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Tribunes et décryptages - 28 juin 2006
Alarmisme feint autour de la Corée du Nord
Décryptage
Washington a annoncé le 18 juin que, d’après les images recueillies par ses satellites espion, la Corée du Nord serait sur le point d’opérer un test de ses missiles longue portée Taepodong 2. Pyongyang n’a plus réaliser de tels test depuis le moratoire de 1998. Cette annonce a relancé le débat sur la possession par la Corée du Nord d’armes au plutonium.
La diplomatie états-unienne, bien vite suivie par ses alliés australien et japonais, a immédiatement condamné ce lancement annoncé et a déclaré qu’elle saisirait le Conseil de sécurité de l’ONU si ce test avait lieu. Les responsables americanistes affirment tous par ailleurs que le Taepodong 2 pourrait frapper la côte ouest des États-Unis (ou au moins l’Alaska), ce qui rendrait la menace encore plus directe. Mais l’annonce de Washington n’a pas convaincu tout le monde. Ainsi, le ministre de la défense Sud-Coréen Yoon Kwan-ung a déclaré au Parlement de son pays que, selon lui, le lancement de ce missile n’était « pas imminent ». Sergueï Ivanov, le ministre russe de la Défense a pour sa part qualifié l’agitation provoquée par cette annonce de « show » et l’annonce elle même de « spéculation » avant d’affirmer que la Russie n’avait pour sa part aucun élément concret permettant d’affirmer qu’un lancement de missile était en préparation.
Comme en 2002, il est toujours aussi difficile de se faire une idée exacte des actions précises des différents acteurs dans ce grand poker menteur qu’est la confrontation entre Washington et Pyongyang, pourtant la plupart des analystes de la presse dominante internationale accordent crédit aux imputations états-uniennes.
L’annonce états-unienne a réveillé bien des inquiétudes et ce d’autant plus que deux anciens hauts responsables de l’administration Clinton ont demandé expressément à George W. Bush de frapper préventivement la Corée du Nord s’il s’avérait que cette dernière allait effectivement mener son test.
Dans son édition du 22 juin, le Washington Post a publié une tribune co-signée par William J. Perry et Ashton B. Carter co-directeurs du Preventive Defense Project des universités de Stanford et Harvard, et respectivement ancien secrétaire et assistant secrétaire à la défense de Bill Clinton. Ils y appellent George W. Bush à faire ce « choix difficile ». Les deux hommes qui furent en charge du dossier nord-coréen au Pentagone quand la question nucléaire se posa pour la première fois en 1994 assurent que les États-Unis ne peuvent pas se permettre de s’exposer à une frappe nucléaire sur leur sol. Aussi, si la Corée du Nord devait effectivement s’apprêter à mener ce test balistique, les deux auteurs réclament que les États-Unis frappent en premier le site de lancement des missiles. Les deux responsables démocrates assurent qu’il est peu probable que Pyongyang riposte contre la Corée du Sud. Cette prise de position de deux anciens hauts dirigeants civils du Pentagone a surpris, les deux hommes étant généralement considérés comme « sages » et mesurées.
Dans le Los Angeles Times, le rédacteur de la revue Commentary, Gabriel Schoenfeld, considère que l’avis de MM. Carter et Perry n’est pas pertinent et mène la charge contre les deux démocrates. Il estime qu’ils n’ont aujourd’hui comme solution que ce qu’ils n’ont pas osé faire en 1994 quand ils étaient en charge du dossier. Il relève qu’en 1995, les deux hommes avaient admis devant le Sénat avoir préparé un plan d’attaque contre la Corée du Nord mais n’avait pas conseillé à Bill Clinton de l’utiliser. En 2002, ils avaient déclaré qu’une telle frappe aurait causé des milliers de victimes états-uniennes, nord-coréennes et des millions de réfugiés. Toutefois, pour l’auteur, c’est en 1994 qu’il aurait fallu frapper la Corée du Nord.
