Réseau Voltaire
Plus de 30 000 morts au Darfour

Fodel Tijani : « Les initiatives de paix se sont heurtées aux manœuvres des USA »

Fodel Tijani : « Les initiatives de paix se sont heurtées aux manœuvres des USA »

Le Dr Fodel Tijani, ministre d’État aux Affaires étrangères de la République du Soudan, rejette les accusations de génocide portées contre son gouvernement par les États-Unis et le Royaume-Uni. Il assure que Khartoum tente de désarmer les milices qu’il contrôle et de négocier avec les autres. Il accuse Washington de chercher un prétexte pour s’ingérer dans son pays et de verser de l’huile sur le feu pour faire main basse sur son pétrole. Enfin, il souligne que plusieurs organisations intergouvernementales partagent l’analyse de son gouvernement.

Réseau Voltaire | Paris (France)
+
JPEG - 14.2 ko

Le conflit du Darfour, qui prolonge vingt et un ans de guerre civile soudanaise, a déjà provoqué le déplacement d’environ 1,2 million de personnes et la mort d’au moins 30 000 autres. Il n’oppose pas seulement le gouvernement et des rebelles, mais aussi une kyrielle de milices, mal identifiées et poursuivant des intérêts distincts. Des organisations régionales comme l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), puis l’Union africaine (UA) ont proposé leur médiation et mis en place un embryon de force d’interposition. Cependant les progrès accomplis sont très insuffisants. Les massacres continuent [1].

Dans ce contexte, les États-Unis ont ouvert une vaste campagne de communication pour sensibiliser la communauté internationale à ce drame. Mais leur analyse du conflit diffère notablement de celle des organisations régionales. Washington a déposé un projet de résolution au Conseil de sécurité qui prévoyait d’exercer des sanctions contre le gouvernement de Khartoum s’il ne mettait pas fin à la crise. Or ce texte a été rejeté par la Russie et la Chine qui contestent à la fois l’analyse du conflit et le choix des sanctions.

L’Association des avocats américains (partenaire de la Freedom House [2]) et la Coalition pour la Justice internationale (liée à George Soros [3]) ont réalisé une enquête auprès de réfugiés au Tchad. Selon eux, le conflit se résume à une tentative d’extermination des villageois non-Arabes par les Arabes (gouvernement de Khartoum et milices). Ces conclusions ont été diffusées par le département d’État et ont servi de documentation à Colin Powell pour qualifier la situation de « génocide » devant la Commission des affaires étrangères du Sénat états-unien. M. Powell s’est efforcé de créer un consensus politiquement correct sur la nécessité d’une intervention au Soudan en faisant valoir qu’il s’agissait bien d’un génocide des Noirs par les Arabes. Disposant à ce propos d’un assez large soutien au Congrès, où l’on ignore que l’on puisse être à la fois Arabe et Noir [4], le secrétaire d’État a alors introduit son projet de résolution à l’ONU en vue de faire adopter des sanctions. Il entendait en l’occurrence prononcer un embargo sur le pétrole soudanais au détriment des compagnies chinoises et indiennes qui l’exploitent.

Si les manœuvres états-uniennes sont aisées à interpréter, il est difficile de se faire une idée précise de la réalité des forces en présence dans la mesure où seul le point de vue des grandes puissances trouve à s’exprimer dans les médias occidentaux. Nous avons sollicité le gouvernement soudanais pour connaître le sien. Il conviendrait de connaître aussi celui des rebelles, mais nous n’avons pas été en mesure de le recueillir. Néanmoins, le lecteur pourra déjà se faire une opinion plus équilibrée des évènements.


Entretien avec le Dr. Fodel Tijani, ministre d’État aux affaires étrangères de la République du Soudan

Voltaire : Quel est l’historique du conflit au Darfour ?

