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Sarkozy, Israël et les juifs

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Sarkozy, Israël et les juifs

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Le livre choc de Blanrue, quasiment introuvable dans les librairies françaises, est disponible sur la librairie du Réseau Voltaire dès maintenant ! Combattez la pensée unique… Achetez-le dès aujourd'hui et recevez-le chez vous sans tarder.

Fiche téchnique

Auteur Paul-Éric BLANRUE
Langue Français
Éditeur Oser Dire (Marco Pietteur Eds)
Format Broché
Pages 208
Dimensions (en cm) 15 x 23
ISBN 978-2-919937-12-7

Description du produit

L'AUTEUR : Paul-Éric BLANRUE


Historien, Paul-Éric BLANRUE a fondé en 1993 le Cercle zététique, association promouvant l'esprit critique et se proposant d'enquêter avec méthode sur tous les sujets relevant de l'extraordinaire, tant en science qu'en histoire. Collaborateur régulier de la revue Historia, il a récemment écrit Le monde contre soi : Anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme (avec Yann Moix, 2007), Carla et Nicolas, Chronique d'une liaison dangereuse (avec Chris Lafaille, 2008), et Le Joueur : Jérôme Kerviel, seul contre tous (aussi avec Chris Lafaille, 2008). Partageant sa vie entre Paris et Venise, Blanrue aime ouvrir les dossiers brûlants...


RÉSUMÉ


Aujourd’hui, en France, parler d’Israël avec sérénité et franchise est devenu impossible. La question est taboue. Quiconque se permet de critiquer l’État juif risque d’être qualifié d’antisémite. Dans la « patrie des Droits de l’Homme et de la liberté d’expression », un délit d’opinion, en politique et en histoire, est établi. En lieu et place de la discussion libre, une dictature de la pensée unique a été instaurée…

C’est en 1967, par la voix du président Charles de Gaulle, que la France prit pour la première fois ses distances avec Israël. Sous le régime précédent, ce pays avait bénéficié de grands privilèges, puisque c’est grâce à la IVe République que l’État juif avait acquis la bombe atomique. Les présidents français qui succédèrent au général s’efforcèrent, à son image, de maintenir l’équilibre entre les parties en présence, palestiniennes comme israéliennes.

Mais tout changea soudain en 2007, avec l’élection à la présidence de la République de Nicolas Sarkozy. Celui-ci avait longtemps été à la tête d’un parti qualifié de « gaulliste ». Mais, sur la question d’Israël, il tourna résolument le dos à la position défendue par le général. Prônant désormais la défense quasi inconditionnelle d’Israël, Sarkozy met aujourd’hui en oeuvre une politique qui est l’image inversée de celle du fondateur de la Ve République. Pour lui, toute critique d’Israël serait un signe d’antisémitisme.

Historien spécialisé dans les mystifications, Paul-Éric Blanrue refuse de verrouiller sa pensée. L’objectif de son livre est de participer à la prise de conscience du danger que représente la nouvelle politique étrangère française.

Paul-Éric Blanrue nous ouvre les yeux sur les aspects déjà périmés des choix étranges de Nicolas Sarkozy.

Il dévoile pourquoi le président français s’est engagé dans une voie qui va contre les intérêts de son pays et risque d’entraîner bientôt la France dans des conflits majeurs, au Liban, en Iran ou ailleurs.

Il décrit un par un les réseaux pro-israéliens qui servent cette stratégie, démontre leur puissance, signale leur aveuglement et fournit les noms des principales personnalités qui en font partie.

Il récuse l’assimilation faite systématiquement entre judaïsme et sionisme. Il appelle les juifs de France à se défaire d’urgence de leurs porte-voix officiels, qui ne représentent tout au plus qu’un sixième d’entre eux, et les encourage à se rebeller contre une politique qui, à terme, se révélera désastreuse pour eux comme pour tous les Français.

