Réseau Voltaire
Le passé secret de grands intellectuels

Uriage, l’école des cadres de la Collaboration

Uriage, l’école des cadres de la Collaboration

La Collaboration et l’implication des droites dans le régime de l’État français font l’objet d’interprétations historiques controversées. Des historiens comme Raymond Aron ou René Rémond se sont efforcés de développer le concept d’une « immunité française au fascisme ». Cette thèse, qui répondait à une nécessité politique dans le contexte de la réconciliation nationale, est aujourd’hui remise en cause par les chercheurs. On découvre ainsi le rôle de l’école d’Uriage, qui fut le laboratoire idéologique de la Révolution nationale de Philippe Pétain et dont sont issus de nombreux intellectuels de l’après-guerre comme Hubert Beuve-Méry, fondateur du quotidien Le Monde, ou Jean-Marie Domenach, directeur de la revue Esprit.

Réseau Voltaire | Paris (France)
+
JPEG - 14.3 ko

En abrogeant la République et en proclamant l’État français [1], Philippe Pétain n’ouvre pas « une parenthèse dans l’histoire » [2], mais place au pouvoir des factions actives de la droite française avides de prendre leur revanche aussi bien sur la gauche du Front populaire que sur 1789. Les anciens combattants de la Première Guerre mondiale, les traditionalistes, les insurgés du 6 février 1934 et les « techniciens » [3], en rupture avec le parlementarisme, se disputent les postes politiques. Mais l’État français n’est pas seulement le théâtre d’une confiscation du pouvoir, il est aussi porteur d’un projet idéologique, la Révolution nationale. Cette formule doit en fait être comprise comme désignant une forme de nationalisme contre-révolutionnaire qui entend balayer les acquis de la Révolution universaliste de 1789.

GIF - 2.9 ko
Le blason de l’école d’Uriage

Le « maréchal » Pétain [4] confie aux traditionalistes l’Éducation nationale et les mouvements de la Jeunesse : les Chantiers de la jeunesse sont placés sous la responsabilité du général La Porte du Theil, tandis que Georges Lamirand devient secrétaire à la Jeunesse.

Philippe Pétain cherche également à créer une structure élitiste capable de former les cadres de la Révolution nationale. Ce sera la communauté d’Uriage. Ce fief des traditionalistes offrira vite une légitimité intellectuelle au régime grâce à la participation du philosophe personnaliste Emmanuel Mounier et de ses disciples. Le « maréchal » en nomme directeur le capitaine Pierre-Dominique Dunoyer de Segonzac.

Histoire de l’école des cadres d’Uriage

Ce choix n’est pas le fruit du hasard : de Segonzac, comme Pétain, est un traditionaliste ; il a adhéré à la doctrine de Lyautey [5], diffusée dans les « cercles sociaux », auxquels il a appartenu dans les années 1930. Il s’agissait de réunions d’officiers, disciples de Lyautey, organisées par les capitaines de La Chapelle, de Virieu [6] et Huet. Pour les disciples de Lyautey, les officiers doivent « entrer dans la troupe » pour convaincre les soldats de la nécessité de construire un mouvement politique, à la fois catholique et social. L’appartenance à ce réseau explique les rapports privilégiés que de Segonzac entretient avec Lamirand et La Chapelle (qui le convoque à Vichy).
En mai-juin 1940, Segonzac participe à la bataille de France ; il assiste impuissant à la déroute de son escadron de chasse. Il s’enfuit et se rend en Dordogne ; c’est à Mussidan qu’il apprend les conditions de l’Armistice du 22 juin. Il accepte sans hésiter l’autorité du « maréchal » Pétain qui installe son gouvernement à Vichy le 2 juillet 1940. Le commandant La Chapelle, désormais affecté au secrétariat d’État à la Jeunesse, l’invite à Vichy afin de lui confier la mission de la créer une école chargée de former des jeunes chefs favorables au nouveau régime. De Segonzac organise l’école des cadres à la Faulconnière. Fin 1940, l’équipe s’installe définitivement dans le Château de Bayard à Uriage [7].

Uriage a deux fonctions : d’une part, dans le contexte d’une débâcle militaire, le gouvernement de Collaboration tente de maintenir l’ordre en prévenant toute tentative de reprise de la lutte armée. Ainsi, les Chantiers de la jeunesse, secondés par Uriage, prennent en charge les jeunes démobilisés. D’autre part, l’école des cadres doit servir de laboratoire idéologique.

