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Tribunes et décryptages - 6 septembre 2005
La crise iranienne comme révélateur de la soumission européenne

Décryptage

Cet été, les relations entre l’Union européenne et l’Iran se sont fortement dégradées et Washington a multiplié les déclarations hostiles et agressives. Le spectre d’une intervention militaire se rapproche et, comme il se doit dans de pareilles circonstances, les cercles atlantistes mobilisent l’opinion pour la préparer à la guerre.
Le journal des élites de la gauche française, Le Monde, publie deux jours d’affilée des analyses d’experts légitimant le point de vue états-unien. Le 1er septembre, le journal français donne la parole à François Heisbourg et le lendemain à Thérèse Delpech. Les deux analystes sont membres de l’International Institute for Strategic Studies (mais leurs biographies dans le quotidien du soir ne le précise pas) et ont fait partie de ceux qui ont vendu la fable des armes de destruction massive irakiennes en France avant la Guerre d’Irak (Nous leur avions partiellement consacré un Focus, le 4 février 2004, « Les experts qui ont donné raison à la CIA ». Bien qu’ils aient manifestement fait preuve, soit de leur incompétence, soit de leur duplicité, les deux « experts » continuent de bénéficier d’une large audience dans les médias.
Dans sa tribune, François Heisbourg ne conçoit pas que la volonté iranienne ne puisse être uniquement de développer un programme nucléaire civil. Son postulat de départ est que Téhéran cherche à tromper la communauté internationale est à développer un programme nucléaire militaire. Après avoir légitimé la raison pour laquelle Washington prétend vouloir agresser l’Iran, il prétend que la guerre n’est pas une bonne solution, mais que « l’apaisement » n’est pas une position tenable. Aussi, M. Heisbourg suggère que les États-Unis et l’Union européenne demandent à la Chine de faire pression sur l’Iran. Pour l’auteur, Pékin doit oublier ses intérêts commerciaux en Iran et travailler à la préservation du Traité de non-prolifération sous peine de voir Séoul, Tokyo et Taipei se doter également de l’arme nucléaire. Doit-on conclure dans ces conditions que si les États-Unis attaquent l’Iran, il faudra le reprocher à la Chine ?
De son côté, Thérèse Delpech, tente d’accréditer la thèse d’un programme nucléaire iranien secret et d’une fraude iranienne au regard des critères du Traité de non-prolifération. Elle affirme que l’Iran aurait largement bénéficié de l’aide pakistanaise en se fondant sur des articles du très belliciste Wall Street Journal et des déclarations des Moudjahidines du peuple, groupe sectaire d’opposants iraniens. Le manque de fiabilité des sources ne semble pas gêner l’analyste qui sous-entend que le président Amhadinejad a participé personnellement à des manœuvres pour tromper l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA).

Dans The Guardian, le chercheur au Royal United Services Institute for Defence Studies, Dan Plesch, lance, pour sa part, un regard désabusé et résigné sur la crise iranienne et l’indépendance de son pays. Une guerre contre l’Iran aura des conséquences globale désastreuse, déstabilisant tout le Proche-Orient et provoquant une récession mondiale. Mais tout à sa volonté de conserver sa suprématie globale et de priver la Chine de ressources pétrolières, les États-Unis la déclencheront quand même. Compte tenu de la soumission de l’appareil politico-militaire britannique aux États-Unis, Londres suivra Washington. L’auteur réitère son appel en faveur d’une autonomisation des services de renseignement britanniques vis-à-vis des États-Unis.
Cette situation affole Turki Al-Soudairi, le rédacteur en chef du quotidien saoudien Alriyadh, qui, dans son journal, appelle l’Europe à s’interposer entre l’Iran et les États-Unis. Si la guerre éclate, c’est toute la région qui s’embrasera car les chiites d’Irak et du Liban combattront aux côté de Téhéran. Pour éviter une situation apocalyptique, l’auteur ne voit qu’une action de l’Union européenne, une option qui semble aujourd’hui s’éloigner.

