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Tribunes et décryptages - 31 mars 2005
Wolfowitz se veut rassurant
Décryptage
Tandis que les sondages annonçant une victoire du « non » au référendum français sur le Traité constitutionnel européen se multiplient, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin se mobilise afin de faire campagne pour le « oui » selon une division du travail précise.
C’est au ministre de l’Éducation, François Fillon, qui avait appelé à voter « non » au Traité de Maastricht en 1992, qu’échoit la tâche de rassembler ses amis UMP de l’époque et de publier avec eux un texte pour convaincre les « souverainistes ». Dans un appel publié par Le Figaro, ils affirment ensemble que le Traité constitutionnel lève les réticences qu’ils avaient sur la construction européenne en 1992. Alors que le Traité de Maastricht produisait une Europe technocratique et la possibilité de construire une fédération européenne, le projet constitutionnel créerait un système politique démocratique fondé sur les États. En outre, l’élargissement à 25 mettrait fin à toute possibilité de constituer les États-Unis d’Europe tout en offrant la possibilité de former des partenariats renforcés.
Pour désamorcer les craintes de ceux qui redoutent un texte trop libéral, la parole est donnée à l’alibi social du gouvernement français, le ministre des Affaires sociales, Jean-Louis Borloo. Dans une interview également publiée par Le Figaro, il s’appuie sur certains passages de la Charte des Droits fondamentaux pour mettre en avant le progrès que représenterait ce texte. Il oublie toutefois de citer les passages du titre III qui contredisent ces avancées, un titre III dont il ne fait même pas mention.
Enfin, c’est au ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, qu’incombe la tâche de s’attaquer aux partisans du « non » au référendum. Dans Le Monde, il dénonce les « contrevérités » des partisans du « non » et en choisit trois : le lien entre la Constitution et la directive Bolkestein, celui entre l’adhésion de la Turquie et ce texte et la possibilité d’une relance de l’Europe par la victoire du « non ». Il associe ces trois arguments à l’extrême gauche ou à l’extrême droite et assimile donc les partisans du « non » aux extrêmes du spectre politique national, espérant sans doute ainsi effrayer les lecteurs du quotidien de référence des élites françaises.
Jack Lang et Olivier Duhamel, respectivement ancien ministre de la Culture et de l’Éducation nationale et ancien membre de la Convention européenne, tout deux partisans socialistes du Traité constitutionnel, adoptent la même approche que M. Barnier dans Libération. Eux aussi accusent les partisans du « non » de contre-information et dénoncent l’emploi de mensonges qui seraient martelés dans les médias. On pourra s’étonner des exemples choisis puisqu’il s’agit d’arguments qui, à notre connaissance, ont été peu utilisés. Les deux auteurs s’appuient sur eux cependant pour exiger que les médias soient rigoureux quand à la véracité des informations transmises. Il est donc demandé que des entreprises médiatiques appartenant à de grands groupes privés ou dépendant de la tutelle de l’État se posent en juges du débat public. Les auteurs critiquent également les médias qui donneraient trop d’échos aux partisans du « non ». On rappellera toutefois que le Conseil supérieur de l’audiovisuel français a posé comme règle durant la campagne une stricte égalité de temps de parole entre partis et non entre partisans du « oui » et du « non ». Cette mesure donne un temps d’antenne largement supérieur aux responsables soutenant le Traité constitutionnel. Il en est de même pour la règle de financement des campagnes fixée par les autorités compétentes.
Dans leurs argumentaires en faveur du texte, les partisans du « oui » évitent toute mention des articles liant la défense européenne à l’OTAN ou plaçant la concurrence « libre et non-faussée » au centre du projet européen, bien qu’il y soit fait souvent référence dans les arguments de leurs adversaires.
Pendant que les Européens, et surtout les Français, débattent des règles régissant l’Union européenne, les États-Unis travaillent à la redéfinition des institutions internationales. Cette situation a poussé le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, à rédiger un rapport proposant des réformes pour son organisation. Ce texte trouve de nombreux opposants.