Comme on le constate, le débat outre-atlantique ne porte pas sur la véracité des imputations états-uniennes, ni même sur les intentions prêtées aux dirigeants nord-coréens, mais sur la pertinence d’une frappe préventive, qui serait pourtant une violation du droit international. Plus encore, il semble que la réaction de M. Schoenfeld au texte des deux démocrates marque davantage un souhait de les décrédibiliser avant la campagne des élections de novembre au Congrès.
Face à ces positions, il est difficile, malgré la gravité des demandes et ce qu’elles impliquent, de ne pas y voir des manœuvres politiques internes.
A bien regarder la presse internationale, il est d’ailleurs étonnant de voir à quel point l’annonce de Washington suscite des réactions qui n’ont finalement qu’un lointain rapport avec la question nucléaire nord-coréenne.
Ainsi l’éditorialiste du Jerusalem Post, Caroline Glick, par ailleurs chercheuse au Center for Security Policy de Franck Gaffney, utilise les actions imputées à Pyongyang pour demander une mobilisation militaire contre… l’Iran. L’auteur considère en distordant les faits que les crises iranienne et coréenne sont comparables. Reprenant implicitement le mythe de l’« Axe du mal », qui associait dans une même pacte secret anti-états-unien l’Irak de Saddam Hussein, l’Iran et la Corée du Nord, elle affirme que Pyonyang et Téhéran sont des alliés développant des stratégies parallèles visant à déstabiliser le « monde libre » en jouant sur les tensions entre États « occidentaux » et sur la faiblesse actuelle du président états-unien. Revenant au cas qui l’intéresse vraiment, le cas iranien, l’éditorialiste affirme qu’Israël doit s’inspirer de ce qu’elle analyse comme la position japonaise et sud-coréenne et doit prendre des mesures de sécurité unilatérale contre « l’Iran génocidaire et jihadiste ».
De son côté, l’éditorialiste du Korea Herald et avocat d’affaire coréen, Kim Jong-han, profite de l’occasion pour se lancer dans une attaque en règle contre Roh Moo-hyun qu’il accuse d’avoir détourné la politique du « rayon de soleil » mise en place par son prédécesseur Kim Dae-yung. Il assure que le rapprochement avec la Corée du Nord doit être avant tout subordonné au maintien de bonnes relations avec les États-Unis, dès lors la politique de neutralité entre les deux pays est considérée par l’auteur comme une grave atteinte à la traditionnelle alliance entre Séoul et Washington. Bref, l’auteur estime que la Corée du Sud, doit, pour son propre bien, conserver le lien de vassalité de facto qu’elle entretient avec les États-Unis.
Ces réactions reflètent avant tout les agendas politiques des différents analystes.
Cela ne surprendra pas le Britannique Gwynne Dyer qui écrit dans The Age que cette affaire fait beaucoup de bruits pour rien et que la « crise » est essentiellement le produit du jeu des différents acteurs : la Corée du Nord souhaite une relance des négociations car elle a désespérément besoin d’un accord sur son approvisionnement en nourriture et en énergie, les États-Unis utilisent l’affaire du test de missile pour relancer le débat interne sur leur vieux phantasme du bouclier anti-missile et le gouvernement japonais relance le débat sur les clauses pacifistes de sa constitution qu’il aimerait voir abrogées. Bref, tout le monde bluffe alors que la Corée du Nord n’utilisera jamais ses missiles.
Dans The Australian, Ian Bremmer, président de l’Eurasia Group et membre du World Policy Institute, n’est pas loin de partager cet avis. Pour lui, il est clair que cette action n’est que le fruit de la volonté nord-coréenne d’obtenir des négociations directes avec les États-Unis, il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter. Par contre, il se montre assez pessimiste sur la possibilité d’une évolution des relations, tant les différents acteurs semblant figé sur leurs positions.