Suite aux tensions estivales, l’Iran est en train de se résigner à ne pas compter sur l’Europe pour éviter la confrontation. L’éditorialiste vedette du Tehran Times, quotidien anglophone de Téhéran, Hassan Hanizadeh dénonce la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni et leur incapacité à développer une politique étrangère indépendante de Washington. Pour lui, les États-Unis et les milieux sionistes ont saboté la processus de négociation. L’auteur annonce donc l’intention de l’Iran de trouver à l’Est les alliances qui lui font défaut à l’Ouest. Malgré le style fracassant, cet éditorial ne vient que reconnaître un processus déjà largement engagée : l’Iran s’est lancé dans une pactomanie en direction des pays asiatiques et de la Russie. L’Iran est ainsi lié économiquement et/ou militairement avec la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Russie.

Le site russe Iran.Ru publie deux interviews démontrant les bonnes relations entre Moscou et Téhéran.
Le secrétaire du Conseil national supérieur de sécurité iranienne, Ali Laridjani, rappelle les bonnes relations que son pays entretient avec la Chine et la Russie. Compte tenu de ces alliances et de la ligne de Moscou et de Pékin, la troïka européenne ne peut prétendre incarner la communauté internationale. L’interviewé affirme également qu’il ne craint pas que le dossier de son pays passe devant le Conseil de sécurité de l’ONU : les buts de son pays sont légitimes et l’acquisition d’un programme nucléaire civil n’est absolument pas interdit. Cette analyse est confirmée par l’interview de Anton Khlopkov, spécialiste russe du programme nucléaire iranien. Pour l’auteur, l’Iran a le droit de posséder un programme nucléaire civil et pour l’instant se tient à cet objectif. Il se montre moins dur avec les Européens que les Iraniens et note que c’est l’influence des États-Unis sur le processus de négociations côté européen qui l’empêche de parvenir à un accord. Il estime que l’Union européenne doit négocier en toute indépendance si elle veut obtenir un résultat.

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6 septembre 2005

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 Iran (République islamique d’)

Thèmes
 EuCom : Contrôle de l’Europe
 CentCom : Contrôle du « Grand Moyen-Orient »

Auteurs et sources des Tribunes et décryptages

« La clé de la crise iranienne est à Pékin »

Auteur François Heisbourg

François Heisbourg est directeur de la Fondation pour la recherche stratégique, président du Conseil d’administration de l’International Institute for Strategic Studies et expert d projet Strengthening the Global Partnership du Center for Strategic and International Studies. Il est ancien membre de la représentation permanente de la France à l’ONU, ancien conseiller au ministère français des Affaires étrangères et ancien vice-président de MATRA-Défense-Espace. Il est l’auteur de Hyperterrorisme, la nouvelle guerre.

Source Le Monde (France)
Référence

« La clé de la crise iranienne est à Pékin », par François Heisbourg, Le Monde, 1er septembre 2005.

