Voltairenet.org
 Réseau de presse non-alignée

Tribunes et décryptages - 24 février 2004
Un nouveau modèle répressif émerge en Europe

Décryptage

Le ministre australien des Affaires étrangères, Alexandre Downer, a prononcé un discours sur la lutte contre la prolifération nucléaire au Lowry Institute dont The Age reproduit un extrait. Selon lui, l’affaire Khan, au Pakistan, montre l’ampleur du danger de dissémination nucléaire qui pourrait même profiter à des groupes terroristes comme Al Qaïda. Il faut donc que le Conseil de sécurité clarifie au plus vite les règles. Mais à y réfléchir, cet argumentaire est bancal. Rien ne prouve que la dissémination que le Dr Khan a tout intérêt à présenter comme son initiative personnelle ait réellement échappé aux gouvernements de son pays. Quant à la manière d’arrêter la prolifération, elle a maintes fois été explicitée par l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) : mettre en place des traités internationaux associés à une dénucléarisation des grandes puissances. La solution d’Alexander Downer n’a d’autre but que de maintenir la supériorité militaire des États-Unis, dont il est un fidèle « messager », et d’empêcher l’émergence de puissances rivales comme indiqué dans les objectifs stratégiques de la doctrine Bush.
L’avocat pénaliste John Upton alerte les lecteurs du Guardian sur le développement d’un État totalitaire au Royaume-Uni. Il observe que les mesures liberticides mises en place par David Blunkett et le New Labour prolongent et aggravent la politique initiée par lady Thatcher. Cette évolution n’a donc rien à voir avec le clivage libéraux/sociaux-démocrates. Pas plus qu’elle ne renvoie à des questions nationales, puisqu’on observe le même phénomène aux États-Unis avec John Ashcroft ou en France avec le tandem Nicolas Sarkozy-Dominique Perben. Elle est par contre directement liée à une idéologie particulière, formulée outre-Atlantique, et importée en Europe par les réseaux d’influence états-uniens.
Voici une application de ce modèle. L’intellectuel italien Cesare Battisti, ancien membre des Brigades rouges accusé d’assassinats, a trouvé refuge en France sous François Mitterrand. Mais depuis le 11 septembre 2001, cédant à l’influence de John Ashcroft, l’Union européenne se dote d’un arsenal juridico-répressif anti-terroriste, dont l’efficacité est testée sur les anciens terroristes d’extrême gauche des années de plomb. Voici donc que, reniant sa parole, la France l’a arrêté. L’écrivain Daniel Pennac lui adresse une lettre ouverte dans Le Monde, où il s’indigne du retournement français, mais sans en percevoir les tenants internationaux.

Natan Sharansky, ministre de la Diaspora et de Jérusalem dans le gouvernement Sharon, dénonce une nouvelle fois l’antisémitisme qui se cache derrière l’antisionisme. Dans le Jerusalem Post, il établit trois critères pour le débusquer. Les critiques d’Israël sont acceptables si elles ne diabolisent pas l’État juif, s’appliquent identiquement aux autres États, et ne tentent pas de délégitimer son existence. On admettra sans difficulté les deux premiers critères, mais il conviendrait de préciser le troisième : peut-on reconnaître l’État d’Israël dans la définition qu’en a donnée l’ONU et donc refuser la définition ethnique qu’en formule l’administration Sharon ?
Les États-Unis aussi se sentent mal-aimés. C’est pour redorer leur image que le sous-secrétariat d’État à la Diplomatie publique a lancé le 15 février 2004 une chaîne par satellite à destination du monde arabe, Al-Houarra (« La libre »). En fait de liberté et d’indépendance, elle a choisi comme premier invité son patron, George W. Bush. Dans l’International Herald Tribune, Marwan Bishara, d’Abu Dhabi TV, observe que ce projet est voué à l’échec tant il est vrai que le medium l’emporte toujours sur le message et qu’en conséquence, un organe de propagande étranger ne peut espérer être crédible en délivrant des informations en contradiction avec la réalité quotidienne. Washington se trompe en pensant que les chaînes arabes créent l’anti-américanisme, c’est plutôt le contraire, elles le modèrent face aux réactions engendrées par la politique états-unienne dans la région.

Le médecin tchétchène Khassan Baiev rappelle dans le Washington Post les souffrances endurées par son peuple, déporté il y a soixante ans, jour pour jour, par Staline vers la Sibérie. Il plaide bien sûr pour son indépendance. Cependant, sa lecture de l’Histoire évacue des éléments de contexte : la déportation décidée par Staline n’a pas touché que les Tchétchènes et n’avait pas le sens colonial qu’il lui attribue. Géorgien, Staline a aussi déporté des populations géorgiennes.

