Le président du parti républicain pour l’Europe, Robert Pingeon, s’en prend dans Le Figaro aux critiques contre l’administration Bush en Europe, et plus particulièrement en France. Il affirme que l’opposition à la politique de Washington est fondée sur des stéréotypes et des préjugés et rappelle que déjà le Plan Marshall, qu’il estime être l’action humanitaire la plus importante des temps modernes, et la politique de Ronald Reagan, dont il vante la justesse, avaient été dénigrés. Cette analyse reprend la propagande de la Guerre froide mais ignore les documents déclassifiés, y compris par l’administration Bush. Ces documents officiels prouve que la politique de Reagan se fondait sur une analyse erronée estimant que l’URSS avait des intentions agressives vis-à-vis des États-Unis, ce qui avait relancé à la course aux armements. Pour sa part, le plan Marshall a été conçu pour permettre un retour sur investissement et permettre la stabilisation de l’Europe face à l’Union soviétique. Il contenait également des clauses politiques plaçant l’Europe occidentale en position de vassalité. Ces éléments reconnus aujourd’hui par tous les historiens sont présentés par Pingeon comme de simples affabulations. Dans le même quotidien, l’ambassadeur états-unien Howard H. Leach affirme que la France et les États-Unis sont en train de tourner la page du désaccord irakien. Rappelant les vertus de l’alliance transatlantiques, il enjoint les pays européen, et notamment la France, à collaborer avec les États-Unis pour développer l’aide au pays du tiers monde. L’Union européenne est ainsi invitée à suivre les principes du Millenium Challenge Account, un projet qui est à la guerre au terrorisme ce que le Plan Marshall était à la Guerre froide. La générosité affichée sert une fois encore de moyen de pression et de contrôle politique pour Washington.
Le député européen Sami Naïr revient dans Libération sur la « libération » de l’Irak, une guerre elle aussi présentée comme une action généreuse à destination d’Irakiens oppressés. Il affirme, comme nous l’avions annoncé avant guerre, que la reconstruction de l’Irak offre des contrats mirifiques aux sociétés états-uniennes proche de la Maison-Blanche et notamment à Halliburton, la compagnie que dirigeait Dick Cheney avant de devenir vice-président. Le conseiller de Jean-Pierre Chevènement s’inquiète également du partage du territoire en trois zones d’occupation reprenant les frontières des régions ottomanes et il constate que le partage des ressources irakiennes est incompatible avec l’émergence d’une démocratie dans le pays.
Tandis que George W. Bush prépare une tournée en Afrique qui l’amènera au Sénégal, en Afrique du Sud, au Botswana, en Ouganda et au Nigeria et deux jours après que Colin Powell ait appelé au changement de régime au Zimbabwe, les analystes recommencent à s’intéresser au continent africain. Face aux guerres en Afrique occidentale et à la situation au Zimbabwe, l’ancien ambassadeur David M. Malone plaide dans l’International Herald Tribune pour une aide des pays occidentaux à un renforcement des institutions africaines. Il affirme que l’action de ces organisations internationales offre de bien meilleure garanties de résolution des conflits que les interventions à court terme des anciennes puissances coloniales. Rosa Whitaker prolonge son raisonnement dans le Washington Times et dénonce les critiques contre l’action du Ghana dans les négociations entre factions au Libéria. Elle affirme qu’une arrestation de Charles Taylor lorsqu’il se trouvait dans ce pays aurait sapé les efforts ultérieurs des institutions africaines et n’aurait rien résolu à Monrovia. Elle estime cependant que si l’action des pays africains dans la reconstruction du Liberia sera déterminante, cela passera d’abord par une période de stabilisation du pays qui sera assurée par une force de l’ONU dont les États-Unis doivent prendre la tête.
Marvin Lender et Jonathan Jacoby de l’Israël Policy Forum appellent les juifs états-uniens à pousser leur gouvernement à soutenir l’action de Mahmoud Abbas. Dans le Los Angeles Times, ils se réjouissent de la constitution d’une alliance des « juifs modérés » et des « Palestiniens modérés » en faveur de la paix et de la lutte contre le « terrorisme ». On ignore cependant ce que signifie exactement le terme « modéré » pour eux. En effet, il n’est à aucun moment question dans leur tribune de la création d’un État palestinien mais simplement de l’éradication de résistance armée palestinienne par une force de sécurité palestinienne à qui on aurait donné les moyens de remplacer l’action de Tsahal dans les Territoires. La « modération » n’empêche donc pas, semble-t-il, de suivre le gouvernement Sharon dans sa volonté d’utiliser la feuille de route pour construire une entité palestinienne vassalisée n’ayant d’État que le nom.
« Une vision lucide de l’Amérique »
Une vision lucide de l’Amérique
Le Figaro (France)
[AUTEUR] Robert Pingeon est président du Parti républicain américain pour l’Europe.
[RESUME] En tant qu’Américain vivant en France depuis de nombreuses années, j’ai été frappé par le foisonnement de critiques des Européens à l’encontre du gouvernement de mon pays. Toutes ces critiques, quelle que soient les intentions de leurs auteurs, se basent sur la désinformation et des stéréotypes qui n’ont pas commencé avec George W. Bush.