L’auteur avance enfin des propositions qui font revivre la hardiesse traditionnelle de la pensée critique française et qui peuvent à nouveau souder les Français dans un projet généreux, pour en finir avec le communautarisme imprudemment importé des États-Unis.


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EXTRAITS


Voici 3 courts extraits du livre (les notes n'apparaissent pas ci-dessous)

1er extrait,
tiré de l'introduction :

... La France est-elle devenue un pays aligné sur la politique israélienne, comme elle est en passe de l’être sur la politique américaine ? Manifestant un intérêt soutenu pour toute forme de désinformation passée et présente, auteur d’un article théorique sur le « souverainisme de libération » dans lequel je prône le maintien de l’indépendance nationale en tant qu’elle constitue un bastion contre l’entreprise d’homogénéisation mondiale, je note que la question se pose pour nombre de mes contemporains, quelles que soient leurs confessions et leurs orientations politiques. Mais manifestement, c’est un sujet qui n’a pas l’heur de plaire à l’Élysée, puisque Nicolas Sarkozy évite de présenter le problème en ces termes et choisit, sans jamais expliquer pourquoi, de rendre équivalents l’antisionisme et l’antisémitisme, une tactique peu coûteuse destinée à foudroyer ses adversaires, qui désormais tremblent de peur d’être rangés à vie dans une catégorie infamante lorsqu’ils critiquent New York ou Tel Aviv. Le sentiment de culpabilité tue les meilleures âmes.

Le piège est ainsi fait que risquent d’être soupçonnés d’antisémitisme (ou, la formule, d’être un « juif honteux » si l’intéressé est de confession juive) : l’historien qui rappelle qu’en 1933, des sionistes ont signé avec les nationaux-socialistes « un accord de coopération déterminant un transfert de population et de capital »; celui qui souligne qu’en Israël, la Israel Land Authority (ILA) ne cède la terre qu’aux seuls juifs (« Pour cette raison, 93% des terres d’Israël ne sont pas accessibles aux non-juifs », écrit Lucas Catherine, spécialiste du monde arabe) ; le laïc qui critique l’existence d’un État confessionnel interdisant sur son sol les mariages entre juifs et membres d’autres religions ; l’humaniste qui rappelle que les Palestiniens bénéficient de la citoyenneté mais non de la nationalité israélienne ; l’homme politique, qui, tel le prix Nobel de la paix et ancien président des États-Unis Jimmy Carter, qualifie Israël de pays d’apartheid ; ou encore une organisation telle que l’ONU, qui, en 1975, déclara que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». (Résolution 3379, retirée en 1991.)

En France, tout débat sur les relations avec Israël est devenu tabou.

L’évolution récente est une remise en cause de quarante ans de diplomatie française mesurée. Les citoyens devraient pourtant avoir le droit, au terme d’un débat démocratique loyal, au cours duquel la parole serait libre et les faits exposés avec franchise, de connaître le chemin qu’emprunte leur pays. Ils pourraient, ainsi, mesurer avec plus d’objectivité qu’à présent, les changements d’alliance en cours et prendre conscience des bouleversements qu’une telle évolution entraîne pour eux et leurs enfants. ...

...
2e extrait:
(pages 59 et 60, chapitre 3 : "L'homme des réseaux américains")

... Les représentants de la communauté juive française, c’est bien ; les réseaux sionistes américains, c’est mieux, beaucoup mieux. Plus puissants, bien rodés, très actifs, ils peuvent contribuer à façonner l’opinion et contrôler le discours public. Une politique peut être menée à son terme ou stoppée net, en fonction de l’appui ou de la condamnation que leur apportent ces organismes.

L’épais ouvrage que les deux universitaires américains Mearscheimer et Walt leur ont consacré a démontré de manière implacable leur capacité de mobilisation et le rôle déterminant qu’ils jouèrent dans la politique américaine au Moyen-Orient, lors de l’invasion de l’Irak, de la confrontation avec l’Iran et la Syrie et dans la guerre au Liban, en juillet 2006. Le soutien de ce lobby (ici, le mot trouve sa pleine justification) peut s’avérer décisif pour un homme ambitieux à la conquête du pouvoir, même s’il n’est pas de nationalité américaine.