Enfin, Shmuel Katz déplore dans le Jerusalem Post l’attitude de la Cour internationale de Justice qui, selon lui, s’appuie sur des textes de propagande palestiniens pour juger du « mur de séparation ». Pourtant la Cour ne s’appuie que sur des instruments internationaux définitifs, jamais comme il l’affirme sur des versions provisoires.

Réseau Voltaire




24 février 2004

Outils

 Imprimer
 Envoyer

Thèmes
 Guerre globale au « terrorisme »

Auteurs et sources des Tribunes et décryptages

« Le monde doit agir pour faire cesser le commerce des armes nucléaires »

Auteur Alexander Downer

Alexander Downer est ministre des Affaires étrangères de l’Australie.

Source The Age (Australie)
Référence

« The world must act to halt trade in nuclear arms », par Alexander Downer, The Age, 24 février 2004. Cette tribune est adaptée d’un discours prononcé devant le Lowy Institute le 23 février 2004.

Résumé

Lors des derniers mois, avec les révélations du Dr. Khan, ceux qui ne croyaient pas à la menace de la prolifération des armes de destruction massive ont dû ouvrir les yeux. Les clients du Dr Khan étaient l’Iran, la Libye et la Corée du Nord, mais des terroristes auraient aussi bien pu en acquérir, à commencer par Al Qaïda.
Nous n’aurions peut-être jamais eu les confessions du Dr. Khan sans l’action résolue des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Australie qui ont mis les proliférateurs en garde en menant une action contre l’Irak qui ne respectait pas les résolution de l’ONU. Le groupe intérimaire de surveillance de l’Irak a depuis démontré que Saddam Hussein poursuivait un programme d’armes de destruction massive. Notre action a poussé la Libye à coopérer, l’Iran à commencer à l’imiter, tandis que la Syrie et la Corée du Nord ont dû prendre acte de notre détermination.
Malheureusement, les révélations de Khan ont démontré également que la prolifération n’a jamais été aussi aisée. Les systèmes de contrôle ne peuvent pas tout et tous les États ne veulent pas mettre en œuvre les moyens nécessaires au contrôle. Il faut que le Conseil de sécurité adopte une résolution claire sur le contrôle des armes de destruction massive. C’est urgent.


« Un État autoritaire est en train d’être construit »

Auteur John Upton

John Upton est avocat pénaliste

Source The Guardian (Royaume-Uni)
Référence

« An authoritarian state is in the process of construction », par John Upton, The Guardian, 23 février 2004.

Résumé

La nouvelle selon laquelle le MI5 va accroître le nombre de ses employés de milliers de personnes est le dernier signe de l’autoritarisme rampant de David Blunkett dont les réformes sont conduites au nom de la « guerre au terrorisme ». Les mesures adoptées par le ministre de l’Intérieur restreignent les libertés et les droits des citoyens. Aujourd’hui, les accusés ont moins de droits pour se défendre et les demandeurs d’asile sont criminalisés.
Grâce au travail préalable de Margareth Thatcher, le New Labour est en train d’adopter des mesures dont le ministre de l’Intérieur de la dame de fer pouvait seulement rêver. Blunkett s’appuie également sur un climat de peur alors qu’aucun attentat n’a eu lieu au Royaume-Uni. Les propos de Blunkett révèlent une fascination pour l’autoritarisme et il a comparé notre situation actuelle à celle de la République de Weimar. On notera que, comme le préconisait l’infâme juriste de ce régime Carl Schmidt, il mobilise les populations contre les marginaux.
Aujourd’hui, il veut construire une sorte de « FBI » britannique pour davantage encore centraliser l’autorité. Notre gouvernement ne respecte pas nos valeurs constitutionnelles et transforme la gouvernance en exercice de domination.


« Lettre à Cesare Battisti »

Auteur Daniel Pennac

Daniel Pennac est écrivain.

Source Le Monde (France)
Référence

« Lettre à Cesare Battisti », par Daniel Pennac, Le Monde, 24 février 2004.

Résumé

Cher Cesare Battisti,
Je ne vous connais pas, je ne vous ai jamais lu et je ne vous aurai certainement pas suivi dans l’engagement armé de votre jeunesse. Cela me laisse d’autant plus libre de vous dire combien j’ai honte de ce que mon gouvernement est en train de vous dire, de vous faire et qui, à travers vous, menace sans doute d’autres réfugiés italiens.
Il avait fallu seulement neuf ans pour que les condamnés de la Commune de Paris soient graciés et amnistiés. Les faits qui vous sont reprochés, dont les plus graves n’ont pas été prouvés, datent de 30 ans et vous voilà jeté en prison et trahi par le pays qui vous avez garanti le refuge et menacé d’être livré au pays qui vous refuse le pardon. Ce faisant, ceux qui nous gouvernent créent les conditions de désespoir semblables à celles qui vous avaient jeté dans la lutte armée.
Les soutiens dont vous bénéficiez sont une piètre consolation quand on songe au type de société qu’engendre le reniement de la parole donnée et la transformation de la justice en vengeance quand elle n’est pas muselée. Je souhaite me tromper et que mon gouvernement demeurera fidèle à la garantie de protection qui vous a été accordée.