Résumé

La crise iranienne semble rassembler tous les éléments qui ont conduit à la crise irakienne. Pourtant, il s’agit de deux crises dont les tenants et aboutissants diffèrent. L’Irak a détruit l’ancien ordre international, ce qui se passe en Iran pourrait être l’acte fondateur du futur système international. Malheureusement, sans doute pas à l’avantage des démocraties européennes.
Le premier enjeu est l’avenir du régime international de non-prolifération des armes nucléaires. Jusqu’à la fin des années 90, le Traité de non-prolifération (TNP) avait remarquablement fonctionné. Seuls trois pays, non-signataires, ont acquis l’arme atomique depuis l’ouverture du TNP en 1968 et beaucoup d’États y avaient renoncé. La seule vraie violation pendant cette période fut celle de l’Irak, qui fut proche d’acquérir la bombe avant la première Guerre du Golfe. Aujourd’hui, ce système est proche de l’implosion. En 2004, la Corée du nord est sortie du TNP, mais comme l’Allemagne de l’Est, ce n’est pas un pays, c’est un régime. Un retrait iranien aurait une toute autre portée. Si l’Iran acquière l’arme nucléaire, il disposera d’un inacceptable leadership régional que ses voisins n’accepteront pas. Ils chercheront alors eux aussi à acquérir des armes nucléaires. Un Moyen-Orient instable et disposant d’armes nucléaires est un grave danger pour l’Europe et c’est pour cela que l’Union européenne veut convaincre Téhéran de respecter les règles de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Il est normal que l’UE n’accepte pas la destruction du TNP que cela occasionnerait.
Pourtant, même face au grave danger que représente une nucléarisation de l’Iran, une guerre n’est pas souhaitable. On ne peut pas espérer détruire durablement le programme nucléaire iranien avec quelques frappes. Il y aurait une aggravation mortifère des relations entre l’Occident et le monde musulman. En outre, l’impact d’une guerre sur les cours du pétrole serait désastreux pour l’économie mondiale. Malheureusement, l’apaisement ne fonctionne pas plus.
C’est ici qu’intervient le second enjeu : la nature de l’émergence de la Chine comme grande puissance. Pékin a un rôle central à jouer dans les relations avec l’Iran. Pékin ne doit pas penser qu’à ses intérêts économiques à court terme dans le dossier iranien. La Chine ne peut pas non plus se permettre un effondrement du système de non-prolifération. Si cela devait arriver, qui empêcherait Tokyo, Séoul ou Taipei de se doter de ces armes ? Il faut donc qu’Américains et Européens encouragent la Chine à agir de façon constructive dans ce dossier. Toutefois, à quel prix Pékin monnayerait-il cette action diplomatique ? Quelle sera la forme que prendra alors « l’émergence pacifique » chinoise ? Quelle place aura l’Europe dans le monde bipolaire sino-américain qui se dessine ?
Un autre facteur de la crise pourrait être un changement d’attitude des États-Unis vis-à-vis de l’Iran mais cela est malheureusement peu probable.


« Derrière Téhéran, Islamabad ? »

Auteur Thérèse Delpech

Ancienne conseillère de l’ex Premier ministre français Alain Juppé (1995-1997), Thérèse Delpech est directrice des affaires stratégiques au Commissariat à l’énergie atomique, membre du conseil de surveillance de la cellule européenne de la Rand Corporation et chercheuse à l’International Institute for Strategic Studies. Elle est membre du Comité de rédaction de la revue néconservatrice française Le Meilleur des Mondes.

Source Le Monde (France)
Référence

« Derrière Téhéran, Islamabad ? », par Thérèse Delpech, Le Monde, 2 septembre 2005.

Résumé

Jacques Chirac a indiqué à la dernière conférence des ambassadeurs que la situation créée par l’Iran avec la relance de son programme d’enrichissement nucléaire risquait de ne pas laisser d’autres issues que la saisine du Conseil de sécurité de l’ONU. Ce n’est que la réitération de la position française.
Les mois qui viennent de s’écouler ont été l’occasion d’une réflexion sur quelques questions majeures. Premièrement, quelles sont la nature des relations irano-pakistanaises ? En effet, si l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) n’a décidé de produire son rapport sur les installations nucléaires iraniennes que le 3 septembre au lieu du 9 août, c’est pour avoir le temps d’interroger des experts pakistanais. Pour en savoir plus, il faut répondre à trois interrogations :
- En quoi consistait l’offre faite par Islamabad à Téhéran en 1987 ? Il doit être possible de retrouver le contenu de ces documents soi-disant perdus en Iran au Pakistan ou dans le contenu des interrogatoires du Dr. Khan, père de la bombe pakistanaise et accusé d’avoir aidé le programme nord-coréen et libyen. D’après le Wall Street Journal, les services occidentaux auraient des informations sur les progrès de l’Iran en matière de vectorisation de l’arme.
- Le réseau d’Abdul Kader Khan a-t-il livré de l’uranium enrichi à l’Iran en 2001 ? C’est ce qu’ont affirmé en 2004, les Moudjahidines du peuple, organisation généralement très bien renseignée.
- On a trouvé des traces d’uranium hautement enrichi en Iran. Vient-il d’Iran ou du Pakistan ?
Malheureusement, il est douteux que le Pakistan réponde à ces questions de façon sincère. Il n’a pas intérêt à ce que son image de « proliférateur » se développe encore et comme il n’autorise pas les inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) à se rendre sur son sol, ce qu’il déclarera est invérifiable. Dans ce cas, il n’était pas important de retarder les conclusions du rapport pour organiser cette réunion.
Deuxième grande question : y a-t-il eu production clandestine de matières nucléaires en Iran ? L’existence d’un possible site clandestin est un sujet de préoccupation majeur. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a toujours prudemment évité de se montrer catégorique sur cette question. Pour l’instant, les sources ouvertes ont donné une indication précieuse sur l’existence éventuelle d’un site clandestin où des matières nucléaires auraient été présentes : la destruction en mars 2004 de six bâtiments sur le site de Lavizan-Shian à Téhéran et le creusement étrange du sol sur plusieurs mètres à certains endroits, pour empêcher la prise d’échantillons. Cette destruction est intervenue avant une visite d’inspecteurs internationaux, soi-disant pour construire un espace vert. Or, cet espace vert aurait été impérieusement demandé par la municipalité de Téhéran, alors dirigée par l’actuel président iranien.