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28 juin 2006
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Corée du Sud
Thèmes
Questions nucléaires
Corée du Nord
Auteurs et sources des Tribunes et décryptages
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« Si nécessaire, il faut frapper et détruire »
Auteurs
Ashton B. Carter, William J. Perry
Source
Washington Post (États-Unis)
Référence « If Necessary, Strike and Destroy », par Ashton B. Carter et William J. Perry, Washington Post, 21 juin 2006.
Résumé Les techniciens nord-coréens sont en train de finaliser la production d’un missile balistique de longue portée que certains experts jugent capables de frapper les États-Unis. Or, quand un missile comparable avait été testé par les Nord-Coréens, c’était en 1998. Les experts d’alors avaient estimé que la seule utilité d’une telle arme était de porter des têtes nucléaires. En 1999, la Corée du Nord a accepté un moratoire sur ses tests. Mais aujourd’hui, contrairement à 1998, la elle possède entre six et huit têtes nucléaires.
Les discussions six-partites visant à contenir les armes de destruction massive nord-coréennes ont échoué. Nous pensons que les États-Unis ne peuvent pas accepter d’être sous la menace nucléaire d’un pays hostile. Il serait prudent d’intervenir et, si la menace se précise, de détruire les missiles nord-coréens avant qu’ils ne soient opérationnels. On ne peut pas prendre le risque de compter sur notre système anti-missiles.
Il faut exprimer clairement que les États-Unis utilisent leurs seules forces, sans le concours d’un de leurs alliés, afin qu’ils ne souffrent pas d’une riposte nord-coréenne. Nous aurons droit à des protestations sud-coréennes, russes et chinoises mais personne ne défendra Pyongyang si nous frappons les premiers, la Corée du Nord ne pourra pas riposter. De toute façon, si Kim Jong Il attaquait la Corée du Sud, son régime n’y survivrait pas plus de quelques semaines.
George W. Bush doit prendre cette difficile décision.

« Trop tard pour les paroles dures sur la Corée »
Auteur
Gabriel Schoenfeld
Source
Los Angeles Times (États-Unis)
Référence « Tough talk on Korea, too late », par Gabriel Schoenfeld, Los Angeles Times, 23 juin 2006.
Résumé La communauté états-unienne du renseignement a découvert que la Corée du Nord préparait un test de son missile Taepodong 2, qui pourrait frapper l’Alaska avec une tête nucléaire. Qu’est-ce que les États-Unis doivent faire ?
William Perry et Ashton Carter, qui furent secrétaire à la Défense et assistant secrétaire à la Défense dans l’administration Clinton demandent une frappe préventive, assurant qu’ils ne pensent pas que Kim Jong Il frappera la Corée du Sud en riposte. Mais pouvons-nous en être vraiment sûr ? Un moyen d’analyser la question nord-coréenne est de revenir sur les positions des responsables en charge du dossier en 1994. Déjà à l’époque, Perry et Carter préparaient une offensive qui, d’après ce qu’en a dts Carter lui-même en 2002, aurait provoqué des milliers de morts états-uniens et des dizaines de milliers de morts sud-coréens, sans compter les millions de réfugiés. Mais les deux hommes pensaient qu’une Corée du Nord avec l’arme nucléaire serait pire. Toutefois, aujourd’hui, Perry et Carter n’expliquent pas pourquoi ils ne croient plus qu’une offensive états-unienne puisse provoquer de tels dégâts.
Ils peuvent prétendre qu’aujourd’hui les relations entre Séoul et Pyongyang se sont améliorées ou que de telles conséquences sont préférables à une attaque nucléaire contre les États-Unis. Pourtant, devant le Sénat en 1995, ils avaient affirmé qu’ils n’avaient pas recommandé l’option militaire à Clinton.
Nous aurions sans doute dû frapper à l’époque. Aujourd’hui, l’amnésie historique de Perry et Carter ne nous sert à rien.

« La Corée du Nord et Israël »
Auteur
Caroline Glick
Source
Jerusalem Post (Israël)
Référence « North Korea and Israel », par Caroline Glick, Jerusalem Post, 22 juin 2006.
