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Tribunes et décryptages - 27 avril 2005
Elections britanniques : le réalignement diplomatique en débat
Décryptage
L’ancien sous-secrétaire à la Défense états-unien, Dov S. Zakheim, explique aux lecteurs du quotidien arabe de Londres Dar Al-Hayat l’importance des ONG dans la « démocratisation » du Proche-Orient. Pour lui, les États-Unis ont initié un processus de libéralisation du Proche-Orient qui doit être rendu irréversible par le soutien à la société civile. Insistant sur l’importance de donner un visage arabe à cette réforme, il récuse toute possibilité de concevoir des sociétés séculières dans les pays musulmans (bien que la Turquie soit un pays musulman laïque comme l’était l’Irak avant l’invasion). Ce faisant, il vend à l’avance à l’opinion arabe les prochaines campagnes de déstabilisation sur le modèle de la « Révolution du Cèdre », mais en passant par des ONG ou des groupes religieux.
L’une des prochaines cibles de ces campagnes de déstabilisation pourrait être l’Égypte, pays qui suscite toujours plus d’intérêt chez les faucons et qui subit une pression constante dans les médias alors même que le président Hosni Moubarak prépare sa succession. Une pression qui rappelle aux pays arabes que personne n’est à l’abri de la politique de remodelage du Proche-Orient.
La journaliste états-unienne Maria Golia commente l’attentat du 7 avril au souk du Caire dans le Daily Star et profite de l’occasion pour reprendre la vulgate rhétorique ayant permis de passer de la guerre au terrorisme à la « guerre à la tyrannie » : l’Égypte est une société sclérosée qui développe le désespoir dans son peuple et ce désespoir alimente le terrorisme. Minimisant les dernières réformes électorales promises par Hosni Moubarak, elle demande à l’Égypte d’aller plus loin. Ce texte peut être interprété comme un soutien à une tribune publiée quelques jours plus tôt dans le même quotidien. Mona Makram-Ebeid secrétaire générale du parti d’opposition égyptien Hizb al-Ghad s’y exprime sur la réforme des institutions égyptiennes dans un texte diffusé par Project Syndicate et publié par le Daily Star et le Taipei Times. Bien qu’elle affirme être favorable à une réforme fondée sur l’histoire et la culture égyptienne (comme Dov Zakheim) et ne pas répondre aux pressions des États-Unis, le moins que l’on puisse dire est que son texte vise avant tout à séduire l’opinion anglo-saxonne. Elle affirme par exemple que son parti s’inspire de l’esprit qui animait l’Égypte avant la révolution de 1952, c’est à dire à l’époque du protectorat britannique, et son parti a pour projet une nouvelle constitution dont les premiers mots sont une adaptation de celle des États-Unis : « Nous, le peuple d’Égypte ». Enfin, elle affirme que les transformations du système politique égyptien sont le fruit de la politique de l’administration Bush.
Les élections britanniques auront lieu le 5 mai prochain. Elles pourraient permettre à Tony Blair d’obtenir un troisième mandat historique. Les sondages en font d’ailleurs le favori du scrutin. Dans cette campagne, le programme travailliste s’abstient de toute référence à la guerre d’Irak et une bonne partie de la presse, qui l’a soutenue, évite également la question. Le Premier ministre sortant a d’ailleurs reçu le soutien des organes de presse de l’empire de Rupert Murdoch. S’opposant à cette tendance, le quotidien de gauche britannique, The Guardian se fait le porte-voix de tout ceux qui veulent punir Tony Blair par les urnes pour son soutien aveugle à la politique de l’administration Bush.
