|

|
 |
|
Tribunes et décryptages - 19 août 2004
Venezuela : le mensonge médiatique
Décryptage
Au Venezuela, l’échec du référendum révocatoire est un camouflet pour la CIA et un plébiscite pour le président Hugo Chavez. Le résultat était parfaitement prévisible pour tous ceux qui connaissent la réalité sociale de ce pays, la suite des événements aussi était connue d’avance. Voici des mois que les États-Unis avaient fait savoir qu’ils contesteraient la régularité du scrutin si le « non » l’emportait. Tous les experts s’attendent à des provocations et à des troubles favorisant une nouvelle tentative de coup d’État ou d’intervention extérieure. Conscients du danger, la plupart des 180 observateurs internationaux agrées par le Conseil national électoral ont quitté le pays dès le scrutin établi. Il reste pourtant encore 400 urnes à dépouiller. Bien sûr, les observateurs du Réseau Voltaire, quant à eux, resteront sur place et termineront les vérifications jusqu’au dernier bulletin.
La campagne de presse contre la démocratie vénézuélienne se déchaîne dans la presse internationale autour de trois thèmes : les élections auraient été truquées à l’insu des observateurs internationaux, les partisans de Chavez recourraient au meurtre pour intimider leurs opposants ; et le populisme de Chavez ne serait de toute manière qu’une impasse démagogique.
Ainsi, le diplomate Enrique ter Horst, qui soutint la tentative de putsch en 2002, assure dans l’International Herald Tribune que les preuves de la fraude électorale s’accumulent. L’ancien président Jimmy Carter et le secrétaire général de l’Organisation des États américains Cesar Gaviria, qui ont attesté de la sincérité du scrutin, auraient été bernés par les chavistes. M. Horst relaye l’accusation selon laquelle les machines servant à comptabiliser les votes auraient été programmées à l’avance, il en veut pour preuve que le nombre de « oui » est identique dans plusieurs bureaux de vote, mais ces résultats sont en conformité avec la tendance générale et cette coïncidence est statistiquement normale et s’observe dans toutes les élections.
Thor L. Halvorssen de la Commonwealth Foundation atteste, quant à lui, dans le Wall Street Journal que les chavistes assassinent leurs opposants et ont blessé par balle sa propre mère. Bigre ! Le lecteur s’étonnera donc qu’alors que cette dame a la nationalité britannique, le gouvernement de Sa Majesté n’ait émis aucune protestation et ait précisé dans un communiqué avoir pris note de la victoire du président Chavez et « du très petit nombre d’allégation de violence et d’intimidation ».
Beaucoup plus retors que ces accusations mensongères faciles à démentir, d’autres tribunes visent à discréditer l’action et la personne d’Hugo Chavez. On lira dans ce registre l’éditorial d’Alexandre Adler dans Le Figaro. Le thuriféraire de l’Empire états-unien dresse un portait peu flatteur du président vénézuélien qu’il situe entre les deux figures antagonistes du continent latino-américain, Peron et Guevara. Pourtant, malgré les nombreuses références historiques, on ne voit pas ce qui permet de tels rapprochements, sauf à se borner à constater que tous ces leaders sont latino-américains. M. Adler n’hésite pas à accumuler les approximations pour nourrir son dénigrement. Ainsi, il présente Chavez comme un militaire putschiste arrivé en définitive démocratiquement au pouvoir et il le compare aux militaires du cône Sud. C’est feindre de méconnaître l’opposition fondamentale entre les militaires du Sud du continent (Chili, Argentine), de culture germanique, et ceux du Nord (Pérou, Venezuela), de tradition bolivarienne. Dans l’imaginaire collectif, le général Simon Bolivar incarne une armée progressiste, se référant explicitement aux soldats de Valmy, qui se dresse contre la domination coloniale et l’oligarchie pour défendre le peuple. En 1992, divers officiers, dont