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Tribunes et décryptages - 15 juin 2005
La Chine, centre des nouvelles alliances

Décryptage

Tous s’y préparent, le choc entre les États-Unis et la Chine devrait être le point central des relations internationales des prochaines années.
Dans la National Review, l’éditorialiste néo-conservateur et expert du cabinet de relations publiques Benador Associates, Victor Davis Hanson, estime que la Chine représentera demain un défi à la puissance états-unienne aussi important que le fut l’URSS durant la Guerre froide. Dans ces conditions, il préconise d’utiliser contre Pékin la même stratégie que celle mise en place par Henry Kissinger quand il luttait contre l’URSS. À l’époque, la Chine était l’alliée, cette fois-ci elle sera la Chine, tandis que l’Inde sera l’alliée. Toutefois, si une telle option pouvait être envisagée lorsque les nationalistes du BJP étaient au pouvoir à New Delhi, elle paraît difficile à réaliser depuis que le gouvernement est issu du parti du Congrès. L’auteur décrit également une Corée du Nord satellite de la Chine et utilisée par cette dernière pour combattre Washington et Tokyo sans avoir à s’investir. Pour le chercheur à l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie, Konstantin Asmolov, sur le site Kreml.Org, c’est au contraire l’administration Bush qui instrumentalise la crise coréenne pour affaiblir Pékin et justifier un déploiement militaire qui, en réalité, vise la Chine. Les deux pays se préparent à une confrontation et s’arment en conséquence.

Toutefois, tous n’ont pas renoncé à éviter la confrontation des deux géants. L’ancien conseiller de sécurité national Henry Kissinger tente, dans le Washington Post, de dissuader son pays de provoquer la Chine. Si Washington se montre habile et conciliant, les États-Unis peuvent conserver leur mainmise en Asie malgré le développement chinois. Il estime qu’une coopération entre les deux pays peut être un scénario gagnant-gagnant, mais que les attitudes des deux pays peuvent faire dégénérer très vite la situation.
Sur le site Inosmi.ru, le Premier ministre singapourien, Goh Chok Tong, plaide pour un renforcement de l’intégration asiatique et pour l’ouverture d’un grand marché asiatique en 2020. Selon lui, le commerce est un facteur de paix. Il espère donc voir les États-Unis s’y associer. En effet, pour qu’il y ait une pacification via les échanges commerciaux, il ne faut pas que les États-Unis provoquent la Chine.

En cas de confrontation entre les États-Unis et la Chine, quelles alliances se formeraient ? Les néo-conservateurs font le pari d’une re-formation d’un bloc occidental contre la Chine, mais rien ne vient démontrer que l’alliance de la Guerre froide serait encore d’actualité dans ce nouveau contexte. Le rapprochement de Paris et de Berlin avec Pékin tendrait même à prouver le contraire. Quoi qu’il en soit, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bernard Bot, appelle à un rapprochement de la Chine avec l’Union européenne. Sa tribune, diffusée par Project Syndicate a fait le tour d’Asie pour être publiée par le Jordan Times, The Independent du Bangladesh, et le Daily Times du Pakistan ; demain peut-être dans d’autres journaux. Il y a quelques mois, l’auteur avait admis que l’élargissement rapide de l’Union européenne était la conséquence de la crise énergétique à venir. Il est nécessaire pour l’Europe d’atteindre une taille critique pour pouvoir concurrencer les géants asiatiques sur le marché des ressources énergétiques. Aujourd’hui, il plaide en faveur d’un partenariat sino-européen sur cette question pour faire face aux problèmes environnementaux et de développement que la situation va susciter.
De son côté, la Chine développe ses alliances, associant pactes énergétiques et soutiens militaires. Dans l’Asia Times, l’analyste économique Jephraim P Gundzik observe comment, pour contrer les ambitions hégémoniques de Washington, elle construit une alliance avec la Russie et l’Iran. Bien que rarement notée dans la presse, même si elle n’est pas une nouveauté pour nos lecteurs, cette alliance à trois est aujourd’hui bien constituée. Elle pourrait être demain un contrepoids à la puissance US. Elle est illustrée par Mu Shuling, le directeur du groupe Sinopec (consortium chinois d’énergie), dans Vremya novostyey. Il s’y réjouit des perspectives économiques du commerce énergétique sino-russe et espère que la construction prochaine du pipeline reliant le pétrole de Sibérie à la Chine sera effective. Pourtant, Moscou hésite encore à choisir entre deux investissements lourds : soit un pipe-line vers la Chine, soit un vers le Japon et l’Asie du Sud-Est.

