« Ce que nous ferons en 2004 »
Auteur
Colin L. Powell

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[Colin L. Powell] est secrétaire d’État des États-Unis. Il a été assistant aux affaires de Sécurité nationale du président Reagan (1987-1989) et chef d’état-major de l’armée états-unienne (1989-1993) sous la présidence de George Herbert Walker Bush.
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Source
New York Times (États-Unis)
Référence « What We Will Do in 2004 », par Colin L. Powell, New York Times, le 1er janvier 2004.
Ce texte, traduit en français sur le site du département d’État, est disponible sur le site du Réseau Voltaire : « Ce que nous ferons en 2004 ».
Par ailleurs, une variante adaptée pour le public français a été publié dans Le Figaro le 3 janvier sous le titre « La vision américaine d’un monde meilleur ».
Résumé L’administration Bush prend elle aussi des résolutions pour l’année 2004 et nous nous engageons à continuer à utiliser la formidable puissance américaine au service de nos principes. Nous sommes résolus à développer la liberté dans le monde et tout particulièrement en Afghanistan, pays qui a aujourd’hui une constitution et avance rapidement vers l’économie de marché, et en Irak, qui va bientôt retrouver sa souveraineté et où nous allons ouvrir une ambassade.
Ce faisant, nous allons poursuivre l’objectif défini par le président : faire du Moyen-Orient une région libre et démocratique en développant l’initiative de partenariat du Moyen-Orient et en soutenant le peuple iranien contre son régime oppressif. Nous allons aussi travailler à l’édification d’un Cuba libre et soutenir les jeunes démocraties partout dans le monde. Nous allons poursuivre nos efforts internationaux contre la prostitution, le travail forcé, l’enrôlement des enfants dans les armées et le sida et développer le Millenium Chalenge Account pour aider les pays pauvres à accéder à la prospérité et à une meilleure gouvernance.
La prospérité ne peut pas survenir sans la sécurité et nous allons poursuivre notre engagement dans ce domaine. Les Américains sont plus en sécurité aujourd’hui que l’année dernière et si Al Qaïda reste une menace, elle est affaiblie. L’Iran est en train d’ouvrir son programme nucléaire aux inspections et la Libye a abandonné son programme de développement d’armes de destruction massive grâce à l’action des États-Unis et du Royaume-Uni. Dans notre propre hémisphère, les narcotrafiquants et les terroristes sont également sur la défensive grâce à l’aide des États-Unis au gouvernement colombien. Nous restons également engagé dans les processus de paix au Soudan, au Libéria et en Irlande du Nord car nous pensons que la prospérité, la sécurité et la paix ne sont pas séparables.

« Général Zinni, quelle ânerie ! »
Auteur
Joel Mowbray
Source
Townhall.Com (États-Unis)
Référence « General Zinni, what a Ninny », par Joel Mowbray, Townhall.Com, le 31 décembre 2003.
Résumé La semaine dernière le général Anthony Zinni a affirmé que la Guerre en Irak était la faute des juifs. Pour Zinni, ce n’est pas la faute de George W. Bush, Dick Cheney ou de son vieil ami Colin Powell mais des juifs. Il n’utilise pas, techniquement, le terme « juif », mais celui de « néo-conservateurs », un terme désormais utilisé pour désigner les juifs dans l’administration Bush.
Comme les « néo-conservateurs » ne contrôlent ni le département d’État, ni le département de la Défense, ni le National Security Council et que la Maison Blanche n’est pas dirigée par des juifs, il prétend, dans des termes rappelant ceux de l’ancien Premier ministre malais qui avait affirmé que les juifs dirigeaient le monde par procuration, que Bush et Cheney ont été « capturés » par les néo-conservateurs.
Même dans l’hypothèse ou le général Zinni ignorerait que « néo-conservateurs » est devenu un code pour désigner les juifs, son arguments ne vaudrait rien car ni Bush, ni Cheney , n’avaient besoin de qui que ce soit pour s’apercevoir que Saddam Hussein était mauvais et qu’il fallait libérer le monde de sa tyrannie. C’est une honte de voir un homme qui a servi si honorablement son pays pendant trois décennie ternir son héritage avec des idioties.