le lieutenant-colonel Chavez, refusèrent de tirer sur la foule et se retournèrent contre leurs supérieurs avant d’être arrêtés et incarcérés. C’est cette action de désobéissance que M. Adler qualifie de « putsch ». Tandis qu’à ses yeux, l’actuelle opposition qui tenta trois coup d’État avec l’appui de la CIA, serait, elle, « démocratique ». On pourrait reprendre ainsi, imputation par imputation, les propos de M. Adler. Arrêtons-nous toutefois sur deux concepts. L’éditorialiste du Figaro confond les notions de populisme (s’adresser directement au peuple en court-circuitant les organes intermédiaires) et la démagogie (flatter le peuple en lui disant ce qu’il souhaite entendre). Il s’agit là d’un amalgame classique chez tous ceux qui se réclament de la démocratie tout en se méfiant du peuple et que M. Adler avait utilisé en France pour discréditer Bernard Tapie. Relevons aussi l’obstination de M. Adler à confondre États-Uniens et Américains au point de qualifier les latino-américains d’anti-américains.
Le stratège du Pentagone, Edward N. Luttwak, publie simultanément dans le New York Times, l’International Herald Tribune et le Globe and Mail une provocante tribune pour appeler au retrait des troupes états-uniennes d’Irak. Le professeur Luttwak préconise la politique du pire : en intervenant en Irak, les États-Unis ont provoqué un chaos dont ils ne tirent aucun profit. En se retirant, ils provoqueraient un chaos plus profond encore qui déstabiliserait toute la région et contraindrait les États riverains et les grandes puissances à intervenir à leur tour. Ainsi, les États qui refusent de s’associer à l’occupation seraient forcés de le faire. Ce point de vue cynique, qui planifie le malheur des populations et s’en réjouit, illustre explicitement la nouvelle doctrine états-unienne que le polémologue français Alain Joxe avait décrit avec lucidité il y a deux ans dans un célèbre ouvrage, L’Empire du chaos.
Le colonel Oliver North monte au créneau dans Military.Com. Il dénonce la dépendance des États-Unis vis-à-vis de leurs alliés en matière d’armement. Selon lui, des alliés félons (dont bien sûr la France) pourraient entraver l’effort de guerre US en bloquant la fourniture de pièces détachées. Le Pentagone doit donc constituer son arsenal en achetant exclusivement états-unien. Il semble qu’à l’approche de débats budgétaires, cette tribune ouvre une vaste campagne dans la presse spécialisée à Washington pour exclure les sociétés étrangères des appels d’offres et renforcer l’intégration du complexe militaro-industriel.
L’activiste sioniste David Ouellette met en garde les lecteurs du Jerusalem Post face à l’émergence d’un vote musulman au Canada. Il relate les efforts du Canadian Islamic Congress pour publiciser les positions des parlementaires sur la question israélo-arabe et appeler à un vote sanction. Il s’inquiète particulièrement de la campagne conduite contre le ministre de la Justice Irwin Cotler. Signalons à ce propos aux lecteurs belges et français que M. Cotler est (avec le suédois Per Ahlmark) est l’un des dirigeants de l’ICCA, une très discrète structure de relations publiques mise en place par le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, le rabbin Michael Melchior, après la conférence de Durban. Cet organisme s’emploie depuis trois ans à répandre dans les médias internationaux l’idée selon laquelle la Belgique et la France seraient des États antisémites.
Enfin, dans le même quotidien, le propagandiste Daniel Pipes note les efforts du président Bush pour abandonner l’expression « Guerre au terrorisme » et lui substituer celle de « Guerre contre les extrémistes ». Reste, selon lui, à nommer ces extrémistes. Aussi, M. Pipes se réjouit-il de voir le président Bush, pour stigmatiser le nouvel ennemi, reprendre l’expression qu’il a créé de « militant de l’islam ».
Réseau Voltaire
|
 |
|

