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21 février 2005
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Auteurs et sources des Tribunes et décryptages
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« Dollar voyou »
Auteur
Robert Skidelsky
Sources
International Herald Tribune (France), New York Times (États-Unis), The Age (Australie)
Référence « Rogue Dollar », par Robert Skidelsky, New York Times, 20 février 2005.
« What Europe wants from Bush », International Herald Tribune, 21 février 2005.
« Listen Bush, this is what Europeans want », The Age, 24 février 2005.
Résumé George W. Bush ferait un grand plaisir aux Européens en acceptant de discuter du dollar. Les États-Unis sont en effet le seul grand pays au monde à affirmer ne pas se soucier de la valeur de leur monnaie. La situation ne peux pas durer, et le taux de change est une question trop importante pour être laissée aux forces du marché, sans quoi on arriverait à une guerre des monnaies comme dans les années 30.
L’unilatéralisme est aussi inacceptable en matière monétaire sur les questions de politique étrangère.

« Donner un peu »
Auteur
Bono
Sources
International Herald Tribune (France), New York Times (États-Unis), The Age (Australie)
Référence « Give a Little », par Bono, New York Times, 20 février 2005.
« What Europe wants from Bush », International Herald Tribune, 21 février 2005.
« Listen Bush, this is what Europeans want », The Age, 24 février 2005.
Résumé Si les États-Unis et l’Europe veulent réparer leur relation, ils doivent se tourner vers l’Afrique.
Les États-Unis et l’Europe doivent s’investir pour aider ce continent, pour l’empêcher de s’effondrer, ce qui alimenterait la violence. George W. Bush doit notamment préciser ses positions dans ce domaine. Les Américains sont d’authentiques dévots, mais ils donnent moins d’argent que les Européens, beaucoup plus laïcs, bien que la charité soit un commandement de la Bible. Les Européens perçoivent donc les États-Unis comme des hypocrites.
Bush doit clarifier sa position, rappeler que les États-Unis ont donné plus de médicaments contre le SIDA que toutes les autres nations et que leur système de dons est fondé sur l’assurance que l’argent est bien dépensé. Cette approche n’est pas comprise en Europe et pour qu’elle soit mieux acceptée, il faut que le principe de responsabilité défendu par les États-Unis s’accompagne de dons bien plus importants. Les Européens suivront alors cette démarche.

« Écoutez »
Auteur
Tariq Ramadan
Sources
International Herald Tribune (France), New York Times (États-Unis), The Age (Australie)
Référence « Listen Up », New York Times, 20 février 2005.
« What Europe wants from Bush », International Herald Tribune, 21 février 2005.
« Listen Bush, this is what Europeans want », The Age, 24 février 2005.
Résumé W. Bush doit écouter la population européenne. Pour les Européens, son action a durement terni l’image de l’Amérique. Les dirigeants européens ne peuvent plus s’aligner sur ses positions sous la bannière de la guerre au terrorisme ou de la sécurité de l’occident.
Bush doit déterminer le type de monde qu’il veut avec l’Europe et abandonner les fantasmes qu’il considère comme nos ennemis communs.

« Pas de nouvelles guerres »
Auteur
Elfriede Jelinek
Source
New York Times (États-Unis)
Référence « No New Wars », par Elfriede Jelinek, New York Times, 20 février 2005.
Résumé George W. Bush a besoin de l’Europe, même lui le sait aujourd’hui. Il a commencé une guerre au mépris du droit international sans faire attention aux Européens et il a divisé l’Europe entre la "nouvelle Europe " (la gentille) et la " Vieille Europe " (la méchante). Aujourd’hui, il essaye de convaincre l’Europe qu’il ne planifie pas une nouvelle guerre (par exemple contre la Syrie et l’Iran) et affirme en même temps tenir en grande estime l’opinion européenne.
La liberté qu’il entend diffuser dans le monde ne peut pas se faire sans les Européens, mais il doit d’abord les convaincre qu’il ne planifie pas une nouvelle guerre. Après tout, son armée éprouve déjà les pires difficultés à pacifier l’Irak.

