des années, l’influence du président géorgien s’amenuise, la corruption et les mauvais résultats économiques fragilisent sa position, ce qui l’incite à revenir sur son seul alignement sur Washington. Progressivement, il s’allie avec Aslan Abchidzé, le gouverneur pro-russe de la région autonome d’Adjarie. Celle-ci est frontalière avec la Turquie et stratégique en raison de son important port, par lequel transite notamment le pétrole en provenance de l’Azerbaïdjan voisin et point d’entrée du commerce avec la Turquie. Ce rapprochement contraint Edouard Chevardnadze à améliorer ses relations avec Moscou, et à remettre en cause le partenariat stratégique avec les États-Unis. Selon l’AFP, en 2003, « des sociétés états-uniennes ont été éliminées du marché géorgien par une taxation arbitraire. » [3] Dans ce contexte, Washington revient progressivement sur son soutien inconditionnel à cet allié peu reconnaissant, d’autant que les travaux de construction de l’oléoduc n’en finissent pas de ne pas commencer.

Plusieurs responsables de l’administration états-unienne se rendent donc en Géorgie au cours de l’année 2003 pour y rencontrer Chevardnadze. D’après The Guardian, ces visites officielles visent à faire comprendre au président géorgien que ses jours à la tête du pays sont comptés. L’ambassadeur états-unien en Géorgie, Richard Miles, déclare notamment au Washington Post que les États-Unis aimeraient « voir un gouvernement plus fort », une critique publique particulièrement inhabituelle de la part d’un allié de longue date. Le même Richar Miles travaille également de longs mois à préparer le jeune Mikhail Saakashvili à prendre la succession. [4]

Les États-Unis organisent la révolution spontanée

Celui-ci, âgé de 35 ans, est diplômé l’université de Columbia à New York où il a fait ses études d’avocat. Après avoir travaillé quelque temps dans une entreprise new-yorkaise, il est revenu en Géorgie en tant que protégé et rapidement leader de l’ancien parti d’Edouard Chevardnadze, l’Union des citoyens. Puis il est devenu ministre de la Justice en 2000. Après en avoir profité pour dénoncer la corruption de la classe politique jusque pendant les conseils des ministres, il a été contraint à la démission en 2002, date à laquelle il a créé son propre parti et est devenu l’un des leaders de l’opposition.

Il devient en réalité l’homme de Washington chargé de mettre en œuvre le renversement de Chevardnadze. Cette opération, qui se veut calquée sur le modèle du renversement de Slobodan Milosevic en Serbie, va nécessiter la manipulation de plusieurs forces.

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Madeleine Albright
L’ancienne secrétaire d’État
de Bill Clinton, dirige l’« ONG »
qui a prétendu que les
élections ont été truquées.

Son point de départ réside dans la contestation du résultat des élections législatives du 2 novembre 2003, qui voient la victoire des formations du président Chevardnadze et de Aslan Abchidzé, juste devant les formations d’opposition de Mikhail Saakashvili, et de Nino Burjanadze, alors présidente du Parlement. Cette contestation « spontanée » repose sur deux éléments : d’une part la composition des listes électorales, qui auraient été falsifiée, et d’autre part les sondages effectués à la sortie des urnes, qui donneraient des résultats différents des chiffres officiels. Le problème de ces accusations, c’est qu’elles proviennent en réalité toutes les deux de la même institution : le National Democratic Institute. Cette organisation états-unienne, dite non-gouvernementale, est en réalité une émanation de la National Endowment for Democracy [5], et dirigée par l’ancienne secrétaire d’État de Bill Clinton, Madeleine Albright. C’est cette fondation qui s’est chargée à la fois de réaliser la saisie informatique de listes d’électeurs, dont les nombreuses erreurs ont ensuite alimenté le ressentiment populaire et les soupçons de trucage, et les sondages de sortie des urnes, dans lesquels les scores des partis d’opposition étaient largement surévalués.

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George Soros
Le miliardaire a financé le
mouvement des jeunes
Kmara, calqué sur le modèle
du mouvement serbe Otpor
qui avait défié Milosevic
à Belgrade.