19 août 2004
Outils

Imprimer
Envoyer
Thèmes
Révolution bolivarienne au Venezuela
Auteurs et sources des Tribunes et décryptages
|
 |
« Les preuves d’une fraude électorale s’accumulent »
Auteur
Enrique ter Horst
|
Enrique ter Horst est avocat et analyste politique vénézuélien. Il a été assistant du secrétaire général de l’ONU. Il a dirigé les opérations de maintien de la paix au Salvador et en Haïti et a été vice commissaire de l’ONU au Droits de l’homme.
|
Source
International Herald Tribune (France)
Référence « Evidence of an electoral fraud is growing », par Enrique ter Horst, International Herald Tribune, 18 août 2004.
Résumé L’image d’une fraude électronique massive durant les élections au Venezuela se fait de plus en plus précise. Les sondages sortis des urnes indiquaient que l’opposition avait entre 12 et 19 points d’avance sur Hugo Chavez mais la commission électorale contrôlée par le gouvernement a affirmé quand elle a donné les résultats préliminaires que le président avait remporté l’élection avec 58 % des voix. Beaucoup n’y crurent pas, mais acceptèrent le résultat après que Cesar Gaviria de l’ Organisation des États américains et Jimmy Carter aient confirmé le vote.
Pourtant, deux jours après l’élection, de plus en plus de preuves viennent démontrer que l’élection était truquée par le système électronique et l’opposition réclame un décompte manuel des voix. Après avoir été contraint d’accepter un référendum révocatoire, Chavez savait que deux tiers des Vénézuéliens étaient opposés à son projet révolutionnaire d’inspiration cubaine. Deux pétitions furent nécessaires pour que la commission électorale soit contrainte d’accepter le référendum, à court de manipulation et confronté aux pressions internationales. Elle décida cependant que le vote électronique ne pourrait être vérifié qu’après l’élection, que les reçus émis par les machines et qui viennent confirmer le vote seraient placés dans une urne, mais pas recomptés. À Valle de la Pascua, la machine a compté 75 % de « oui » et les gardes nationaux l’ont saisie avant vérification. Dans un bureau qui vote traditionnellement contre Chavez, plusieurs machine ont enregistré le même nombre de vote « oui » et beaucoup plus de vote « non », les machines étaient programmé pour présenter les votes oui comme des non une fois un score atteint.
Bien que le l’Organisation des États américains et le Carter Center aient déclaré les élections équitables et justes, il n’ont fait que se baser sur les résultats électroniques. Une fois les problèmes soulevés, les deux organisations ont accepté un recompte des résultats de 150 machines, prises au hasard, mais en réalité c’est un recompte total qui est nécessaire.

« Le prix de la dissidence au Venezuela »
Auteur
Thor L. Halvorssen
Source
Wall Street Journal (États-Unis)
Référence « The Price of Dissent in Venezuela », par Thor L. Halvorssen, Wall Street Journal, 19 août 2004.
Résumé Lundi après midi, une manifestation de douzaines d’opposants à Hugo Chavez a été attaquée par des partisans du président. Des membres des Cercles bolivariens, financés par le gouvernement, ont ouvert le feu sur la foule, blessant gravement un député d’opposition, tuant une femme de 61 ans et blessant huit autres personnes dont ma mère, citoyenne britannique venue voir sa mère de 80 ans au Venezuela. Des évènements similaires avaient eu lieu il y a trois ans et filmés sans pourtant qu’aucun des responsables ne soient condamnés. Je n’étais pas dans la manifestation de lundi car j’étais en train de porter plainte car mon nom avait mystérieusement disparu des listes électorales, ce qui m’avait empêché de voter.
Depuis que le colonel Chavez a pris le pouvoir en 1999, tous les aspects de l’existence ont empiré et les seuls qui n’ont pas à en souffrir sont les dirigeants du parti au pouvoir. La pauvreté empire et on constate maintenant de la malnutrition. Les libertés civiles sont réduites et le Venezuela s’est détaché de son allié le plus proche : les États-Unis. Après avoir tout fait pour empêcher le référendum révocatoire, Chavez a trafiqué les listes électorales en envoyant ses opposants voter dans des lieux inaccessibles, en les éliminant des listes électorales et en naturalisant un demi-million d’immigrés clandestins. Les ambassades vénézuéliennes dans le monde furent mystérieusement à court de passeport, empêchant les expatriés de revenir voter.
Aujourd’hui, les résultats des élections annoncent une victoire de Chavez à 58 % sans véritable vérification du vote et malgré les protestations de deux des cinq membres du conseil électoral. Jimmy Carter n’a fait qu’observer les résultats officiels avant de repartir pour fêter l’anniversaire de sa femme. Chavez a aujourd’hui tous les rennes du pouvoir et ses partisans tirent sur les opposants.