Résumé Comme d’habitude, les médias israéliens ont manqué l’information la plus importante de ces derniers jours. Tandis qu’ils se focalisaient sur les enfants morts à Gaza parce qu’ils avaient été utilisés comme boucliers humains par les terroristes, le monde avançait vers une confrontation nucléaire.
La crise n’a pas été fomentée par l’Iran, mais par son allié nord-coréen qui se prépare à tester un missile capable de frapper la côte ouest des États-Unis. Ce coup de force stratégique est important pour Israël. Si nous tirons les bonnes leçons de la crise actuelle, nous pourrions renforcer notre position contre la menace iranienne. Il faut renforcer les groupes qui aux États-Unis et en Europe veulent affronter et non pas apaiser l’Iran jihadiste et génocidaire.
Suite à l’annonce de la préparation d’un lancement de missile nord-coréen, les États-Unis ont activé leur bouclier anti-missile et ont mené le plus grand déploiement naval depuis la Guerre du Vietnam. Deux anciens responsables de l’administration Clinton ont appelé à une frappe préventive. Les Japonais sont en état d’alerte et le ministre de l’unification sud-coréen, Lee Jong Seok a déclaré qu’en cas de test, la Corée du Sud arrêterait de fournir une aide alimentaire à Pyongyang. La Corée du Nord demande des négociations directes avec Washington mais les États-Unis refusent. Difficile de savoir qui va sortir vainqueur de cette confrontation.
Les États-Unis sont désormais menacés directement. La Corée du Nord veut exploiter la faiblesse actuelle de George W. Bush, et celle des relations états-uno-sud-coréennes. Elle espère ainsi forcer les États-Unis à la reconnaître comme une puissance nucléaire, ce qui créerait des tensions avec le Japon et la Corée du Sud.
Il y a de nombreuses similarités entre la crise coréenne et la politique iranienne. Pyongyang et Téhéran fabriquent des crises pour obtenir des concessions et exploitent les divisons occidentales. L’Iran, par exemple, fait croire que son armement ne vise qu’Israël alors qu’il peut déjà nous attaquer. En fait, ses msissiles peuvent frapper l’Europe et cela doit empêcher cette dernière de réagir en cas d’offensive irano-syrienne. Israël doit donc faire comme le Japon et la Corée du Sud face à la Corée du Nord et prendre des mesures de défense unilatérales. Cela forcera l’Europe et les États-Unis à réagir.
Un récent sondage a montré que 63 % des Hollandais considérait l’islam est incompatible avec la vie européenne moderne. Cela montre que les citoyens du monde libre comprennent que face au jihad, il n’y a pas de places pour l’apaisement.

« Le détournement de la politique du rayon de soleil »
Auteur
Kim Jong-han
Source
Korea Herald (Corée du Sud)
Référence « The hijacking of the sunshine policy », par Kim Jong-han, Korea Herald, 23 juin 2006.
Résumé Les tensions en Asie du Sud-Est ont été relancées par les déclarations états-uniennes ssur l’intention nord-coréenne de tester un missile à longue portée, capable de toucher le territoire états-unien. Ce test provoque des inquiétudes au Japon et aux États-Unis. Cela est également un test pour la solidité des relations états-uno-sud-coréennes qui ont été le socle de la sécurité dans la péninsule depuis 50 ans.
Si les États-Unis ont clairement exprimé leurs protestations face à cette information, Séoul a presque excusé Pyongyang. Ce n’est pas la première fois que les alliés s’affrontent sur la Corée du Nord depuis que Roh Moo-Hyun a été élu à la présidence de la Corée du Sud. On peut même dire que, par ses positions, Roh a mis à mal l’alliance avec les États-Unis. Quand le président Kim Dae-yung a mis en place la « politique du rayon de soleil », sa volonté état de promouvoir la réconciliation avec la Corée du Nord tout en conservant une alliance forte avec les États-Unis. A l’époque, j’avais dit au président Kim que, compte tenu de la position stratégique de la Corée, la présence des forces états-uniennes était indispensable à notre sécurité.