« Soyez vous-mêmes »
Auteur
Stefan Hrib
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Stefan Hrib est le rédacteur en chef de l’hebdomadaire slovaque Tyzden.
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Sources
International Herald Tribune (France), New York Times (États-Unis), The Age (Australie)
Référence « Be True », par Stefan Hrib, New York Times, 20 février 2005.
« What Europe wants from Bush », International Herald Tribune, 21 février 2005.
« Listen Bush, this is what Europeans want », The Age, 24 février 2005.
Résumé Je suis né à Bratislava où on nous apprenait que Ronald Reagan était un serviteur du complexe militaro-industriel et un partisan de la guerre. Paradoxalement, cette opinion était répendue des deux côtés du rideau de fer en Europe et beaucoup de dirigeants européens voulaient que Reagan change de politique, abandonne son rêve d’hégémonie états-unienne et traite l’Europe comme un partenaire égal. Il n’en a rien fait et aujourd’hui, grâce à cela, notre vie a changé.
Aujourd’hui, on parle de Bush comme on parlait de Reagan et je lui demande de rester fidèle à ses convictions.

« L’OTAN pour tous »
Auteur
Guillaume Parmentier
Sources
International Herald Tribune (France), New York Times (États-Unis)
Référence « NATO for Everyone », par Guillaume Parmentier, New York Times, 20 février 2005.
« What Europe wants from Bush », International Herald Tribune, 21 février 2005.
Résumé Gerhard Schröder a récemment déclaré qu’il souhaitait une réforme de l’OTAN, c’est une déclaration importante qui a été trop peu commentée.
Bush y a répondu en demandant à ce que soit formé un collectif d’ancien hommes d’État chargé de réfléchir à la question, ce qui entraînera sans nul doute à une formule respectueuse des traditions. On pourrait trouver dans cette commission James Baker III, Alain Juppé, Douglas Hurd et Volker Rühe.

« Un siège à l’ONU pour l’Europe »
Auteur
Constanze Stelzenmüller
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Constanze Stelzenmüller est rédactrice adjoint de Die Zeit.
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Sources
International Herald Tribune (France), New York Times (États-Unis)
Référence « A U.N. Seat for Europe », par Constanze Stelzenmüller, New York Times, 20 février 2005.
« What Europe wants from Bush », International Herald Tribune, 21 février 2005.
Résumé Le geste le plus important que pourrait faire George W. Bush dans sa visite en Europe serait de demander au Conseil de sécurité de l’ONU un siège permanent européen. Si vous demandiez cela, M. le président, vous seriez alors plus Européen que les Européens (la France et la Grande Bretagne ayant toujours refusé de faire cette proposition et c’est ce qui pousse les Allemands à vouloir leur siège) et plus pro-ONU que les Européens.
Autre point , Gerhard Schröder a appelé à une réforme de l’OTAN et des institutions collectives dernièrement. Si vous appelez à un siège européen au Conseil de sécurité, vous le prendrez au mot.

« Tous pour un »
Auteur
Gianni Riotta
Sources
International Herald Tribune (France), New York Times (États-Unis), The Age (Australie)
Référence « All for One », par Gianni Riotta, New York Times, 20 février 2005.
« What Europe wants from Bush », International Herald Tribune, 21 février 2005.
« Listen Bush, this is what Europeans want », The Age, 24 février 2005.
Résumé Voilà ce que George W. Bush devrait dire en arrivant à Bruxelles :
« Chers amis européens, désormais mon administration ne traitera plus vos pays un par un mais comme un ensemble. L’Europe veut être une superpuissance ? Aussi je vous traiterai comme une superpuissance. Sur chaque question, vous devrez trouver un consensus entre vous et ensuite vous pourrez discuter avec les États-Unis ».