Inocencio Arias, ancien ambassadeur à l’ONU quand José-Maria Aznar était président du Conseil espagnol, le commente dans El Periodico. Il reconnaît les bonnes intentions du secrétaire général et se réjouit des appels contre la prolifération nucléaire et la dénonciation du terrorisme. En revanche, il dénonce l’accroissement du nombre de membres permanents du Conseil de sécurité qui se ferait au détriment de l’Espagne. Il s’agit là d’une position commune à de nombreuses puissances moyennes qui ne peuvent pas prétendre à un siège permanent et craignent une perte d’influence globale. Gianfranco Fini, le ministre italien des Affaires étrangères, avait par le passé identiquement dénoncé cette extension.
Les avocats républicains David B. Rivkin Jr. et Lee A. Casey, anciens membres du département de la Justice sous Bush père, condamnent eux aussi le plan Annan mais, c’est à la place même de l’ONU dans le monde qu’ils s’attaquent dans le Los Angeles Times. Sur la base d’une lecture extensive du droit à utiliser la force dans la Charte des Nations unies, ils estiment que l’organisation s’est arrogée trop de droits et qu’elle ne doit être qu’un simple lieu de débat, pas un arbitre international. In Fine, ce qui est demandé, c’est que ce soit les États-Unis seuls qui décident quand l’usage de la force est justifié. Il s’agit d’une vision que John Bolton, nouvel ambassadeur des États-Unis à l’ONU, devrait défendre au sein de l’organisation.
Cette nomination controversée a été éclipsée par celle de Paul Wolfowitz à la présidence de la Banque mondiale. L’ancien secrétaire adjoint à la Défense a été élu à l’unanimité des membres du Conseil d’administration de la Banque, le 31 mars 2005. Conscient des craintes que son arrivée à ce poste suscite, le nouveau président a désamorcé les réticences dans une interview au Washington Post. Il affirme qu’il ne faut pas voir dans ce changement d’attributions une stratégie de l’administration Bush visant à transformer à son avantage le système international après la nomination de Bolton comme ambassadeur à l’ONU. Tentant de faire oublier son image de théoricien de la suprématie états-unienne, il s’engage à travailler avec les Européens et à répondre de ses actes devant tous les États membres de la Banque. Il rappelle toutefois que son poste lui donne un poids important dans la propagation de la liberté dans le monde, dénomination politiquement correcte pour désigner à Washington l’installation de régimes amis dans les pays stratégiques. Il confirme de la sorte que la réduction ou l’abandon de la dette du tiers monde sera désormais conditionnée à une soumission politique.
Réseau Voltaire
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31 mars 2005
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Auteurs et sources des Tribunes et décryptages
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« Du non à Maastricht au oui à la Constitution »
Auteur
Un collectif d’élus UMP opposés au traité de Maastricht
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François Fillon, Jean-Paul Anciaux, Michel Bouvard, Richard Dell’Agnola, Gérard Hamel, Roger Karoutchi, Alain Cousin, Daniel Guarrigue, Serge Vinçon, Michel Heinrich, Jean-Michel Couve, Eric Diard, Jean-Marie Guéreaux, Jean-François Legrand, Michel terrot, Dominique Braye, Jean-Pierre Nicolas, Alain Marty.
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Source
Le Figaro (France)
Référence « Du non à Maastricht au oui à la Constitution », par un collectif d’élus UMP opposés au traité de Maastricht, Le Figaro, 31 mars 2005.
Résumé Nous avons voté non à Maastricht ; nous voterons oui à la Constitution européenne. Nous mènerons campagne en patriotes, c’est-à-dire en responsables politiques qui croient en l’Europe mais qui n’attendent pas tout d’elle, qui veulent enraciner le projet européen sans déraciner la France. Nous nous engageons avec la ferme volonté de voir un jour notre continent incarner un modèle de civilisation ordonnant la mondialisation et équilibrant la puissance américaine. Nous avons été mis à l’index en 1992 et nous n’entendons pas dans cette campagne stigmatiser nos adversaires.
Nous nous opposions à Maastricht car ce traité créait une Europe technocratique. Or, sur ces points, la Constitution propose des avancées potentiellement décisives à condition que les États et les peuples s’en saisissent. Le renforcement du poids de la France au Conseil européen, l’accroissement du rôle du Parlement européen, la création d’un droit d’initiative populaire, l’affirmation du principe de subsidiarité placé sous le contrôle des Parlements nationaux, tous ces éléments vont dans le bon sens. En articulant l’économie de marché au progrès social, en reconnaissant la nécessité des mécanismes de protection sociale, des services publics, de la cohésion territoriale, la Constitution peut être, par ailleurs, l’acte fondateur de l’Europe sociale de demain. Si nous ajoutons à tout cela le récent assouplissement du pacte de stabilité voulu et obtenu par le président de la République, nous estimons qu’il existe les ingrédients d’un contrepoids qui s’opposerait à la loi du marché.