Ainsi, quand je suis arrivé en 1985 en France, j’ai « appris » que la plus grande action d’aide humanitaire des temps modernes, le Plan Marshall, n’était qu’une conspiration des capitalistes américains pour ouvrir les marchés européens et que si ce plan avait bénéficié à l’Europe, il avait été lancé parce qu’il servait les intérêts américains. J’ai « appris » également que la politique de Reagan contre l’URSS était cynique, dangereuse et naïve. Les États-Unis étaient déjà présentés à l’époque comme un « cow-boy unilatéral » qui menaçait la paix mondiale. Le succès de cette politique et l’effondrement de l’URSS qui a permis l’intégration des pays de l’Est dans l’Union européenne n’a pas fait réfléchir. Aujourd’hui, la « doctrine Bush » est présentée par les classes parlantes européennes comme « la plus grande menace pour la paix planétaire ».
En réalité, quand les gouvernements démocratiques et les peuples libres sont chaque jour davantage menacés par les réseaux terroristes, les États voyous et les fanatiques qui risquent d’acquérir des armes de destruction massive il faut agir, parfois préventivement, pour préserver notre civilisation de la disparition.
« Paris-Washington : quelques réalités négligées »
Paris-Washington : quelques réalités négligées
Le Figaro (France)
[AUTEUR] Howard H. Leach est ambassadeur des États-Unis en France.
[RESUME] Le sommet du G8 en France a été un succès politique qui a permis de tourner la page et de marquer des retrouvailles entre la France et les États-Unis. Le salon du Bourget a été un succès commercial malgré une présence américaine moins soutenue du fait des restrictions budgétaires causées par une situation économiques ralentie.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le soutien à l’alliance entre l’Europe et les États-Unis, qui suppose une Union européenne puissante et une OTAN forte, n’a jamais faibli. Le président George W. Bush a maintenu ce soutien. Il est attaché à une alliance transatlantique forte et à une Europe forte avec des ressources propres qui pourraient nous aider à atteindre nos objectifs communs. La réunion du G8 a mis en avant un certains nombres de projets de grande envergure qui visent à créer des conditions favorables à la paix et à la prospérité dans le monde. Ces propositions font échos au discours du président Bush à Cracovie.
Parallèlement, l’administration Bush a invité notre Congrès à voter la loi concernant les défis du « millenium ». Les gouvernements européens ont défini leur propre engagement. Le président Jacques Chirac a appellé l’Union européenne a augmenter ses fonds pour la lutte contre le SIDA. En joignant leurs efforts, les nations transatlantiques peuvent augmenter ce type d’aide au développement en s’appuyant sur les principes qui sous-tendent le Millenium Challenge Account : offrir une plus grande contribution en échange d’une plus grande responsabilité des pays en voie de développement.
Le désaccord sur le désarmement de l’Irak appartient au passé et chacun de nous gagne à se concentrer sur les problèmes présents et à venir. Une alliance transatlantiques divisée profite aux ennemis de la liberté.
« Les États-Unis privatisent l’Irak »
Les États-Unis privatisent l’Irak
Libération (France)
[AUTEUR] Conseiller de Jean-Pierre Chevènement, Sami Naïr est député européen du Pôle républicain.
[RESUME] Certains, dont moi, ont cru que les États-Unis attaquaient l’Irak pour prendre le pétrole, ils se trompaient. Les Américains veulent tout le pays.
Washington va privatiser les entreprises étatisées, dont le pétrole, créer une Bourse et implanter un régime fiscal qui favorise les investisseurs étrangers. Les compagnies étatisées seront déclarées insolvables et liquidées et les entreprises rentables seront vendues. Un investissement de quelque milliards suffira à faire passer la production pétrolière irakienne à 7 millions de barils par jour ce qui procurera un revenu de 60 milliards de dollars par an au cours actuel.
La résolution 1483 prévoit la création d’un fond de développement pour l’Irak qui recevra l’argent du pétrole. Il sera, de fait, dirigé par les États-Unis et le Royaume-Uni. C’est Philip Carroll, ancien PDG de Shell Oil qui supervise le ministère du pétrole. KBR, une filiale d’Halliburton, une compagnie dirigée par Dick Cheney de 1995 à 2000 et qui lui verse encore un million de dollar par an, gère les opération et la distribution des produits pétroliers. Son contrat, obtenu sans appel d’offre, ne stipule ni durée, ni montant maximal. L’administration du port d’Oum Kasr a été attribuée à la société américaine Stevedoring Services of America et la reconstruction a été attribuée à une demi-douzaine de compagnies privées anglo-saxonnes par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). D’après certaines sources du Wall Street Journal, des instructions auraient été données pour que les entreprises françaises n’aient aucun contrat.
Il s’agit d’une colonisation et non la mise en place d’une démocratie. Le pays a été divisé en trois zones correspondant aux trois anciennes régions ottomanes et seul Paul Bremer détient des pouvoirs exécutifs. Les Irakiens commencent à s’y opposer et le chaos s’installe.