« Voir l’antisémitisme en 3D »

Auteur Natan Sharansky

Ancien dissident soviétique, Natan Sharansky est président et fondateur du parti Yisrael B’Alyia Anglos qui a rejoint le Likoud. Ancien ministre de la Diaspora et de Jérusalem du gouvernement d’Ariel Sharon, il a démissionné pour marquer son opposition au plan de retrait de Gaza.

Source Jerusalem Post (Israël)
Référence

« Seeing anti-Semitism in 3D », par Natan Sharansky, Jerusalem Post, 24 février 2004.

Résumé

Cette semaine, j’ai participé à la conférence sur l’antisémitisme en Europe organisée par Romano Prodi et regroupant des dirigeants politiques désireux de combattre la nouvelle vague d’antisémitisme qui a submergé l’Europe ces dernières années. Pour cela, il faut définir une ligne de conduite claire, ce qui n’est pas toujours facile car reconnaître l’antisémitisme est parfois dur.
L’ancien antisémitisme, qui est encore diffusé dans les séries télévisées sur les chaînes arabes à destination des millions de musulmans dans le monde, est facile à identifier, mais ce n’est pas le cas du nouvel antisémitisme. Celui-ci se cache sous l’apparence de critiques légitimes du gouvernement d’Israël, mais vise à critiquer l’État juif en raison de sa judaïté. Quand nous le faisons remarquer, on nous accuse de vouloir délégitimer toute critique d’Israël en la taxant d’antisémitisme. Même si ce n’est pas facile, on peut différencier les critiques légitimes de l’antisémitisme en appliquant aux critiques le test des trois « D » :
- D pour diabolisation : toutes les critiques qui présentent Israël comme un État nazi ou les camps palestiniens comme Auschwitz. Cela dénote une bien mauvaise connaissance de ce qu’était l’Allemagne nazie et une volonté de présenter Israël comme la nouvelle incarnation du mal.
- D pour deux poids deux mesures : Il faut se demander si les États qui appliquent une politique similaire à celle d’Israël reçoivent les mêmes critiques.
- D pour délégitimation : Est-ce que la critique reconnaît à Israël le droit d’exister.


« Télé propagande n’aidera pas les États-Unis »

Auteur Marwan Bishara

Citoyen israélien arabe, Marwan Bishara est professeur de relations internationales à l’université américaine de Paris. Il est analyste politique pour Abu Dhabi TV. C’est le frère du député à la Knesset, Azmi Bishara.

Source International Herald Tribune (France)
Référence

« Propaganda TV won’t help the U.S. », par Marwan Bishara, International Herald Tribune, 23 février 2004.

Résumé

La diplomatie publique américaine pour améliorer l’image de l’Amérique au Proche-Orient est un échec car les actions pèsent plus que les mots. La nouvelle chaîne de télévision Al-Hurra va échouer également car la population ne croira pas au message si elle ne croit pas au messager.
Al-Hurra, « La libre », émet depuis la Virginie et bénéficie d’un budget de 100 millions de dollars fournis par le gouvernement états-unien. Elle a été créée sur la base de deux croyances erronées : que les chaînes satellites arabes diffusent l’anti-américanisme et que plus on entend l’avis de l’Amérique meilleur est son image. Pourtant, la plupart des chaînes arabes existantes sont situées dans des pays amis des États-Unis et les journalistes de ces chaînes ont bien souvent été formés en Europe ou en Amérique, souvent à la BBC ou à CNN. Récemment, elles ont été contraintes d’abandonner des termes comme « résistance » pour désigner l’insurrection irakienne ou « occupation américaine » pour désigner l’action des forces de la Coalition.
D’après son directeur, la nouvelle chaîne laissera la parole librement à des musulmans radicaux et modérés et c’est le public qui fera son choix. Mais là où la chaîne se trompe, c’est que les modérés, comme moi qui ait été taxé d’antiaméricanisme, s’opposent à la politique américaine dans la région. En outre, les chaînes ont un impact modéré sur les opinions arabes et celle de Washington ne disposera d’aucune crédibilité si les États-Unis ne changent pas de politique.


« Une histoire écrite dans le sang des Tchétchènes »

Auteur Khassan Baiev

Khassan Baiev est médecin tchétchène et a reçu l’asile politique aux États-Unis en 2000. Il est l’auteur de The Oath : A Surgeon Under Fire.

Source Washington Post (États-Unis)
Référence

« A History Written In Chechen Blood », par Khassan Baiev, Washington Post, 24 février 2004.