Dr Fodel Tijani : D’abord permettez-moi de vous mentionner le fait que je suis moi-même originaire du Darfour ainsi que sept autres ministres au sein du gouvernement soudanais. La situation conflictuelle qui règne actuellement au Darfour trouve son origine dans des rivalités traditionnelles qui ont dégénéré en conflit meurtrier sous l’influence de facteurs nouveaux agravants.
Il existait au Darfour, comme dans d’autres régions du monde, une rivalité traditionnelle entre populations sédentaires et populations nomades pour le contrôle des accès à l’eau et aux pâturages. Ces situations étaient habituellement gérées par des arbitrages confiés aux chefs traditionnels, mais ceux-ci ont vu, sous l’effet de la modernisation des relations sociales, leurs influences diminuer, ce qui cette fois-ci les a empêché d’imposer un compromis acceptables pour les deux parties.
À cela il faut ajouter que le Darfour est confronté au grave problème de l’avancée du désert, ce qui rend la compétition pour l’accès aux pâturages et aux points d’eau de plus en plus exacerbée, l’augmentation de la population contribuant aussi à cette spirale. Autrefois, les tensions restaient peu meurtrières puisque les protagonistes utilisaient des armes blanches, alors que aujourd’hui, suite aux guerres civiles qui ont eu lieu dans le passé au Tchad et en République centrafricaine, il est possible de se procurer des armes automatiques sans avoir à les payer cher, ce qui multiplie le nombre de morts à chaque incident. Le nombre de morts augmentant, il devient impossible de gérer les choses par le biais de la coutume. Lors du premier incident grave qui est à l’origine des problèmes actuels, il y a eu une cinquantaine de morts de la tribu « Zagawoua » et une quinzaine parmi les « Arabes ». Autrefois, pour régler un tel incident, il fallait payer le « prix du sang », mais avec une telle quantité de morts il est devenu impossible de payer le prix et les Zagawouas ont alors demandé au gouvernement de Khartoum de payer ce prix du sang, ce qu’il a refusé pour ne pas entrer dans une logique qui ne ferait qu’encourager à multiplier ce type de situation. Cette réponse des autorités a servi de prétexte aux rebelles pour qu’ils accusent le gouvernement d’avoir pris partie pour leurs adversaires.
Il existe aussi des manipulations politiques, comme le rôle de Hassan El Tourabi, un ancien dirigeant soudanais connu pour ses positions islamistes extrêmes et qui a rompu en 1999 avec le gouvernement de Khartoum. Depuis, il a essayé de peser sur la vie politique en s’appuyant un temps sur la rébellion du Sud-Soudan et en aidant aujourd’hui un des deux mouvements rebelles du Darfour, le Mouvement Justice et Égalité. Nous venons par ailleurs de découvrir, à Khartoum même, des caches d’armes mises en place par des militants du parti de Tourabi. À cela on peut ajouter que le conflit au Darfour correspond aux intérêts du dirigeant rebelle sudiste John Garang qui, malgré les accords de paix qui viennent d’être signés, tente d’affaiblir la position du gouvernement soudanais. Et enfin, il y a le rôle des solidarités tribales qui expliquent que certains groupes bénéficient de complicités à l’extérieur des frontières soudanaises.

Quelles ont été les réactions des autorités locales au début du conflit ?

Le Soudan est un État fédéral et les gouverneurs des trois provinces du Darfour, qui sont originaires de la région, ont demandé au début à ce que le gouvernement central n’envoie pas de troupes dans la région mais laisse les problèmes être réglés par les autorités locales. Les rebelles en ont alors conclu qu’ils pouvaient accentuer la pression armée pour établir un rapport de force qui leur soit favorable. Ils ont attaqué des postes de police, tué 408 policiers et 22 officiers afin de se procurer les armes qui leur ont permis de défier les autorités.

D’où vient l’appellation de « Janjawids » ? Ce conflit est-il une guerre entre Noirs et Arabes ?