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15 juin 2005

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Auteurs et sources des Tribunes et décryptages

« Le transfert global de pouvoir »

Auteur Victor Davis Hanson

Historien militaire, Victor Davis Hanson est membre de la Hoover Institution. Il est expert du cabinet Benador Associates.

Source National Review (États-Unis)
Référence

« The Global Shift », par Victor Davis Hanson, National Review, 10 juin 2005.

Résumé

Les passages de relais entre puissances dominantes ont été fréquents dans l’Histoire. Aujourd’hui, la globalisation et la technologie peuvent accroître la vitesse de ces transformations qui autrefois prenait des siècles.
On nous dit que le tiers de l’humanité vit en Chine et en Inde et on craint une bombe démographique. Il y aurait trop peu de ressources pour trop de monde. En réalité, la question n’est pas le nombre de personnes mais leurs actes. Dans une économie marxiste, une forte population mène à la famine tandis que dans une économie de marché, une forte population est une chance car elle forme un grand marché intérieur.
Aujourd’hui, l’Europe est un pouvoir déclinant qui reste prospère en sacrifiant ses dépenses de défense et en respectant l’État de droit. Elle peut se ressaisir ou bien au contraire stagner et devenir une simple destination pour les touristes américains et asiatique. On ne sait pas encore très bien ce qui adviendra des États-Unis mais il semble que nous jouissons de la vitalité asiatique tout en respectant l’État de droit et les libertés comme l’Europe. La question pour l’avenir est de savoir comment la Chine et l’Inde vont évoluer.
Il s’agit de pays très différents. L’Inde est une puissance nucléaire respectueuse du droit et parlant anglais. Il faut former une alliance avec elle et lui obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. La Chine pour sa part devient une puissance à la soviétique. Aujourd’hui, elle utilise la Corée du Nord contre les États-Unis et le Japon. La Chine se comporte de façon bien pire que les États-Unis mais ses violations des Droits de l’homme ne font pas les gros titres à cause d’un mélange de tiers-mondisme, d’antiaméricanisme et de peur des Chinois.
Quand la Chine sera menaçante, il est probable que l’Europe sans défense se tournera à nouveau vers les États-Unis et leur trouvera bien plus de qualité qu’aujourd’hui.


« La plus grande peur des États-Unis se concrétise : la Chine est prête à les défier »

Auteur Konstantin Asmolov

Docteur en Histoire, Konstantin Asmolov est membre du centre d’études coréennes de l’Institut d’études orientales de l’académie des sciences de Russie.

Source Kreml.Org (Fédération de Russie)
Référence

« Главный страх США сбывается : Китай готов бросить вызов », par Konstantin Asmolov, kreml.org, 9 juin 2005.