« Un partenariat pour agir »
Auteur
Javier Solana
Source
Le Figaro (France)
Référence « Un partenariat pour agir », par Javier Solana, Le Figaro, 21 février 2005.
Résumé Je vois une double signification dans la visite du président George W. Bush à Bruxelles : la reconnaissance par l’Amérique de la valeur ajoutée de l’Union européenne dans la construction d’un monde meilleur ; le souhait légitime de l’Amérique d’investir davantage dans le partenariat avec l’Union européenne. Les Européens doivent donc saisir cette occasion de convaincre les derniers sceptiques qu’une Europe unie et plus forte constitue le meilleur autre partenaire global possible pour les États-Unis. Nous devons apprendre à surmonter les différends qui opposent parfois les deux côtés de l’Atlantique afin de travailler davantage ensemble aux problèmes du monde.
Ce travail est déjà engagé et nous avons obtenu des résultats dans la lutte contre le terrorisme, même si on parle trop peu de ces progrès. Récemment et de manière plus visible, Européens et Américains ont aussi œuvré ensemble au succès des élections en Irak. Avec les États-Unis, l’Europe veut et peut aider au succès des prochaines étapes attendues du processus politique irakien. Dans d’autres régions du monde, les vertus d’un partenariat transatlantique équilibré et déterminé à réussir ont également fait leurs preuves, en Afghanistan ou dans les Balkans par exemple. L’enseignement est désormais clair pour chacun : en travaillant dans la même direction, les États-Unis et l’Europe sont capables des meilleures réalisations. La tâche qui nous attend ici et maintenant, c’est de définir une base d’action commune pour relever le plus grand nombre possible de défis, y compris les plus difficiles. J’en compte deux principalement : l’Iran et le processus de paix au Proche-Orient.
Concernant l’Iran, Européens et Américains souhaitent voir un pays démocratique, gouverné de manière responsable, prêt à s’intégrer à la communauté internationale et ne disposant pas de l’arme nucléaire. Nous Européens, pensons qu’une approche diplomatique est la meilleure solution, il faut que nous nous concertions pour parvenir à maximiser les chances de succès.
Dans le processus de paix au Proche-Orient, Américains et Européens, nous sommes décidés à mettre à profit la fenêtre d’opportunités nouvelles qui s’ouvre avec l’élection de Mahmoud Abbas et la signature d’un cessez-le-feu. L’espoir enfin d’une paix durable dans cette région du monde mérite qu’on lui sacrifie tous les efforts. Ensemble, les responsables palestiniens et israéliens doivent l’assumer et prendre des décisions courageuses pour leur peuple. Nous devons travailler ensemble afin de gommer les difficultés. Il faut porter notre effort sur le volet sécuritaire, mais aussi sur le volet économique et social pour enrayer la catastrophe humaine qui menace de laisser les Territoires palestiniens aux mains des seuls extrémistes. Il faut relancer la « feuille de route » et donner aux différentes parties des perspectives politiques.
Bien sûr, d’autres questions figurent à l’ordre du jour de l’agenda transatlantique. La Syrie et le Liban, l’Afghanistan, la Chine, la Russie, l’Ukraine, le réchauffement de la planète et le protocole de Kyoto, la réforme des Nations unies, le traité de non-prolifération, le cycle commercial de Doha : autant de questions qui exigent des Américains et des Européens de bâtir une approche commune et de consolider un vrai partenariat pour agir.