Traditionnellement dans la région, il existait des « Janjawids », c’est-à-dire des groupes de bandits recrutant dans toutes les tribus de la région mais, lorsque la rébellion a commencé, le gouvernement ne voulant pas envoyer l’armée, il a fait appel à des volontaires pour former des milices locales. Celles-ci proviennent de toutes les ethnies de la région mais, pour semer la confusion, elles se sont vus appelées « Janjawids » par les rebelles. Mais il faut dire aussi que les milices utilisent le terme de « Tora-Bora » (en allusion au refuge afghan de Ben Laden) pour désigner les groupes rebelles. Ces milices pro-gouvernementales n’ont jamais été formées sur une base tribale ou ethnique et le gouvernement n’a jamais armé quiconque sur une base ethnique. L’idée qu’il puisse y avoir un conflit entre « Noirs » et « Arabes » n’a pas de sens, dans la mesure où la totalité de la population du Darfour est musulmane sunnite et que les intermariages ont abouti à un mélange complet de la population locale si bien qu’il n’y a pas d’Arabes d’un côté et de Noirs de l’autre. Il y a en revanche des populations sédentaires et des populations nomades, toutes d’origine ethniques mélangées. La tribu au Darfour est une réalité sociale et non pas une réalité ethnique.

Quels sont les objectifs politiques des rebelles ?

En fait leurs objectifs politiques sont peu précis et se limitent à de vagues exigences, généralement très exagérées, portant sur le partage du pouvoir et des richesses avec le gouvernement central. Dans l’ensemble cependant, la rébellion est d’essence locale, sans programme ni national ni séparatiste. Elle cherche à devenir un moyen de pression en profitant, par le biais d’une crise humanitaire, de l’appui de puissances extérieures pour négocier des subsides et des postes dans l’administration au profit de ses membres. Le gouvernement soudanais, de son côté, a engagé des négociations en accord avec l’ONU avec les rebelles. Les sanctions prononcées par les USA contre le Soudan poussent toutefois les rebelles à ne pas négocier pour faire monter les enchères.

Quelles sont les organismes qui tentent d’aider à trouver une solution pacifique ?

Avant tout l’Union africaine qui, par le biais de son Conseil de sécurité, est en charge du problème et qui a élaboré une série d’initiatives de paix qui se sont heurtées aux manœuvres des USA dont les objectifs au Soudan ne semblent pas être pacifiques pour le moment. Cette situation risque de tenter aussi certains dirigeants du Sud du pays de remettre en cause les accords de paix signés récemment afin d’obtenir plus que ce qu’ils ont obtenu à la suite d’un très long et très difficile processus de négociations et de compromis.

Comment le gouvernement du Soudan envisage-t-il la restauration de la paix au Darfour ?

Le gouvernement a envoyé dans cette région 12 000 policiers. Il cherche à réaliser le désarmement de ses milices contre le cantonnement des forces rebelles dans des espaces définis, ce qui permettrait de cesser le conflit et de négocier une issue pacifique. Mais les rebelles exigent le désarmement des milices tout en voulant continuer à se déplacer librement à travers le territoire pour pouvoir essayer de le contrôler. L’Union africaine a appuyé la position de Khartoum visant à un désengagement simultané des deux protagonistes.

Quelle est la situation des déplacés ?

Certains se sont réfugiés au Tchad, d’autres dans différentes régions du Darfour, d’autres dans les villes. Il faut souligner le fait que, à l’encontre des accusations de génocides, beaucoup de déplacés sont venus se réfugier dans les zones contrôlées par le gouvernement, ce qui démontre clairement que ces populations ne voient pas dans le gouvernement un pouvoir génocidaire mais plutôt un pouvoir protecteur. Il y a aujourd’hui, selon les chiffres de l’ONU, 1 million d’habitants du Darfour qui sont déplacés pour une population totale de 5 millions de résidents.

Pour quelles raisons les autorités de Washington semblent-elles attiser le conflit ?

