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Provocations canadiennes contre la Russie dans le Grand Nord

Provocations canadiennes contre la Russie dans le Grand Nord

Tandis qu’Ottawa endort l’opinion publique en dénonçant une menace russe dans le Grand Nord, l’OTAN y déploie ses troupes et les y exerce. Tandis qu’Ottawa revendique haut et fort sa souveraineté sur le Passage du Nord-Ouest, il s’accommode sans difficulté de ce que Washington le considère comme un détroit internationalisé. Pour Rick Rozoff, la mise en scène canadienne vise à exclure la Russie de l’Arctique et à compléter son encerclement.

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Le trio belliqueux canadien : (de gauche à droite) le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon, le Premeir ministre Stephen Harper et le ministre de la Défense Peter MacKay, venus chercher leurs ordres au sommet de l’OTAN (Strasbourg, 3 avril 2009).

Durant l’année écoulée, de hauts responsables fédéraux canadiens ont multiplié les déclarations fermes et bravaches à propos de la Russie et de l’Arctique. Sur ce modèle, le ministre de la Défense Peter MacKay a averti que « les chasseurs Canuck décolleront pour accueillir tout appareil non autorisé » ; ce qu’explicitait moins délicatement une agence de presse canadienne bien en cour en tonnant que « les avions de chasse canadiens décolleraient pour "accueillir" tout appareil russe "approchant" l’espace aérien du Canada. » [1]

MacKay a poursuivi : « Nous allons protéger notre territoire souverain » [2]. Ce message était dirigé de façon transparente exclusivement contre la Russie, qui ne compromet d’aucune manière la souveraineté et l’intégrité territoriale du Canada, et non contre les États-Unis, qui le font.

Une autre agence de presse indique que MacKay commentait l’information selon laquelle la Russie envisage de déposer un petit détachement de parachutistes dans presque un an sur une partie de l’Arctique, sur laquelle il est reconnu internationalement qu’elle a des droits. Le ministre aurait ajouté : « Nous avons fait décoller les jets F-18 dans le passé, et ils seront toujours là pour les recevoir. » [3]

La rhétorique d’Ottawa ne correspond pas au contexte. Que signifie « protéger l’espace aérien canadien » de bombardiers à long rayon d’action russes volant dans l’espace aérien international d’une manière qui ne viole ni le territoire du Canada, ni aucun traité ni loi ? D’autant que selon la même dépêche d’agence, Mac Kay reconnaît qu’ « il n’y a pas eu d’intrusion récente de bombardiers russes ». [4]

En réalité, le dernier moulinet de sabre de MacKay s’inscrit dans une série de diatribes comparables émanant du trio qu’il forme avec le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères du Canada. Elles interviennent de manière révélatrice une année après la guerre de cinq jours entre Géorgie et la Russie.

En août dernier le Premier ministre Stephen Harper a accusé la Russie de revenir à une « mentalité de l’ère soviétique ». Le mois suivant, MacKay a continué avec : « Quand nous voyons un Bear russe [Tupolev Tu-95] approcher l’espace aérien canadien espace, nous l’accueillons avec un F-18. » On est aujourd’hui à presque un an du ministre de la Défense du Canada menaçant la Russie avec les F-18 (chasseurs polyvalents produits par la firme Boeing basée à Chicago). MacKay brandissant la menace des avions de guerre US est conforme à l’air du temps comme il est également le reflet et le représentant des visées des USA et de l’OTAN sur l’Arctique et contre les revendications et les intérêts russes dans cette région.

En février, Barack Obama a effectué sa première visite en dehors des États-Unis en tant que président, en se rendant à Ottawa voir le Premier ministre Harper. Le gouvernement de ce dernier a choisi cette occasion pour mettre en scène une machination qui dans une situation plus grave aurait signifié un départ en guerre ou qui pourrait en avoir précipité une. Le Canada a fait décoller des avions de guerre au dessus de l’océan Arctique pour intercepter des bombardiers russes engagés dans ce qu’ont été depuis 2007 des vols de routine dans un espace aérien neutre.