Nous devons tenir compte du fait que nous sommes désormais 25 et que l’Europe ne pourra plus devenir ni fédérale, ni intergouvernementale. Ni le fantasme des États-Unis d’Europe, ni l’impuissance de l’Europe des États ne pourront désormais voir le jour. Ce texte offre la possibilité de créer une Europe à géométrie variable, qui permettra à certains États d’aller plus loin sans exclure de l’Union européenne les pays qui ne veulent pas se joindre à eux. Cette Europe à géométrie variable, nous l’avons défendue en 1992 au nom de la souplesse et de l’efficacité. Elle va désormais s’imposer.
Nous ne jetons pas l’opprobre sur les partisans du non et si le traité constitutionnel est rejeté, il n’y aura pas d’« apocalypse », mais les conséquences seront lourdes. Beaucoup de pays européens se détourneront de la France et trouveront dans la Grande Bretagne un nouveau leadership. L’Europe deviendra une simple zone de libre échange. Voter non à la Constitution, ce n’est pas dire oui à une autre Europe. On en restera aux traités de Maastricht et de Nice. L’Europe en restera à tout ce que les partisans du non, à tort ou à raison, rejettent. Notre oui n’est pas un « oui » politiquement correct, docile, résigné. Nous ne prétendons pas que cette Constitution puisse tout régler car, pour nous, l’aventure européenne reste la somme des volontés nationales.

« Ce traité est tout sauf libéral »
Auteur
Jean-Louis Borloo
Source
Le Figaro (France)
Référence « Ce traité est tout sauf libéral », par Jean-Louis Borloo, Le Figaro, 31 mars 2005. Ce texte est adapté d’une interview.
Résumé Je suis convaincu qu’un très grand nombre de gens vont changer d’avis quant au référendum sur le traité constitutionnel, dans un sens comme dans l’autre. En ce début de campagne, les défenseurs du « oui » à ce texte ont cru que la victoire allait de soi et ils ont trop tardé à se construire un argumentaire solide. Pour relancer la campagne du « oui », il faut écouter les Français.
Le débat n’appartient pas qu’aux formations politiques, nous devons entendre la voix des associations, des défenseurs des droits de l’homme, des droits des enfants, des défenseurs de la paix, de la laïcité et des Églises. Tous doivent défendre les valeurs du modèle démocratique européen, qui est peut-être une évidence à nos yeux, mais qui, à l’échelle de la planète, reste une exception. La campagne référendaire doit être la campagne des peuples européens.
Ce traité est tout sauf un traité libéral. Pour la première fois, un texte européen prend en compte le fait social. L’expression « cohésion sociale » y figure même. La véritable avancée du texte est dans l’affirmation d’un modèle social européen, fondé sur l’égalité des droits, l’égalité entre les hommes et les femmes, le droit à l’information des salariés, la lutte contre les discriminations, les droits de l’homme. C’est donc l’énoncé de valeurs communes à nos 25 démocraties. Quand la France est inquiète, elle a tendance à se retourner vers l’État. Du coup, tout ce qui est perçu, à tort ou à raison, comme affaiblissant l’État, comme remettant en cause la proximité des services publics, est rejeté.
Il ne faut pas se tromper de débat, l’enjeu du référendum n’est pas de choisir le candidat à l’élection présidentielle, de désigner un nouveau gouvernement ou de remettre en cause l’organisation du Parti socialiste. De grâce, ne créons pas de débat de politique intérieure au sein du débat européen !

« Référendum : les contrevérités du non »
Auteur
Michel Barnier
Source
Le Monde (France)
Référence « Référendum : les contre-vérités du non », par Michel Barnier, Le Monde, 31 mars 2005.
