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Tribunes et décryptages - 5 septembre 2005
Masquer la débâcle des services publics aux États-Unis

Décryptage

Comme nous l’exposons dans notre rubrique Focus, l’ouragan Katrina a été un terrible révélateur pour l’administration Bush. Cette catastrophe a démontré qu’en dépit des discours unanimes de la presse internationale sur la superpuissance états-unienne, l’État fédéral était incapable de secourir les victimes de la catastrophe et moins encore de les prévenir.
Une partie de la presse mainstream, qui avait pourtant pendant longtemps accepté la gestion des affaires de l’administration Bush, demande aujourd’hui des comptes face à cette preuve de l’impuissance étatique.

L’éditorialiste du New York Times et économiste Paul Krugman dénonce dans son journal la gestion de cette crise par la Maison-Blanche. Il affirme que par sa politique depuis cinq ans, l’administration états-unienne a fait de ce qui n’aurait pu être qu’un ouragan grave, une terrible catastrophe provoquant des milliers de morts. Cela est d’autant plus impardonnable pour l’éditorialiste que, loin d’assumer leurs erreurs, les responsables politiques affirment, contre toute évidence, que le drame était imprévisible. Cette justification avait déjà servi suite aux attentats du 11 septembre 2001. À l’époque elle était déjà tout aussi fausse mais la presse mainstream l’avait accepté. Après le 11 septembre, aucun responsable politique n’a été inquiété au nom de l’unité nationale. Cette fois, menace Krugman, ce ne sera pas le cas. Comme pour confirmer cette menace, l’éditorialiste consacre également son éditorial suivant à une remise en cause de l’action de l’administration face à l’ouragan. L’ancien conseiller de Bill Clinton, Sydney Blumenthal, considère dans The Guardian que la crise résulte d’une incapacité de l’administration Bush à tenir compte des éléments qui vont à l’encontre de sa vision idéologique du monde. Washington ne tient pas plus compte des scientifiques prévenant contre le réchauffement de la planète que des experts qui annonçaient que les troupes feraient face à une résistance importante dans la population irakienne. Le documentariste états-unien Michael Moore va plus loin dans une lettre ouverte sarcastique au président Bush, publiée sur son site et reprise par le quotidien autrichien Der Standard. Pour l’auteur, la Maison-Blanche ne fait qu’appliquer une politique de classe favorisant le monde des affaires au détriment de la population. Washington n’a pas plus tenu compte des risques pour les populations noires et pauvres de Louisiane qu’elle n’a tenu compte de la vie de ses soldats en Irak. Tout ce qui compte pour le pouvoir aux États-Unis, c’est de favoriser les élites économiques. George W. Bush ne s’est-il pas rendu à San Diego à la rencontre d’industriels après la catastrophe plutôt qu’en Louisiane ? Dans ces conditions, il n’y a qu’un souhait à avoir pour les États-Unis d’après l’écrivain allemand Fritz J. Raddatz : que les victimes de la catastrophe aillent demander des comptes au pouvoir à Washington. Fulminant contre la destruction de la Nouvelle Orléans, ville qu’il adorait, l’auteur appelle, dans Die Zeit, la population à se révolter.

Pour l’instant, la presse mainstream ne relaye pas les vues de ceux qui dénoncent une politique raciste de Washington. Pourtant, certains ont fait entendre leur voix. Lors d’une émission de collecte de fonds sur la chaîne de télévision NBC, le rappeur noir états-unien Kanye West a dénoncé la présentation des évènements par les médias et la politique de l’administration Bush. Il a affirmé que les principales chaînes de télévision montraient systématiquement les noirs comme des pillards qu’il fallait abattre et les blancs comme des victimes innocentes de l’ouragan. Il a également affirmé que si peu de choses avaient été faites pour empêcher le drame, c’est que l’administration Bush se moque du sort des noirs. Cette déclaration diffusée en direct sur la côte Est des États-Unis avait disparu de l’enregistrement diffusé plus tard sur la côte ouest.
Les partisans de l’administration Bush n’ont pour leur part pas à se soucier de la censure quand ils applaudissent les tirs sans sommations contre « les pillards » en diffusant un racisme à peine voilée. L’éditorialiste conservateur du Boston Globes, Jeff Jacoby, affirme en effet qu’il est important de remettre de l’ordre à la Nouvelle Orléans et présente globalement les populations qui commettent des vols pour trouver de la nourriture comme des pillards intéressé par le gain et des violeurs. Il dénonce l’attitude de ses confrères qui trouvent des excuses aux « pillards » et conclue son texte en affirmant que face à une crise il existe deux races : ceux qui se comportent de façon nobles et ceux qui se comportent de façon infâme. Compte tenu des origines sociales et de la couleur de peau de ceux qui sont contraints, faute d’aide du gouvernement, de voler pour vivre, la lecture raciste des évènements qu’illustre l’auteur ne fait aucun doute.