Mais cette politique qui avait pour vocation d’empêcher que Pyongyang et Washington ne discutent ensemble sans la Corée du Sud a été détournée par un groupe d’éléments extrêmes des cercles dirigeants de Séoul. Avec sa politique actuelle, Roh renforce Pyongyang et affaiblit les liens avec les États-Unis, ce qui ne fait que déstabiliser davantage la péninsule.
Il faut restaurer la politique du rayon de soleil.

« Les missiles nord-coréens servent parfaitement les intérêts états-uniens »
Auteur
Gwynne Dyer
Source
The Age (Australie)
Référence « North Korean rocket serves the US very well », par Gwynne Dyer, The Age, 21 juin 2006.
Résumé Enfant, quand je me savais observé, je faisais semblant que j’allais faire quelque chose de risqué sans montrer que je savais que j’étais observé. J’ai l’impression que la Corée du Nord agit de la même façon.
Les États-Unis ont ainsi pu observer la préparation de missiles Taepodong 2. Pourtant, Pyongyang n’a pas mis fin au moratoire sur les tests balistiques qu’elle s’est imposée à elle-même depuis 1998. La réaction états-unienne ne s’est pas faite attendre. Condoleezza Rice a déclaré que ces informations étaient graves et c’est exactement ce que souhaitait Kim Jong Il. Le dirigeant nord-coréen espère avoir l’air menaçant pour que les discussions six-partites, au point mort depuis six mois, reprennent. La Corée du nord a besoin d’un accord sur l’énergie et la nourriture mais rien ne vient, donc Pyongyang doit avoir l’air à nouveau dangereuse.
Pourquoi les États-Unis se laissent-ils prendre à ce jeu ? Après tout, la manœuvre n’est pas vraiment subtile. Mais en fait, jouer le jeu les sert. Ils peuvent ainsi relancer leur programme anti-missile. Cela sert aussi le Japon dont le gouvernement souhaite faire accepter à la population la remise en cause des clauses pacifistes de la constitution de 1947.
La Corée du Nord n’utilisera jamais ses armes (si elles existent) mais faire du bruit autour de cette question est si utile qu’on n’a pas fini d’en entendre parler.

« Les concessions, pas le conflit, sont la politique de Pyongyang »
Auteur
Ian Bremmer
Source
The Australian (Australie)
Référence « Concessions, not conflict, the policy from Pyongyang », par Ian Bremmer, The Australian, 22 juin 2006.
Résumé De récentes photos satellites ont confirmé quelque chose que Washington suspectait : Kim Jong Il n’aime pas qu’on l’ignore. Les puissances occidentales dominantes, la Russie et la Chine ont consacré beaucoup de temps sur le dossier nucléaire iranien. La Corée du Nord a donc rappelé qu’elle aussi avait la bombe.
Pyongyang a assez de plutonium pour construire plusieurs têtes nucléaires, mais il s’était auto-imposée un moratoire sur les tests ballistiques. D’après les satellites états-uniens et japonais, la Corée du Nord préparerait pourtant de nouveaux tests de ses missiles Taepodong 2, capables de frapper les États-Unis. Mais si un test de missiles fesait les gros titres des journaux et nuirait aux marchés japonais et sud-coréens, cela ne changerait pas le statu quo diplomatique. Washington souhaite toujours que la Corée du Nord démantèle son programme nucléaire mais n’a pas de moyens militaires de l’y contraindre. La Chine ne veut ou ne peut pas faire pression en ce sens et la Corée du Nord n’a aucun intérêt à supprimer sa seule sauvegarde en matière de sécurité. Cela laisse peu de possibilités diplomatiques. En fait elle espère que Washington fera comme avec l’Iran et finira par proposer des rencontres directes entre responsables nord-coréens et états-uniens.
Même si le test était réalisé, il y a peu de chances qu’on arrive à une escalade. Les États-Unis ne veulent pas aller plus loin et la Corée du Nord espère seulement obtenir des concessions.

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