Résumé

La Chine a depuis longtemps endossé le statut de grande puissance et elle est prête à défier les États-Unis, même sur le plan global. C’est lié au fait que depuis la chute du communisme, le confucianisme est le seul modèle de développement étatique susceptible d’être une alternative aux valeurs occidentales. De nombreux changements de stratégies militaires récents en Extrême orient ne se font pas seulement contre la Corée, comme on aime à le dire à Washington, mais aussi contre la Chine.
La plupart des guerres faites par les Américains ces derniers temps, l’étaient contre des adversaires plus faibles militairement et dont le régime était fragile et démoralisé. Ils ont ensuite fait faire le travail par d’autres, comme l’alliance du Nord en Afghanistan. Dans le cas de la Corée, c’est plus compliqué, ils ne trouveront pas d’alliés sur place.
La Chine mène toute une série de programmes militaires. Les États-Unis eux restructurent leurs forces, particulièrement leur flotte. Ils veulent adapter leur système de défense anti-missiles. Actuellement, l’arme nucléaire est telle que vous n’avez pas le temps d’esquiver si l’on vous tire dessus, vous pouvez seulement tirer en réponse. Cela donne au final deux cadavres ou un cadavre et un blessé grave et cette possibilité ne convient pas à Washington. Les Chinois préparent des missiles capables de contourner le bouclier et sont donc capables de maintenir le statu quo et le rôle politico-stratégique de l’arme nucléaire. Actuellement, l’idée de « guerre nucléaire globale » a une signification plus grande pour les gens. Les théories de l’hiver nucléaire global et des anti-globalistes ont leur effet et l’arme atomique n’est plus seulement un moyen de mener des guerres mais un puissant instrument de pression. L’aspect économique est aussi à prendre en compte même si le développement des techniques militaires chinoises est aussi avancé que le nôtre.
La Corée du Nord demeure bien sûr, du point de vue américain, l’un des premiers pays sur la liste des apôtres du terrorisme mais le système n’est pas assez faible pour s’écrouler. Il y a de plus la Corée du Sud et le Japon qui tiennent les US. Il y a aussi le soutien russe et chinois. Imaginez que les Américains stationnent aux frontières nord de notre pays, qu’ils nous bloquent l’accès à la mer, ce serait un coup aussi dur que leur présence en Asie centrale. Désormais ils peuvent atteindre Sverdlovsk et la partie européenne du pays car notre système n’avait pas prévu que les États-Unis puissent utiliser Bichkek comme base militaire.


« Chine : l’endiguement ne marchera pas »

Auteur Henry Kissinger

[Henry Kissinger] est ancien secrétaire d’État et conseiller de sécurité national états-unien. Il est président démissionnaire de la Commission d’enquête indépendante sur le 11 septembre. Il est président de Kissinger Associates

Source Washington Post (États-Unis)
Référence

« China : Containment Won’t Work » par Henry A. Kissinger, Washington Post, 13 juin 2005.

Résumé

La relation entre les États-Unis et la Chine est fondée sur l’ambiguïté. D’un côté, l’entretien de bonnes relations avec Pékin est la politique étrangère qui jouit du plus long consensus bipartisan. Washington reste attaché à la politique de la Chine unique et George W. Bush et Colin Powell puis Condoleezza Rice s’efforcent de conserver les meilleures relations possibles avec Pékin. Toutefois, on assiste à un durcissement des positions vis-à-vis de la Chine dans une partie de la presse et du Congrès. Pour beaucoup, le développement chinois est la principale menace pour la sécurité des États-Unis.
On assiste à un changement de centre de gravité du monde qui se déplace de l’Atlantique au pacifique. L’émergence de la Chine est comparé bien souvent à l’émergence de l’Allemagne impériale du tournant du XIXième et du XXième siècle mais ce n’est pas la bonne analyse. La différence entre ce modèle et ce que la Chine est en train de connaître est tout ce qui oppose Clausewitz de Sun Tzu : la domination impériale militaire contre l’ascendant psychologique sur l’adversaire. Contrairement à ce qui se passait en Europe au début du XXième siècle, plus personne ne croit qu’il peut vaincre son adversaire en 6 mois sans grosses pertes. Dans un monde globalisé et avec des armes nucléaires, personne ne croît encore qu’une guerre peut avoir un vainqueur.
On ne peut pas non plus comparer la Chine à l’URSS. L’URSS était de tradition russe et avait conservé de l’héritage des tsars une volonté de dominer l’Europe. La Chine a une histoire de 2000 ans et ne veut pas dominer ses voisins ; la politique d’endiguement utilisée contre l’URSS lors de la Guerre froide est donc inadaptée. Il ne faut pas se focaliser sur la défense chinoise non plus. Certes, les dépenses augmentent mais le budget militaire ne représente que 20 % de celui des États-Unis. Certes la situation de Taïwan pourrait dégénérer mais il faut nous efforcer de garder cette question dans le champ des négociations.
Le meilleur moyen d’éviter l’hégémonie chinoise en Asie est de collaborer avec la Chine. Se montrer hostile pousserait Pékin à tenter d’arracher l’Asie à l’influence états-unienne. En outre, la Chine souhaite coopérer avec les États-Unis pour développer son économie. Nous n’avons rien à gagner à une guerre froide avec la Chine et nous serions soutenu par très peu de pays. Aujourd’hui, les attitudes des pays sont primordiales. Si la Chine donne l’impression de vouloir chasser les États-Unis d’Asie ou que les États-Unis ont une attitude impériale, tout peut dégénérer.