Utilisant la présence du nouveau président états-unien pour s’assurer le maximum d’attention des médias étrangers, le Premier ministre canadien a déclaré : « Nous défendrons notre espace aérien, nous avons également des obligations de défense continentale avec les États-Unis. Nous remplirons ces obligations pour défendre notre espace aérien continental et nous défendrons notre souveraineté et nous répondrons chaque fois que les Russes violeront la souveraineté du Canada dans l’Arctique ». [5]

Or, les avions russes en question n’ont en aucune manière fait intrusion dans l’espace aérien canadien et de ce fait n’ont pas menacé la « souveraineté » de la nation.

Harper a souligné les « obligations de la défense continentale avec les États-Unis » tout en évoquant une « menace » fantastique posée par un bombardier russe à plusieurs milliers kilomètres de la capitale canadienne où Obama se trouvait à ce moment-là. Peut-être ces déclarations étaient-elles destinées à prouver les mérites d’Ottawa à son voisin du sud. Après tout, Harper et MacKay prenaient la posture d’avoir sauvé le chef d’État US d’un raid de bombardement fictif russe. Peut-être visaient-elles aussi à démontrer que « la défense continentale » est une affaire réciproque qu’appuie la superpuissance mondiale lors de toute future confrontation avec la Russie.

Le troisième membre du triumvirat belliqueux du Canada est le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon. Il s’est adressé en mars à la Russie, déclarant : « Soyons tout à fait clairs ici. Le Canada ne se laissera pas intimider ». Puis, à la fin du mois de juin, il s’est référé au Canada en tant que « superpuissance » à la fois arctique et énergétique.

Une agence de presse canadienne a écrit alors : « En minimisant la récente "chevauchée" de la Russie pour une place dans la ruée du pétrole polaire émergent, le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon a déclaré que le Canada était une "superpuissance arctique" » [6]

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L’OTAN adapte et forme ses forces en vue d’une éventuelle confrontation avec la Russie dans l’Arctique (ici un sous-marin canadien participe aux exercices de l’Alliance).

L’OTAN militarise le Grand Nord

Bien que les dépêches occidentales tentent de dépeindre la concurrence accrue pour l’énergie de l’Arctique et les voies de transport comme un concours entre les cinq nations qui ont des revendications solides sur la région —États-Unis, Canada, Russie, Danemark et Norvège— toutes, sauf la Russie, sont membres de l’OTAN et obligées en vertu de l’article 5 du Traité de l’Atlantique-Nord de fournir une assistance militaire à tout membre qui la demande. La Grande-Bretagne, la Finlande et la Suède —ces deux dernières étant invitées à une rapide et complète intégration dans l’OTAN— ont également rejoint le conflit de l’Arctique. La Norvège a récemment déménagé dans le Cercle Arctique le quartier général de son commandement opérationnel et le Danemark a annoncé des plans visant à établir un Commandement Arctique inter-armées, une force de réaction arctique et un renforcement de la base aérienne de Thulé (Groenland) pour la partager avec ses alliés de l’OTAN.

« Avec le Danemark, qui devient la dernière nation à révéler de grands projets d’organisation de ses capacités militaires arctiques, l’accumulation mondiale des forces dans le Grand Nord accroît les risques de conflit et préoccupe les experts ». [7]

L’année dernière la Norvège a acheté 48 chasseurs Lockheed F-35 en raison de leur aptitude à patrouiller dans l’Arctique. En mars, ce pays a effectué un très important exercice militaire dans l’Arctique impliquant 7 000 soldats de 13 pays, dans lequel un État fictif appelé Northland s’est emparé des plateformes pétrolières offshore.

« Les manœuvres, auxquelles environ 12 000 soldats, 50 avions et plusieurs navires de guerre ont participé, ont déclenché une protestation de la Russie. Elle a protesté à nouveau en juin après que la Suède ait tenu son plus grand exercice militaire du Nord depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » [8]

Ces événements suivent de près les menées du secrétaire général de l’OTAN et des hauts commandants militaires réunis en Islande les 28 et 29 janvier de cette année pour procéder à un séminaire sur les perspectives de la sécurité dans le Grand Nord. A cette occasion, le secrétaire général de l’OTAN du moment, Jaap de Hoop Scheffer, a déclaré :

« Le Grand Nord va nécessiter encore plus d’attention de la part de l’Alliance dans les années à venir.
Comme la calotte glaciaire diminue, la possibilité augmente d’extraction de minéraux et d’exploitation des gisements énergétiques du Grand Nord.
A notre sommet de Bucarest de l’an dernier, nous sommes convenus de quelques principes directeurs pour le rôle de l’OTAN en matière de sécurité énergétique.... » [9]