L’administration Bush est déstabilisée par les réactions face à son incompétence et organise la riposte médiatique. La Maison-Blanche et ses services de presse multiplient les parallèles avec le tsunami en Asie du Sud-Est. Cela a eu un certain succès puisque le titre « Notre tsunami », au dessus d’une photo de la Nouvelle Orléans, a fait la une de la plupart des titres de la presse consensuelle états-unienne. En affirmant que les deux catastrophes sont tout aussi graves et en comptant sur le souvenir des États-uniens que le tsunami en Asie du Sud-Est a fait bien plus de morts, Washington tente de conserver l’illusion que le nombre plus faibles de morts en Louisiane est dû à son action.
Pour renforcer le parallèle avec le tsunami de l’hiver 2004, George W. Bush a fait appel, comme ce fut le cas en janvier 2005, à Bill Clinton et George H. Bush afin de collecter des fonds pour l’aide aux victimes. Le département d’État états-unien reproduit le discours prononcé par le président en exercice entouré de ses deux prédécesseurs. Après de vagues promesses sans annonces de mesures précises, il consacre une large partie de son allocution à la reconstruction des pipelines et des raffineries en direction du secteur privé. Il conclue en appelant les États-uniens à la générosité. Aveu d’impuissance et façon d’assumer indirectement l’incapacité de l’État à faire face à ses devoirs élémentaires. Dans une allocution radio-télévisée dont les extraits sont repris par The Independent, le président Bush a essayé de mobiliser à nouveau ses concitoyens et à dépolitiser le problème en se lançant dans une lecture fataliste des forces de « Mère nature ». Il occulte, dans ce cas précis, le fait que l’ouragan aurait pu faire bien moins de dégâts si les infrastructures pour limiter des dégâts prévisibles avaient été construites.
Cette dépolitisation de l’évènement trouve une complicité chez la sénatrice démocrate de Louisiane, Mary Landrieu, qui, dans le Washington Post, se contente d’adresser un appel à la générosité privée et à valider le caractère « naturel » de la catatsrophe. Mais les démocrates, majoritaires au Congrès de 2000 à 2002, n’ont-ils pas voté les budgets de l’administration Bush, qui ne rénovaient pas les digues, alors même que le problème était connu depuis 2001 ?

Dans Al Watan, le journaliste états-uno-palestinien, Hikmet El Atili, s’amuse du concours lancé entre le Qatar, le Koweit et l’Arabie saoudite : celui-ci consiste à donner le maximum d’argent aux États-Unis pour aider les victimes afin d’apparaître comme des alliés fiables, tout en dénonçant les contributions des autres. Cette politique ne donne rien pour les contributeurs cependant. Dans son discours de remerciement aux donateurs internationaux, Condoleezza Rice les a oubliés de la liste, préférant s’attarder sur le don modeste du Sri Lanka. Ce don offre l’avantage de relancer le parallèle avec le tsunami.




5 septembre 2005

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 États-Unis

Auteurs et sources des Tribunes et décryptages

« Un gouvernement incapable »

Auteur Paul Krugman

Paul Krugman est éditorialiste au New York Times et professeur d’économie et de relations internationales à l’université de Princeton.

Sources New York Times (États-Unis), The Age (Australie)
Référence

« A Can’t-Do Government », par Paul Krugman, New York Times, 2 septembre 2005.
« New Orleans : the awful questions », The Age, 5 septembre 2005.