« Les nouvelles frontières de l’Asie »

Auteur Goh Chok Tong

Goh Chok Tong est Premier ministre singapourien. Il a joué un rôle clé au sein de l’ASEAN, en créant l’Asean Free Trade Area.

Source Inosmi.ru (Fédération de Russie)
Référence

« Новые границы Азии », par Goh Chok Tong, Inosmi.ru, 10 juin 2005.

Résumé

Un des paradoxes de notre temps, c’est qu’avec la globalisation dans le monde se renforce aussi le régionalisme. L’Europe est déjà sortie de ses frontières traditionnelles. L’Amérique est aussi en voie d’unification avec ses accords de libre-échange. La globalisation et le régionalisme sont les deux revers d’une même médaille créée par les mêmes forces du marché. Après la chute du communisme, il n’y a plus d’alternative vivable à ce marché. La tendance est au grand régionalisme. Il est moins prononcé en Asie orientale et sa forme définitive dépend des décisions politiques et des choix stratégiques pris actuellement. C’est décisif car pour moi les questions macro-stratégiques au XXIème siècle dépendent des relations entre l’Amérique, l’Europe et l’Asie orientale. Si notre région ne s’unit pas, elle sera perdante face à l’Europe et à l’Amérique. L’ASEAN (Association of South-east Asian Nations) a convenu de créer un marché commun pour 2020 et sa part dans l’économie asiatique est passée de 20% en 1980 à 41% l’année dernière. Notre régionalisme sera moins institutionnalisé et moins bureaucratique qu’en Europe et il sera multipolaire.
Les relations historiques entre la Chine, l’Inde et le Japon ont toujours été compliquées. Pékin, Delhi et Tokyo comprennent l’intérêt d’une coopération mais les forces du marché qui unifient la région vont rendre la matrice de leurs intérêts plus compliquée en ajoutant de nouvelles variables de concurrence et d’association. La Chine et le Japon n’ont jamais été grandes puissances simultanément dans l’histoire de l’Asie orientale. Une guerre courte mais sanglante a opposé la Chine et l’Inde dans les années 60. Actuellement les échanges commerciaux entres ces deux pays sont florissants mais la concurrence pour l’accès aux sources d’énergie va augmenter, compliquant la situation du Pakistan. Les relations indo-japonaises sont moins problématiques mais elles sont basées sur une insécurité culturelle. La rivalité et la concurrence entre grandes puissances sont une réalité de la vie, la persistance d’intérêts nationaux entravant l’intégration européenne le prouve. La rivalité n’amène cependant pas forcément au conflit.
On ne pensait pas il y a 38 ans en créant l’ASEAN, que la question importante du sommet qui va se tenir en Malaisie en décembre serait celle des frontières de l’Asie orientale. Se limite-t-elle à ses frontières traditionnelles où doit-on inclure l’Inde, l’Australie et la Nouvelle Zélande ? Ces pays en tous cas participeront à la rencontre. Ce sommet doit inclure le plus grand nombre possible de participants et aborder de nombreux sujets.
Les Américains doivent participer au processus de résolution des problèmes de sécurité dans la région. Ils ont déjà mené plus d’une guerre dans la région pour la liberté et l’ouverture, c’est la stabilité qu’ils ont apportée qui a permis la croissance. Il y a aux États-Unis des voix qui s’élèvent pour donner à la Chine le rôle d’adversaire stratégique dans une nouvelle Guerre froide. Ces gens proposent de régler le problème chinois pendant que le pays est encore faible. C’est dangereux, cela ne ferait que renforcer le nationalisme et ferait des Chinois nos ennemis. Je pense que les présidents américain et chinois comprennent que de bonnes relations entre leurs deux pays sont fondamentales. George W. Bush a fait comprendre qu’il ne soutiendra pas l’indépendance de Taiwan et les deux pays sont d’accords sur le fait que la présence d’armes nucléaires en Corée n’est pas dans leur intérêt. En plus de ce sommet, nous devons créer des instituts qui permettront de réfléchir sur de nombreux problèmes concrets. Les États-Unis ne doivent pas nécessairement faire partie de chaque institut mais ils doivent être indissociables de l’architecture générale.