Peu importent la véracité des trucages électoraux, l’intérêt réside dans la capacité des mouvements d’opposition à utiliser l’argument pour mobiliser l’opinion publique et permettre finalement le renversement du régime et la démission du président géorgien, le 23 novembre 2003. Il faut dire que se sont mêlés à la foule des mouvements bien peu spontanés, comme l’a expliqué Edouard Chevardnadze à des médias russes, peu après son départ du pays. Au premier rang des responsables, le président déchu cite le milliardaire George Soros [6], l’Institut démocratique états-unien déjà mentionné, et l’ancien secrétaire d’État états-unien James Baker. Selon lui, « c’est George Soros qui a créé les groupes de jeunes Kmara [Assez !] contre le pouvoir. Ils prenaient de tout jeunes, à 15 ans, et les formaient en deux mois [...] L’American National Democratic Institute s’est comporté de la même manière ». [7]

Ces méthodes rappellent évidemment celles mises en œuvre par les États-Unis en Serbie en 2000, et qui avaient permis le renversement de Slobodan Milosevic. D’après l’ancien ministre géorgien de la Sécurité, Igor Giorgadze, « Mikhail Saakashvili a été spécialement invité à un séminaire à Belgrade cet été pour y apprendre comment faire "une révolution de velours" comme celle des Serbes. M. Saakashvili a reçu des instructions détaillées qu’il a suivies à la lettre ». Quant au mouvement des jeunes Kmara dénoncé par Chevardnadzé, il est effectivement financé par George Soros et calqué sur le modèle du mouvement serbe Otpor qui avait défié Milosevic à Belgrade. [8]

Premier coup de téléphone de la présidente intérimaire : « L’oléoduc est OK »

Le renversement du régime de Chevardnadze annonce une nouvelle ère pour la Géorgie, et sans doute un changement de camp. La présidente par intérim qui, selon la Constitution, est la présidente du Parlement, Nino Bourdjanadze, a annoncé, dès le 23 novembre 2003, qu’elle souhaitait suivre « l’orientation politique juste » choisie par l’ex-président Edouard Chevardnadze, citant les « valeurs occidentales », le « partenariat stratégique » avec les États-Unis et l’amélioration des relations avec la Russie. Dans une interview à CNN, elle a précisé que l’objectif de la Géorgie est « d’être membre de la famille européenne, membre de l’alliance euro-atlantique. Nous voulons garder notre partenariat stratégique avec les États-Unis qui ont fait beaucoup pour notre pays ». Mieux, d’après The Guardian, « le premier coup de téléphone passé par la présidente intérimaire [...] après qu’elle eût pris ses fonctions [...] a été pour BP [la société pétrolière anglo-néerlandaise]. Elle a appelé pour "leur assurer que l’oléoduc est OK", a indiqué un important officiel géorgien ». Une première mesure qui dévoile sans nuances les enjeux du coup d’État, qui s’est terminé dimanche 4 janvier 2004 par l’élection à la présidence de la République de Mikhail Saakashvili, le « poulain » de Washington.

Grande perdante de ce changement auquel elle n’a pu s’opposer, la Russie sera contrainte de réagir. Lors de la crise, Vladimir Poutine a dépêché sur place son ministre des Affaires étrangères, Igor Ivanov, pour donner un semblant d’aval du Kremlin à une situation qui affaiblit considérablement sa position. Déjà on perçoit un regain de tensions régionales. Des responsables de la sécurité géorgienne ont notamment accusé Moscou de planifier le sabotage de l’oléoduc voulu par les États-Unis. Cette opération, qui serait orchestrée par les services secrets russes, mettrait en scène une attaque de mercenaires tchétchènes ou de saboteurs écologistes. La très grande pénétration des forces russes dans le pays, qui y maîtrisent trois enclaves sécessionistes ou autonomes (Ossétie du Sud, Abkhazie et Adjarie) et de deux bases militaires, laisse présager une situation explosive.

Mais cet épisode révèle surtout la poursuite par les États-Unis de leur nouvelles méthodes d’ingérence, inspirées de celles du stay-behind mais largement modernisées comme le montre l’exemple serbe. Encore faut-il, pour qu’elles fonctionnent, que de telles opérations s’appuient sur un réel soutien populaire. L’échec cuisant des récentes tentatives de coup d’État au Vénézuela est une mise en garde cruelle adressée à la CIA et remet en cause la doctrine de ceux qui, à Washington, pensent jouir partout dans le monde du droit à disposer des peuples.