Il y a d’abord une conjoncture électorale. Il s’agit de faire preuve, dans la conjoncture actuelle, vis-à-vis de certains électeurs des États-Unis de fermeté anti-arabe tout en essayant d’accréditer auprès des électeurs afro-américains l’idée que le gouvernement des États-Unis a à cœur la défense des Noirs dans le monde. Il y a aussi la nécessité pour Washington de détourner l’attention de l’opinion mondiale des conflits en Irak et en Palestine en redonnant aux États-Unis un visage de « pays-défenseur des droits de l’homme ».
Et puis, il y a du pétrole au Tchad et en Libye, deux pays voisins et tout indique en conséquence que le Darfour en contient aussi même si aucune recherche n’a encore pu être menée sur le terrain. On peut aussi supposer que les satellites états-uniens ont peut-être découvert ce pétrole.
Pour le moment, le pétrole exploité au Soudan l’est par le biais d’une participation de la Chine, de la Malaisie et d’une société soudanaise. Une compagnie canadienne participait à son exploitation, mais elle s’est retirée sous la pression des États-Unis. Nous savons que les États-Unis veulent contrôler l’exploitation et l’acheminement du pétrole partout dans le monde. Les compagnies des États-Unis ont été les premières à découvrir du pétrole dans notre pays, mais, croyant être sans concurrents, elles ont exigé de notre part des conditions inacceptables pour sa mise en exploitation, ce qui nous a amené à rechercher et finalement à conclure un partenariat avec la Chine, ce qui ne plait pas aux États-Unis. Nous avons déjà eu d’ailleurs le bombardement de l’usine pharmaceutique de Khartoum par l’aviation des USA en 1998 sous un prétexte que même Washington a aujourd’hui reconnu comme étant faux.

On accuse l’armée soudanaise d’avoir bombardé des villages du Darfour ?

Il faut savoir qu’au Darfour, il n’y a pas de forêts et que les rebelles se regroupent donc aux alentours des villages existants et que, lorsque l’aviation soudanaise bombarde leurs positions, ils se réfugient dans les villages où le moindre incident aboutit à un incendie généralisé puisque les villages sont construits en paille.

Le gouvernement soudanais n’a-t-il pas désavantagé largement le Darfour dans le passé, ce qui justifierait la rébellion ?

Comme je vous l’ai dit, au sein du gouvernement, nous sommes huit ministres originaires du Darfour. En outre, certains rebelles ont aussi occupé des postes au sein du gouvernement. Il existe en revanche au Darfour un grave problème de sous-développement qui n’a pu être réglé à cause de la longue guerre au Sud qui a grevé le budget de l’État et au fait que, suite aux sanctions économiques engagées sous la pression de Washington, le Soudan n’a pas pu avoir accès pendant une dizaine d’années aux différentes aides au développement. Le Soudan a donc été une victime constante de la politique unilatérale de grande puissance.

Dans quelle mesure la position du gouvernement soudanais est-elle corroborée par des institutions neutres ?

Le Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a mené une mission d’enquête au Darfour et dans les camps de réfugiés au Tchad. Elle a abouti à la rédaction d’un rapport précisant que les violences qui se sont produites au Darfour ne peuvent être considérées comme une tentative d’épuration ethnique. De même, la Ligue arabe, Médecins sans frontières, l’Organisation de la conférence islamique et l’Union africaine ont également produit des documents démentant qu’il y avait un génocide en cours au Soudan. Même le secrétaire d’État des USA, Colin Powell, a d’abord admis que le gouvernement soudanais faisait des efforts louables pour tenter de trouver une issue au problème, jusqu’à ce que la pression venant d’éléments plus durs, en particulier au sein du Sénat des États-Unis, le pousse à faire des déclarations utilisant le terme de « génocide » pour qualifier le désordre et les violences qui règnent au Darfour. Le gouvernement fédéral du Soudan continuera à mener sa politique de recherche de paix, d’indépendance, d’unité nationale et bonne volonté envers l’ensemble de ses citoyens et de ses régions et visant tous les fauteurs de violences contre les civils quelque soient leurs appartenances.