Bien avant d’être élu président, Sarkozy choisit ainsi de faire cause commune avec eux. Selon Le Monde, le « contact entre M. Sarkozy (NdA : alors ministre de l’Intérieur) et l’AJC (NdA : l’American Jewish Committee, le Comité juif américain, fondé en 1906) s’est établi en octobre2003, quand il a reçu une délégation de cette organisation américaine, venue lui demander ce que le gouvernement français faisait contre l’antisémitisme ». Avait-il déjà en tête la présidentielle de 2007 ? C’est plus que probable.

Pour le CRIF, l’AJC est « l’une des organisations américaines les plus importantes ». Selon les propres mots de l’AJC, fort de « plus de 125 000membres et amis » et possédant « des bureaux dans trente-trois États des États-Unis et huit bureaux dans le reste du monde, dont six en Europe (Paris, Berlin, Bruxelles, Genève, Rome et Varsovie), cet organisme dispose d’une grande influence sur la scène internationale ». L’un des buts principaux de cette organisation est de défendre Israël et de lutter contre l’antisémitisme.

Pour ses adversaires, il s’agit d’un « lobby qui n’est ni juif, ni américain, en ce qu’il ne sert ni les intérêts des Juifs en général, ni ceux des Américains, ni ceux des Américains juifs, mais uniquement la politique de l’axe gouvernemental américano-israélien ». Ce qui reste certain, c’est qu’il a, de son propre aveu, un grand pouvoir, et pas seulement sur le territoire américain puisqu’il se pique de peser sur le sort de la communauté juive dans les pays d’Europe, dont celle de la France.

En 2003, l’AJC mena une rude campagne contre l’antisémitisme en Europe : « Israël a été largement dépeint en Europe comme un “ agresseur ” qui “ foule aux pieds ” les droits des Palestiniens “ opprimés ” et “ sans État ” », se plaignait alors David A. Harris, son directeur exécutif. « Cette attitude est devenue d’une certaine manière une nouvelle forme d’antisémitisme». Il ciblait particulièrement la France : « En réalité, la France a manqué à ses responsabilités d’assurer la protection de ses citoyens de l’automne 2000 à l’été 2002 ».

Harris s’était beaucoup impliqué dans le passé pour soutenir la cause des juifs en Union soviétique ; il était aussi l’un de ceux qui avaient le plus combattu la résolution antisioniste adoptée par l’ONU en 1975.

Le président Chirac récusa avec fermeté ses accusations contre notre pays. Il se rendit en force aux États-Unis. Accompagné de Simone Veil, membre du Conseil constitutionnel et ancien ministre, d’Ady Steg, président de l’Alliance israélite universelle, de Roger Cukierman, président du CRIF et de David de Rothschild, président du Fonds social juif unifié (FSJU), il rencontra, au consulat général de France, à New York, les représentants de la communauté juive américaine et leur assura que la France n’était pas un pays antisémite, jugeant cette accusation « injuste ».

Loin de tenir grief à l’AJC des propos peu amènes qu’il avait proférés contre la France, Nicolas Sarkozy, en avril 2004 (à peine nommé ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie dans le troisième gouvernement Raffarin), se rendit à Washington pour un déjeuner donné en son honneur par cet organisme. Ce repas était un signe d’élection, à tout le moins. ...

...
3e extrait : Où il est question de BHL
(Pages 165-6 du chapitre 7 : "Culture et dépendance")

... Présenté par Serge Halimi comme « ami des milliardaires, libéral, proaméricain, gestionnaire avisé de sa propre fortune (immense) et vieux routier du show-business intellectuel », cet ancien élève du marxiste Louis Althusser a, par une singulière coïncidence, de nombreux amis communs avec Nicolas Sarkozy (tous deux ont grandi à Neuilly), comme les grands patrons Lagardère ou Pinault. Son père, André, riche industriel, fonda ainsi la Becob, une société d’importation de bois africains rachetée par le groupe Pinault-Printemps-Redoute en 1997. François Pinault est non seulement son ami, mais aussi le patron des magasins FNAC et de l’hebdomadaire Le Point, où BHL est éditorialiste. Celui-ci « n’a jamais hésité à orienter ses tribunes de presse dans le sens de leurs intérêts d’industriels », ajoutait Halimi.