« Comment Bush pourrait triompher d’une guerre avec l’Iran »

Auteur Dan Plesch

Dan Plesch est chercheur au Royal United Services Institute for Defence Studies et auteur de The Beauty Queens’ Guide to World Peace.

Source The Guardian (Royaume-Uni)
Référence

« How Bush would gain from war with Iran », par Dan Plesch, The Guardian, 15 août 2005.

Résumé

George W. Bush a prévenu dans une interview à la télévision israélienne qu’il était prêt à recourir à la force contre l’Iran pour l’empêcher d’acquérir l’arme nucléaire. Une fois encore, cette guerre devrait disposer du soutien britannique. La justification pourrait être qu’une attaque états-uno-britannique est le seul moyen de palier à l’échec de la communauté internationale et que leur action est le seul moyen d’empêcher une attaque israélienne.
La sagesse conventionnelle veut que les États-Unis, embourbés en Irak, ne peuvent pas attaquer l’Iran. C’est mal connaître les objectifs et les moyens des États-Unis. La dévastatrice puissance aérienne états-unienne n’est pas mobilisée en Irak et il est encore possible de mobiliser suffisamment de troupes pour prendre les zones pétrolières de la côte et mener des raids en Iran. Les bombardements viseront à détruire les infrastructures politiques, militaires et économiques (hors pétrole) du pays, ils ne se limiteront pas aux zones pouvant renfermer des armes de destruction massive. L’Iran pourrait également être en proie à une guerre civile puisque les États-Unis encouragent les mouvements séparatistes azéris et kurdes.
Les conséquences d’une telle attaque sont connues : développement du terrorisme, soulèvement chiite en Irak, attaque contre Israël venant de l’Iran et du Hezbollah, attaques contre l’industrie pétrolière du Golfe, explosion du cours du baril et récession mondiale. Toutefois, comme l’Iran est une menace pour la suprématie états-unienne et que son pétrole alimente surtout la Chine, l’autre grand rival, les États-Unis accepteront ces difficultés.
Il est probable que le Royaume-Uni participera à cette guerre. Le programme nucléaire iranien a une existence avérée, il sera donc plus facile de convaincre l’opinion. En outre, les États-Unis refuseront d’équiper le Royaume-Uni avec le remplaçant du programme nucléaire sous-marin trident si les Britanniques ne payent pas le prix du sang. Enfin, le vote favorable des conservateurs devrait permettre de palier les défections dans les rangs travaillistes. Si l’on veut empêcher cela, il faut pousser au renforcement des traités internationaux contre toutes les armes de destruction massive, libérer nos services de renseignement de l’influence états-unienne. Enfin, il faut faire pression sur nos députés.


« L’Iran, les Etats-Unis… et les éventuelles catastrophes ! »

Auteur Turki Al Soudairi

Turki Al-Soudairi est le rédacteur en chef du quotidien saoudien Alriyadh. Il est aussi le président du comité des journalistes saoudiens.

Source Alriyadh (Arabie saoudite)
Référence

«  !!إيران.. وأمريكا.. والكوارث المحتملة », par Turki Al-Soudairi, Alriyadh, 15 août 2005.

