Réseau Voltaire

Reporters Sans Frontières se souvient (tardivement) de Sami Al Haj

| Lille (France)
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Mieux vaut tard que jamais !
Lundi 13 février 2006, l’association Reporters Sans Frontières (RSF) (« Quand Reporters Sans Frontières couvre la CIA », par Thierry Meyssan, Voltaire, 25 avril 2005), et (« Les mensonges de Reporters sans frontières », par Salim Lamrani, Voltaire, 2 septembre 2005.), a demandé officiellement la libération du journaliste soudanais Sami Al Haj, caméraman de la chaîne d’information arabophone Al-Jazeera. M. Al Haj, détenu par les États-Unis depuis décembre 2001, est aujourd’hui emprisonné dans le camp de Guantanamo. La chaîne qatarie s’est félicitée de cette demande dans un communiqué de presse diffusé sur son site le 15 février (« صحفيون بلا حدود تطالب واشنطن بالإفراج عن سامي الحاج », Al Jazeera, 15 février 2006.).
Cette demande de l’association dirigée par Robert Ménard est intervenue le même jour que la diffusion d’un rapport de l’ONU demandant la fermeture du camp de Guantanamo, mais aussi après que l’attitude de RSF dans cette affaire ait été largement critiquée. En effet, avant cet appel solennel à la libération de M. Al Haj, RSF n’avait consacré que fort peu de temps à son cas. L’organisation avait demandé au département d’État états-unien des explications sur cette arrestation le 20 septembre 2002 (« Détention à Guantanamo d’un journaliste d’Al-Jazira », Reporters Sans Frontières, 20 septembre 2002.) dans un communiqué dans lequel RSF entretenait le doute sur la culpabilité du journaliste en concluant par une formule sibylline « Al-Jazira a diffusé à plusieurs reprises des enregistrements vidéo d’Oussama Ben Laden, chef présumé d’Al-Qaïda. ». RSF était par la suite resté muet sur la question jusqu’au 27 janvier 2006, renouvelant son interrogation de septembre 2002, restée sans réponse pendant plus de trois ans.
Ce soudain souvenir de l’existence du journaliste emprisonné est peut-être lié à la campagne menée par notre collaborateur Salim Lamrani, auteur d’un texte dénonçant la duplicité de RSF et sa complaisance vis-à-vis des États-Unis dans cette affaire, article diffusé sur le web depuis le 22 janvier : (« Le silence de Reporters Sans Frontières sur le journaliste torturé à Guantanamo », par Salim Lamrani, Voltaire, 30 janvier 2006.).

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