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17 janvier 2006

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Le Vatican souhaite rejoindre l’espace Shengen



L’avocat Nicola Picardi, procureur du Vatican, souhaite que l’État pontifical adhère aux Accords de Shengen -bien qu’il ne soit pas membre de l’Union européenne-, afin de perfectionner « les mesures de protection de la sécurité » face au « terrorisme international ».

L’objectif du « promoteur de la justice » serait de favoriser « l’échange d’informations, les opérations communes, les initiatives répressives et préventives visant à la sécurité des personnes » entre les membres de l’Union européenne et le Vatican.

Cependant, il paraît peu probable que les clauses relatives à la suppression du contrôle des frontières, prévues dans les premiers accords de 1985, soient respectées par l’État de la Cité du Vatican : le procureur Picardi précisant que seules « les clauses de renforcement de la coopération juridique et policière » [1] semblent « particulièrement » l’intéresser. La partie secrète de l’État pontifical restera inaccesible à tous, y compris aux hauts dignataires de l’Église ne détenant pas de passeport vatican.

Cependant, cette soudaine préoccupation sécuritaire ne se justifie pas. Aucun délit ni acte de « terrorisme » n’a été recensé entre la mort de Jean Paul II et l’inauguration solennelle de Benoît XVI, malgré les allées et venues de millions de fidèles. La criminalité intra muros de la Cité située au cœur de Rome étant quasiment inexistante en temps normal.

Certains experts avancent une autre explication : le Saint-Siège souhaite se détacher des États-Unis et se placer sous la protection des Européens. Lors des récentes cérémonies de funérailles et de sacre, la sécurité de l’État pontifical avait été assurée par l’OTAN [2]. Mais aujourd’hui la papauté s’inquiète des prétentions du président George W. Bush à se poser en chef spirituel du mouvement évangélique et à embarquer ses missionnaires dans les troupes de l’US Army [3] .



[1] Contenues dans la Convention d’application de l’accord de Shengen, 1990.

[2] « L’OTAN assure une surveillance aérienne pendant les Journées mondiales de la jeunesse catholique », Voltaire, 16 août 2005.

[3] « Franklin Graham, aumônier du Pentagone » par Edgar González Ruiz, et « Les Églises évangéliques et le jeu des États-Unis dans le monde arabe » par Charles Saint-Prot, Voltaire, 7 octobre 2004 et 14 novembre 2005.


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L’avocat Nicola Picardi, procureur du Vatican, souhaite que l’État pontifical adhère aux Accords de Shengen -bien qu’il ne soit pas membre de l’Union européenne-, afin de perfectionner « les mesures de protection de la sécurité » face au « terrorisme international ».

L’objectif du « promoteur de la justice » serait de favoriser « l’échange d’informations, les opérations communes, les initiatives répressives et préventives visant à la sécurité des personnes » entre les membres de l’Union européenne et le Vatican.

Cependant, il paraît peu probable que les clauses relatives à la suppression du contrôle des frontières, prévues dans les premiers accords de 1985, soient respectées par l’État de la Cité du Vatican : le procureur Picardi précisant que seules « les clauses de renforcement de la coopération juridique et policière » [1] semblent « particulièrement » l’intéresser. La partie secrète de l’État pontifical restera inaccesible à tous, y compris aux hauts dignataires de l’Église ne détenant pas de passeport vatican.

Cependant, cette soudaine préoccupation sécuritaire ne se justifie pas. Aucun délit ni acte de « terrorisme » n’a été recensé entre la mort de Jean Paul II et l’inauguration solennelle de Benoît XVI, malgré les allées et venues de millions de fidèles. La criminalité intra muros de la Cité située au cœur de Rome étant quasiment inexistante en temps normal.

Certains experts avancent une autre explication : le Saint-Siège souhaite se détacher des États-Unis et se placer sous la protection des Européens. Lors des récentes cérémonies de funérailles et de sacre, la sécurité de l’État pontifical avait été assurée par l’OTAN [2]. Mais aujourd’hui la papauté s’inquiète des prétentions du président George W. Bush à se poser en chef spirituel du mouvement évangélique et à embarquer ses missionnaires dans les troupes de l’US Army [3] .

 Ossama Lotfy
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[1] Contenues dans la Convention d’application de l’accord de Shengen, 1990.

[2] « L’OTAN assure une surveillance aérienne pendant les Journées mondiales de la jeunesse catholique », Voltaire, 16 août 2005.

[3] « Franklin Graham, aumônier du Pentagone » par Edgar González Ruiz, et « Les Églises évangéliques et le jeu des États-Unis dans le monde arabe » par Charles Saint-Prot, Voltaire, 7 octobre 2004 et 14 novembre 2005.


 

 



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