L’opposante irakienne, Haifa Zangana a été la première à s’insurger contre l’oubli de la guerre dans la campagne. Rappelant la propagande travailliste sur l’Irak avant guerre, elle met en évidence qu’aucune des promesses n’a été tenue : le terrorisme qui n’existait pas en Irak est aujourd’hui une réalité, la démocratie est absente et les conditions de vie des Irakiens ne se sont pas améliorées. Pourtant, aujourd’hui le gouvernement souhaite faire passer cette question à la trappe. Elle appelle les électeurs à remettre cette question dans le débat et à sanctionner M. Blair. Il ne faut pas oublier les crimes commis lors de cette guerre illégale. S’associant à ce point de vue, l’analyste des questions géostratégiques du Guardian, Jonathan Steele, et le journaliste états-unien, Dahr Jamail, estiment qu’à l’occasion de l’offensive contre Falloudja, les Britanniques se sont rendus complice d’un nouveau Guernica. Pire encore, au moment où Robert B. Zoellick se rend sur les lieux du crime pour voir par lui même les effets de cette attaque, Tony Blair et Jack Straw se refusent à aller constater ce à quoi ils ont participé. L’historien et écrivain britannique, Richard Gott, compare la situation actuelle aux années 1930. Retournant l’accusation traditionnelle contre les pays s’opposant à la guerre d’Irak, il estime que c’est Tony Blair, et non le « camp de la paix », qui est comparable à Neville Chamberlain. En faisant tout pour contenter les États-Unis en dépit de leur politique d’agression, il a fixé son action dans la droite ligne du signataire des accords de Munich. L’auteur appelle la Grande-Bretagne à changer de bloc d’alliance, comme l’ont fait les Espagnols, et de rejoindre l’axe continental Paris-Berlin-Moscou-Pékin contre Washington. Pour cela, il appelle les électeurs à voter pour tous les partis qui se sont opposés à la guerre, espérant qu’ils pourront former une coalition chamboulant les lignes de partages traditionnels du pouvoir.
Comme beaucoup au Royaume-Uni, l’auteur souhaite la fin du bipartisme britannique tel qu’il existe depuis près de 60 ans, espérant que le nouveau clivage se fera sur l’attitude à tenir face aux États-Unis.
Le réalisateur et acteur britannique, Lord Richard Attenborough, militant historique du New Labour, essaye d’éteindre l’incendie. Toujours dans le Guardian, il explique aux lecteurs qu’il faut faire abstraction de la guerre d’Irak et observer les réalisations du gouvernement travailliste dans les services publics et l’aide au développement des pays pauvres. On aurait pu espérer une autre réaction au néo-colonialisme de Tony Blair, de la part de celui qui avait illustré les massacres commis par le colonisateur britannique en Inde, dans son film Gandhi.
Réseau Voltaire
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27 avril 2005
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Auteurs et sources des Tribunes et décryptages
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« Parvenir à faire des changements à long terme au Moyen-Orient »
Auteur
Dov S. Zakheim
Sources
Dar Al-Hayat (Royaume-Uni), Daily Star (Liban)
Référence « Achieving long-term political change in the Middle East », par Dov S. Zakheim, Dar Al-Hayat, 23 avril 2005.
« Middle Eastern democracy need not be a Western import », Daily Star, 4 mai 2005.
Résumé De plus en plus de gens s’accordent sur le fait que le Proche-Orient est en train de connaître un grand changement. On a, à nouveau, une chance de relancer le processus de paix israélo-palestinien et la révolution du Cèdre a plus fait pour le départ des troupes syriennes que toutes les résolutions de l’ONU. Les élections en Irak, en Palestine et en Arabie saoudite ont soulevé l’espoir d’une nouvelle vague de démocratie dans la région. Toutefois, pour que ces promesses d’évolution s’installent durablement, il faudra du temps ; d’ici là, tout peut encore basculer.
Pour obtenir des résultats, il faudra permettre le développement d’une société civile pendant des années. Les partis politiques sont importants, mais c’est aussi le cas des syndicats, des associations culturelles ou des organisations caritatives. De tels groupes permettent de transcender les allégeances tribales et religieuses qui forment le socle des sociétés au Moyen-Orient et qui posent généralement un obstacle à la cohésion sociale. La société civile ne doit cependant pas remplacer les sources d’identité au Moyen-Orient.
Beaucoup d’Occidentaux aimeraient voir émerger des sociétés laïques, mais nous ne devons pas céder à l’impérialisme culturel à la Kipling. Après tout, l’islam est autant un mode de vie qu’une religion et la séparation de l’Église et de l’État n’aurait pas de sens dans ces pays. La société civile peut cependant créer des ponts entre l’islam, la modernité et le droit. Cela permettra de générer dans la région un style de démocratie acceptable localement.