La réunion de l’OTAN, qui, pour la première fois a ciblé explicitement le Cercle Arctique comme une zone d’opérations pour l’Alliance, s’est tenue dix-sept jours après que l’administration Bush sortante ait promulgué la Directive Présidentielle de Sécurité Nationale 66. Elle comporte l’affirmation que « les États-Unis ont des intérêts vastes et fondamentaux de sécurité nationale dans la région arctique (…) Ces intérêts incluent des questions telles que la défense anti-missiles et l’alerte avancée ; le déploiement des systèmes mer et air pour le transport maritime stratégique, la dissuasion stratégique, la présence maritime et les opérations de sécurité maritime ; et la garantie de la liberté de navigation et survol ». [10]

La Directive de Sécurité Nationale conteste ouvertement l’affirmation du Canada que le Passage Nord-Ouest, —qui, en raison de la fonte de la calotte glaciaire polaire, est maintenant entièrement navigable pour la première fois dans l’histoire connue— est son territoire exclusif et appelle à l’internationalisation de cette voie navigable stratégique.

Si la souveraineté du Canada et son intégrité territoriale sont menacées, c’est par les États-Unis et non par la Russie.

Vu la possibilité que l’opposition libérale réclame un vote de non-confiance au Parlement canadien le mois prochain et déclenche une élection anticipée, le Premier ministre en place intensifie le thème du « renforcement de la souveraineté du Canada dans l’Arctique oriental ». Il assistera aux exercices militaires annuels dans l’Arctique ce mois-ci, l’Opération Nanook, aux côtés du ministre de la Défense MacKay et du chef d’état-major Walter Natynczyk.

Afin « de voir de près ce mois-ci les efforts du Canada pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique », Harper sera amené par hélicoptère et déposé sur la frégate HMCS Toronto de même que pour sa visite du sous-marin HMCS Charlottetown.

« Les fonctionnaires gouvernementaux ont annoncé les détails de la tournée de Harper, du 17 au 21 août , dans le contexte de la montée des tensions avec la Russie sur les revendications territoriales arctiques. » [11].

Cette année l’Opération Nanook sera une opération de grande envergure avec la participation de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air canadiennes, ainsi que des forces spéciales engagées pour la première fois. Les exercices comprendront le débarquement amphibie d’une unité de la Compagnie de la Réserve Arctique, des exercices anti-sous-marins, des opérations de soutien aérien et un exercice d’accident de masse. [12]

Rappelant à nouveau que les États-Unis sont les rivaux principaux du Canada pour le contrôle du passage Nord-Ouest, en fin juillet, le département d’État des USA a révélé : « Aux États-Unis et au Canada, une expédition commune de 42 jours dans l’Arctique débutera en août pour examiner le plateau continental ». « La mission, programmée du 6 août au 16 septembre, poursuivra la collaboration dans la collecte des données du plateau continental étendu de l’Arctique, collecte commencée au cours de l’examen commun de l’été dernier, avec des projets pour davantage de coopération en 2010. » [13]

Fin juin, lorsque le ministre Cannon a vanté les mérites du Canada en tant que superpuissance arctique, il a révélé par défaut quelle nation était ciblée par son pays et ses alliés de l’OTAN lorsqu’il a salué « les avantages des recherches conjointes avec les scientifiques américains dans les eaux proches de la frontière Yukon-Alaska et avec les scientifiques danois près du Groenland ». Sur l’épineuse question de savoir qui détient le passage du Nord-Ouest —voie navigable à travers l’Archipel Arctique que le Canada considère comme faisant partie de ses « eaux territoriales »—, Cannon a indiqué qu’il n’existe actuellement aucun plan pour tenter de dissuader les États-Unis de considérer cet itinéraire comme un « détroit internationalisé » [14]

La dernière phrase dissipe le sérieux des revendications d’Ottawa concernant sa souveraineté et ses droits territoriaux.

