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La nouvelle « Déclaration Balfour »

Lettre de George W. Bush à Ariel Sharon

| Washington D. C. (États-Unis)
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Monsieur le Premier Ministre,

Merci pour votre lettre qui présente votre plan de séparation.

Les États-Unis espèrent toujours et sont déterminés à régler le conflit israélo-palestinien. Je reste encore fidèle à la vision que j’ai présentée le 24 juin 2002, de deux pays qui vivraient côte à côte dans la paix et la sécurité, comme clé de la paix et à la feuille de route comme moyen permettant de parvenir à cette solution.

Nous saluons le plan de séparation que vous avez préparé selon lequel Israël se retirera d’une partie de ses installations militaires et de toutes les implantations dans Gaza et d’une partie de ses implantations et de ses installations militaires en Cisjordanie.

Les démarches décrites seront un pas significatif dans la concrétisation de la vision du 24 juin 2002, et elles apporteront une contribution déterminante dans la promotion de la paix. De même, nous reconnaissons que, dans ce contexte actuel, Israël croit en l’importance de créer des opportunités nouvelles dans le Néguev et la Galilée. J’espère que les démarches inclues dans ce plan, conformément à ma vision, rappelleront à tous les pays impliqués leurs engagements selon la feuille de route.

Les États-Unis sont conscients des dangers qui sont liés à cette démarche et c’est pourquoi, je souhaite vous garantir les points suivants.

Primo, les États-Unis resteront fidèles à ma vision et à sa concrétisation, conformément à la Feuille de route. Les États-Unis feront du mieux possible pour torpiller tout effort destiné à imposer un autre plan.

Selon la Feuille de route, les Palestiniens ont promis de mettre fin à toute activité armée contre les Israéliens, là où ils se trouvent. Qui plus est, toutes les institutions palestiniennes officielles se sont engagées à mettre fin à l’incitation contre Israël. La direction palestinienne doit agir fermement contre le terrorisme, au cours d’actions ponctuelles et efficaces qui mettront fin au terrorisme et détruiront ses infrastructures. Les Palestiniens doivent également procéder à de vastes réformes politiques qui conduiront à l’instauration d’une démocratie parlementaire forte et au renforcement du statut du Premier ministre.

Secundo, ni les Palestiniens, ni les Israéliens ne pourront jouir de la sécurité tant que les pays de la région, et de l’extérieur de cette région, ne s’uniront pas pour combattre le terrorisme et démanteler ses infrastructures.

Les États-Unis réaffirment leur engagement pour la sécurité d’Israël, incluant des frontières sûres et défendables, et promettent de protéger et renforcer la capacité d’Israël à se défendre par ses propres moyens, contre toute menace, ou contre plusieurs menaces parallèles.

Tertio, Israël conservera le droit de se défendre face au terrorisme, y compris celui de d’agir contre les organisations terroristes. Les États-Unis, en coopération avec la Jordanie, l’Égypte et d’autres pays au sein de la Communauté internationale, œuvreront en vue d’encourager la capacité et la volonté des institutions palestiniennes de combattre le terrorisme, de démanteler les organisations terroristes et d’empêcher que les régions qui seront évacuées par Israël ne deviennent une menace exigeant des traitements d’autres facteurs. Les États-Unis comprennent qu’après le retrait israélien de Gaza et de Cisjordanie, le contrôle des espaces aériens, des eaux territoriales et des postes-frontières ne seront pas modifiés tant qu’il n’y aura pas d’arrangements nouveaux. Les États-Unis sont profondément engagés à garantir la sécurité d’Israël et son bien-être en tant qu’État juif. Il est évident qu’un cadre juste, honnête et réaliste du règlement du problème des réfugiés palestiniens, dans le cadre d’une solution permanente devra inclure la création d’un État palestinien dans lequel ces réfugiés pourront s’intégrer, mais pas dans l’État d’Israël. Dans le cadre d’un accord définitif, Israël aura des frontières reconnues et sûres. Qui seront déterminées entre les deux parties conformément aux résolutions 242 et 338 de l’ONU.

En fonction de la nouvelle réalité sur le terrain, entre autre la présence de centres de population israélienne importants, il serait irréaliste de s’attendre à ce que les pourparlers se terminent par un retour absolu aux lignes d’armistice de 1949, et ce fut aussi la conclusion dans tous les précédents efforts de négocier une solution de deux états. Par contre, il serait réaliste de s’attendre à ce qu’un accord permanent ne soit obtenu que sur la base de changements qui seront décidés conjointement et qui seront le reflet d’une nouvelle réalité sur le terrain.

