Clinique/Pathologie

La période d’incubation est de 5 à 12 jours. Le tableau clinique, la morbidité et la mortalité varient suivant l’espèce/la race, la virulence de la souche et les facteurs exogènes (lumière solaire). Chez les moutons la maladie peut être inapparente à très grave, en revanche chez les bovins elle reste la plupart du temps inapparente (subclinique). La maladie débute par une forte fièvre. Chez les moutons, la virémie est décelable 3 à 4 semaines après l’infection ; chez les bovins, elle l’est jusqu’à 8 semaines p.i. L’inflammation des muqueuses et les lésions des vaisseaux provoquent des hémorragies, des œdèmes et, dans certains cas, des cyanoses au niveau de la bouche et de la langue (bluetongue). Ulcères et nécroses de la peau et des muqueuses de la bouche, des lèvres et des naseaux. Des œdèmes sur les lèvres, les paupières et les oreilles sont caractéristiques ; en cas d’atteinte grave, il y a développement d’un œdème submandibulaire. On observe fréquemment une salivation écumeuse, un jetage séreux à purulent et des symptômes respiratoires. Une boiterie très prononcée est le résultat d’une coronite (inflammation du bourrelet coronaire) et d’une fourbure. Contrairement à l’épisode épizootique d’Europe méridionale décrit ci-dessus, l’épisode épizootique de 2006 en Europe centrale s’est caractérisé par la présence de symptômes cliniques principalement chez les bovins : des lésions au niveau du mufle, une enflure du bourrelet coronaire (liée en partie à la boi­terie), des nécroses des trayons. Chez les ovins, la mortalité était nettement plus faible en Belgique et en Allemagne que dans les pays du sud de l’Europe.

Répartition géographique

Endémique, jusqu’ici, dans les régions situées entre le 40°N et le 35°S : dans le sud de l’Espagne et du Portugal, Italie, Amérique du Nord, Amérique centrale et du Sud, Afrique, Moyen-Orient, Asie et Australie. En 2002/2003, de nouveaux foyers sont apparus en Espagne (Majorque et Minorque), en Italie (Sardaigne, Calabre, Sicile, Toscane), en France (Corse), en Grèce, en Bulgarie et au Kosovo. En 2006, des foyers ont été observés aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, en Belgique et au Luxembourg. Les Culicoides imicola ont atteint de nouvelles régions depuis 2000. D’autres sous-espèces de Culicoides (comme C. obsoletus et C. pulicaris, C. dewulfi) jouent également un rôle au niveau de la transmission du virus. La maladie n’est jamais apparue en Suisse. La Suisse est officiellement reconnue indemne de fièvre catarrhale du mouton.

Epidémiologie

La transmission se fait exclusivement par l’intermédiaire d’insectes (Culicoides spp.). La transmission directe d’animal à animal semble exclue. Les bovins et les ruminants sauvages peuvent être infectés de manière subclinique et, de ce fait, servir de réservoir au virus (réservoir primaire). En règle générale, les moutons ne sont infectés que lorsque le virus est apparu chez les bovins « spillover ». Augmentation du nombre de cas cliniques chez les moutons et les bovins (en 2006 en Europe centrale) du mois de juin à la fin novembre (vol des insectes).

Source : Office vétérinaire fédéral Suisse (OVF), décembre 2006