Le Canada est en train de budgétiser des centaines de millions de dollars pour construire un centre d’entraînement militaire arctique à Resolute Bay, pour de « nouveaux navires de guerre et une nouvelle infrastructure militaire dans le Nord (…) et sa propre unité consacrée à l’Arctique basée à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest » [15]. Il faut y ajouter le programme de surveillance par satellite Polar EPSILON et les drones positionnés dans l’Arctique.

Mi-juillet le commandant de l’ US Air Force, le lieutenant général Dana Atkins a évoqué « l’importance d’avoir une forte présence militaire dans l’Arctique devant la continuation des vols côtiers de la Force Aérienne Russe ».

Expliquant quels sont les véritables objectifs des États-Unis et de l’OTAN dans la région, il a ajouté « l’Arctique deviendra de plus en plus important stratégiquement dans l’avenir, non seulement en raison de la valeur estimé à des trillions de dollars de pétrole et de gaz naturel inexploités sous sa surface, mais aussi en raison des occasions de croissance pour des expéditions maritimes dans la zone », ce qui pourrait permettre « à un navire de voyager de l’Asie à l’Europe pour diminuer de moitié ses frais en passant par cet itinéraire plutôt que via le canal de Panama ». [16]

Atkins a préconisé un port en eau profonde sur le versant nord (qui borde l’Arctique) qui était « nécessaire pour mieux défendre la région » [17].

Également à la mi-juin, le Pentagone a tenu ses manœuvres de guerre Northern Edge (bordure septentrionale) en Alaska, « situées entre la Russie et le Canada et à l’intérieur d’une bonne partie du Cercle Arctique », avec plus de 9 000 soldats, des navires et des avions de guerre.

« L’Air Force, la Navy, l’Armée de terre, le Corps des Marines et les Gardes côte ont participé avec des avions à une simulation de combat aérien, souvent en volant à vitesse supersonique, alors que celle est interdite presque partout ailleurs aux États-Unis.

« Les navires de guerre et les forces terrestres se sont aussi synchronisés avec l’aviation en créant une grande force combinée » [18].

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En considérant le passage navigable du Nord-Ouest comme un détroit internationalisé, les États-Unis remettent en cause les droits des États riverains sur leurs eaux territoriales glacées. Seule puissance visée : la Russie.

L’encerclement de la Russie

Tandis que les exercices militaires U.S. ont été menés en Alaska, la Russie a organisé des exercices à grande échelle de sous-marins nucléaires sous la calotte glacière arctique, exercices qui comprenaient « le déploiement de plusieurs sous-marins nucléaires d’attaque ... dans la zone de lancement pour assurer la sécurité de … deux sous-marins stratégiques » lanceurs d’engins et qui ont aidé ces derniers à éviter d’être détectés par les défenses US. [19]

« Une source de renseignement russe a précédemment dit que la région autour du Pôle Nord est l’endroit parfait pour des lancements de missiles balistiques parce qu’elle permet aux sous-marins d’arriver sans être détectés dans une zone désignée et de raccourcir le temps de vol des missiles jusqu’à leurs cibles. » [20]

La Russie est la seule nation dans le monde ayant une triade nucléaire —bombardiers stratégiques, missiles balistiques terrestres à longue portée et missiles balistiques lancés par sous-marins— capables de se défendre contre une première attaque nucléaire venant des États-Unis et leurs alliés.

Une description en ligne standard de la nécessité d’un tel système dit, « le but d’une capacité nucléaire à trois branches est de réduire considérablement la possibilité qu’un ennemi détruise l’ensemble des forces nucléaires d’un pays dans une frappe de première attaque ; ceci, à son tour, garantit la crédibilité d’une seconde frappe et augmente ainsi la dissuasion nucléaire de la nation.

Avec le développement d’un système international de missiles intercepteurs, pour ne rien dire de la militarisation de l’espace, les États-Unis, leurs alliés de l’OTAN et ce qu’on est amené à appeler l’ OTAN asiatique sont en train de déployer des missiles intercepteurs et des bases de radar en République tchèque, en Pologne, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Alaska (y compris les îles Aléoutiennes), au Japon, en Australie et partout ailleurs où cela pourrait rendre inutiles la dissuasion nucléaire et les capacités de représailles russes —et chinoises—. Par conséquent, ils préparent le terrain pour une possible première frappe nucléaire qui serait lancée avec une impunité présumée.

