Les pilotes de l’aéronef DC-8 de Cubana d’Aviation furent les premiers à dénoncer l’attentat de la Barbade lorsqu’ils dirent : « Nous avons une explosion à bord ! », phrase enregistrée par la tour de contrôle de l’aéroport international Grantley Adams, à Bridgetown, le 6 octobre 1976.
Frank González, actuellement directeur de l’agence Prensa Latina, fut l’un des premiers Cubains à arriver à la tour de contrôle de l’aéroport ce jour-là, où Abdo Soto, diplomate cubain à l’ambassade de Cuba en Jamaïque, lui recommanda de ne pas révéler sa condition de journaliste afin de pouvoir accéder à l’information sans restrictions.
« Nous avons écouté trois fois l’enregistrement, car il y avait une information révélatrice : "Nous avons une explosion à bord ! On descend rapidement ! Il y a du feu !" », raconte Frank.
Après avoir écouté l’enregistrement, le reporter a parlé avec le capitaine Bustamante, un pilote âgé de 50 ans qui s’est intéressé par les détails :
« Tu es sûr d’avoir entendu qu’il y a avait une explosion à bord ? », lui demanda-t-il. Il fronça les sourcils et il conclut : « Alors il s’agit d’un sabotage. »
Devant le doute de Frank, Bustamante lui confirma qu’il n’y avait pas de substance dans les mécanismes de l’avion capable de le faire exploser.
« J’ai pris le téléphone du bureau de Cubana d’Aviation et j’ai téléphoné à l’Agence, à La Havane. J’ai dicté à Aroldo Wall une information très courte à peu près comme ça : "Une explosion a été la cause du crash de l’avion de Cubana d’Aviation avec 73 passagers à bord devant le littoral de la Barbade " », explique Frank.
Posada Carriles, l’auteur intellectuel de ce sabotage, se trouve en prison aux États-Unis par « entrée illégale au territoire des États-Unis » tandis que les familles des victimes et des milliers de personnes honnêtes demandent son extradition au Venezuela, d’où il s’est enfuit lorsqu’il était en prison et attendait les conclusions du procès judiciaire par ce crime.
À ce jeu, les Anglo-Saxons sont passés maîtres. Unis au sein d’un pacte militaire secret conclu en 1948 (UK-USA + Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), ils ont développé des outils d’espionnage et d’action clandestine au service d’un projet commun, celui de la Guerre froide. Ils rivalisaient alors avec l’Union soviétique face à laquelle ils avaient atteint une supériorité indéniable en la matière. La Chine maoïste et la France post-coloniale ambitionnèrent également de tenir par ce biais des zones d’influence, principalement en Afrique.
Après la dissolution de l’URSS, ce paysage fut entièrement renouvelé. La Chine a renoncé au financement tous azimuts de groupes armés révolutionnaires et s’est focalisée sur le renseignement utile au développement de la coopération économique. La France se retire de son pré carré africain au profit de l’Union européenne. Les services russes, qui auraient dû être engloutis dans le néant eltsinien, se sont attachés à restructurer le pays et sa zone historique d’influence (États nouvellement indépendants ex-soviétiques) en luttant contre les ingérences extérieures et non en s’ingérant dans le reste du monde.
À partir de 1995, les Anglo-Saxons ont investi massivement dans leurs services secrets, dont ils ont triplé le budget en une quinzaine d’années. En outre, ils ont intégré les services israéliens dans leur dispositif, parfois comme un membre à part entière de leur communauté, parfois comme un simple sous-traitant. En 2009, les services anglo-saxons (Israël non compris) emploient au total plus de 250 000 hommes et disposent de plus de 100 milliards de dollars US (soit 15 fois plus que ceux de la Russie leur principal compétiteur virtuel). De facto, l’espionnage et l’action clandestine sont devenus les outils essentiels de la globalisation forcée.
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Source : « Un témoignage révélateur sur le crime de la Barbade », par Agence Cubaine de Nouvelles, Réseau Voltaire, 4 octobre 2006, www.voltairenet.org/a143707
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