« L’union et le dragon »

Auteur Bernard Bot

Bernard Bot est ministre néerlandais des Affaires étrangères.

Sources Jordan Times (Jordanie), Daily Times (Pakistan), The Independent (Bangladesh)
Référence

« The union and the dragon », par Bernard Bot, Jordan Times, 2 juin 2005.
« The Union and the Dragon », The Independent, 3 juin 2005.
« The Union and the dragon », Daily Times, 11 juin 2005.

Résumé

Ce mois-ci, la Chine et l’Union européenne célèbrent 30 années de relations officielles. Cette relation a évolué avec le temps et il est temps de s’interroger sur son avenir. La Chine connaît actuellement une croissance économique exceptionnelle mais cela engendre des turbulences internes. Elle doit gérer cette nouvelle richesse et maintenir sa croissance tout en réduisant la pauvreté et les inégalités et en respectant l’environnement. Elle n’y parviendra pas seule.
Le développement durable constitue un défi pour la Chine et l’Europe. La question déterminante pour l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants est : les écosystèmes naturels du monde survivront-ils aux pressions qui leur sont imposées par la civilisation moderne ? Un récent rapport de l’ONU a signalé que nous avions déjà pénétré dans la zone de danger. La rapide croissance chinoise a un grand impact sur la consommation énergétique mondiale. La Chine se transforme rapidement en l’un des plus grands importateurs mondiaux de pétrole et de gaz. Le rapport World Energy Outlook 2004 de l’Agence internationale de l’Energie prévoit qu’entre maintenant et 2030, la demande énergétique mondiale augmentera d’environ 60 %, la Chine et l’Inde représentant quasiment les deux tiers de cet accroissement. Il faudra des investissements massifs pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux. En outre, cela accroîtra de façon significative l’émission de CO2. Sans coopération, l’accroissement de la consommation énergétique chinoise développera le réchauffement climatique.
La Chine doit vendre les politiques qu’elle mène à un public mondial. La majorité des Européens estiment que la Chine souhaite façonner, et non défier, un ordre mondial équilibré, des Nations Unies fortes et un système multilatéral efficace. Mais dans un village mondial, les perceptions erronées peuvent surgir bien trop facilement et causer des dégâts considérables. La communauté internationale compte sur Pékin pour contribuer au règlement de la crise nord-coréenne. La Chine peut également jouer un rôle constructif dans d’autres régions du monde. Ayant conclu un accord énergétique de dix ans avec l’Iran, la Chine se trouve dans une position idéale pour soutenir les efforts de l’Union européenne en matière de prévention de la prolifération nucléaire. L’Europe et le monde observent également la gestion chinoise des problèmes nationaux en matière de Droits de l’homme. La Chine doit impérativement traiter la question de la liberté de croyance.
Il est temps de remplacer l’ancien accord de coopération entre l’Union et la Chine, qui date de 1985. Notre relation a évolué, passant d’une relation majoritairement économique à une relation qui inclut la lutte contre le terrorisme, le piratage et le crime organisé, ainsi que de nombreuses autres problèmes. Les normes politiques de l’UE sont élevées, mais les fruits de la coopération sont doux. Si nous nous attaquons à nos problèmes communs conjointement, la Chine et l’Europe contribueront largement à faire du XXIième siècle un siècle d’espoir.