« Pas les « Affaires comme d’habitude » avec la Libye »
Auteur
Mohammed Buisier
Source
Washington Post (États-Unis)
Référence « No ’Business as Usual’ With Libya », par Mohammed Buisier, Washington Post, le 29 décembre 2003.
Résumé L’annonce faite par la Libye de sa volonté de démanteler son programme d’armes de destruction massive est un bonne nouvelle et il est normal que George W. Bush s’en félicite mais il faut encore toutefois que Mouammar Kadhafi prouve sa sincérité. En outre, son abandon d’un programme d’armement ne signifie pas qu’il va cesser de financer le terrorisme ou la subversion dans les pays africains et arabes. Il faut également garder en mémoire que Kadhafi espère que son action sur la question des armes de destruction massive lui permettra d’éviter de changer le fonctionnement interne du pays.
Les États-Unis manquent déjà de crédibilité chez les défenseurs des Droits de l’homme dans le monde arabe qui doutent de leur engagement en faveur de la liberté et de la démocratie. Les États-Unis ne doivent pas laisser Kadhafi échapper au jugement de ses crimes contre les Libyens et les autres en abandonnant ses armes de destruction massive et en payant le prix du sang aux familles des victimes du vol 103 de la PanAm.
Il ne faut pas envoyer que des inspecteurs en désarmement, il faut aussi surveiller la question des Droits de l’homme.

« Le message secret de Kadhafi »
Auteur
Arnaud de Borchgrave
Source
Washington Times (États-Unis)
Référence « Gadhafi’s secret message », par Arnaud de Borchgrave, Washington Times, le 2 janvier 2004.
Résumé Mouammar Kadhafi, inspiré par le panarabisme de Nasser, a pris le pouvoir en Libye en septembre 1969. Il a aussitôt imposé l’arabe comme seule langue officielle et, dans les vingt années qui ont suivi, il a interféré dans les affaires internes de 42 pays par le financement du terrorisme, la subversion ou l’agression militaire. Le président Sadate estimait qu’il était « fou à 100 % ».
En 1986, il fut visé par un raid américain qui entraîna la mort de sa fille de trois ans en répression d’un attentat à la bombe dans une discothèque de Berlin qui avait causé la mort de deux soldats états-uniens. Il est aussi responsable de l’attentat contre le vol 103 de la PanAm qui fit 270 morts et dont il aurait eu lui-même l’idée.
Kadhafi avait fait de son pays un membre de facto du Pacte de Varsovie, mais depuis l’effondrement de l’URSS il est isolé. Après la chute de son héros, Saddam Hussein, il a décidé de tenter de retrouver une légitimité internationale et de mettre un terme à son programme d’armes de destruction massive. Il a également reconnu sa responsabilité dans l’attentat du vol 103, mais il continue d’affirmer qu’il n’a que sous-traité une demande de l’Iran et de la Syrie pour venger la destruction en vol d’un Airbus pacifique iranien par les États-Unis. Kadhafi affirme également travailler avec la CIA contre Al Qaïda, mais pas contre les « mouvements de libération contre le colonialisme israélien ».
Kadhafi a bien compris que ce que les États-Unis ont fait en Irak et en Afghanistan, ils pourraient le faire en Libye.

« La Géorgie a une seconde chance, qui a peu de chance »
Auteurs
Zaal Anjaparidze, Peter Rutland
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Zaal Anjaparidze est directeur du Democracy Resources Development Center, Une ONG géorgienne.
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Peter Rutland est professeur à la Wesleyan University dans le Connecticut, il est l’auteur de The Politics of Economic Stagnation in the Soviet Union.
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Source
International Herald Tribune (France)
Référence « Georgia gets a second chance, at long odds », par Zaal Anjaparidze et Peter Rutland, International Herald Tribune, le 2 janvier 2004.
Résumé Il est important de défendre l’acquis de ce que les Géorgiens appellent leur « révolution des roses », le renversement d’ Edouard Chevardnarze. En effet, les dirigeants autoritaires de la région regardent les évolutions du pays avec anxiété.
Il ne fait pas de doute que le président qui sera élu dimanche par les Géorgiens sera Mikhail Saakashvili, le candidat unique de l’opposition, donné largement favori par les sondages. Toutefois, dans les mois à venir, Saakashvili va perdre progressivement le soutien de dirigeants qu ne se sont associés avec lui que dans l’opposition à Edouard Chevardnarze et il sera également confronté aux groupes politiques dont les privilèges ont été menacés par la « révolution des roses » et qui sont prêts à recourir à la force pour les conserver.
La révolution n’a été possible que grâce à l’action des États-Unis qui soutenaient auparavant Edouard Chevardnarze. Ce changement de position s’explique par l’émergence de nouveaux dirigeants pro-occidentaux dans l’opposition, la crainte d’une prise de contrôle de l’économie géorgienne en faillite par la Russie et surtout parce que seul un gouvernement démocratique pouvait apaiser les craintes environnementalistes entourant la construction d’un pipeline en Géorgie. Il ne faut cependant pas exagérer l’apport financier du pipeline. Si la « révolution des roses » maintient ses acquis, il faut une croissance économique qui ne pourra revenir que grâce au rétablissement des relations commerciales avec les régions sécessionnistes où se trouvent les principales routes vers la Russie et la Turquie.
La Russie a, dans ce domaine, un rôle important à jouer. Elle avait proposé à Edouard Chevardnarze de l’aider à se maintenir au pouvoir pour conserver des bases militaires en Géorgie et notamment dans les régions sécessionnistes. Il ne pourra donc pas y avoir de règlement des conflits en Géorgie sans accord avec les Russes. Certains à Washington, dont Donald Rumsfeld, veulent exclure la Russie de Géorgie, mais, vu sa proximité avec la Tchétchénie, ce n’est pas possible.