Résumé

La montée des tentions entre l’administration Bush et Téhéran est à la fois logique et le fruit de l’absence d’objectivité. Car une menace militaire états-unienne pour régler le problème de l’enrichissement de l’uranium iranien fait dépasser les limites par Washington, alors que l’Europe et l’Union Européenne souhaitent le régler diplomatiquement.
On a déjà attiré l’attention, dans cette même rubrique, sur le fait qu’une attaque armée contre les principaux sites pétroliers du pays du Golfe, et plus précisément ceux de Téhéran, serait une catastrophe. Une telle attaque mettra sûrement en cause la politique internationale et menacera la stabilité et l’équilibre sur tous les plans. D’ailleurs, même si la simple menace est considérée comme une pression politique, elle peut provoquer une montée flambante des prix du pétrole. De telle façon, les États-uniens seront impliqués dans deux crises principales, une sécuritaire et l’autre militaire.
De même, la majorité chiite en Irak restera-t-elle neutre ou muette si jamais l’Iran est visé militairement ? Si ce n’est pas le cas, une guerre éventuelle dépassera les frontières iraniennes en impliquant d’autres pays de la région, tel le Liban. L’administration Bush se rendra compte, très en retard, qu’elle a commis une erreur fatale en marginalisant l’alliance confessionnelle entre les chiites de la région. Les pays du Golfe peuvent être, logiquement, les plus inquiétés pour leur sécurité si l’Iran possède l’arme nucléaire. Mais, tant qu’il y’a toujours une possibilité pour un règlement pacifique du problème, ces pays n’oseront pas préparer le terrain pour une guerre destructrice.
Si l’administration Bush croit, par le biais de sa politique vis-à-vis l’Iran, qu’elle est dans l’obligation d’empêcher, même par force, l’armement nucléaire iranien, Téhéran considère cette menace comme une atteinte à sa souveraineté. Donc, chacun des deux adversaires défend ses intérêts et sa politique qu’il considère légitimes. L’Europe doit s’interposer.


« La vieille Europe perd sa crédibilité »

Auteur Hassan Hanizadeh

Hassan Hanizadeh est éditorialiste du Tehran Times.

Source Tehran Times (Iran)
Référence

« Old Europe fading from the stage », par Hassan Hanizadeh, Tehran Times, 2 septembre 2005.

Résumé

L’échec de l’Europe à gagner la confiance de la nation iranienne et l’attitude douteuse du vieux continent sur les questions internationales, particulièrement sur le dossier nucléaire iranien, a poussé les pays orientaux à revoir leurs liens avec l’Union européenne. Depuis le 11 septembre, les États-Unis traitent toutes les questions internationales sous l’angle sécuritaire et cela n’a fait qu’accroître les tensions. Malheureusement, la « vieille Europe », pour reprendre une expression de Donald Rumsfeld, s’est révélée être incapable de proposer une alternative.
L’Europe suit de façon aveugle les politiques de Washington et l’Union européenne n’est plus qu’un outil des États-Unis, perdant ainsi toute capacité à résoudre les problèmes du Moyen-Orient. Autrefois puissante dans la région, l’Europe a abandonné son influence régionale aux États-Unis. La proposition de Jacques Chirac de soumettre la question iranienne au Conseil de sécurité de l’ONU est l’illustration de la pression que le président français a subi des lobbies sionistes français et internationaux. Le président français a alors décidé de sacrifier les bonnes relations de la France et de l’Iran à l’apaisement des États-Unis et du régime sioniste.
Si la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne avaient sincèrement tenté de résoudre la crise, ils auraient pu regagner leur influence perdue dans la région. Mais les trois grands européens ont politisé la question au lieu de discuter avec un Iran pourtant de bonne volonté. Les pays musulmans ne pardonneront pas cela à l’Europe et l’Iran va trouver de nouveaux alliés pour faire face aux États-Unis.


« Ali Laridjani : notre but, le cycle du combustible nucléaire »

Auteur Ali Laridjani

Ali Laridjani est secrétaire du Conseil national supérieur de sécurité iranienne.