« Une question de dignité »
Auteur
Helmut Schmidt
Source
Die Zeit (Allemagne)
Référence « Eine Frage der Würde », par Helmut Schmidt, Die Zeit, 21 Février 2005. Ce texte est adapté d’une interview.
Résumé Le voyage en Europe de la ministre des affaires étrangères américaine rappelait le conte du loup et des sept agneaux dans lequel le loup mange de la craie pour éclaircir sa voix et avoir un ton plus amical mais sans aucun succès. Le président, lors de sa visite en Europe, va aussi faire usage de tous ses charmes méridionaux pour promouvoir " une nouvelle étape des relations transatlantiques ". Cela signifie-t-il modification fondamentale de la politique extérieure américaine ? Bush junior est-il devenu un autre depuis sa convaincante réélection ? Vraisemblablement non.
Il louera à plusieurs reprises la liberté, la démocratie et le droit ; Mais il n ’évoquera pas Guantanamo, ni sa " stratégie de sécurité nationale " du 17 Septembre 2002 et sa volonté documentée, en passant outre l’interdiction de l’ONU, de mener des guerres préventives et d’affirmer l’hégémonie militaire des États-Unis. Le président sera peu disert sur ces principes qu’il applique, qu’il pense légitimes et soufflés à son oreille par Dieu. Qu’y a-t-il de nouveau à part la façon de parler ?
Derrière cette offensive de charme américaine se cache un appel à l’aide : sans l’appui diplomatique de l’Europe et sans un apport de main d’œuvre venant des alliés " volontaires " européens, un départ des troupes américaines d’Irak sera difficile. Ce pays est devenu le plus grand champ d’actions pour les terroristes islamistes de nombreux pays. La normalisation en Irak est aussi dans l’intérêt des Européens mais ces derniers savent que la démocratie au sens occidental n’existe presque nulle part dans le monde arabe, d’où leur scepticisme vis à vis de la démocratisation au Moyen-orient.
Il est d’un intérêt vital pour les Européens d’éviter le clash des civilisations entre l’Occident et l’Islam prédit par Samuel Huntington. Les États-Unis seraient bien moins exposés à la souffrance commune et l’on ne doit pas attendre de leur part beaucoup d’égards pour les conséquences politiques, religieuses et culturelles de leurs actes. Leur rapport à l’OTAN n’est pas clair, lorsque le pacte nord-atlantique a été conclu, c’était face à la menace soviétique. Il n’est pas cynique de dire que les membres d’un pacte militaire sont à la recherche d’un nouvel ennemi. Ce pacte n’a jamais eu pour objectif d’étendre la liberté et la démocratie à l’intérieur de frontières géographiques définies. Il n’oblige pas non-plus les pays signataires à la participation.
Les visites de chefs d’États à l’étranger servent, pour moitié, leur image auprès des téléspectateurs de leur pays. Reste à espérer qu’en dehors de la pompe, quelques discussions franches auront lieu à huis clos lors de sa visite. Malgré les divergences petites ou grandes, les nations américaines et européennes sont plus proches que de nombreux autres peuples ou États. Nous sommes liés par les Lumières et l’héritage ethnique. Les téléspectateurs américains doivent pouvoir le comprendre à l’issue de cette visite. Il faut comprendre, par la même occasion : nous les Européens, ne voulons pas être des vassaux, nous voulons conserver notre dignité.

« Une alliance essentielle et durable »
Auteur
Donald Rumsfeld
Sources
Daily Star (Liban), Le Figaro (France), Taipei Times (Taïwan), Die Welt (Allemagne)
Référence « A vital and enduring alliance », par Donald H. Rumsfeld, Taipei Times, 21 février 2005.
« Etats-Unis - Europe : une Alliance vitale et durable », Le Figaro, 22 février 2005.
« Die Vitalität der atlantischen Allianz », Die Welt, 22 février 2005.
« Don’t wager on U.S.-European divisions », Daily Star, 23 février 2005.
Résumé Ces dernières années, de nombreux experts ont affirmé que l’OTAN avait perdu de son importance. Ce type de déclaration n’est pas nouveau, mais pour moi il est évident que le partenariat atlantique est toujours aussi essentiel.
Voyez le rôle historique joué par les États-Unis et l’Europe ces dernières années : l’OTAN a sept nouveaux membres, en Afghanistan, pour la première fois, huit millions d’électeurs ont pu choisir leur dirigeant démocratiquement, l’Autorité palestinienne a un nouveau président élu offrant un nouvel espoir, l’Ukraine a démontré son attachement à des élections justes et les Irakiens ont pu voter, rejetant ainsi l’idéologie des extrémistes. Nous avons vu des différends concernant l’Irak mais ce type de désaccord nous est également arrivé pendant la Guerre froide et nous avons toujours réussi à les surmonter car nous partageons des valeurs communes et une foi en la démocratie. Aujourd’hui, nous avons également un ennemi commun, le terrorisme, contre lequel nous menons un combat commun. Nous luttons également contre la prolifération.
Nous avons plus qu’une histoire commune, nous avons des valeurs communes, des réalisations communes et des réponses communes à apporter aux problèmes mondiaux.