« En quête de justice, pas de vengeance »
Auteur
Iyad Allaoui

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Ancien membre du Ba’as puis activiste anti-Saddam Hussein financé par la CIA, Le docteur Iyad Allaoui est ancien Premier ministre du gouvernement par intérim d’Irak.
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Source
Washington Post (États-Unis)
Référence « In Search of Justice, Not Vengeance », par Ayad Allawi, Washington Post, le 28 décembre 2003.
Cette tribune a également été publiée par The Age, le 3 janvier sous le titre « Iraq’s difficult path to reconciliation ».
Résumé Avec l’arrestation de Saddam Hussein, un chapitre brutal de l’histoire de notre pays s’achève tandis qu’un chapitre d’espoir et de paix s’ouvre. Le jugement d’Hussein en Irak sera un test pour le droit en Irak et cela forcera les Irakiens à réfléchir à notre passé afin d’aboutir à la réconciliation et à la justice.
Nous allons punir les criminels, mais nous voulons la justice, pas la vengeance. Nous allons mener des procès transparents et dans le même temps nous allons redéfinir la déba’asification qui a été, jusqu’ici, menée sans distinction et a touché trop d’Irakiens qui n’avaient adhéré au parti Ba’as que pour trouver un emploi. Cette politique de déba’asification sans distinction porte un coup aux intérêts des Irakiens et peut faire naître une culture de corruption et de fausse accusation en Irak. Notre pays a besoin d’un système judiciaire qui punisse les coupables et protège les innocents.
La vengeance ou la déba’asification menées sans discernement ont déjà entraîné la perte de fonctionnaires honnêtes, de 400 000 militaires qui étaient pour beaucoup des patriotes et de nombreux enseignants alors que ceux ci étaient obligés de prendre leur carte du parti pour travailler. Nous devons établir des mécanismes juridiques clairs et faire la distinction entre criminels et Irakiens innocents si nous voulons reconstruire notre pays bien aimé.

« La recherche des ADM irakiennes est devenue une farce. Mais ça ne me fait pas rire »
Auteur
Scott Ritter

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Scott Ritter a été inspecteur en désarmement en Irak de 1991 à 1998 et chef de l’équipe de recherche sur les caches d’armes. Il s’est opposé à la guerre en Irak. Il est l’auteur de Frontier Justice : Weapons of Mass Destruction and the Bushwhacking of America..
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Source
International Herald Tribune (France)
Référence « The search for Iraqi WMD has become a public joke. But I, for one, am not laughing », par Scott Ritter, The Independant, le 4 janvier 2004.
Résumé Dans son discours sur l’état de l’Union de l’année dernière, le président George W. Bush a affirmé que l’Irak détenait des armes de destruction massive et un programme nucléaire. Puis, le 20 mars, il a ordonné aux forces états-uniennes et britanniques d’attaquer l’Irak. En décembre, Saddam Hussein a été arrêté et certains prétendent qu’il aurait dit que Bush avait inventé la question des armes de destruction massive pour justifier l’invasion, une affirmation qui est de plus en plus crédible. Tony Blair a été politiquement embarrassé par cette affaire et la recherche des armes de destruction massive est devenu une farce.
Toutefois, les distorsions de la vérité faites par le président Bush et par le Premier ministre Blair ne sont pas des plaisanteries, mais des assauts menés contre les principes des sociétés démocratiques qu’ils sont censés servir. Le peuple américain attend toujours une enquête du Congrès qui ne serait pas partisane et si les Britanniques peuvent s’enorgueillir de leur démocratie grâce à l’enquête menée par la Commission Hutton, celle-ci est passé totalement à côté de la question de la politisation systématique du système de renseignement britannique.
Au-delà des frontières des États-Unis et du Royaume-Uni, cette affaire est également grave pour le système de droit international et l’ONU qui ont empêché le monde de s’autodétruire au siècle dernier. Certes, la Corée du Nord et l’Iran ont ouvert leur programme nucléaire et la Libye a abandonné son programme d’armes de destruction massive, mais ces décisions ne sont rien comparées aux mesures prises par l’Afrique du Sud et les anciennes républiques soviétiques sous l’égide de l’ONU. Les actions de désarmements récents sont aussi illusoires que les stocks d’armes de Saddam Hussein.

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