Propos recueillis par Bruno Drweski

[1] « Cessez-le-feu au Soudan », Voltaire, 12 avril 2004.

[2] « Freedom House, quand la liberté n’est qu’un slogan », Voltaire, 7 septembre 2004.

[3] « George Soros, spéculateur et philanthrope », Voltaire, 15 janvier 2004.

[4] Les Arabes sont les personnes de langue maternelle arabe. Les Noirs sont les personnes à la peau noire. En se convertissant à l’islam, des Noirs ont appris l’arabe. En outre, l’islam a favorisé les mariages entre Sémites arabes et Noirs. Bref, les analyses raciales ne rendent pas compte d’une réalité humaine, mais révèlent l’idéologie de ceux qui s’y réfèrent.

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

Les Espions de l'or noir
Par Gilles MUNIER
À commander dans la librairie du Réseau Voltaire
 
Action secrète
Alors que le droit international a consacré le principe de souveraineté des États, les grandes puissances n’hésitent pas à corrompre des gouvernements, à déstabiliser des sociétés, à éliminer des dirigeants, voire à renverser des régimes par l’action secrète. Cette forme d’ingérence s’avère relativement peu coûteuse par rapport aux gains que l’on peut en attendre, mais elle mine la confiance entre les États.
À ce jeu, les Anglo-Saxons sont passés maîtres. Unis au sein d’un pacte militaire secret conclu en 1948 (UK-USA + Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), ils ont développé des outils d’espionnage et d’action clandestine au service d’un projet commun, celui de la Guerre froide. Ils rivalisaient alors avec l’Union soviétique face à laquelle ils avaient atteint une supériorité indéniable en la matière. La Chine maoïste et la France post-coloniale ambitionnèrent également de tenir par ce biais des zones d’influence, principalement en Afrique.
Après la dissolution de l’URSS, ce paysage fut entièrement renouvelé. La Chine a renoncé au financement tous azimuts de groupes armés révolutionnaires et s’est focalisée sur le renseignement utile au développement de la coopération économique. La France se retire de son pré carré africain au profit de l’Union européenne. Les services russes, qui auraient dû être engloutis dans le néant eltsinien, se sont attachés à restructurer le pays et sa zone historique d’influence (États nouvellement indépendants ex-soviétiques) en luttant contre les ingérences extérieures et non en s’ingérant dans le reste du monde.
À partir de 1995, les Anglo-Saxons ont investi massivement dans leurs services secrets, dont ils ont triplé le budget en une quinzaine d’années. En outre, ils ont intégré les services israéliens dans leur dispositif, parfois comme un membre à part entière de leur communauté, parfois comme un simple sous-traitant. En 2009, les services anglo-saxons (Israël non compris) emploient au total plus de 250 000 hommes et disposent de plus de 100 milliards de dollars US (soit 15 fois plus que ceux de la Russie leur principal compétiteur virtuel). De facto, l’espionnage et l’action clandestine sont devenus les outils essentiels de la globalisation forcée.
+
Approvisionnement en énergie
Le pétrole et le gaz, sources fossiles d’énergie, alimentent l’activité humaine depuis un siècle. Leur commerce représente le premier marché mondial, devant l’alimentation, l’armement, les médicaments et les drogues.
Les États-Unis ont progressivement affecté leurs forces armées à la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de leur économie. En signant l’accord du Qincy (1945), le président Roosevelt élevait déjà la protection de la famille royale saoudienne au rang d’objectif stratégique. Par la suite, le rapport Hamilton (1975) et la doctrine Carter (1980) incluaient le contrôle des champs pétroliers du Golfe et de leurs voies d’accès dans les missions du Pentagone. Pour ce faire, Washington avait institué le Central Command et entrepris de soumettre son allié irakien. Aujourd’hui, alors que les ressources de cette région s’épuisent et que les forces armées US sont sur-déployées, l’OTAN prend la relève. L’Alliance a élargi ses buts à la sécurité énergétique de ses membres (2006) et multiplie les implantations à proximité des gisements du bassin caspien.
Quoi qu’il en soit, d’ores et déjà les stratèges se tournent vers les réserves du Golfe de Guinée et vers les pétroles lourds du Venezuela et du Brésil qui devraient se substituer aux pétroles légers en cours d’épuisement. En prévision, le Pentagone a créé l’Africom et débuté la militarisation de la région Caraïbes avec la résurrection de la IVe flotte.
+
Les projets secrets pour le Yémen
Les projets secrets pour le Yémen
Point de la situation avant l’insurrection
 