Résumé

Avant le 11 septembre, la FEMA avait fait la liste des trois catastrophes les plus probables aux États-Unis : un attentat terroriste à New York, un tremblement de terre à San Francisco et un ouragan sur la Nouvelle Orléans. Le Houston Chronicle décrivait cette dernière catastrophe comme la plus mortelle potentiellement. Pourquoi la nation était-elle alors aussi mal préparée ? Après le 11 septembre, les questions les plus dures ont été occultées au nom de l’unité nationale. Cette fois nous devons connaître les responsabilités.
Première question : pourquoi l’aide et les forces de sécurité ont-elles mis autant de temps à arriver ? Nous savions déjà vendredi 26 août que l’ouragan ferait d’immenses dommages mais il n’y a pas eu de réaction digne d’un pays développé. Des milliers d’Américains sont morts ou en train de mourir car ils étaient trop pauvres pour quitter la zone de risque et qu’ils n’ont reçu aucune aide.
Deuxième question : pourquoi n’y a-t-il pas eu davantage de mesures préventives ? L’accroissement des dépenses publiques liées à la guerre en Irak et la diminution des impôts n’a pas permis de dégager des fonds pour assurer les travaux de prévention.
Troisième question : la FEMA a-t-elle perdu toute compétence ? C’est ce que craignait son ancien directeur du fait de la politique de l’administration Bush à son égard.
L’administration Bush a affiché plus que de l’incompétence. Elle a montré une fois de plus qu’elle ne prend jamais en compte la prévention, les conséquences de ses politiques et ne demande jamais d’effort collectif. Aujourd’hui, pour échapper à sa responsabilité, elle ment sur le caractère imprévisible des évènements.


« Katrina : nous récoltons ce que nous avons semé »

Auteur Sidney Blumenthal

Sidney Blumenthal est ancien assistant et conseiller spécial du président Bill Clinton. Il est l’auteur de The Clinton Wars. Il a été éditorialiste du New Yorker, du Washington Post et de New Republic. Il est désormais éditorialiste au Guardian sur les questions de politique états-unienne et le correspondant à Washington de Salon.Com.

Source The Guardian (Royaume-Uni)
Référence

« Katrina comes home to roost », par Sidney Blumenthal, The Guardian, 2 septembre 2005

Résumé

Suite à l’ouragan Katrina, la ville de la Nouvelle Orléans fait désormais partie du Golfe du Mexique. Toutefois, les dommages ne sont pas entièrement le résultat d’une catastrophe naturelle.
Il y a un an, les ingénieurs de l’US Army ont voulu lancer une étude sur les risques d’inondations à la Nouvelle Orléans, mais l’administration Bush a ordonné que le travail ne soit pas entrepris. Les fonds dédiés aux travaux des ingénieurs ont été réaffectés à la Guerre d’Irak. Les réductions de financements ont dégradé la situation, mais pourtant personne ne peut dire que tout cela n’était pas prévisible. Outre les infrastructures, on a délaissé la protection des marécages. Cela n’a fait qu’aggraver la situation car ceux-ci n’ont plus retenu l’eau.
En outre, l’administration Bush a toujours rejeté les analyses scientifiques sur le réchauffement de la planète et lors du sommet du G8 de Gleneagles, Washington s’est opposée à toute proposition d’action collective pour régler ce problème. Sur cette question, George W. Bush a ignoré tous les appels de la communauté scientifique lui demandant de tenir compte de leur avis et de traiter la question du réchauffement climatique. Il a préféré faire ce qu’il fait pour chaque responsable présentant des vues opposées à l’idéologie de l’administration : organiser son licenciement.


« Michael Moore est de retour »

Auteur Michael Moore

Michael Moore est écrivain et réalisateur de documentaires. Il a reçu un oscar pour son documentaire Bowling for Columbine et la Palme d’Or du Festival de Cannes pour Fahrenheit 9/11

Source Der Standard (Autriche)
Référence

« Michael Moore reitet wieder », par Michael Moore, Der Standard, 4 septembre 2005. Ce texte est adapté d’une lettre ouverte au président Bush publiée sur le site de l’auteur.