Les stages permettent de sélectionner les jeunes chefs qui se voient attribuer, en fonction de leur mérite et surtout de leur fidélité au « maréchal », des postes de commandement aux Chantiers de la jeunesse, dirigés par le Général La Porte du Theil [8]. Ils ont pour but explicite la pacification des soldats démobilisés. On y marche au pas, on y porte l’uniforme, mais pas les armes. L’« entraide nationale des jeunes » constitue un moyen de les surveiller et de les encadrer pour éviter qu’ils ne prennent les armes contre la puissance occupante.

Le 20 octobre 1940, l’école reçoit la visite de Pétain, de Georges Lamirand, secrétaire de la Jeunesse, et de Georges Ripert, ministre de l’Education nationale. L’inspection se déroule sans incident, il faut dire que Segonzac voue un culte absolu au « maréchal ». Il recevra d’ailleurs la Francisque, décoration créée en 1941 par le Chef de l’État français pour récompenser ses fidèles. Le journal de l’école, Jeunesse France, salue ainsi le visiteur : « Combien nous nous sommes sentis plus unis, plus forts, après ces minutes qui compteront parmi les plus belles de notre vie. Quelle reconnaissance nous avons pour vous, Monsieur le Maréchal, car votre présence à la Faulconnière, en ce dimanche paisible et radieux d’automne, a donné tout son poids, toute sa gravité à notre serment ». Pour Segonzac, la fidélité au « maréchal » constitue une règle de base qui lie les membres de l’école, même si les opposants, notamment les gaullistes comme l’abbé de Naurois, sont encore tolérés au sein de la communauté. Uriage repose sur un jeu d’alliances objectives entre des groupes d’intellectuels qui veulent tirer profit de la mise en place du nouveau régime. Leur stratégie opportuniste explique le manque de cohérence de idéologique et l’empressement avec lequel les membres d’Uriage se rangeront dans le camp états-unien lorsque le vent tournera.

La Collaboration idéologique avec le Reich

La communauté d’Uriage obéit à un ensemble de règles correspondant à la philosophie politique, catholique et autoritaire, du « vieux chef ». Les Cercles sociaux qui rassemblaient, durant les années 30, des officiers désirant briser l’isolement de l’armée ont sensiblement influencé l’esprit d’Uriage.

L’organisation de la Jeunesse est conçue comme une mission militaire, religieuse et historique [9]. Les valeurs principales d’Uriage sont le sens de l’honneur, la foi et le « loyalisme absolu » envers le « maréchal ». Segonzac veut former, conformément aux exigences de Vichy, un « homme total » disposant d’aptitudes techniques mais aussi d’un « sens du spirituel », « un sens de l’honneur » et « un sens de la Patrie », une élite traditionaliste au service de la Révolution nationale.

Le programme de formation intellectuelle comprend l’étude des trois auteurs désignés comme « les Maîtres de la politique française » : Maurras pour la monarchie, Péguy pour la critique du parlementarisme et Proudhon pour le traditionalisme [10].

JPEG - 6.4 ko
Hubert Beuve-Méry

La formation des stagiaires est assurée par un Bureau d’études comprenant Joffre Dumazedier, Louis Lallemand, Bertrand d’Astorg et Hubert Beuve-Méry [11]. Sous la direction du « vieux chef », ces intellectuels vont tenter de mettre en forme la philosophie de la Révolution nationale. Parmi les dirigeants de l’école, on trouve aussi André Voisin, futur leader du mouvement fédéraliste européen.

Fin 1940, l’école organise un colloque réunissant les différentes factions de l’intelligentsia proches d’Uriage. Emmanuel Mounier et Jean Lacroix, les fondateurs de la revue Esprit ; Jean-Jacques Chevallier, professeur de droit à la faculté de Grenoble ; Michel Dupouey du Secrétariat général à la Jeunesse ; Henri Massis, de La Revue universelle ; et d’autres encore y participent. Une forte opposition surgit entre Mounier et Massis. Le premier est le fondateur du personnalisme. Il défend une doctrine catholique et sociale fondée sur le primat de l’individu et dénonçant la massification. Le second est un maurassien. Ce conflit idéologique est un conflit de pouvoir pour le contrôle d’Uriage et de l’accès au « maréchal ». Beuve-Méry, dans un article intitulé « Révolutions nationales, révolution humaine » [12], publié dans Esprit en 1941, déclare :« Il faut à la révolution un chef, des cadres, des troupes, une foi, ou un mythe. La Révolution nationale a son chef et, grâce à lui, les grandes lignes de sa doctrine. Mais elle cherche ses cadres ».