Comme vous l’avez souligné dans votre lettre, il est évident pour moi que vous êtes conscient qu’Israël doit engager sa responsabilité dans plusieurs points divers : entre autres, votre gouvernement a annoncé que la barrière de sécurité qu’Israël édifie actuellement n’est construite que pour des motifs sécuritaires et non politiques ; qu’elle doit être provisoire et non définitive, et donc qu’elle n’aura pas d’influence sur les dossiers liés au règlement permanent, telles les frontières définitives. De même, Israël doit tenir compte du tracé de cette barrière, de ses besoins sécuritaires et de l’influence que cette barrière a pour les Palestiniens qui ne sont pas impliqués dans des actions terroristes.

Comme vous le savez, les États-Unis soutiennent la création d’un État palestinien viable, possédant une continuité territoriale, souverain et indépendant, qui permettra aux Palestiniens de construire leur avenir conformément à la vision que j’ai exposée le 24 juin 2002 et conformément à la voie tracée dans la feuille de route.

Les États-Unis rejoindront d’autres pays dans la communauté internationale et encourageront le développement d’institutions politiques et démocratiques, et d’un nouveau leadership, qui sera fidèle à ces institutions.

Les États-Unis encourageront la création d’institutions palestiniennes régionales, le développement d’une économie libre et prospère et la création d’institutions sécuritaires solides qui imposeront la loi et l’ordre, et démantèleront les organisations terroristes. Un accord de paix entre Israël et les Palestiniens sera une grande bénédiction non seulement pour les deux peuples, mais aussi pour tous les peuples de la région. C’est pourquoi les États-Unis estiment que les peuples de cette région ont une responsabilité particulière : soutenir la création des institutions qui formeront l’État palestinien, lutter contre le terrorisme, neutraliser tous les individus ou organisations qui sont impliqués dans le terrorisme, et progresser sur la voie de relations plus normales avec l’État d’Israël. Ces démarches auront une contribution importante à l’instauration de la paix dans la région. Monsieur le Premier Ministre,

Vous avez décrit dans votre lettre une initiative audacieuse et historique qui peut apporter une importante contribution à l’instauration de la paix. Je vous félicite pour vos efforts et pour votre courageuse décision que je soutiens. En tant qu’amis proches et alliés, les États-Unis ont l’intention d’œuvrer avec vous pour transformer cette initiative en succès.

Textes de référence

- Résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU (29 novembre 1947) : plan de partage de la Palestine.
- Résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU (11 décembre 1948) : droit inaliénable au retour des Palestiniens.
- Résolution 237 du Conseil de sécurité de l’ONU (14 juin 1967) : retour des réfugiés palestiniens.
- Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU (22 novembre 1967) : illégalité de l’occupation des territoires envahis lors de la guerre de 1967.
- Résolution 2649 de l’Assemblée générale de l’ONU (30 novembre 1970) : légitimité de la lutte des peuples assujettis pour recouvrir leurs droits par tous les moyens.
- Résolution 338 du Conseil de sécurité de l’ONU (22 octobre 1973) : cessez le feu à l’issue de la guerre de 1973.
- Résolution 3236 de l’Assemblée générale de l’ONU (22 novembre 1974) : droits inaliénables du peuple palestinien.
- Résolution 3379 de l’Assemblée générale de l’ONU (10 novembre 1975) : qualification du sionisme.
- Résolution 3240/B de l’Assemblée générale de l’ONU (2 décembre 1977) : journée de solidarité avec le peuple palestinien.
- Accord de Camp David (17 septembre 1978) : préparation de la paix séparée israélo-égyptienne.
- Résolution 446 du Conseil de sécurité de l’ONU (22 mars 1979) : illégalité des colonies de peuplement dans les Territoires occupés.
- Résolution 478 du Conseil de sécurité de l’ONU (20 août 1980) : illégalité de l’annexion de Jérusalem
- Résolution 46/86 de l’Assemblée générale de l’ONU (16 décembre 1991) : retrait de la qualification du sionisme.
- Accord d’Oslo (13 septembre 1993)
- Rapport Mitchell (21 mai 2001)
- Résolution 1397 du Conseil de sécurité (13 mars 2002) : appel à la création d’un État palestinien.
- Initiative de paix arabe présentée par le prince Abdullah bin Abdul-Aziz (27-28 mars 2003) : solution à deux États.
- Feuille de route du Quartet (30 avril 2003)
- Les 14 réserves israéliennes à la feuille de route (25 mai 2003)
- Lettre d’Ariel Sharon à George W. Bush (14 avril 2004)
- Lettre de George W. Bush à Ariel Sharon (14 avril 2004) : reconnaissance des territoires conquis par Israël.
- Résolution ES-10/15 de l’Assemblée générale de l’ONU (20 juillet 2004) : illégalité du Mur construit dans les Territoires occupés
- Déclaration israélo-palestinienne d’Annapolis (27 novembre 2007)

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