Résumé Le débat sur la Constitution européenne est frappé par une avalanche de contrevérités, déclenchée par ceux qui appellent les Français à voter non. Je ne condamne pas ce vote, même s’il n’est pas le mien, mais si des Français envisagent de voter non, autant que ce soit en connaissance de cause. Or, la gauche de la gauche et la droite de la droite se sont données le droit de mentir sans limites.
Passons sur le hooliganisme verbal qui autorise à comparer l’approbation de la Constitution européenne à la collaboration pétainiste. Cet exemple montre juste la violence verbale que s’autorisent les thuriféraires du non, une violence qui a failli devenir réelle à Guéret. Mais c’est probablement dans la contrevérité plus que dans l’injure que peut se lire la stratégie de campagne du non. Ces mensonges prennent plusieurs formes et j’ai envie d’évoquer trois d’entre elles :
Première contrevérité : voter non, c’est refuser la directive sur la libéralisation des services, dite « Bolkestein ». La vérité est que le vote référendaire sera sans aucun effet sur ce projet de directive, fondé sur le bon vieux traité de Rome de 1957. Sauf à les croire affectés de troubles spatio-temporels, la mauvaise foi de ceux qui lient ces deux sujets est parfaite. La directive sur la libéralisation des services pourrait entrer en vigueur, Constitution européenne ou pas. Le gouvernement français n’a donc pas attendu pour faire son travail et rejeter ce texte. Les affirmations de M. de Villiers sur ce point sont donc sans fondement.
Deuxième contrevérité : dire non à la Constitution, c’est dire non à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. De toutes les contrevérités du moment, c’est sans doute la perle. Car il n’existe, ni en droit ni en fait, le moindre lien entre les deux sujets. Et pour cause : le texte de la Constitution européenne n’intéresse que les 25 pays membres de l’Union européenne, et il ne contient rien qui ait trait spécifiquement à la Turquie. Les démagogues se servent de ce pays pour faire peur aux Français et utiliser cette émotion à leur profit.
Troisième contrevérité : « J’aime l’Europe, je vote non ». Voilà le comble du nationalisme honteux : affirmer qu’un refus français pourrait précipiter une relance de la construction européenne. Le camp du non n’a pas de constitution de rechange, faute d’accord entre M. Le Pen et Mme Laguiller. La France du non serait une France muette en Europe, mais à part ça les anciens traités resteraient en activité et le grand soir n’aurait pas lieu.
Ces trois contrevérités Bolkestein, Turquie, grand soir ne sont que les éléments principaux d’une campagne plus vaste, extraordinairement dure, parfois haineuse. Je relisais, tout récemment, les discours prononcés avant le référendum sur le traité de Maastricht. Comme on est loin de l’éloquence passionnée, respectueuse, d’un Philippe Séguin ! Les Français ont droit à un vrai débat, digne, argumenté, objectif, qui ne porte que sur le seul enjeu du 29 mai : la Constitution européenne est-elle un bon texte pour l’avenir ?

« La Constitution en vérité »
Auteurs
Jack Lang, Olivier Duhamel
Source
Libération (France)
Référence « La Constitution en vérité », par Olivier Duhamel et Jack Lang, Libération, 29 mars 2005.
Résumé Si tous ont droit de défendre le non, lors du référendum du 29 mai prochain sur la Constitution européenne, il n’est en revanche pas admissible de propager des mensonges sur son contenu.
Tout d’abord, il est insultant de parler de « Constitution Giscard » et de traiter de « pingouins » les hommes de gauche qui ont participé à son élaboration. La déformation nationaliste choque particulièrement lorsqu’elle ne vient pas de la droite dure mais d’une gauche qui se prétend abusivement pro-européenne. Il faudrait de toute façon un journal entier pour dénoncer toutes les contrevérités accumulées mais nous allons revenir sur quatre exemples principaux. Ces mensonges sont assénés et non démentis par des animateurs de Talk shows qui n’y connaissent rien et voient surtout que le non issu des tripes fait plus d’audimat que le oui issu de la raison.
Parmi d’autres énormités, on a pu entendre que :
La Constitution européenne permettrait le mariage pas le divorce. Mensonge éhonté. La charte (Partie II du texte constitutionnel) reprend et étend la liberté consacrée par la Convention européenne des droits de l’homme en 1950. En ne réduisant pas le droit au mariage à « l’homme et la femme », la charte permet même aux différents pays d’accorder le droit au mariage aux couples homosexuels.