« Moubarak le détenu a étouffé les rêves de l’Égypte »
Auteur
Maria Golia
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Ancienne résidente d’Égypte pendant 20 ans, Maria Golia est l’auteur de City of Sand, un livre consacré au Caire. C’est une contributrice régulière de Middle East International et du supplément littéraire du Times.
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Source
Daily Star (Liban)
Référence « Mubarak the detainee, has stifled Egypt’s dreams », par Maria Golia, Daily Star, 26 avril 2005.
Résumé L’attentat à la bombe au Caire, le 7 avril dernier, a causé des morts mais a également tué les illusions. La dernière fois qu’un tel événement s’était produit, c’était en 1997 et il avait fait dix morts, principalement des Allemands. D’après les autorités, le terroriste, âgé de 18 ans, aurait agi seul mais ce n’est pas rassurant. Son acte montre le désespoir de la jeunesse égyptienne. Son geste pourrait s’expliquer par les conditions d’existence des pauvres dans le pays, mais les autorités préfèrent masquer cet aspect et le présentent comme un fanatique religieux.
L’analyste politique Diaa Rashwan a déclaré dans Al-Ahram que l’attentat était un événement régional et démontrait la haine contre États-Unis et de leur politique dans la population. La politique de Washington dans la région n’est certes pas bonne, mais elle n’a fait qu’ajouter à un désespoir dont les gouvernements locaux sont les principaux fautifs.
L’Égypte a fait une toute petite réforme en autorisant plusieurs candidats à se présenter à l’élection présidentielle, pourtant la presse officielle présente cela comme un incroyable bouleversement. En outre, les partis d’opposition font face à de sévères restrictions liées à l’état d’urgence et le système politique a empêché l’émergence de figures publiques. Le pouvoir interdit même les manifestations publiques. Tout cela risque de mener à un nouveau mandat de Moubarak.

« La réforme en Égypte est toujours pour demain »
Auteur
Mona Makram-Ebeid
Sources
Daily Star (Liban), Taipei Times (Taïwan)
Référence « Reform in Egypt is always ’tomorrow’ », par Mona Makram-Ebeid, Daily Star, 25 avril 2005.
« Egypt poised to set Middle East’s democratic pace », Taipei Times, 25 avril 2005.
Résumé Les réponses à l’appel des États-Unis en faveur de la démocratie au Moyen-Orient ont été au mieux tiède. Les gouvernements arabes l’ont vu comme une provocation et l’Égypte a décidé de couper l’herbe sous le pied de Washington en faisant une contre-proposition : la déclaration d’Alexandrie au sommet de mai de la Ligue arabe. Moubarak a ensuite affirmé qu’il accorderait à l’opposition le droit de se présenter contre lui à la présidentielle. Est-ce juste une tactique ou bien est-ce une vraie proposition de réforme ?
Ce qui est clair en tout cas, c’est que les élections en Irak, en Palestine et les manifestations contre la présence syrienne au Liban ont renforcé les débats sur la réforme politique en Égypte. Il va désormais être difficile de passer sous silence les abus commis par les gouvernements arabes. Pendant trop longtemps, les régimes arabes autoritaires ont engendré la pauvreté, la corruption et la frustration des populations, entraînant un développement de l’islamisme. Aujourd’hui, il y a une grande nostalgie parmi la population pour la période d’expérimentation libérale qui dura des années 20 à la révolution de 1952. Les aspirations de cette époque ont inspiré la naissance d’un nouveau parti, Hizb al-Ghad, le parti de demain.
Ce parti vient de produire une proposition de nouvelle constitution. Elle devrait permettre de revigorer la vie politique égyptienne. Ce texte commence par " Nous, le peuple d’Égypte ". Par ce texte, nous voulons remettre en cause l’ordre politique d’Égypte. Nous proposons la fin de l’état d’urgence, la réduction des pouvoirs du président et l’introduction d’une élection présidentielle pluraliste et directe. Le parti national démocratique au pouvoir n’est pas d’accord avec cette réforme et souhaite une évolution des institutions sans remettre en cause la constitution. Cette différence de point de vue ne doit cependant pas nous détourner de la vraie question : la réforme de l’Égypte. Les voix libérales en Égypte ne sont pas une conséquence des initiatives US, elle sont le fait d’un courant national.