Les girouettes suivent le vent

Malgré la protection quasi-officielle du « maréchal », l’équipe d’Uriage est la cible de nombreuses critiques émanant du gouvernement (les rapports avec l’amiral Darlan, vice-président du Conseil, sont plus que conflictuels). Le 17 février 1941, Segonzac reçoit des instructions précises : il est sommé de se séparer de Mounier et de l’abbé de Naurois. Ce dernier est finalement remercié par Hubert Beuve-Méry et Segonzac ; l’abbé entre dans la résistance active. Un nouvel aumônier le remplace, « moins à gauche » et surtout plus fidèle. Vichy tente aussi d’imposer, malgré la défiance de Segonzac, une conférence de Doriot qui cherche à trouver des volontaires pour se battre sur le front de l’Est.

Le retour de Laval, le 18 avril 1942, rend évidente l’impuissance politique du « maréchal ». De plus, Uriage a perdu le soutien de Philippe Pétain et des traditionalistes des mouvements de la Jeunesse (Lamirand et La Porte du Theil se méfient du « vieux chef »). Privé de son unique appui politique, Segonzac contacte la Résistance ; une rencontre est organisée avec le capitaine Pierre Sonneville, agent du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) [13]. Il est question de mettre en place le réseau Marco Polo dans la région lyonnaise. Les principales personnalités d’Uriage imitent la démarche du « vieux chef » ; le choc de Stalingrad annonce de nouvelles perspectives politiques, pour les plus opportunistes, il est temps de trouver de nouveaux alliés.

Lamirand annonce la fermeture d’Uriage. Le 11 février 1943, le château d’Uriage reçoit ses nouveaux locataires : la Milice dirigée par le SS Darnand. Beuve-Méry et Segonzac décident de créer un Ordre d’Uriage regroupant une petite minorité de la communauté. Le Conseil de l’Ordre est composé, dans un premier temps, de Joffre Dumazedier, Gilles Ferry, Hubert Beuve-Méry et Pierre de Segonzac. Les consignes sont strictes, l’Ordre est une société secrète, accessible à une élite qui doit se méfier principalement des juifs, des francs-maçons et des communistes : « Se protéger rigoureusement des francs-maçons en évitant actuellement une attitude hostile à leur égard. Du moins doit-on veiller absolument à ce qu’aucun d’eux ne s’introduise dans l’Ordre. De la même façon les israélites ne sont pas admis comme membres de l’Ordre, non plus que comme novices. Si nous sommes résolument hostiles à l’antisémitisme, surtout tel qu’il est pratiqué depuis l’armistice, nous ne devons pas sous-estimer le danger d’une revanche juive ni méconnaître l’existence d’une internationale juive dont les intérêts sont opposés à ceux de la France ».
À côté de cet ordre secret sera constitué un mouvement destiné à se développer dans les maquis : les Nouvelles équipes de la renaissance française (NERF). Ainsi, des intellectuels compromis dans la Collaboration avec l’occupant nazi se garantissent mutuellement leur recyclage dans la Résistance. Volant au secours de la victoire, ils adaptent leur discours sur la décadence et la renaissance à leur nouvel auditoire. La faute n’est plus aux juifs et aux républicains et le salut n’est plus offert par le « maréchal », c’est au contraire désormais la faute au « maréchal » et le salut par De Gaulle et les anglo-américains.

Au total l’école aura reçu près de quinze cent stagiaires, comme Simon Nora ou Roger Stéphane et de prestigieux conférenciers : les dominicains Marie-Dominique Chenu, Ambroise-Marie Carré, le jésuite Henri de Lubac, mais aussi le philosophe Gabriel Marcel, Edmond Michelet, Jean-Marcel Jeanneney, Paul Claudel, Louis Salleron, Alfred Fabre-Luce, Daniel-Rops, Claude Roy, Wilfrid Baumgartner.

La collaboration idéologique avec les États-Unis

Les membres du Bureau d’études et de l’Ordre d’Uriage, en s’engageant dans la Résistance, abandonnent l’idéal révolu de la Révolution nationale. Ayant suffisamment tôt retourné leur veste, ils obtiennent, à la Libération, des places de confiance. Beuve-Méry [14], sur la demande du général de Gaulle, crée, en 1944, le quotidien national Le Monde. L’équipe d’Esprit, très proche des réseaux pro-états-uniens (notamment le Commissariat au Plan), est dirigée par des disciples de Mounier, Béguin puis Jean-Marie Domenach. La revue, tout en gardant un discours catholique et social, accueille des intellectuels vantant « l’Amérique de gauche », des combattants de la Guerre froide culturelle comme Michel Crozier. Joffre Dumazedier et Paul-Henry Chombart de Lauwe entrent au centre d’études sociologiques (CES), un organisme recevant des crédits des planificateurs.