La Constitution supprimerait le droit à l’avortement en consacrant le droit à la vie (art. II-62). Affabulation grossière. La charte reprend ici littéralement le texte de la Convention européenne des droits de l’homme. Il n’a jamais entraîné restriction du droit à l’avortement. Cette question est de compétence nationale.
L’Europe supprimerait la réduction du temps de travail et porterait la durée maximale du travail à 68 heures hebdomadaires. La vérité est que la réglementation sur la durée maximale du travail est, elle aussi, l’affaire des États, pas de l’Europe. L’Union se contente de fixer des normes minimales afin de protéger la santé des travailleurs. Une directive européenne existe en la matière et la gauche européenne se bat pour en renforcer les exigences, mais il n’y a pas de rapport avec la Constitution soumise à ratification. Pourtant on veut nous refaire le coup de Bolkestein.
La Constitution détruirait la laïcité. C’est ici l’article 70 qui est visé. « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé... » Et l’expression « en public » d’être systématiquement stigmatisée par quelques intégristes de la laïcité.
Ces quatre mensonges « hénaurmes" sont martelés sur les plateaux de télévision pour berner des citoyens de bonne foi qui ne peuvent pas se souvenir de tous les articles de la Constitution. Il est temps que les partisans du non qui se disent socialistes et démocrates cessent ces falsifications et que les médias fassent preuve de responsabilité quant à l’honnêteté de l’information.

« Annan lutte pour l’ONU »
Auteur
Inocencio Arias
Source
El Periodico (Espagne)
Référence « Annan lucha por la ONU », par Inocencio Arias, El Periodico, 25 mars 2005.
Résumé Les prises de positions passées de John Bolton à propos de l’ONU démontrent le dédain que les États-Unis portent à une organisation accusée d’être un frein aux justes croisades de Washington. Sous d’autres latitudes, on critique en revanche son incapacité à arrêter les États-Unis ou à affronter les problèmes du tiers-monde. La Guerre d’Irak a cristallisé ces critiques et le scandale du programme « pétrole contre nourriture » a approfondi la crise. Kofi Annan a compris que dans ces conditions, il fallait réformer l’ONU pour la renforcer.
Annan part du principe que l’objectif de l’ONU n’est pas seulement la paix mais aussi les Droits de l’homme, la justice et le développement et que ces éléments sont liés. Il tire de cette analyse une série de propositions variées. Il reste timide sur la possibilité d’avoir recours à la force mais il est ferme sur l’exigence faite aux pays riches de monter leur aide au développement à 0,7 % du PIB, un chiffre qui n’est atteint qu’en Europe du Nord. L’administration Bush doit par contre apprécier la création d’un fonds pour la démocratie, une demande de renforcement de la lutte contre la prolifération nucléaire ou sa condamnation du terrorisme, défini comme l’attaque contre des civils ou des organisations non-combattantes.
Il conclut avec deux points important : la réforme de la Commission des Droits de l’homme et celle du Conseil de sécurité de l’ONU. Pour devenir membre de la Commission des Droits de l’homme, il faudra désormais deux tiers des voix de l’Assemblée générale. Cela devrait limiter les arrangements entre États pour en devenir membre et échapper aux critiques. En revanche, concernant le Conseil de sécurité, il demande une augmentation du nombre de membres permanents pour intégrer des pays dont les continents ne sont pas représentés. Il s’agit d’une réforme qui n’intéresse pas l’Espagne, pays qui ne pourrait pas y prétendre et resterait définitivement à un échelon inférieur.

« Le plan Annan serait un suicide pour les nations »
Auteurs
David B. Rivkin, Lee A. Casey
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David Rivkin est avocat au cabinet Baker & Hostetler à Washington. Il a été membre du département de la Justice sous les administrations Reagan et Bush père.
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Lee Casey est avocat au cabinet Baker & Hostetler à Washington. Il a été membre du département de la Justice sous les administrations Reagan et Bush père.
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Source
Los Angeles Times (États-Unis)
Référence « Annan’s Plan Would Be Suicide for Nations », par David B. Rivkin Jr. et Lee A. Casey, Los Angeles Times, 31 mars 2005.