Le Cercle arctique est l’endroit où la Russie est en train de concentrer sa dernière ligne de défense contre une telle menace. Si les États-Unis et l’OTAN, utilisant le Canada comme leur avant-garde, affrontent et expulsent la Russie de l’Arctique, la possibilité d’un chantage nucléaire et d’attaques non-provoquées augmente de façon exponentielle.

Le rôle assigné au Canada est de servir soit d’appât dans un piège, soit d’agent provocateur pour déclencher une confrontation avec la Russie. Dans ce cas, les États-Unis et l’OTAN, les premiers par les accords bilatéraux de la défense et la seconde par le biais de la clause d’assistance militaire mutuelle de l’article 5 du Traité de l’Atlantique-Nord, auraient à y répondre.

Le Canada, avec une population de 33 millions d’habitants, serait alors présenté comme une petite victime sans défense de « l’impérialisme russe » renaissant. À la manière de ce qui a été dit de l’Estonie et de la Géorgie, respectivement sur la Baltique et sur la mer Noire.

Le mois dernier, après être revenu de ses visites en Ukraine et en Géorgie, toutes deux bordant la Russie et toutes deux promues par les États-Unis à une l’adhésion complète à l’OTAN, le vice président Joseph Biden a donné une interview au Wall Street Journal. Parlant de la Russie, il a déclaré : « C’est une chose très difficile à traiter que la perte d’un empire ». Voilà qui laisse songeur de la part du commandant en second de la superpuissance phare du monde, qui dispose de centaines de bases militaires partout sur la planète avec des centaines de milliers d’hommes.

Il a continué en prévoyant ce qui pourrait avoir été repris mot pour mot du Grand Echiquier de Zbigniew Brzezinski [21] : La primauté américaine et ses impératifs géostratégiques, et son affirmation que la Russie, « une entité politique artificielle » était vouée à se désintégrer, voire à disparaître.

« Ils ont une base démographique qui rétrécit, ils ont une économie en déclin, ils ont un secteur et une structure bancaires qui ne semblent pas être en mesure de résister au cours des 15 prochaines années, ils sont dans une situation où le monde évolue avant eux et ils sont en train de s’accrocher à un passé qui ne peut durer. »

« Ce pays, la Russie, est dans une circonstance très différente de ce qu’il a connu au cours des 40 dernières années, ou plus. » [22]

Le soutien de Joe Biden pour les dirigeants des « révolutions colorées » d’Ukraine et de Géorgie —l’un, Mikhaïl Saakashvili, un ancien résident U.S et l’autre, Viktor Iouchtchenko, marié à une personne née à Chicago et ancien fonctionnaire de Reagan et de George H.W.Bush— s’intègre agréablement dans ce scénario. Il a demandé que les soldats de maintien de la paix russes soient retirés de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud et a décrété que la Russie n’aurait aucune « sphère d’influence » dans l’ancienne Union soviétique, ce qui veut dire dans sa sphère historique. Les quatorze autres anciennes Républiques Soviétique sont considérées par les USA et l’OTAN comme leur territoire privé.

« Alors que nous rétablissons les relations avec la Russie, nous réaffirmons notre engagement pour une Ukraine indépendante. Nous ne reconnaissons aucune sphère d’influence, ni aucune capacité de quelque État que ce soit à opposer son veto au choix fait par une nation indépendante » a déclaré Biden dans la capitale ukrainienne de Kiev. [23]

Les choix qu’il mentionnait incluent —en fait sont centrés sur— l’intégration et l’adhésion à l’OTAN. Pourtant les urnes montrent que 80 % des Ukrainiens y sont opposés.

Biden a été la première personnalité officielle états-unienne majeure à visiter la Géorgie après l’agression géorgienne d’août dernier contre l’Ossétie du Sud et le conflit armé de cinq jours entre la Géorgie et la Russie. Il a promis 1 milliard de dollars d’aide à la reconstruction et préparé le terrain pour l’Accord États-Unis-Géorgie de Partenariat Stratégique, qui a été anoncé en décembre dernier.

En réponse à cette visite, le ministère des Affaires étrangères d’Abkhazie a déclaré que : « En ce moment, les États-Unis utilisent Saakashvili comme un instrument pour menacer la sécurité du Caucase (…) Le gouvernement géorgien continue son processus de militarisation et est en train d’élaborer des plans pour une intrusion militaire revancharde dans des territoires qui ne lui appartiennent pas » [24].