« Comment l’Occident a échoué en Afrique »
How the West fails Africa
International Herald Tribune (États-Unis)
[AUTEUR] David M. Malone est ancien ambassadeur du Canada à l’ONU, il est président de l’International Peace Academy à New York.
[RESUME] L’Algérie est un médiateur fréquent dans les conflits africains et les puissances occidentales ne se soucient pas assez de ses avis. Elle voit d’un mauvais œil le retour en Afrique des anciennes puissances coloniales, comme la France au Congo.
Vu d’Afrique, les États-Unis, dont beaucoup de gouvernements africains souhaitent l’intervention, ont délégué la direction du continent à Paris et à Londres. Le déploiement d’une petite force internationale bien équipée et dirigée par les Français à Bunia en république démocratique du Congo a soulevé beaucoup d’autosatisfaction. Toutefois la situation lamentable dans cette région soulève deux interrogations La première concerne la volonté réelle des belligérants à parvenir à la paix malgré les interventions diplomatiques de l’Afrique du Sud ; la seconde est relative aux raisons qui ont poussé les forces occidentales à ne pas soutenir plus tôt la force de l’ONU au lieu de déployer tardivement une force prévue pour rester trois mois.
Les pays moteurs du New partnership for Africa’s devlopment (NEPAD), l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Algérie et le Sénégal, font tout pour renforcer les institutions africaines, mais les conflits meurtriers se poursuivent en Afrique de l’ouest et Robert Mugabe continue de réprimer toute opposition dans son pays. Les pays du NEPAD doivent continuer à intensifier leurs efforts pour démocratiser l’Afrique. Les pays occidentaux doivent soutenir l’ONU et les institutions africaines pour résoudre les conflits régionaux. Leurs dernières performances dans le continent suscitent le scepticisme.
« Le Ghana ne devait pas arrêter Taylor »
Ghana wouldn’t arrest Taylor
Washington Times (États-Unis)
[AUTEUR] Rosa Whitaker est directrice générale du Whitaker Group. Elle a été vice représentante pour les questions commerciales africaines sous les administrations Clinton et l’actuelle administration Bush.
[RESUME] Les jours de Charles Taylor à la tête du Libéria semblent comptés et peu dans la région déploreront le départ de ce gangster prédateur tropical. Il sera difficile de réparer les dégâts au Libéria. Cela nécessitera sans doute le déploiement d’une force de l’ONU dirigée par les États-Unis. L’engagement de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union africaine (UA) sont essentiels. Toutefois, certains mettent en doute l’engagement des États africains dans le règlement de ces conflits en s’appuyant sur l’exemple du Ghana qui n’a pas arrêté Taylor quand il se trouvait sur son sol alors que ce dernier était inculpé pour crime de guerre par la cour spéciale sur la Sierra Leone.
En réalité, si Charles Taylor n’a pas été arrêté au Ghana, c’est parce qu’il participait à des négociations visant à assurer une transition démocratique pacifique au Liberia à l’invitation de l’UA et de la CDEAO. Si l’arrestation de Taylor était souhaitable sur le principe, elle aurait pu, dans les faits, saper les efforts à venir des pays africains pour gérer les futurs conflits par la médiation et aurait entraîné un retour de la violence au Libéria, sans doute en grande partie contre la communauté ghanéenne. La prise du pouvoir immédiate par les rebelles qui s’en serait suivie n’aurait pas non plus amené la paix.
Négliger le poids du Ghana dans la recherche de solution pacifique dans la région est une distorsion de l’histoire.
« Les juifs états-uniens doivent tendre une main secourable à Abbas »
U.S. Jews Should Offer Abbas a Helping Hand
Los Angeles Times (États-Unis)
[AUTEURS] Marvin Lender est ancien président national de l’United Jewish Appeal. Il dirige le comité exécutif d’Israel Policy Forum. Jonathan Jacoby est le fondateur d’Israel Policy Forum.
[RESUME] Après des mois de mauvaises nouvelles, nous avons été heureux d’entendre Mahmoud Abbas demander l’arrêt de toutes les violences et nous pouvons l’aider. En tant qu’avocats pro-Israël, nous pensons que son succès offrira plus de sécurité pour Israël. En tant qu’Américains, nous pensons que son succès signifierait que la démocratie et d’autres principes américains se mettent en place dans le monde arabe.
Les États-Unis doivent permettre à Abbas d’être en position de désarmer les factions terroristes. La chose la plus importante que nous puissions faire en faveur d’Israël est d’encourager nos dirigeants à donner à Abbas suffisamment de forces pour qu’ils puisse reconstruire les infrastructures de sécurité de l’Autorité palestinienne pour s’attaquer aux terroristes.
Le Moyen-Orient avait besoin que les juifs américains modérés soutiennent les Palestiniens modérés. Cela nécessite de redéfinir la signification du « soutien à Israël ». il faut que nous poussions les États-Unis à jouer un rôle de médiateur et à soutenir la paix en soutenant Abbas. C’est ce que nous a demandé Hosni Moubarak.























































