« Blair a un jour fait une promesse aux Irakiens »
Auteur
Haifa Zangana
Source
The Guardian (Royaume-Uni)
Référence « Blair made a pledge to the Iraqis once », par Haifa Zangana, The Guardian, 22 avril 2005.
Résumé Je viens de recevoir un tract électoral de Tony Blair dans le cadre de la campagne. Il n’y est absolument pas fait mention de l’Irak. Qu’est-il arrivé aux Irakiens, eux qui étaient présentés comme le sujet politique le plus important à la veille de la précédente élection ? Pourtant, Blair avait fait trois promesses aux irakiens à l’occasion de cette campagne : renverser Saddam Hussein, vaincre le terrorisme et établir la démocratie et les Droits de l’homme dans le pays. Deux ans après, on sait qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak, que le pays n’avait pas de liens avec le " terrorisme ", mais le pays est désormais rempli de kamikazes. Les élections en Irak ont eu lieu mais elles ont été menées pour satisfaire l’opinion publique internationale, pas les Irakiens. Blair s’était montré passionné, à la chambre des communes, pour convaincre les députés d’accepter la guerre au nom des Droits de l’homme. Pourtant, aujourd’hui, la situation sur ce point ne s’est pas améliorée et les Irakiens n’ont pas plus de nourriture. Il y a toujours quatre millions d’Irakiens exilés et leur nombre augmente. Le nombre de kidnappings explose. Il y a 17 000 détenus en Irak, pour la plupart aux mains des États-Unis et d’après Human Right Watch, ils subissent des tortures et des mauvais traitements, y compris des enfants. D’après certains rapports d’Amnesty International, des femmes sont prises en otages par la Coalition pour que leurs maris se rendent. A Falloudja, la nourriture a été utilisée comme une arme contre les civils. Lors de l’invasion, des armes illégales ont été employées.
Cela, ni Tony Blair ni Ann Clwyd, son envoyé spéciale pour les Droits de l’homme, n’en parlent. Les Britanniques ne peuvent pas permettre à Blair d’oublier cette guerre.

« C’est notre Guernica »
Auteurs
Jonathan Steele , Dahr Jamail
Source
The Guardian (Royaume-Uni)
Référence « This is our Guernica », par Jonathan Steele et Dahr Jamail, The Guardian, 27 avril 2005.
Résumé Robert B. Zoellick est l’archétype de l’apparatchik du gouvernement états-unien : un esptrit technique brillant mais totalement dépourvu d’expérience du front. Pourtant, il a fait quelque chose ce mois ci qui a rendu honteux Tony Blair et Jack Straw. Lors de leur visite en Irak, les deux hommes n’ont jamais mis un pied en dehors de la zone verte. Lui, il a demandé à se rendre à Falloudja. Vous vous souvenez de Falloudja ? Cette ville de 300 000 habitants censée avoir été le foyer de la résistance sunnite ?
Les États-Unis ont tenté deux fois de détruire ce symbole de la résistance. La première fois, ce fut en avril de l’année dernière. Toutefois, quand l’offensive commença, même des politiciens qui avaient accepté ou soutenu la guerre ce sont opposés à ce qu’on bombarde une ville entière à cause de la présence de terroristes dans ses murs. La deuxième offensive eut lieu six mois plus tard. Elle fut précédée d’une grande campagne de propagande sur la présence de Zarkaoui dans la ville. L’offensive fut menée dans l’indifférence générale. Les Britanniques furent associés à cette attaque en envoyant des troupes pour bloquer les routes permettant de sortir de la ville. L’offensive fit entre 1300 et 2000 morts selon les sources. Tous ont été étiquetés " terroristes " par la coalition. Les journalistes embarqués ont filmé des abus sur des civils désarmés par les troupes états-uniennes.
