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De l’eau pour les habitants d’une vallée tessinoise ou pour une entreprise italienne ?




1er novembre 2007

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Pays
 Italie

Une vallée des montagnes tessinoises lutte pour sa rivière dont une compagnie italienne veut la priver. Cet exemple montre, une fois de plus, les problèmes du droit fondamental à l’eau. Les citoyens veulent prendre eux-mêmes les décisions concernant leurs ressources.

ri. Quand on est dans la vallée verte et sauvage d’Onsernone, dans les Centovalli, au Tessin, et qu’on suit la route sinueuse jusqu’au bout, on arrive à un endroit idyllique près d’une frontière verte. L’Italie commence au fond de la vallée. Les ruines en granit des bains de Craveggia, un site apprécié pour ses thermes jusqu’au milieu du XXe siècle, sont à quelques mètres de la frontière suisse, au bord des eaux mugissante de l’Isorno. A gauche et à droite se dressent des châtaigniers et des sapins. La nature à l’état pur, traversée par les eaux de fonte des neiges qui se font entendre dans le bruissement des feuillages. La vallée d’Onsernone serait restée une zone d’excursions pour les générations futures, si, à la fin de 2006, l’entreprise de construction Cattaneo n’avait pas eu l’idée de déposer une demande de construction d’un barrage pour une centrale hydroélectrique. Le tourisme respectueux de la nature est la seule source de revenus de cette ancienne vallée de vanniers dont les habitants vivent toujours dans la pauvreté.

Le projet de centrale hydroélectrique menace la totalité de la végétation de la vallée. Si l’on construit la centrale hydroélectrique italienne, la vallée s’asséchera en grande partie. Parmi les propriétaires de la compagnie hydroélectrique, il y a aussi deux nièces du président de la République italienne. Avec cette centrale hydroélectrique, on compte capter les 2% d’énergie qui servent à donner la bonne conscience prescrite par la loi aux lobbyistes italiens de l’énergie électrique pour qu’ils puissent se permettre d’autres affaires énergétiques douteuses.

Des citoyens veulent préserver la rivière

Pour empêcher la réalisation de ce projet italien, un mouvement de résistance de quelques citoyens engagés de la vallée d’Onsernone s’est constitué. Le 25 octobre 2007, les élèves de la vallée ont inauguré près de la frontière suisse un cube de pierre de l’artiste tessinois Giancarlo Bisi. Cette sculpture, qui se dresse au bord de l’Isorno, symbolise les problèmes posés par l’eau. Ils étaient soutenus par Dick Marty, connu pour sa lutte contre les injustices. Le photographe René Burri, parrain de la sculpture, était également présent ainsi que le conseiller d’Etat Dadò.
Devant les élèves de la vallée et 150 citoyens actifs, des politiciens ont insisté sur le fait que l’eau appartient aux hommes et non aux entreprises.
Des traités internationaux concernant l’exploitation des rivières et des fleuves transfrontaliers existent. La Suisse et l’Italie les ont signés. Des réunions de ministres de l’environnement sur cette question ont eu lieu, des rencontres transfrontalières de politiciens locaux également. Un parlementaire a adressé une question ordinaire au Conseil fédéral à ce sujet.
En inaugurant la sculpture taillée dans du granit de la vallée, le 25 octobre 2007, on a voulu montrer que l’eau et l’air appartenaient aux hommes. Malgré la pluie, les écoliers de la vallée, qui affichaient leur engagement en faveur de l’eau en arborant des t-shirts où l’on pouvait lire « Salviamo l’Isorno » (« Sauvons l’Isorno ») ont participé fièrement à la manifestation. Suivons leur exemple dans toutes les vallées et les plaines en revendiquant le droit fondamental au libre accès à l’eau. •



 

 



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