L’Ossétie du Sud a signalé la reprise par la Géorgie du bombardement de sa capitale et d’autres parties de son territoire peu après le départ de Biden de Tbilissi. Le 3 août, le président ossète Edouard Kokoïty a annoncé que les troupes russes stationnées dans son pays commenceraient des manœuvres préventives. [25]

Le même jour, le ministère russe de la Défense a communiqué : « En cas de nouvelles provocations [de part de la Géorgie] menaçant la population de la république et le contingent militaire russe stationné en Ossétie du Sud, le ministère russe de la Défense se réserve le droit d’utiliser tous les moyens et ressources disponibles pour protéger les citoyens de la République d’Ossétie du Sud et les militaires russes. [26]

Le 4 août, la Russie a placé ses troupes d’Ossétie du Sud en alerte maximale, trois jours avant la date du premier anniversaire de l’agression géorgienne (7 août 2008).

Dans l’Azerbaïdjan voisin, qui borde la Russie et la mer Caspienne, il a été annoncé le 1er août que « les spécialistes des Forces navales des États-Unis effectueront des exercices à Bakou pour les Forces Spéciales de la Marine Azerbaïdjanaise » et effectueront« des exercices, [qui] auront lieu du 15 août au 5 septembre, conformément à un plan de coopération bilatérale convenu entre les deux pays » [27].

En déplaçant leur infrastructure militaire en Ukraine (avec ses 2 300 kilomètres de frontières avec la Russie), en Géorgie et en Azerbaïdjan, les USA et l’OTAN feraient manifestement progresser l’encerclement de la Russie déjà en cours dans la Mer de Barents, la Mer Baltique, la Mer Noire et la Mer Caspienne .

Dans la région balte, les avions de l’OTAN ont mené des patrouilles continues à quelques minutes de vol de la deuxième plus grande ville de Russie, Saint-Pétersbourg, depuis 2004. En outre, l’Alliance a ouvert un centre de guerre cybernétique en Estonie, l’an dernier.

Le mois dernier, le Parlement britannique a appelé à « de robustes plans d’urgence couvrant l’éventualité d’une attaque contre les États membres baltes et à la mise au point d’une réponse militaire planifiée de l’OTAN » [28].

L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, comme la Géorgie et le Canada, sont devenus des points de ralliement pour les grandes puissances occidentales. Ils ont placé l’essentiel de la puissance militaire de l’OTAN contre la Russie sur ses frontières ouest, sud et nord.

Alors que les parlementaires britanniques étaient en train de tracer des plans pour que l’OTAN invoque l’article 5 dans la région de la mer Baltique, leurs homologues japonais ont adopté une loi reconnaissant officiellement les quatre îles Kouriles du Pacifique Nord, cédées à la Russie après la Seconde Guerre mondiale, comme « territoire historique » japonais.

Un analyste russe a commenté cette mesure : « Les îles Kouriles sont l’étape stratégique des sous-marins nucléaires russes faisant route de leurs bases de l’intérieur vers l’océan Pacifique (…) Si la Russie donne certaines îles au Japon, cela créera immédiatement un précédent pour que le Japon demande Sakhaline et d’autres îles de la ceinture des Kouriles jusqu’au Kamchatka. » [29]

Une fois ses sous-marins nucléaires délogés des océans Pacifique et Arctique, la Russie serait un objectif encore plus tentant pour une première frappe conventionnelle ou nucléaire.

Le rôle du Canada est de mener la confrontation avec la Russie dans l’Arctique. S’il réussit, intentionnellement ou par accident, à provoquer un incident au-dessus des eaux arctiques, avec ses F-18 fournis par les USA, et si cette rencontre dégénère en une crise plus grave, les États-Unis et l’OTAN sont prêts à le soutenir.

Version française d’André Comte.

[1] « Canada will defend Arctic border », Canwest News Service, 1 août 2009

[2] bid.

[3] « Canada watching Russian Arctic moves closely », Associated Press, 1er août 2009

[4] Ibid.

[5] Canadian Broadcasting Corporation, 27 février 2009

[6] Canwest News Service, 28 juin 2009

[7] « Danish northern military plans raise fears of Arctic conflict », Canadian Press, 26 juillet 2009.