Zoellick s’est rendu à Falloudja et il a entendu des Irakiens se plaignant des conditions de vie dans la ville depuis l’offensive et du comportement des troupes états-uniennes et irakiennes. Les témoignages recueillis par les journalistes lors de cette visite sont formels : l’offensive n’a rien fait pour calmer l’insurrection. Au contraire, des milliers de sans-foyers ont des raisons de haïr les États-Unis et leurs alliés. On peut au moins reconnaître à Zoellick le mérite d’être allé sur place voir les résultats. Blair et Straw ne l’ont pas fait. Ils n’ont pas voulu voir ce Guernica moderne.

« « Le Premier ministre est un criminel de guerre »
Auteur
Richard Gott
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Historien et écrivain, Richard Gott est co-auteur de The Appeasers.
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Source
The Guardian (Royaume-Uni)
Référence « The prime minister is a war criminal », par Richard Gott, The Guardian, 26 avril 2005.
Résumé Tony Blair est le pire Premier ministre britannique depuis Neville Chamberlain, un personnage avec qui il a de nombreux points communs. Comme Blair, Chamberlain était un homme arrogant, excellent orateur, fervent croyant pensant être en contact direct avec Dieu, pouvant compter sur une forte majorité et un gouvernement sans relief pour le freiner. Il mena sa politique entouré d’assistants aussi ignorants que lui dans le domine de la politique étrangère et cette dernière contribua au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
Comme Neville Chamberlain, Tony Blair se montre apaisant avec une menace globale comparable à l’Allemagne des années 30. Au lieu de faire une coalition avec les Européens, les Russes et les Chinois, Blair se tient du côté de l’empire du mal et il a fait participer la Grande Bretagne à une guerre d’agression. Il faut que le parti de la guerre soit vaincu lors de la prochaine élection.
Le slogan le plus populaire dans cette campagne est " Blair doit partir ". Il y a une majorité dans ce pays qui le souhaite. C’est un criminel de guerre dont la place est en prison, pas candidat à une élection. Toutefois, les partisans travaillistes ont du mal à avaler la culpabilité globale de leur parti. Il est difficile pour eux d’accepter que leur parti se décompose et que, compte tenu de son action récente, cette décomposition soit un événement positif. Les conservateurs ne valent toutefois pas mieux et sont les complices des crimes de Blair. Lors de la dernière élection, j’ai choisi l’abstention et je suis encore tenté. Toutefois, aujourd’hui, il y a une possibilité de renverser le système politique actuel en votant pour les libéraux-démocrates, Respect ou bien les Verts. On ne devrait pas non plus avoir honte de voter pour les conservateurs qui se sont opposés à la guerre.
Lors de cette élection, nous pouvons à la fois ramener nos troupes à la maison et transformer notre vie politique.

« Toujours travailliste malgré l’Irak »
Auteur
Richard Attenborough
Source
The Guardian (Royaume-Uni)
Référence « Still Labour, despite Iraq », par Richard Attenborough, The Guardian, 26 avril 2005.
Résumé J’ai voté pour la première fois pour le parti travailliste il y a 60 ans. Je l’ai rejoint car j’étais convaincu de la nécessité des changements fondamentaux dans l’administration du pays et je croyais passionnément aux principes du bien commun. Avant moi, mes parents avaient fait partie du tout jeune parti travailliste.
Ces liens anciens ne signifient pas que je suis d’accord avec tout ce qu’a fait le gouvernement. Je me suis même fortement opposé à la Guerre d’Irak. Toutefois, je suis convaincu de l’honnêteté du Premier ministre. Je continue de croire qu’il agit en pensant faire au mieux. Toutefois, la différence de point de vue, même majeure, sur la question de l’Irak, ne m’empêchera pas de voter travailliste. Il reste trop de choses à faire chez nous et trop de choses qu’il reste possible de défaire.
Je voudrais demander à ceux qui pensent s’abstenir ou voter pour un autre parti de se souvenir pourquoi nous avons soutenu les travaillistes. Nous avons embrassé sa cause pour améliorer la vie des gens et c’est ce que ce parti a fait. Il a amélioré les services publics et donné de meilleures opportunités aux plus pauvres. Je suis fier de l’aide apportée au reste du monde par le gouvernement. La réaction au tsunami a montré que le monde est désormais un tout. Tony Blair et Gordon Brown ont également fait beaucoup pour aider l’Afrique. Pour toutes ces raisons, le gouvernement Blair continuera à avoir mon soutien.

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