« Les liens entre la Chine, la Russie et l’Iran »

Auteur Jephraim P. Gundzik

Jephraim P. Gundzik est président de la firme de consulting Condor Advisers, Inc.

Source Asia Times Online (Chine)
Référence

« The ties that bind China, Russia and Iran », par Jephraim P Gundzik, Asia Times, 4 juin 2005.

Résumé

La politique militaire unilatéraliste de George W. Bush construit de nouvelles alliances géostratégiques. La plus significative est la formation d’un triangle entre la Chine, l’Iran et la Russie.
Le rapprochement entre Moscou et Pékin est l’un des évènements les plus importants de ces derniers 18 mois mais il n’a quasiment pas été noté. Cette nouvelle proximité a cependant été si loin que la Chine et la Russie ont réalisé un exercice militaire commun en 2005. Les ventes d’armes entre les eux pays sont florissantes et se développent en parallèle des échanges non-militaires, essentiellement énergétiques. L’annulation de la construction du pipeline liant les réserves pétrolières de Sibérie à la Chine a pu apparaître comme un coup d’arrêt mais en réalité, le pipeline russe va désormais jusqu’au port de Nakhodha à la demande du Japon qui a payé le pipeline en échange. Ce port est à 40 miles des frontières chinoises et le prolonger ne coûterait rien. Si c’est le cas, Tokyo aura payé l’ouvrage pour les deux pays. En outre, la Chine massivement investit dans les entreprises pétrolières russes et a contribué à la re-nationalisation de Yukos.
La Chine investit également massivement dans le gaz iranien. Pékin contrevient ainsi aux restrictions de commerce imposé à Téhéran par les États-Unis. La Russie et la Chine aide également l’Iran à développer son programme militaire. La Russie est en outre grandement impliqué dans le programme nucléaire iranien. Les États-Unis sont persuadés que ce programme vise à construire des armes nucléaires.
L’Iran et la Chine soutiennent aujourd’hui la politique tchétchène de Vladimir Poutine ; la Russie et l’Iran la politique taiwanaise de Pékin et la Russie et la Chine la politique nucléaire de l’Iran. Cette alliance se construit contre les États-Unis et sa politique de « démocratisation ». Elle vise à créer un contrepoids aux ambitions globales états-uniennes.


« La SINOPEC attend le "tuyau de l’Est" »

Auteur Mu Shuling

Mu Shuling est directeur du groupe Sinopec (China Petrochemical Corp), la deuxième plus grande compagnie pétrolière de Chine. Fondée en 1983, la société SINOPEC a connu un grand essor après avoir appliqué la politique de réforme et d’ouverture sur l’extérieur.

Source Vremya Novostyey (Fédération de Russie)
Référence

« Sinopec ждет "восточную трубу" », par Mu Shuling, Vremya novostyey, 10 juin 2005.

Résumé

Nous avons l’intention de commencer un partenariat avec Gazprom et Rosneft, nous avons par contre signé un mémorandum d’entente mutuelle sur l’exploitation en commun de quatre gisements de pétrole situés en Russie et en Chine. Ces six dernières années, nous avons reçu des livraisons de Yukos et depuis deux ans de Lukoil. Les difficultés d’acheminement ont beaucoup affecté cette source d’approvisionnement et nous espérons que les gouvernements russes et chinois pourront résoudre rapidement la question de la construction de l’oléoduc entre la Russie et la Chine.
Nous n’avons pas encore eu l’intention chez Sinopec d’acheter des participations de Rosneft mais je sais que d’autres compagnies chinoises sont en train de le faire. Je sais que certaines sont aussi intéressées par l’achat de la compagnie pétrochimique d’Angarskaia que Yukos va bientôt devoir vendre. Pour savoir lesquelles, il faut s’adresser au comité d’État aux réformes et au développement de la République Populaire de Chine. Sinopec a un partenariat avec Shell à Sakhaline qui est lié au gaz. Nous sommes prêts à élargir ce partenariat pour le projet « Sakhaline 2 » pour l’exploitation du gaz, nous envisageons un milliard de mètres cubes par an pour cette opération. Nous sommes prêts à investir dans les infrastructures et à participer à la construction.


 



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