Résumé

Cher président Bush,
Est-ce que quelqu’un sait où sont passés tous nos hélicoptères ? Avez-vous besoin d’aide pour les retrouver ? Je sais ce que c’est, j’ai déjà perdu ma voiture une fois sur le parking de Sears. J’ai particulièrement apprécié que le lendemain de l’ouragan vous ne soyez pas allé en Louisiane mais à San Diego pour participer à une soirée avec vos types du monde des affaires. Ne tenez pas compte des critiques à ce sujet, qu’auriez-vous donc pu bien faire ? Boucher les digues avec les doigts ?
Le troisième, quand vous avec quitté votre lieu de vacances, je dois dire que vous avez été impressionnant quand vous avez demandé à vos pilotes de pouvoir jeter un œil sur le lieu de la catastrophe. J’imagine que vous auriez volontiers déballé un mégaphone pour aller jouer les chefs de terrain. Bien sûr il y a des gens qui vont essayer de politiser cette histoire et de l’utiliser contre vous. Au pire ne répondez rien et continuez sur la même voie. Ce n’est pas de votre faute si 30 % de la population de la Nouvelle Orléans vit dans la pauvreté et que des milliers d’entre eux n’avaient pas de moyen de transport pour quitter la ville. Il sont tous noirs, ce n’est pas comme si ça s’était passé à Kennebunkport [1].
Tenez-bon Mr Bush, montrez-nous juste que vous pouvez libérer quelques hélicoptères. Faites simplement comme si la Nouvelle Orléans et la côte du golfe du Mexique étaient à côté de Tikrit.


« Ma complainte douloureuse »

Auteur Fritz J. Raddatz

Fritz J. Raddatz est écrivain allemand. D’origine est-allemande, il était passé à l’ouest en 1960. En France, il a été fait Officier des Arts et des Lettres par l’ancien président de la République, François Mitterrand.

Source Die Zeit (Allemagne)
Référence

« Mein wütendes Klagelied », par Fritz J. Raddatz, Die Zeit, 2 septembre 2005.

Résumé

La Nouvelle Orléans était une ville unique, c’est la seule que l’on pouvait caresser. Je trouvais niais le cliché « ça sent la France », la ville avait son propre air d’élégance perdue. J’ai pu apprécier la tendresse de cette ville, que ce soit à la terrasse d’un café ensoleillé ou dans un élégant restaurant créole climatisé, ou le garçon ganté de blanc nous servait la délicieuse cuisine cajun.
Parce qu’une administration totalement incompétente n’a pas été capable de construire des digues efficaces et de protéger la population avant la catastrophe, il y a plus d’un millier de morts dans la ville disparue sous les excréments, la boue et les eaux usées. Les États-Unis se prétendent une superpuissance, ils se sont autorisés à attaquer l’Irak avec des moyens militaires colossaux sans que ce pays ne les ait menacés. Ils dépensent quotidiennement 186 millions de dollars, c’est à dire 5,6 milliards par mois pour cette idiotie. Il n’y a cependant pas assez de bateaux pour sauver les gens à la Nouvelle Orléans. Il n’y a pas suffisamment d’eau potable. La situation serait risible si elle n’était pas si tragique. La dame Rice devrait se défaire pour une fois de son joli costume blanc immaculé.
Ce que je souhaite ? Que le cortège infini des pauvres qui n’ont que leur chemise, des mères avec leur enfant mort dans les bras se mette en marche jusqu’aux portes de la Maison Blanche et qu’ils mettent la main sur l’homme au blouson d’aviateur pour lui signifier qu’il devrait être désigné pour passer quatre années dans la ville écorchée au lieu de jouer avec ses chiens dans son ranch.


« L’instinct du pillage »

Auteur Jeff Jacoby

Jeff Jacoby est éditorialiste au Boston Globe.

Source The Boston Globe (États-Unis)
Référence

« The looting instinct », par Jeff Jacoby, Boston Globe, 4 septembre 2005.