« Chavez, mi-Peron et mi-Guevara »
Auteur
Alexandre Adler

 |
 |
Ancien collaborateur du Monde, de Libération, du Point et de L’Express et ancien directeur éditorial de Courrier international, Alexandre Adler est chroniqueur au Figaro et à Proche-Orient.Info. Connu pour ses positions atlantistes et pro-israéliennes, il avait qualifié de « traîtres juifs », des personnalités juives s’opposant à la politique d’Ariel Sharon. Il est l’auteur de J’ai vu finir le monde ancien.
|
Source
Le Figaro (France)
Référence « Chavez, mi-Peron et mi-Guevara », par Alexandre Adler, Le Figaro, 18 août 2004.
Résumé Bien qu’amplifiée par les fraudes et les bourrages d’urnes, la victoire incontestable du semi-Caudillo vénézuélien Hugo Chavez est un tournant de l’histoire politique de l’Amérique latine. Cette victoire du populisme créole est à la fois la pire et la meilleure des choses.
Commençons par le pire. L’Argentine a engendré, du temps de sa fragile prospérité, deux aberrations idéologiques durables : le péronisme et le guévarisme. Opposées en apparence, puisque Peron était un fasciste sympathisant actif de Mussolini et d’Hitler tandis que Guevara était un semi-trotskiste à la recherche d’une révolution latino-américaine originale, les deux idéologies se sont pourtant rencontrées sur l’essentiel : l’exécration du modèle de liberté nord-américain. À ce titre, la diplomatie argentine aura constamment, de 1930 à 1980, opposé un veto immarcescible à toutes les propositions venues de Washington de bâtir une communauté des deux Amériques d’abord contre Hitler, puis pour étendre le libéralisme économique. Ces deux idéologies sont le produit d’« un embarras de richesses » lié à la croissance des années 40 et l’expression d’une montée, sans cristallisation démocratique, d’une force populaire autochtone dans un pays traditionnellement dominé par les oligarchies terriennes. Cette situation va faire exploser le parti socialiste et voir le ralliement d’une partie de ses troupes au fascisme social de Peron. Le jeune Che Guevara ne partage pas l’idéologie péroniste, mais en conservera toutes les illusions : anti-américanisme fanatique, populisme foncier faisant peu de cas du marxisme véritable des petits partis communistes jugés trop réformistes, et surtout mépris de fer pour les difficultés de la production. Même dans la révolution cubaine, ses idées plus que courtes entraîneront son limogeage et son retour dans les jungles où il trouvera la mort de manière plus lamentable qu’héroïque au moment même où Peron revenait au pouvoir à Buenos Aires.
Chavez est le résultat d’une synthèse particulièrement perverse de ces deux mouvements. Il est péroniste car, comme son maître, c’est un militaire autoritaire et putschiste ainsi que le sont souvent en Amérique du Sud ces officiers qui n’ont jamais fait la guerre qu’à leur propre peuple. Comme Peron, Chavez, après une tentative infructueuse de coup d’État s’est imposé à un système démocratique sclérotique et exsangue. Mais si Peron avait pris le pouvoir en s’appuyant sur les classes moyennes, Chavez s’appuiera lui sur les classes populaires et c’est là qu’on retrouve le guévarisme. Chavez s’appuiera également sur les anciens partis de gauche démocratique qui finiront par éclater. Chavez tient un discours essentiellement de gauche : réforme agraire qui ici touche en les spoliant une agriculture productiviste de paysans moyens, redistribution sans progrès de la productivité de ce qui reste de la rente pétrolière sous forme de cadeaux sans lendemain pendant que les infrastructures du pays s’effritent, réglementation des exportations industrielles et agricoles déjà faibles afin de ruiner les entrepreneurs qui s’opposent à lui.
Voilà pour les mauvaises choses : la victoire nette de Chavez est la confirmation de la force du populisme qui balaie aujourd’hui toute l’Amérique du Sud. Chavez, vainqueur aujourd’hui, c’est pour reprendre Barbey d’Aurevilly : « Le bonheur dans le crime. »
Le bon côté des choses, c’est le triomphe de la diplomatie brésilienne qui est à la recherche d’une voie non antagoniste d’indépendance des États-Unis. Tout oppose en effet le régime de Lula et celui de Chavez. Chez les dirigeants brésiliens, on ne trouve aucun excès économique, aucun populisme irresponsable, aucune démagogie en matière de réforme agraire, aucune apologie du protectionnisme industriel et pas trace de l’antisémitisme populiste que Chavez a contracté auprès de ses interlocuteurs les plus extrémistes dans l’ OPEP. Pourtant le régime brésilien ne peut pas non plus se permettre de voir le Venezuela rebasculer dans le camp américain, et cela tombe bien, puisque les États-Unis aussi ne souhaitent pas à présent une défaite trop large de Chavez vue les tensions sur les marchés pétroliers. C’est la raison pour laquelle l’Administration Bush a accompagné le compromis élaboré par les Brésiliens au sein d’un comité baptisé Les Amis du Venezuela. Les Américains ont obtenu leur seule exigence : l’organisation d’un référendum révocatoire en échange du lâchage de l’opposition et de la fin des pressions sur Caracas. Leur victoire est certes celle du populisme, mais aussi d’un processus électoral à peu près limpide et la perspective de voir une dictature rouge-brune, étroitement alliée à Cuba, s’instaurer au Venezuela s’éloigne ; de même que s’éloigne le soutien vénézuélien aux guérillas communistes colombiennes. Mais attention, tout repose ici sur le rôle civilisateur du Brésil.