Leur recyclage terminé, les anciens d’Uriage, dont on ne sait s’ils ont ou non dissous leur Ordre, popularisent leur version de leur histoire. Ainsi se crée le mythe d’un Uriage qui aurait échappé au « maréchal » et serait devenu un centre de la Résistance.

[1] On désigne souvent l’État français par l’expression « régime de Vichy » par référence à la ville thermale qui lui servit de capitale. Cette appellation impropre, outre qu’elle est désobligeante pour les Vichyssois, vise à en minimiser la légitimité et l’autorité.

[2] L’expression est de Raymond Aron.

[3] Robert O. Paxton, La France de Vichy, 1940-1944, Seuil, 1973.

[4] En droit, maréchal n’est pas un grade militaire, mais une dignité. Il l’a perdu par son comportement et cette indignité a été constatée à la Libération. Il était alors désigné administrativement comme ex-maréchal. Nous placerons donc maréchal entre guillemets pour éviter tout anachronisme.

[5] Lyautey (1854-1934), surnommé « le bâtisseur d’empire » et « Lyautey l’africain », est connu pour son œuvre de pacification coloniale, principalement au Maroc. Sa doctrine, exposée dans la Revue des deux Mondes, insiste sur la nécessité de donner « un rôle social à l’officier ».

[6] Le marquis Xavier de Virieu fut proche du colonel de la Rocque, chef du mouvement des Croix de feu, qui participe à l’insurrection du 6 février 1934, puis du Parti social français. Son fils, François-Xavier de Virieu, conduisit une brillante carrière de journaliste, du Monde à la direction de l’information de la seconde chaîne de télévision.

[7] Antoine Delestre, Uriage, une école et une communauté dans la tourmente, 1940-1945, Presses universitaires de Nancy, 1989.

[8] Le 5 Juillet 1940, l’état-major confie au général La Porte du Theil, ancien élève de Polytechnique et commissaire de la province parisienne des scouts de France, le commandement d’un contingent de 50 000 jeunes, le contingent de juin démobilisé après l’Armistice du 22 juin. La Porte du Theil va créer pour eux les Chantiers de la Jeunesse, un instrument qu’il veut au service du « maréchal » et de la Révolution nationale. Le 18 janvier 1941, une loi rend obligatoire un stage de huit mois dans les Chantiers pour tous les jeunes âgés de vingt ans. Au total 380 000 « stagiaires » y passeront. Le 14 juin 1944, les Chantiers, totalement hors contrôle sont supprimés. La Porte du Theil est arrêté et emprisonné sur le territoire du Reich. Après la guerre, il se retire dans la Vienne où il fut le maire d’une petite commune près de Poitiers (Sèvres-Anxaumont).

[9] Les règles d’Uriage sont formulées dans un document interne, « confidentiel », intitulé La mission, l’esprit et la règle d’Uriage. Antoine Delestre, Uriage, une école et une communauté dans la tourmente, 1940-1945.

[10] Henri Moysset, professeur au Centre d’études navales, traditionaliste convaincu, a publié les éditions complètes de Proudhon.

[11] Hubert Beuve-Méry est né à Paris en 1902. Après un doctorat de droit, il assure la direction de 1928 à 1939, de la section juridique de l’Institut français de Prague ; parallèlement il est correspondant du quotidien Le Temps. Au début de la guerre, il collabore avec Jean Giraudoux au ministère de l’Information. Après l’expérience Uriage, il entre en contact avec la Résistance. En 1944, le général de Gaulle lui confie la tâche de créer Le Monde, journal lancé le 11 décembre 1944. Sous sa direction (il en est à la fois le gérant et le directeur), le quotidien devient une référence incontournable pour la classe dirigeante. Il se retire le 21 décembre 1969 après les événements de 68 qu’il a vivement critiqués.

[12] Hubert Beuve-Méry, « Révolutions nationales, révolution humaine », Esprit, 98, mars 1941.