Résumé

Hier, 23 février 2004, était le jour de l’armée russe et cette date a donné lieu à de nombreuses commémorations dans tout le pays. Mais hier on célébrait également les 60 ans du crime soviétique perpétré contre le peuple tchétchène. La seule manifestation publique y faisant référence fut interdite à Moscou et les manifestants dispersés.
Le 23 février 1944, Staline déporta la totalité de la population tchétchène en Sibérie. Le tiers des habitants mourut pendant le trajet et beaucoup d’autres périrent là-bas en raison des terribles conditions de vie. Ce sujet était tabou à l’époque de l’URSS, car Staline avait justifié sa mesure en déclarant que les Tchétchènes étaient des sympathisants nazis, ce qui était une insulte à tous les Tchétchènes qui s’étaient battus contre les nazis, dont mon père qui avait été blessé sur le front. Khrouchtchev autorisa en 1959 le retour en Tchétchénie, mais il fallut attendre Gorbatchev pour que les anciens combattants tchétchènes soient reconnus.
Cela fait 400 ans que les Tchétchènes se battent pour l’indépendance. La déportation de 1944 n’est pas la seule que nous ayons subie. Aujourd’hui, nous pensons que les Russes veulent nous liquider. Le quart de la population est mort depuis 1994 et 50 % des Tchétchènes vivent hors du territoire. Les civils sont les premières victimes et la Tchétchénie est un terrain lucratif pour les trafics orchestrés par l’armée russe. Mon neveu Ali a été arrêté et torturé par l’armée jusqu’à ce que ma famille paye une rançon de 10 000 dollars. Le Kremlin a fait un travail brillant en convainquant le monde que les Tchétchènes étaient des terroristes et des bandits alors que les attentats sont les conséquences du désespoir et qu’il devient de plus en plus évident que les toutes premières attaques sont imputables aux services de renseignements russes.
Si rien n’est fait la jeunesse de mon pays va davantage se radicaliser.


« Un dossier pour la Cour internationale »

Auteur Shmuel Katz

Shmuel Katz a été un des cofondateurs, avec Menahem Begin, du parti Herut. Il a été membre de la première Knesset. Il est aujourd’hui essayiste.

Source Jerusalem Post (Israël)
Référence

« A brief to the international court », par Shmuel Katz, Jerusalem Post, 24 février 2004.

Résumé

Dans les prochains jours, la Cour internationale de justice va entendre des auditions pour statuer sur la légalité de la barrière israélienne, mais elle a déjà fourni des indications sur la sentence qu’elle prononcera sans doute puisqu’elle affirme que la clôture est construite dans les « territoires palestiniens occupés ». Cette appellation est celle qu’utilise l’Assemblée générale des Nations unies et il s’agit du terme développé par la propagande arabe anti-israélienne, une part de l’histoire fictive arabe.
En effet, Israël a un droit réellement valide de détenir ces terres, aussi bien historiquement que légalement, mais la Cour a déjà montré son biais analytique sur cette question. Le texte fréquemment utilisé pour tenter de faire croire qu’Israël occupe illégalement ces territoires est la quatrième Convention de Genève, mais cette dernière ne s’applique pas car Israël n’a pas pris les territoires d’un État souverain. Elle les a pris à un État qui les occupait illégalement.
En 1948, le Royaume-Uni a abandonné son mandat sur un territoire qui était présenté depuis 1922 comme le foyer national juif. L’ONU décida la partition du territoire en un État arabe et un autre juif et les juifs acceptèrent, à la différence des Arabes qui lancèrent une offensive croyant pouvoir nous détruire. Les juifs résistèrent, mais la Jordanie prit possession de la Judée et de la Samarie. En 1967, les Arabes nous firent à nouveau la guerre pour nous annihiler, mais ils échouèrent à nouveau et c’est à ce moment-là que nous avons pris ces territoires. Nous avons proposé de les rendre en échange de la reconnaissance d’Israël et de la paix, mais la Ligue arabe s’y est opposée.
La résolution 242 de l’ONU qui a suivit la guerre de 1967 prévoît qu’Israël évacue des territoires capturés pour obtenir des frontières sûres et reconnues. Les Arabes ont voulu amender le texte et demander qu’Israël évacue tous les territoires capturés, ce qui a été refusé. C’est pourtant sur leur version du texte que s’appuie leur propagande exigeant un retour aux frontières de 1967. La Cour de justice internationale doit en tenir compte et refuser de devenir un outil de propagande politique.


 



Thèmes
Questions nucléaires
Questions nucléaires


Pays
Allemagne
Allemagne


« Comment le Djihad est arrivé en Europe », par Jürgen Elsasser


L'effroyable imposture 2


« Le dossier Robert Ménard », par Jean-Guy Allard


 

À propos du Réseau Voltaire - RSS - Comment participer au Réseau Voltaire ?

  

Top