[8] Ibid.

[9] NATO International, 29 janvier 2009.

[10] National Security Presidential Directive 66, 12 janvier 2009.

[11] Canadian Press, August 1, 2009

[12] National Defence and the Canadian Forces, 10 juillet 2009

[13] Ria Novosti, 23 juillet, 2009

[14] Canwest News Service, 28 juin 2009

[15] Canadian Press, 26 juillet 2009

[16] Fairbanks Daily News-Miner, 15 juillet 2009.

[17] Ibid.

[18] The Evening Times, 17 juillet 2009.

[19] Ria Novosti, 15 juillet 2009.

[20] Ibid.

[21] « La stratégie anti-russe de Zbigniew Brzezinski », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 22 octobre 2004.

[22] « Biden Says Weakened Russia Will Bend to U.S. », interview par Peter Spiegel, The Wall Street Journal, 25 juillet 2009.

[23] Azeri Press Agency, 23 juillet 2009

[24] The Messenger (Georgie), 29 juillet 2009

[25] Interfax, 3 août 2009

[26] Ibid.

[27] Azeri Press Agency, 1er août 2009.

[28] Reuters, 10 juillet 2009. Télécharger le rapport intégral : « Russia : a new confrontation ? », House of Commons, 10 juillet 2009.

[29] Russia Today, 9 juillet 2009.

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Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
255. Il faut à nouveau faire jouer l'« orchestre européen »
« Horizons et débats », 12e année, n° 5, 6 février 2012
Il faut à nouveau faire jouer l’« orchestre européen »
Partenaires, 8 février 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial
par Pierre Khalaf, Partenaires, 8 février 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012
 
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
الثابت والمتغير في المواقف
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
بقلم Imad Fawzi Shueibi, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟ رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟
بقلم Mahdi Darius Nazemroaya, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
Iglesia católica en conflicto peruano-chileno
Socios, 6 de febrero de 2012
 
 Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
Il doppio veto che impedisce la guerra imperiale contro la Siria
Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
di Thierry Meyssan, Rete Voltaire, 6 febbraio 2012
 
الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
ثرثرة
لـ((أغلبية صامتة))!!
بقلم نضال الخضري, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
سورية
الحدث من حمص
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التحرك الروسي
وذروة الأزمة
بقلم مازن بلال, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
قبل وصول لافروف...
ما الذي ستحمله موسكو؟!
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الأميركية
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
التقرير الأسبوعي لمراكز الدراسات الأميركية
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Les pressions morales sur la Russie
« Revue de presse Syrie » #44
Les pressions morales sur la Russie
Partenaires, 5 février 2012
 
The GCC and NATO lose their leadership
DOUBLE VETO BANS IMPERIAL WAR AGAINST SYRIA
The GCC and NATO lose their leadership
by Thierry Meyssan, Voltaire Network, 5 February 2012
 
Señal de Alerta
Poder Judicial: ¡otra controvertida licitación!
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 5 de febrero de 2012
 
Le CCG et l'OTAN perdent leur leadership
Le double veto pour interdire la guerre impériale contre la Syrie
Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2012
 
UN shenanigans on Syria UN shenanigans on Syria
by Aisling Byrne, Voltaire Network, 5 February 2012
 
بهد الفيتو
الحل الروسي..؟
بقلم مازن بلال, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
سورية..
كل الأدوات في المواجهة
بقلم سورية الغد, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
طرفة عين..
في سورية
بقلم نضال الخضري, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
بعد الفيتو..
تحركات سياسية متوازية
بقلم مازن بلال, Partners, 5 شباط (فبراير) 2012
 
Moral pressure heaped on Russia
« SYRIA PRESS REVIEW » #44
Moral pressure heaped on Russia
Partners, 5 February 2012
 
Presiones morales sobre Rusia
« Revista de prensa sobre Siria » #44
Presiones morales sobre Rusia
Socios, 5 de febrero de 2012
 
François Hollande verhandelt mit dem Emir des Qatar François Hollande verhandelt mit dem Emir des Qatar
Voltaire Netzwerk, 5. Februar 2012
 
 Moralischer Druck auf Russland
« Presseschau Syrien » #44
Moralischer Druck auf Russland
Partner, 5. Februar 2012