« Il est temps de quitter l’Irak (ou presque) »
Auteur
Edward N. Luttwak
Sources
International Herald Tribune (France), New York Times (États-Unis), Globe and Mail (Canada)
Référence « Time to Quit Iraq (Sort Of) », par Edward N. Luttwak, New York Times, 18 août 2004.
« America should threaten to pull out of Iraq », International Herald Tribune, 18 août 2004.
« Retreating to victory in Iraq », The Globe and Mail, 18 août 2004.
Résumé Beaucoup d’Américains croient désormais que les États-Unis gâchent leur force militaire et leur argent à la poursuite de buts non-réalistes en Irak. Ils ont raison. La démocratie ne semble pas intéresser les Irakiens, la reconstruction ne progresse pas et il est peu probable que le gouvernement par intérim puisse organiser des élections dans un pays où son autorité est bafouée. Pourtant, peu d’Américains sont prêts à abandonner l’Irak car il s’agirait d’un coup mortel porté à la crédibilité globale des États-Unis et un encouragement pour les islamistes violents partout dans le monde. Un abandon entraînerait la chute du gouvernement intérimaire et une déstabilisation de toute la région ?
Ces conséquences sont graves et c’est justement leur gravité qui peut aider les États-Unis à quitter l’Irak car la menace de notre départ forcerait les autres pays à intervenir. De même, si les chiites craignent de devoir se retrouver seuls face aux partisans de Saddam Hussein, ils reviendront à une collaboration avec l’occupant. L’Iran et la Turquie, tout comme le Koweit et l’Arabie saoudite craignent une déstabilisation de l’Irak et pourraient intervenir. Il faut donc menacer de partir et organiser ce départ. Si ces États refusent de prendre leurs responsabilités, alors nous partirons vraiment.
Bien sûr, cela sera un coup porté à notre crédibilité, mais moins qu’un départ à la vietnamienne.

« Externaliser la défense nationale »
Auteur
Oliver North

 |
 |
Oliver North est un chroniqueur régulier du Washington Times et consultant pour Fox News. Il est fondateur et président d’honneur de la Freedom Alliance. Il a été un des hommes clés de l’Irangate, notamment de l’organisation et du financement par l’argent de la drogue des Contras au Nicaragua
|
Source
Military.Com (États-Unis)
Référence « Outsourcing national defense », par Oliver North, Military.Com, 12 août 2004.
Résumé Dans ses déclarations sur l’Irak, John Kerry, entre deux propos contradictoires, fait fréquemment part de son souhait d’internationaliser le conflit. Pas besoin d’être xénophobe pour s’inquiéter de ce qu’implique cette demande. Kerry ne veut pas simplement « gagner la paix », en impliquant d’autres États étrangers, il veut les associer à toute une série de décisions concernant la sécurité des États-Unis, notamment l’entreposage des déchets nucléaires.
J’ai constaté en Irak, que de plus en plus de matériels qui équipent nos soldats sont fabriqués hors des États-Unis. Outre le débat sur l’intérêt technique de tels choix, cette tendance pose problème. En Afghanistan en 2001, les Talibans ont dû en grande partie leur défaite à des missiles JDAM, or, un élément de ces missiles est construit en Suisse. Comme le gouvernement suisse était opposé à la Guerre d’Irak, il a cessé de fournir ces pièces et le Pentagone a été contraint de trouver une technique de substitution, ce qui lui a pris des mois ; pourtant cet épisode ne semble pas avoir refroidi les décideurs et bientôt, une partie du matériel de nos avions proviendra d’une entreprise franco-brésilienne.
Ce type de comportement entraîne la création de richesses et d’emplois hors des États-Unis avec l’argent des contribuables, en outre, il participe d’un transfert de technologie sensible. Il faut que les décideurs du Pentagone comprennent qu’en s’équipant à l’étranger, ils font prendre des risques à nos troupes.