Résumé

L’ouragan Katrina fait d’horribles ravages mais l’orgie de pillage et de délits qui a éclaté à la Nouvelle Orléans a été encore plus sinistre. Un désastre naturel peut causer des dommages à une communauté mais la sauvagerie humaine sape les fondements même de la communauté. Dès la tempête passée, des pillards s’en sont pris aux centres commerciaux pour voler des bijoux, des ordinateurs ou des DVD. Dans une vidéo, on voit des agents de sécurité et des policiers se joindre aux pillards. La destruction de la société civile n’est pas passée que par des atteintes aux bien, mais aussi aux personnes, on a noté des viols et les gangs prennent les rues.
Évidemment, certains leur trouvent déjà des excuses, vues les circonstances, et affirment que la situation est compliquée sur place. Mais contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, quand on vole des DVD et qu’on commet des viols, il ne s’agit pas de survie. L’affirmer c’est faire insulte aux citoyens qui font face à la situation avec bravoure. Comme le disait Viktor Frankl, il existe deux races d’homme, ceux qui ont un comportement noble et ceux qui ont un comportement abjecte. À la Nouvelle Orléans, la population a fait son choix.


« Le président demande à Bush et Clinton d’aider aux efforts de reconstruction suite à l’ouragan »

Auteur George W. Bush

[George W. Bush] est président des États-Unis.

Source Département d’État (États-Unis)
Référence

« President Asks Bush and Clinton to Assist in Hurricane Relief Efforts », par George W. Bush, Département d’État états-unien, 1er septembre 2005.

Résumé

Bonne après midi,
Je suis honoré de me trouver avec les anciens présidents Bill Clinton et George H. Bush. Nous venons de discuter des ravages de l’ouragan Katrina. Nous sommes unis dans notre détermination à aider les personnes de bien qui ont souffert de cette catastrophe.
Je suis en contact étroit avec Michael Chertoff qui travaille avec le directeur de la FEMA. Nous faisons face à l’un des plus grands désastres naturels qu’ait subi notre nation. Notre priorité est de sauver des vies en fournissant de la nourriture et en aidant les victimes. Nous travaillons dur pour réparer les digues. Nous évacuons le Superdome de la Nouvelle Orléans et nous sommes en train de restaurer l’ordre. Ce matin, j’ai rencontré le général Blum qui m’a fait son rapport sur le déploiement des forces chargées de ramener l’ordre. Je les remercie pour leur bon travail.
Nous travaillons à un plan de reconstruction et de réhabilitation des infrastructures énergétiques. Nous voulons limiter les effets sur les prix du pétrole. Nous voyons cette tempête comme un trouble temporaire que l’administration et le secteur privé vont bien vite réparer. Le secrétaire à l’énergie va utiliser les réserves stratégiques pour éviter une flambée des prix. Nous travaillons avec les compagnies pétrolières pour restaurer les pipelines et les raffineries. Nous allons participer financièrement à cette réhabilitation, mais nous attendons également une participation du secteur privé. En attendant, je demande aux citoyens états-uniens de consommer moins d’énergie.
J’ai demandé à Bill Clinton et à George H. Bush de collecter des fonds auprès des citoyens pour aider les victimes. Déjà, si vous voulez donner, vous pouvez le faire en faisant des dons à la croix rouge ou via un numéro de téléphone. J’ai été fier des efforts des anciens présidents pour aider les victimes du tsunami. J’en appelle aujourd’hui à vos dons et à vos prières.
Que Dieu vous bénisse.


« Nous avons été rappelé à l’humilité par la puissance de mère nature »

Auteur George W. Bush

[George W. Bush] est président des États-Unis.

Source The Independent (Royaume-Uni)
Référence

« We’ve been humbled by the powers of Mother Nature’ », par George W. Bush, The Independent, 5 septembre 2005. Ce texte est adapté d’un discours prononcé à la radio et à la télévision par le président des États-Unis à Washington.

Résumé

Vendredi, j’ai vu les conséquences de la plus grande catastrophe naturelle qui a frappé les États-Unis. J’ai rencontré ceux qui avaient tout perdu et les équipes de secours. Ces dernières font un grand travail mais le désastre est d’une telle ampleur que malgré leurs efforts, nos citoyens ne peuvent pas tous recevoir l’aide dont ils ont besoin. C’est inacceptable.
Beaucoup d’entre vous, mes chers concitoyens, ont besoin d’aide et en Amérique, on n’abandonne pas ses concitoyens. Le gouvernement fera son travail. Ce week-end, nous avons été rappelés à l’humilité par la puissance de mère nature, mais notre détermination reste sans faille. Nous avons le caractère nécessaire et les ressources pour faire face à ce désastre.