[1] « Conflits caucasiens et bras de fer russo-américain », par Jean Radvanyi et Philippe Rekacewicz, Le Monde diplomatique, octobre 2000 »

[2] La Guerre froide s’est caractérisée par une opposition entre deux camps, celui des États-Unis et celui de l’URSS, sans que jamais leurs forces armées ne s’affrontent directement. Une situation proche de celle que l’on retrouve actuellement dans la région de la Caspienne, où Washington et Moscou ont recours à des forces intermédiaires pour contrer l’autre camp. On peut citer les attaques en territoire tchétchène dont a fait l’objet l’oléoduc nord, qui relie Bakou au port russe de Novorossiisk, dès son ouverture en avril 1999, au point qu’il fut momentanément fermé. En août 1999, les combattants tchétchènes de Chamil Bassaev et Khabib Abd Ar-Rahman Khatab sont également intervenus au Daghestan où, en proposant d’installer un État islamique, ils permettaient d’affaiblir considérablement le flanc sud de la Russie. Les Russes ont eux tenté d’exploiter les conflits en Abkhazie, en Ossétie et au Karabakh pour préserver leur influence dans la région, et notamment pour soustraire l’Azerbaïdjan et la Géorgie à l’influence états-unienne.

[3] « Crise géorgienne : l’ami américain n’est plus ce qu’il était », AFP, 22 novembre 2003.

[4] « The people smoke out the grey fox », par Ian Traynor, The Guardian, 24 novembre 2003.

[5] Cette organisation, fondée par Ronald Reagan pour contrecarrer les forces de l’« Axe du Mal », est la structure de financement politique officiel de la CIA dans le monde. Elle permet de soutenir financièrement des opérations de manipulation politique, soit en finançant des partis dits « de gauche », au travers de l’American National Democratic Institute soit en finançant des formations dites « de droite » grâce à l’International Republican Institute.

[6] George Soros est un milliardaire états-unien d’origine hongroise, qui doit sa fortune à une intense activité de spéculation. Membre de l’International Crisis Group, il finance sur sa fortune personnelle un grand nombre d’associations et d’organisations non-gouvernementales. Début novembre, les locaux moscovites de la fondation Soros ont été saisis, et les activités en Russie de la fondation paralysées.

[7] « L’ex-président Chevardnadzé dénonce le rôle des Américains dans sa chute », AFP, 1er décembre 2003.

[8] « ’It looks disturbingly like a coup’ », The Guardian, 25 novembre 2003.