[13] Le BCRA est un service de renseignement et non pas un réseau de résistance. Il est dirigé par André Dewavrin, alias colonel Passy, un ancien membre du complot de la Cagoule. À la fin de la guerre, le BCRA récupère les cagoulards de Vichy et les intègre dans ce qui va devenir a DGER.

[14] Beuve-Méry écrit en 1944, à la veille du débarquement : « Les américains constituent un réel danger pour la France (…) Les américains peuvent arrêter une révolution nécessaire, et leur matérialisme n’a pas la grandeur tragique du matérialisme des régimes totalitaires ». Cité par Jean-François Revel in L’obsession anti-américaine : son fonctionnement, ses causes, ses inconséquences, Plon, 2002.

Denis Boneau

Periodista francés, miembro de la sección francesa de la Red Voltaire.

 
Les sciences de la domination mondiale
Les sciences de la domination mondiale
Guerre froide psychologique
 
Les planificateurs français
Les planificateurs français
Guerre froide économique
 
Opération Lys d'or
Opération Lys d’or
Le trésor des criminels nippons
 
Le planisme, une idéologie fasciste française
Le planisme, une idéologie fasciste française
« Faiblesse des démocraties »
 
Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

La Colonie française en Algérie
Par Lounis AGGOUN
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
Groupes fascistes et paramilitaires
Le fascisme est une idéologie, caractéristique de l’ère industrielle, qui entend faire disparaître les conflits de classe et réaliser l’unité nationale par la force. D’abord soutenus par les États capitalistes pour lutter contre le communisme, les États fascistes se sont érigés en concurrents. Ils ont finalement été vaincus par l’Alliance des États capitalistes et communistes.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Anglo-Saxons ont recruté —cette fois individuellement— des militants fascistes, toujours pour lutter contre le communisme. Leur activité a été coordonnée au sein de la Ligue anti-communiste mondiale, une organisation contrôlée par le MI6 et la CIA.
Plus récemment, les présidents Clinton et Bush fils ont eu recours à une nouvelle génération de militants fascistes pour gouverner l’espace post-soviétique, y compris dans des États ayant adhéré à l’Union européenne, comme la Lettonie.
+
Guerres de basse intensité
Si la guerre oppose classiquement des États entre eux, les « conflits de basse intensité » opposent un État à des acteurs non-étatiques. L’expression, créée par le chef d’état-major privé de la reine Elizabeth II, Sir Frank Kitson, s’applique aux contre-insurrections dans les colonies, à la lutte contre la subversion durant la Guerre froide, et à certaines opérations de « maintien de la paix ».
Alors que les résistants, rebelles ou autres guérilleros cherchent à se mouvoir dans la population « comme un poisson dans l’eau », selon la formule de Mao Zedong, la guerre de basse intensité vise d’abord à séparer les combattants du reste de la population, au besoin en déplaçant de force les populations isolées dans des zones surveillés, puis à « neutraliser » les individus suspectés d’être des combattants.
Le développement récent d’opérations de « maintien de la paix » par l’ONU illustre la dérive de l’Organisation au service des grandes puissances. Ce qui devait être exceptionnel est devenu routinier : les Nations Unies déploient des forces militaires non pour surveiller l’application d’accords de paix, mais pour imposer ces accords à des parties récalcitrantes, devenant ainsi elles mêmes parties du conflit. Ce phénomène s’est accentué avec la réforme Brahimi en totale contradiction avec les principes de la Charte de San Francisco.
Depuis la disparition de l’Union soviétique, l’OTAN abandonne son caractère d’armada conventionnelle et se spécialise dans les guerres de basse intensité. En Afghanistan, elle entraîne les armées alliées à ce type de combat.
+
Assassinats anonymes
Assassinats anonymes
« L’art de la guerre »
 

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
Español
italiano
عربي
русский
Deutsch
 
101 articles cette semaine dans toutes les langues
Many Americans gave up hope last year – 2012 will be worse Many Americans gave up hope last year – 2012 will be worse
by Joseph Stiglitz, Voltaire Network, 14 February 2012
 
112. For humane and responsible finances
« Current Concerns», n° 2, 22 January 2012
For humane and responsible finances
Partners, 14 February 2012
 
La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida La Gran Bretagna "riconfeziona" al-Qaida
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Endgame in the Middle East
LIVE
Endgame in the Middle East
by Thierry Meyssan, Voltaire Network, 14 February 2012
 
111. Philosophical reflections on human rights and human dignity
« Current Concerns», n° 1, 15 January 2012
Philosophical reflections on human rights and human dignity
Partners, 14 February 2012
 
Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco Sergej Lavrov accolto da eroe a Damasco
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
256. Petite leçon suisse d'instruction civique à l'intention de l'Europe
« Horizons et débats », 12e année, n° 6, 13 février 2012
Petite leçon suisse d’instruction civique à l’intention de l’Europe
Partenaires, 14 février 2012
 
Syria's Uprising in Context Syria’s Uprising in Context
by Stephen Gowans, Voltaire Network, 14 February 2012
 
US war games in South East Asia US war games in South East Asia
Voltaire Network, 14 February 2012
 
Francois Hollande negozia con l'emiro del Qatar Francois Hollande negozia con l’emiro del Qatar
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Europei prime vittime di sanzioni contro l'Iran Europei prime vittime di sanzioni contro l’Iran
Rete Voltaire, 14 febbraio 2012
 
Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan Syrien: Fünf Fragen an Thierry Meyssan
Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Сирия сегодня Сирия сегодня
Борис ДОЛГОВ, Сеть Вольтер, 14 февраля 2012
 
Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie
Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Das Ende der Partie im Nahen Osten Das Ende der Partie im Nahen Osten
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 14. Februar 2012
 
Se termina la partida en el Medio Oriente Se termina la partida en el Medio Oriente
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 14 de febrero de 2012
 
Fin de partie au Proche-Orient
En direct
Fin de partie au Proche-Orient
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2012
 
Al-Qaida frappe à Alep
« Revue de presse Syrie » #50
Al-Qaida frappe à Alep
Partenaires, 13 février 2012
 
Páginas Libres
Con magia y mano negra Movistar repara y avería mi teléfono
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 13 de febrero de 2012
 
Le Qatar achète la démission du général al-Dabi Le Qatar achète la démission du général al-Dabi
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
2012, année de tous les périls ? 2012, année de tous les périls ?
par Joseph Stiglitz, Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique Jeux de guerre états-uniens dans le Sud-Est asiatique
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
الفيتو المزدوج لمنع حرب الإمبراطوريات على سوريا
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
بقلم ثييري ميسان, Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا
Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
Iran's Historic Anniversary Iran’s Historic Anniversary
by Stephen Lendman, Voltaire Network, 13 February 2012
 
Al-Qaeda strikes in Aleppo
« SYRIA PRESS REVIEW » #50
Al-Qaeda strikes in Aleppo
Partners, 13 February 2012
 
Páginas Libres
Mafia de complicidad y reacción en el Apra
por Jesús Guzmán Gallardo, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Syria 2011-2012, a rematch of Israel's 2006 war on Lebanon Syria 2011-2012, a rematch of Israel’s 2006 war on Lebanon
by Mahdi Darius Nazemroaya, Voltaire Network, 12 February 2012
 
Páginas Libres
¿Se incrementa riesgo personal con este gobierno?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
« Revista de prensa sobre Siria » #49
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
Socios, 12 de febrero de 2012
 
Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Moscow and the formation of The New World System Moscow and the formation of The New World System
by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 11 February 2012
 
Assassinats anonymes
« L’art de la guerre »
Assassinats anonymes
par Manlio Dinucci , Réseau Voltaire, 11 février 2012
 
Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen
Voltaire Netzwerk, 11. Februar 2012
 
Al-Qaeda refashioned by the UK Al-Qaeda refashioned by the UK
Voltaire Network, 11 February 2012
 
الإرهاب في سورية
إغلاق السفارات والارهاب في حلب
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
حلب تستفيق على الإرهاب...
وتصعيد دبلوماسي إعلامي وإرهابي
بقلم سورية الغد, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
أغفو في وطني
بقلم نضال الخضري, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
التحرك الخليجي إلى أين...
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
¿Sófero retroceso post marcha por el agua?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 11 de febrero de 2012
 
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
« Revue de presse Syrie » #49
Face à la concurrence de l’OCS, l’OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
Partenaires, 10 février 2012
 
 Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
« Presseschau Syrien » #49
Im Wettstreit mit der SCO, wird die NATO Diplomatie oder Waffen wählen?
Partner, 10. Februar 2012
 
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
"NATO’s favorite despot"
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
by Rick Rozoff, Voltaire Network, 10 February 2012
 
La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
« SYRIA PRESS REVIEW » #49
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
Partners, 10 February 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
 Der Westen sucht den « B » Plan
« Presseschau Syrien » #48
Der Westen sucht den « B » Plan
Partner, 9. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
por Luis Alberto Pacheco Mandujano, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
por Héctor Guillén Tamayo, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012