« Nous avons besoin de votre aide »

Auteur Mary Landrieu

Mary Landrieu est sénatrice démocrate de Louisiane.

Source Washington Post (États-Unis)
Référence

« We’ll Need Your Help, par Mary Landrieu, Washington Post, 1er septembre 2005

Résumé

La dévastation causée par l’ouragan Katrina est sans précédent et presque impossible à décrire. La reconstruction du Sud est de la Louisiane et de la Nouvelle Orléans n’est pas qu’une préoccupation majeure causée par cette catastrophe. C’est aussi le plus grand défi économique auquel notre pays doit faire face suite à un désastre naturel. Pour nous relever de cette tragédie, nous aurons besoin d’une direction forte, de courage, de patience et de prières.
L’administration Bush et le Congrès doivent fournir les ressources nécessaires. La reconstruction sera longue et douloureuse. Je suis triste de voir que la dévastation en Louisiane est analogue à celle que j’ai observé au Sri Lanka après le Tsunami. Je pense que les Américains feront preuve de la même générosité. Je vous invite à envoyer vos dons à la Croix rouge et au numéro de téléphone prévu pour recueillir les dons.


« La guerre des dons aux États-Unis s’enflamme entre les pays du Golfe »

Auteur Hikmet El Atili

Ecrivain, poète et journaliste dans le quotidien Al Watan, Hikmet El Atili est d’origine palestinienne et vit aux États-Unis.

Source Al Watan (Koweit)
Référence

« …حرب التبرعات لأميركا تشتعل بين الدول الخليجية « , par Hikmet El Atili, Al Watan, 04-09-2005.

Résumé

La guerre médiatique s’est enflammée, suite à l’ouragan Katrina, entre les pays du Golfe. La raison n’est autre que l’importance de l’aide, attribuée aux États-Unis, par chacun des gouvernements de la région. La chaîne Al Arabiya, dont la majorité des actions appartiennent à l’Arabie saoudite, n’a pas manqué l’occasion pour critiquer le prince du Qatar. Ce dernier, selon ladite chaîne, a offert une somme de cent millions de dollars au gouvernement Bush pour subvenir aux besoins des victimes de l’ouragan. La même chaîne a réservé un espace sur son site Internet exclusivement pour plus d’informations sur l’événement. De même, Al Arabiya a diffusé des centaines de déclarations, généralement celles de ses téléspectateurs, dénonçant l’initiative Qatarie. Ces intervenants pensent que les pays arabes et musulmans sont dans le besoin plus que les États-Unis.
Quant au gouvernement de l’Arabie Saoudite, ainsi que celui du Koweït, ils ont préféré ne pas préciser la valeur de leur don adressé aux États-uniens. Alors que le pays du Koweït, tout seul, a offert une somme gigantesque de cinq cents millions de dollars. C’est-à-dire, cinq fois la contribution du Qatar. Dans le même cadre, Al Arabiya n’a pas cité la participation saoudienne, qui a dépassé les trois cents millions de dollars. Selon des sources fiables d’Al Watan, de nombreuses organisations saoudiennes ont offert la somme de deux cents cinquante millions de dollars, alors que le reste a été versé par la compagnie ARAMCO.
Malgré cette course intense entre les pays du Golfe, pour satisfaire l’administration Bush et avoir sa bénédiction, les mass médias états-uniens ont marginalisé les différents chiffres cités auparavant. Ainsi, ils ont préféré, au contraire, parler de l’aide de Sri Lanka qui n’a pas dépassé les vingt cinq mille dollars. De même, la secrétaire d’État , Condoleeza Rice, a déclaré que ce qui lui a vraiment fait plaisir était l’initiative d’un pays pauvre tel le Sri Lanka. Donc, la guerre médiatique entre l’Arabie Saoudite, le Koweït et le Qatar, au sujet de l’ouragan Katrina, s’est achevée par une victoire saoudi-koweitienne.


 



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