Source Iran.Ru (Fédération de Russie)
Référence

« Али Лариджани : Наша цель – ЯТЦ », par Ali Laridjani, Iran.ru, 29 août 2005. Ce texte est adapté d’une interview.

Résumé

Bien sûr, l’Iran n’aimerait pas que son dossier soit transféré au conseil de sécurité de l’ONU, mais il ne faut pas que les autres croient que cela effraie notre grande nation. S’ils pensent que notre affaire doit être l’objet d’une décision du Conseil de sécurité, beaucoup vont se retrouver perdants. Nous acceptons des négociations avec n’importe quel pays européen ou non, avec n’importe quel groupe de pays qui pourrait remplir le rôle d’une sorte de catalyseur pour ce processus.
Monsieur Mohammed El Baradeï s’est montré prêt à coopérer avec l’Iran sur la question nucléaire. Nos efforts sont dirigés vers le rétablissement du droit nucléaire iranien et le développement de technologies du nucléaire civil.
Je ne suis pas d’accord pour que les pays européens agissent au nom de toutes les autres nations. Il ne faut pas oublier le rôle potentiel de la Russie et de la Chine. Les méthodes de négociation seront revues le moment venu. Cependant elles ne constituent pas notre but ; notre but c’est le nucléaire. Toutes les propositions doivent être basées sur des principes et le premier d’entre eux c’est le droit du peuple iranien de développer des technologies nucléaires. Le président devrait bientôt annoncer des initiatives pour sortir de cette crise nucléaire.


« Il est important de minimiser l’influence des États-Unis »

Auteur Anton Khlopkov

Anton Khlopkov est directeur adjoint du Centre d’études politiques et responsable de ses programmes éducatifs. Ce centre publie depuis 1994 le journal Iaderny control (contrôle nucléaire). Il est l’auteur d’une monographie : « Iran’s Nuclear Program in Soviet-American Relations » (2001).

Source Iran.Ru (Fédération de Russie)
Référence

« важно минимизировать давление США » par Anton Khlopkov, Iran.ru, 28 août 2005. Ce texte est adapté d’une interview.

Résumé

D’après moi, le but de la dernière résolution du MAGATE est d’amener une nouvelle fois le gouvernement iranien à faire un pas vers la communauté internationale. Je pense que les avis sont unanimes en Russie pour dire qu’avec la reprise du travail au centre de transformation d’uranium d’Ispahan, l’Iran n’enfreint aucune règle. Je pense que les gouvernements respectifs devraient préparer les négociations plutôt que de faire des déclarations intempestives. Il s’agit de trouver un compromis. L’arrêt momentané de la transformation de l’uranium est une décision unilatérale de l’Iran et non le résultat d’une action juridique. Ce point a été incorporé aux accords de Paris.
Beaucoup disent en Iran que les négociations s’éternisent justement pour prolonger l’arrêt de la transformation de l’uranium, mais il ne faut pas oublier que la troïka européenne représente tous les pays de l’Union européenne et que le processus décisionnel peut prendre plus de temps que nous le souhaiterions.
Il est indispensable que ces trois pays principaux minimisent l’influence et le rôle des États-Unis dans ce processus. Il suffit de noter que la position européenne s’est durcie après la visite de Condoleezza rice au printemps.
La société Siemens a tenté d’acheter des entreprises russes qui participent au programme nucléaire iranien, mais le processus est gelé. Certains experts voyaient là un moyen de sortir la Russie du marché iranien mais les Allemands sont aussi intéressés par l’Inde et les pays d’Europe de l’Est, là où sont traditionnellement présentes les installations russes.
La position de la Russie est très claire, mais il est indispensable de résoudre cette question à la table des négociations. Conformément au traité de non-prolifération des armes nucléaires, l’Iran a tout à fait le droit de maîtriser le cycle du nucléaire civil.


 



Thèmes
Questions nucléaires
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Pays
Allemagne
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« La terreur fabriquée Made in USA », par Webster G. Tarpley


« La fondation Bertelsmann », par Pierre Hillard


« La filière terroriste du FBI », par Jean-Guy Allard

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