AfriCom : Contrôle de l'Afrique
A l’horizon 2013, un quart du pétrole et des matières premières consommés aux USA et devraient provenir d’Afrique. Sur la base de constat, un think tank israélo-états-unien l’Institute for Advanced Strategic & Political Studies (IASPS) a préconisé la création d’un commandement militaire US pour l’Afrique, l’Africom. Il a été inauguré par l’administration W. Bush à la fin de son mandat et placé sous le commandement du général afro-américain William E. Ward, ancien coordinateur de la sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne.
L’annonce de ce dispositif a suscité une forte résistance en Afrique et aucun État n’a accepté d’héberger le commandement général, lequel s’est en définitive installé en Allemagne et en Italie.
La montée en puissance de l’Africom devrait s’articuler autour de la base US de Djibouti où stationnent déjà des troupes israéliennes. Une emphase particulière devrait êre portée au contrôle du Golfe de Guinée. Dans un premier temps, pour des raisons diplomatiques, elle devrait prendre la forme d’un réseau de petites bases, plutôt que de la construction de grandes installations. Washington devrait aussi prendre des initiatives pour se donner une image plus conciliante, notamment en acceptant l’exploitation chinoise des champs pétroliers soudanais, donc en cessant de déstabiliser ce pays.
Simultanément, la France devrait réduire sa présence militaire, la partager avec d’autres États de l’Union européenne, et la mettre au service des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine. Paris dispose encore de 9 000 hommes sur place, stationnés en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon, en Centrafrique, au Tchad et à Djibouti.
+
Le grand jeu africain
Le grand jeu africain
« L’art de la guerre »
 

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Les animateurs du réseau sont tous bénévoles.
- Auteurs : diplomates, économistes, géographes, historiens, journalistes, militaires, philosophes, sociologues... vous pouvez nous adresser vos propositions d’articles.
- Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez participer à la traduction des articles.

Édition internationale
français
English
Español
italiano
عربي
Deutsch
 
91 articles cette semaine dans toutes les langues
Jeux de guerre états-uniens dans le sud-est asiatique Jeux de guerre états-uniens dans le sud-est asiatique
Réseau Voltaire, 13 février 2012
 
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
الفيتو المزدوج لمنع حرب الإمبراطوريات على سوريا
مجلس التعاون الخليجي والناتو يفقدان زمام القيادة
بقلم ثييري ميسان, Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا الصين تصبح الشريك التجاري الأول لألمانيا
Shabakat Voltaire, 13 شباط (فبراير) 2012
 
Iran's Historic Anniversary Iran’s Historic Anniversary
by Stephen Lendman, Voltaire Network, 13 February 2012
 
Páginas Libres
Mafia de complicidad y reacción en el Apra
Socios, 12 de febrero de 2012
 
Syria 2011-2012, a rematch of Israel's 2006 war on Lebanon Syria 2011-2012, a rematch of Israel’s 2006 war on Lebanon
by Mahdi Darius Nazemroaya, Voltaire Network, 12 February 2012
 
Páginas Libres
¿Se incrementa riesgo personal con este gobierno?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 12 de febrero de 2012
 
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
« Revista de prensa sobre Siria » #49
Ante la competencia de la OCS, ¿escogerá la OTAN la diplomacia o las armas?
Socios, 12 de febrero de 2012
 
Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf Wladimir Putin tritt als Beschützer der Orient-Christen auf
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu Großbritannien „verpackt“ die Al-Qaida neu
Voltaire Netzwerk, 12. Februar 2012
 
Moscow and the formation of The New World System Moscow and the formation of The New World System
by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 11 February 2012
 
Assassinats anonymes
« L’art de la guerre »
Assassinats anonymes
par Manlio Dinucci , Réseau Voltaire, 11 février 2012
 
Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen Sergei Lavrov von Damaskus als Held empfangen
Voltaire Netzwerk, 11. Februar 2012
 
Al-Qaeda refashioned by the UK Al-Qaeda refashioned by the UK
Voltaire Network, 11 February 2012
 
الإرهاب في سورية
إغلاق السفارات والارهاب في حلب
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
حلب تستفيق على الإرهاب...
وتصعيد دبلوماسي إعلامي وإرهابي
بقلم سورية الغد, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
أغفو في وطني
بقلم نضال الخضري, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
الإرهاب في سورية
التحرك الخليجي إلى أين...
بقلم مازن بلال, Partners, 11 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
¿Sófero retroceso post marcha por el agua?
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 11 de febrero de 2012
 
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
« Revue de presse Syrie » #49
Face à la concurrence de l’OCS, l’OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ?
Partenaires, 10 février 2012
 
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
"NATO’s favorite despot"
U.S. Prepares Georgia for New Wars in Caucasus and Iran
by Rick Rozoff, Voltaire Network, 10 February 2012
 
La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda La Grande-Bretagne « reconditionne » Al-Qaïda
Réseau Voltaire, 10 février 2012
 
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
« SYRIA PRESS REVIEW » #49
Faced with competition from the SCO, will NATO choose diplomacy or arms?
Partners, 10 February 2012
 
Señal de Alerta
Risas inexplicables en la radio
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 10 de febrero de 2012
 
Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians Vladimir Putin emerges as protector of Eastern Christians
Voltaire Network, 9 February 2012
 
Censura británica: cómo seguir viendo Press TV Censura británica: cómo seguir viendo Press TV
Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
El doble veto prohíbe la guerra imperial contra Siria
El CCG y la OTAN pierden su liderazgo
por Thierry Meyssan, Red Voltaire, 9 de febrero de 2012
 
Westerners looking for a "Plan B"
« SYRIA PRESS REVIEW » #48
Westerners looking for a "Plan B"
Partners, 9 February 2012
 
Páginas Libres
¡Yo voto por el agua, el oro ni me va ni me viene!
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 9 de febrero de 2012
 
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B”
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Partenaires, 9 février 2012
 
Los occidentales buscan un “Plan B”
« Revista de prensa sobre Siria » #48
Los occidentales buscan un “Plan B”
Socios, 9 de febrero de 2012
 
Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas Sergey Lavrov accueilli en héros à Damas
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
Russia's popularity in Syria confounds the West
« SYRIA PRESS REVIEW » #47
Russia’s popularity in Syria confounds the West
Partners, 8 February 2012
 
255. Il faut à nouveau faire jouer l'« orchestre européen »
« Horizons et débats », 12e année, n° 5, 6 février 2012
Il faut à nouveau faire jouer l’« orchestre européen »
Partenaires, 8 février 2012
 
China becomes German's first trading partner China becomes German’s first trading partner
Voltaire Network, 8 February 2012
 
Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial Syrie : Le double véto russo-chinois inaugure un nouvel ordre mondial
par Pierre Khalaf, Partenaires, 8 février 2012
 
China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland China wird erster Wirtschaftspartner von Deutschland
Voltaire Netzwerk, 8. Februar 2012
 
Señal de Alerta
Etica bananera
por Herbert Mujica Rojas, Socios, 8 de febrero de 2012
 
Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise Un avion cargo suspect saisi par la sécurité libanaise
Réseau Voltaire, 8 février 2012
 
فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر فرنسوا هولند يفاوض أمير قطر
Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول الدبلوماسيات الغاضبة وسيناريوهات الحلول
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت أبعد من انتصار نيويورك..اللعبة انتهت
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
جلسة الكذب المفتوح جلسة الكذب المفتوح
بقلم عيسى الأيوبي, Shabakat Voltaire, 8 شباط (فبراير) 2012
 
Egypt and Syria
Orient Tendencies
Egypt and Syria
by Wassim Raad, Partners, 8 February 2012
 
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
« Revue de presse Syrie » #47
Les Occidentaux choqués par la popularité russe en Syrie
Partenaires, 8 février 2012
 
كسر إرادات
عروبة ((الشاطئ)) الآخر
بقلم نضال الخضري, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
زيارة لافروف ... ودول الخليج تضغط
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
مواقف في لحظات الترقب
بقلم سورية الغد, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
كسر إرادات
التكتيك الخليجي
بقلم مازن بلال, Partners, 8 شباط (فبراير) 2012
 
 Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
« Presseschau Syrien » #47
Der Westen über die russische Beliebtheit in Syrien schockiert
Partner, 8. Februar 2012
 
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
« Revista de prensa sobre Siria » #47
Disgusto de los occidentales ante la popularidad rusa en Siria
Socios, 8 de febrero de 2012
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Partenaires, 7 février 2012
 
Páginas Libres
MOVADEF y SL: reflexiones estudiantiles
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Páginas Libres
Gran Marcha por el Agua: viernes 10, 2 pm
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 7 de febrero de 2012
 
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
« SYRIA PRESS REVIEW » #46
Moscow and Beijing acted primarily to shield Tehran
Partners, 7 February 2012
 
 Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
Doppeltes Veto um den imperialen Krieg gegen Syrien zu verbieten
Der GCC und die NATO verlieren ihre Vorherrschaft
von Thierry Meyssan, Voltaire Netzwerk, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
¡Luz roja al solmáforo!
Socios, 7 de febrero de 2012
 
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
« Revista de prensa sobre Siria » #46
Más que todo, Moscú y Pekín quisieron proteger a Teherán
Socios, 7 de febrero de 2012
 
 Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
« Presseschau Syrien » #46
Moskau und Beijing wollten hauptsächlich Teheran schützen
Partner, 7. Februar 2012
 
Páginas Libres
Alan y Ollanta ocultaron tratos de indulto ilícito a Fujimori
por Guillermo Olivera Díaz, Socios, 6 de febrero de 2012
 
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
الثابت والمتغير في المواقف
روسيا وتشكيل المنظومة الدولية
بقلم Imad Fawzi Shueibi, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟ رسالة أوباما إلى طهران، الحرب على إيران على نارٍ هادئة... في الوقت الحالي؟
بقلم Mahdi Darius Nazemroaya, Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Páginas Libres
Iglesia católica en conflicto peruano-chileno
Socios, 6 de febrero de 2012
 
 Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
Il doppio veto che impedisce la guerra imperiale contro la Siria
Il GCC e la NATO stanno perdendo la loro leadership
di Thierry Meyssan, Rete Voltaire, 6 febbraio 2012
 
الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران الأوروبيون... أول ضحايا العقوبات على إيران
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
ثرثرة
لـ((أغلبية صامتة))!!
بقلم نضال الخضري, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
سورية
الحدث من حمص
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التحرك الروسي
وذروة الأزمة
بقلم مازن بلال, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
قبل وصول لافروف...
ما الذي ستحمله موسكو؟!
بقلم سورية الغد, Partners, 6 شباط (فبراير) 2012
 
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
التقرير الأسبوعي لمراكز الأبحاث الأميركية
على أوباما خيارات صعبة في وقت حرج
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
التقرير الأسبوعي لمراكز الدراسات الأميركية
التهديد باغلاق المضيق و تداعياته
Shabakat Voltaire, 6 شباط (فبراير) 2012
 
Les pressions morales sur la Russie
« Revue de presse Syrie » #44
Les pressions morales sur la Russie
Partenaires, 5 février 2012