« Dobeulyou se fait l’Europe »
Auteurs
Ivo H. Daalder, Charles A. Kupchan
Source
Los Angeles Times (États-Unis)
Référence « Dubya Does Europe », par Ivo H. Daalder et Charles A. Kupchan, Los Angeles Times, 20 février 2005.
Résumé La visite de George W. Bush en Europe cette semaine est la dernière chance pour les démocraties atlantiques de rebâtir un partenariat mis à mal. Mais pour cela, Bush ne doit pas utiliser les vieilles recettes, car elles étaient fondées sur des réalités qui ont disparu avec la Guerre froide.
L’Europe d’aujourd’hui ne dépend plus des États-Unis pour sa sécurité. L’Union européenne a changé et a aujourd’hui un traité constitutionnel qui, une fois adopté, donnera à cette institution un ministre des Affaires étrangères unique et un corps diplomatique autonome. En outre, aujourd’hui, après la Guerre d’Irak, même en Europe centrale, les défenseurs des liens atlantiques sont sur la défensive. Aujourd’hui, la " coalition des volontaires " est en déliquescence et l’Europe s’affirme diplomatiquement dans le dossier iranien, dans la résolution de la crise en Ukraine et dans les Balkans.
Pour forger une nouvelle relation transatlantique, il faut que Bush voie l’Union européenne comme une entité unique et accepte de lui donner plus de poids. C’est pourquoi Bush a eu raison d’atterrir à Bruxelles. Il faut que l’Union européenne parle d’une seule voix car cela va permettre de renforcer les États pro-atlantiques au détriment d’une conception française de l’Europe qui orienterait sa puissance contre les États-Unis.
Il faut donner plus de poids aux Européens en Irak, pousser l’Europe à faire davantage pression sur l’Iran et demander à l’Union européenne d’aider à la réforme des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne.

« Nous n’avons pas besoin d’un nouveau départ dans nos relations avec Vladimir - nous sommes amis, c’est ce qui est important »
Auteur
George W. Bush
Source
Izvestia (Fédération de Russie)
Référence « НАМ НЕ НУЖЕН НОВЫЙ СТАРТ В ОТНОШЕНИЯХ С ВЛАДИМИРОМ. МЫ - ДРУЗЬЯ. И ЭТО ВАЖНО », par Georges W. Bush, Izvestia, 21 Février 2005. Ce texte est adapté d’un interview.
Résumé Il est aussi important que nos échanges soient bons, que nous puissions bien comprendre les processus décisionnels. Vladimir prend beaucoup de décisions et moi aussi. Pendant ce sommet j’ai envie de lui demander pourquoi il agit d’une certaine façon et je suppose qu’il aimerait me poser les mêmes questions. Nous disposons des bases pour de bonnes relations stratégiques ; elles peuvent être activées. La campagne électorale est terminée chez nous et la vie sociale américaine, que ce soit en politique intérieure ou extérieure, semble s’apaiser en ce moment. Pendant un certain temps, les gens ne savaient pas qui allait être le nouveau président. Heureusement, c’est moi.
Je suis invité à Moscou pour l’anniversaire de la victoire de la Deuxième Guerre mondiale et je m’y rendrai sans faute. Je tiens à dire aux vétérans " merci pour votre sacrifice ! ". Ce fut une belle leçon d’héroïsme. La situation actuelle sur la planète exige aussi de tels sacrifices dans des sphères diverses. Nous avons avant tout besoin de répression pour assurer la paix. Je me prépare à cette tâche et j’ai de grands espoirs. Au moment de la Deuxième Guerre mondiale, nous étions alliés, aujourd’hui nous avons des ennemis communs. Nous allons en parler avec Vladimir, il connaît cet adversaire commun, il sait qu’il faut de la fermeté, de la volonté et de la force. Je pense que le meilleur moyen de combattre cet ennemi, c’est de propager la liberté et la paix sur la planète. Il s’agit de combattre une idéologie de la haine et votre remarquable peuple le comprend très bien. L’ennemi a frappé en Russie comme chez nous, à Beslan et dans ce théâtre, nous avons été les témoins d’un déchaînement de cruauté sans borne. Nous avons la conscience commune d’un devoir de combattre ensemble le terrorisme.