Paul Labarique

 
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Approvisionnement en énergie
Le pétrole et le gaz, sources fossiles d’énergie, alimentent l’activité humaine depuis un siècle. Leur commerce représente le premier marché mondial, devant l’alimentation, l’armement, les médicaments et les drogues.
Les États-Unis ont progressivement affecté leurs forces armées à la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de leur économie. En signant l’accord du Qincy (1945), le président Roosevelt élevait déjà la protection de la famille royale saoudienne au rang d’objectif stratégique. Par la suite, le rapport Hamilton (1975) et la doctrine Carter (1980) incluaient le contrôle des champs pétroliers du Golfe et de leurs voies d’accès dans les missions du Pentagone. Pour ce faire, Washington avait institué le Central Command et entrepris de soumettre son allié irakien. Aujourd’hui, alors que les ressources de cette région s’épuisent et que les forces armées US sont sur-déployées, l’OTAN prend la relève. L’Alliance a élargi ses buts à la sécurité énergétique de ses membres (2006) et multiplie les implantations à proximité des gisements du bassin caspien.
Quoi qu’il en soit, d’ores et déjà les stratèges se tournent vers les réserves du Golfe de Guinée et vers les pétroles lourds du Venezuela et du Brésil qui devraient se substituer aux pétroles légers en cours d’épuisement. En prévision, le Pentagone a créé l’Africom et débuté la militarisation de la région Caraïbes avec la résurrection de la IVe flotte.
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Nouvelle Guerre froide
Depuis le début du XXe siècle, les Anglo-Saxons considèrent l’URSS, puis la Russie, comme leur ennemi principal. Persuadés que Moscou tenterait d’envahir toute l’Europe après la défaite du IIIe Reich, ils firent durer la Seconde Guerre mondiale pour affaiblir les Soviétiques, bombardèrent les villes allemandes pour s’assurer que l’Armée rouge ne pourrait rien en retirer, et lancèrent deux bombes nucléaires sur la population japonaise pour dissuader Staline de profiter de son avantage militaire. En 1949, Ils fondèrent l’OTAN et transformèrent la division de l’Europe en deux zones d’occupation en une Guerre froide, qui ne prit réellement fin qu’avec la disparition de l’URSS.
Cependant, face au redressement inattendu de la Russie, les Anglo-Saxons reviennent à leur stratégie initiale. La continuité de leur politique anti-russe est incarnée par le professeur Zbignew Brzezinski, conseiller de sécurité nationale du président démocrate Carter, passé au parti républicain, puis revenu au parti démocrate pour faire élire son élève, Barack Obama. Artisan, dans les années 70 d’un soutien inconditionnel au shah d’Iran et de l’organisation de la guerre d’Afghanistan, il préconise aujourd’hui un rapprochement avec le régime islamique iranien et l’extension de la guerre au Pakistan.
Moscou, qui est parvenu à vaincre l’émirat islamique d’Itchkérie (Tchétchènie) et à stopper l’agression géorgienne en Ossétie du Sud, s’est fait piéger par l’Ukraine lors de la guerre du gaz.
La stratégie de la Nouvelle Guerre froide n’est guère différente de la précédente. Sans imagination, la presse atlantiste applique les mêmes clichés à la Russie d’aujourd’hui qu’à l’URSS d’hier bien que les situations soient fort différentes. Londres, qui hébergeait jadis des dissidents, est devenu le refuge des oligarques mafieux en fuite. Le Pentagone déploie un prétendu bouclier anti-missiles comme il le fit avec les Pershing II, l’OTAN s’élargit à l’Est et ouvre de nouvelles bases dans le Grand Nord pour encercler l’ennemi de toujours, etc.
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Action secrète
Alors que le droit international a consacré le principe de souveraineté des États, les grandes puissances n’hésitent pas à corrompre des gouvernements, à déstabiliser des sociétés, à éliminer des dirigeants, voire à renverser des régimes par l’action secrète. Cette forme d’ingérence s’avère relativement peu coûteuse par rapport aux gains que l’on peut en attendre, mais elle mine la confiance entre les États.
À ce jeu, les Anglo-Saxons sont passés maîtres. Unis au sein d’un pacte militaire secret conclu en 1948 (UK-USA + Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), ils ont développé des outils d’espionnage et d’action clandestine au service d’un projet commun, celui de la Guerre froide. Ils rivalisaient alors avec l’Union soviétique face à laquelle ils avaient atteint une supériorité indéniable en la matière. La Chine maoïste et la France post-coloniale ambitionnèrent également de tenir par ce biais des zones d’influence, principalement en Afrique.
Après la dissolution de l’URSS, ce paysage fut entièrement renouvelé. La Chine a renoncé au financement tous azimuts de groupes armés révolutionnaires et s’est focalisée sur le renseignement utile au développement de la coopération économique. La France se retire de son pré carré africain au profit de l’Union européenne. Les services russes, qui auraient dû être engloutis dans le néant eltsinien, se sont attachés à restructurer le pays et sa zone historique d’influence (États nouvellement indépendants ex-soviétiques) en luttant contre les ingérences extérieures et non en s’ingérant dans le reste du monde.
À partir de 1995, les Anglo-Saxons ont investi massivement dans leurs services secrets, dont ils ont triplé le budget en une quinzaine d’années. En outre, ils ont intégré les services israéliens dans leur dispositif, parfois comme un membre à part entière de leur communauté, parfois comme un simple sous-traitant. En 2009, les services anglo-saxons (Israël non compris) emploient au total plus de 250 000 hommes et disposent de plus de 100 milliards de dollars US (soit 15 fois plus que ceux de la Russie leur principal compétiteur virtuel). De facto, l’espionnage et l’action clandestine sont devenus les outils essentiels de la globalisation forcée.
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Assassinats anonymes
par Manlio Dinucci , Réseau Voltaire, 11 février 2012
 
Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen
Voltaire Netzwerk, 11. Februar 2012
 
Al-Qaeda refashioned by the UK Al-Qaeda refashioned by the UK
Voltaire Network, 11 February 2012
 
الإرهاب في سورية
إغلاق السفارات والارهاب في حلب
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
حلب تستفيق على الإرهاب...
وتصعيد دبلوماسي إعلامي وإرهابي
بقلم سورية الغد, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
أغفو في وطني
بقلم نضال الخضري, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
التحرك الخليجي إلى أين...
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
¿Sófero retroceso post marcha por el agua?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 11 de febrero de 2012
 
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
« Revue de presse Syrie » #49
Face à la concurrence de l’OCS, l’OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
Partenaires, 10 février 2012
 
 Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
« Presseschau Syrien » #49
Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
Partner, 10. Februar 2012
 
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
"NATO’s favorite despot"
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
by Rick Rozoff, Voltaire Network, 10 February 2012
 
La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
« SYRIA PRESS REVIEW » #49
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
Partners, 10 February 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
 Der Westen sucht den « B » Plan
« Presseschau Syrien » #48
Der Westen sucht den « B » Plan
Partner, 9. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
por Luis Alberto Pacheco Mandujano, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
por Héctor Guillén Tamayo, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012