Ses ennemis sont également les mêmes que ceux que le système dominant adopté par Sarkozy rejette; citons, dans le désordre, le souverainiste Jean-Pierre Chevènement, l’anti-impérialiste Noam Chomsky, le réalisateur Michael Moore, l’essayiste Rony Brauman, le philosophe Alain Badiou, l’écrivain Régis Debray, le dramaturge Harold Pinter, bref tous ceux qui tentent d’exercer sur l’actualité israélienne une « hygiène préventive du jugement », pour reprendre l’expression de Jean Rostand.

L’idéologie que diffuse BHL se retrouve sous chaque pavé de Saint-Germain-des-Prés. Pour bien en saisir les linéaments, il convient de savoir qu’elle s’inspire, en outre, de l’oeuvre du philosophe franco-israélien d’origine lithuanienne Emmanuel Levinas, disparu en 1995, dont la métaphysique mena Lévy et un autre philosophe parisien, Alain Finkielkraut, à voir en lui une sorte de prophète contemporain. En 2000, avec Benny Lévy, l’ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre, qui avait quitté la direction de la maoïste Gauche prolétarienne pour revenir dans le giron du judaïsme traditionnel, ils fondèrent l’Institut des études lévinassiennes à Jérusalem et à Paris, dont l’existence est un véritable « miracle » selon BHL, dû « à la présence, en chacun de nous, du nom, du visage, des textes de Lévinas ». Leur référence commune est le Talmud, une compilation de discussions rabbiniques assez obscures.

Vu la nature religieuse de l’un des textes fondateurs de leur pensée, il est bien normal que, dans leurs discours, la raison s’efface devant le style prophétique. Pour ces auteurs, les faits, devenus superfétatoires, font place aux exhortations ; à l’analyse, ils préfèrent les lamentations apocalyptiques dignes de l’Ancien testament. Dans ce système, l’évaluation morale devient le critère suprême, sans qu’on ne sache jamais, hélas, sur quoi se fonde cette morale qu’on jurerait à sens unique, ni quelle est sa légitimité à trancher par avance tout débat en deux portions d’inégale valeur.

On peut se souvenir, à cette occasion, que Nicolas Sarkozy interdit lui aussi, lors d’un discours mémorable, de tenter « d’expliquer l’inexplicable » (l’antisémitisme) ; il s’agissait du même type de posture. Ne pas réfléchir, mais interdire et sermonner, en somme l’exact contraire de ce que recommandait Spinoza dans le livre III de son Éthique : ne pas haïr, ne pas railler, mais comprendre.

Le mot grec ancien de « mystère » signifiait d’abord ce qui est muet, ou la représentation de ce dont on ne parle pas, de l’indicible ; la question autour d’Israël est donc élevée ou abaissée, si l’on parle en avocat de la raison, au rang d’un « mystère » : il n’en faut rien dire. C’est ce « sommeil de la raison », pour reprendre un tableau de Goya, qui « produit des monstres » dont la Palestine est le champ de manoeuvre.

Le nouvel ennemi déclaré de cette catégorie de philosophes, autrefois qualifiés de « nouveaux » ? Le « fascislamisme », comme l’intitula BHL (Prix littéraire du B’nai Brith européen en 1991) dans l’un des ses derniers livres. Peu importe si ce néologisme ne repose sur rien de concret ni de sensé ; il y en aurait d’autres. L’essentiel est de soutenir Israël, considéré comme en état de légitime défense permanent, et d’en renforcer jour après jour les assises, lesquelles, il est vrai, comptent un certain nombre de failles. ...


 


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