« Trouver les vrais amis et les vrais ennemis de la Russie »
Auteur
Michael Mac Faul
Source
Moscow Times (Fédération de Russie)
Référence « Finding Russia’s True Friends and Foes », par Michael McFaul, Moscow Times, 18 février 2005.
Résumé Dans le débat autour de la rencontre entre George W. Bush et Vladimir Poutine depuis la réélection du premier, le thème central a été à nouveau l’identité des amis et des ennemis de la Russie. Ce débat est un héritage de la Guerre froide mais aussi une façon de réifier la relation Est-Ouest et éviter les discussions sur le caractère de plus en plus autoritaire de la Russie. Il faut sortir de cette façon de voir.
Le paradigme hégémonique dans cette discussion divise les responsables et les commentateurs en deux camps. Le premier est défini comme le camp des réalistes, qui estiment que l’on peut discuter avec la Russie quel que soit son régime et qu’il ne faut tenir compte que de la puissance de cet État. Les réalistes sont vus comme des amis de la Russie car ils sont prêts à coopérer avec Moscou sur la guerre au terrorisme et la non-prolifération et ne s’intéressent pas aux Droits de l’homme ou à la Tchétchénie. Ce camp regroupe les élites diplomatiques russes et les Républicains. L’autre camp est composé des idéalistes ou libéraux wilsoniens qui envisagent les relations entre États comme des relations entre régimes. Ceux-là pensent que les démocraties ne se font pas la guerre et qu’il faut faire la promotion de ce régime. Ces libéraux wilsoniens ou ces néo-conservateurs reaganiens sont perçus comme des ennemis de la Russie. A Washington, on considère qu’ils regroupent traditionnellement les démocrates et quelques rares membres des élites diplomatiques russes.
Il y a du vrai dans cette division mais en réalité, il n’y a pas deux groupes, il y en a quatre. Parmi les réalistes, il y a ceux qui veulent une coopération à tout prix et se moquent du régime en Russie, et ceux qui se méfient des intentions réelles de l’autre camp et n’ont donc pas une grande soif de coopération. Ce dernier type de réalisme consiste à vouloir figer l’asymétrie de puissance entre les États-Unis et la fédération de Russie. En Russie, ce type de réalistes veulent affaiblir les États-Unis. Parmi les idéalistes, certains partagent les buts des seconds réalistes et utilisent les Droits de l’homme pour isoler la Russie. Enfin, il y a les libéraux, qui comme moi veulent une Russie forte, qui soit un vrai partenaire, mais également une démocratie. Nous ne sommes pas les ennemis de la Russie, les vrais ennemis sont ceux qui utilisent le pragmatisme pour soutenir l’autoritarisme et le désengagement.

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