Résumé L’ONU va bientôt célébrer son soixantième anniversaire, alors que son avenir n’a jamais paru aussi incertain. L’organisation est en effet cernée par les scandales autour du programme « pétrole contre nourriture », de la corruption du fils de Kofi Annan et des actes criminels commis par ses employés en Afrique ou dans les Balkans. Toutefois, son incapacité à remplir sa principale mission, qui est d’assurer la sécurité internationale, aussi bien durant la Guerre froide que dans les années qui ont suivi, est tout aussi inquiétante. Cet élément a été souligné au début du mois par Kofi Annan, qui a proposé une série de réformes visant à faire de l’ONU une structure plus performante.
Toutefois, le problème fondamental de ce plan est qu’il laisse au Conseil de sécurité de l’ONU la légitimité de décider ou non d’une action militaire face à une menace préoccupante mais pas « imminente ». Cette proposition ne découle pas nécessairement de la Charte de l’ONU comme on l’entend parfois. Cette charte prévoit en effet une interdiction de l’usage de la force dans le but de conquérir ou coloniser un territoire mais dans les autres cas, elle laisse aux États le droit de se défendre sans que la menace ait spécifiquement à être imminente. Aujourd’hui, il n’y a pas de consensus sur la légitimité d’une attaque face à une menace. En fait, il y a rarement eu consensus sur l’usage de la force.
Dans le monde de l’après 11 septembre, attendre l’avis d’autres nations pour décider d’utiliser la force est suicidaire. En faisant la distinction entre la façon dont il faut réagir face aux atrocités commises par un gouvernement et la façon de réagir face à une menace, Kofi Annan montre sa faveur pour les interventions humanitaires au détriment de l’usage de la force défensif. Le problème, c’est que les pays ne s’entendent pas entre eux sur les menaces. Les États-Unis voient le terrorisme islamistes très différemment de leurs alliés, car ils en sont la principale cible.
Laisser à l’ONU la primauté dont il dispose est une menace pour les citoyens. L’ONU doit être un forum de discussion, pas un arbitre international.

« Des choses importantes à faire »
Auteur
Paul Wolfowitz
Source
Washington Post (États-Unis)
Référence « ’Important Things’ to Do », par Paul Wolfowitz, Washington Post, 27 mars 2005. Ce texte est adapté d’une interview.
Résumé Je veux dire aux Européens pourquoi je serai un bon président pour la Banque mondiale, mais je veux aussi les écouter et tenir compte de leur point de vue. Je crois sincèrement à la mission de la Banque mondiale et je pense avoir les capacités pour combattre la pauvreté. La présidence de la Banque est un défi qui me passionne. C’est un travail incroyablement important, Jim Wolfensohn l’a démontré. Je pense que dans les objectifs affichés par George W. Bush, c’est à dire la promotion de la liberté et de la démocratie, il y a un volet politique et un volet économique. Cela ne veut pas dire que je vais utiliser mon poste pour favoriser les objectifs de l’administration Bush, mais je pense que lorsqu’on a réduit la pauvreté et fait la promotion du développement économique, il devient plus facile pour les peuples d’accéder à la liberté.
Je pense que les différences entre ma présidence et celle de Jim Wolfensohn seront moins nombreuses que les similitudes et je compte poursuivre sa politique de décentralisation. Les Européens ont fait part de leur préoccupation concernant ma nomination mais ils l’ont fait de façon constructive et je saurai m’entourer de leurs représentants les plus efficaces. Certains ont vu dans ma nomination après celle de John Bolton une offensive de l’administration Bush dans les institutions internationales, mais il s’agit là d’une mauvaise lecture de la politique états-unienne. Ces nominations n’ont rien à voir : John Bolton sera le représentant de l’administration Bush à l’ONU, mais moi je serai un fonctionnaire international devant répondre de mes actions devant tous les pays membres. Il ne faut donc pas lier ces deux nominations.
Concernant le Moyen-Orient, il y a beaucoup à faire, mais la situation au Liban et en Irak montre que la liberté est une force mobilisatrice puissante. Nous avons commis des erreurs en Irak, mais il est faux de dire que nous n’avions pas prévu les conséquences de la guerre. C’est simplement que la construction d’un nouvel Irak est un exercice difficile après 35 ans de dictature brutale.

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