« Le pouvoir musulman au Canada »
Auteur
David Ouellette
Source
Jerusalem Post (Israël)
Référence « Muslim power in Canada », par David Ouellette, Jerusalem Post, 18 août 2004.
Résumé Le grand Nord n’a pas une tradition d’activité politique islamique, mais à l’approche des élections fédérales canadiennes, les lobbies musulmans ont développé un activisme sans précédent et on pourrait ainsi assister à l’émergence d’un vote musulman au Canada. Dans cette émergence, le Canadian islamic congress (CIC) a eu un grand rôle en rédigeant un rapport examinant le bilan des 301 parlementaires canadiens sur des questions comme la promotion des liens économiques avec les pays musulmans ou la défense de la cause palestinienne.
Dans ce rapport, la majorité des députés du New Democratic Party reçoivent une appréciation positive en raison de leurs prises de positions contre la politique étrangère états-unienne et Israël tandis que 68 des 71 députés conservateurs reçoivent de mauvaises notes. Le parti libéral au pouvoir obtient une note moyenne de B. Le rapport a été envoyé à tous les parlementaires et à leurs adversaires pour l’élection. Quelques jours avant l’élection, le CIC a organisé un colloque sur le vote engagé et la réunion a tourné en manifestation anti-sioniste et antijuive. Des tracts appelaient à boycotter les députés libéraux et le ministre de la Justice Irwin Cotler, avocat défendant les Droits de l’homme et ayant défendu des personnes comme Nelson Mandela ou Natan Sharansky. Les différents conférenciers s’en sont pris aux conservateurs, ont demandé aux musulmans d’aller voter et ont présenté les sionistes comme des voleurs.
Le lendemain de l’élection, le CIC se félicitait d’avoir fait voter 88 % des musulmans et d’avoir fait battre les conservateurs. Dans le même temps, les groupes musulmans n’ont pas soutenu Yasmina Ratansi, une femme musulmane qui ne porte pas le voile.

« Nommer l’ennemi »
Auteur
Daniel Pipes
Source
Jerusalem Post (Israël)
Référence « Naming the enemy », par Daniel Pipes, Jerusalem Post, 18 août 2004.
Résumé George W. Bush a récemment admis qu’il avait mal nommé la guerre au terrorisme et qu’il aurait dû l’appeler « la lutte contre les idéologues extrémistes qui ne croient pas dans les sociétés libres et utilisent le terrorisme pour secouer la conscience du monde libre ». Cette importante concession est une réponse aux critiques croissantes contre le terme de « guerre au terrorisme » (comment peut-on combattre une tactique ?) et vise à remplacer le terme de guerre au terrorisme par « guerre aux idéologues extrémistes ». Cette terminologie permet d’amorcer la guerre des idées, mais encore faut-il nommer cette idéologie, Bush doit désormais désigner ces idéologues.
Depuis le 11 septembre, le président a tenu plusieurs discours dans lesquels ils désignaient explicitement les extrémistes musulmans comme nos adversaires. Il les a parfois placés sur le même plan que les nazis ou les communistes. Le mois dernier, il a franchi un nouveau pas en désignant pour la première fois nos ennemis comme des « militants islamistes ». La somme des interventions de Bush et de son équipe démontre qu’ils ont une vision pertinente de l’ennemi à combattre. Bush a affirmé que ce qu’il combattait était le troisième totalitarisme, il faut maintenant qu’il le nomme clairement.

|
|
|
 |
 |
« »
|
 |