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Tribunes et décryptages - 16 juin 2005
Afrique : la Maison-Blanche sur le banc des accusés

Décryptage

Tony Blair avait annoncé à un électorat de gauche britannique échaudé par la guerre d’Irak, son intention de faire de l’Afrique la priorité du sommet du G8 dont il assure la présidence. Ce week-end, les pays de cette organisation ont annulé la dette de 18 États lourdement endettés, dont 14 pays africains, et se sont engagés à payer à leur place leurs dettes auprès de leurs créanciers.
Cette décision a contribué à remettre l’Afrique en lumière dans les médias, mais pour combien de temps ? Le responsable de la communication de l’International Crisis Group, Andrew Stroehlein, appelle la presse à sensibiliser le public sur la situation en République Démocratique du Congo. Dans une tribune publiée par le Christian Science Monitor et Gulf News, il invite les journalistes à se rendre dans ce pays et à rapporter ce qui s’y passe. Informés, les peuples contraindront peut-être leurs gouvernements à développer l’aide à ce pays.

De manière générale, le sommet du G8 n’a pas tenu ses promesses le volet d’augmentation des aides au développement en direction de l’Afrique. Comme lors du tsunami en Asie, Washington est pointé du doigt pour sa pingrerie.
Le chanteur et organisateur de concerts humanitaires, Bob Geldof, se réjouit dans le Times de Londres des premières mesures annoncées par le G8. Cependant, il estime que cela ne va pas assez loin. Il demande à Tony Blair de pousser le Canada, le Japon et les États-Unis à donner plus. Le conseiller de Kofi Annan, Jeffrey Sachs, constate lui aussi, dans l’International Herald Tribune, que Washington rechigne à aider l’Afrique alors qu’il consacre des fortunes à son armement. Aujourd’hui, observe-t-il, les États-Unis consacrent à peine 3 milliards de dollars d’aide à l’Afrique. Ces sommes servent en réalité à payer des consultants états-uniens chargés d’aider les pays africains. George W. Bush a bien annoncé une ralonge de l’aide états-unienne de 674 millions de dollars, mais cette somme, loin de signifier une augmentation globale, a en réalité été prélevée sur un autre programme d’aide.
A l’autre bout de l’échiquier politique, l’ancien guerrier froid, Arnaud de Borchgrave, dénonce l’inertie des États-Unis dans le Washington Times. Toutefois, pour l’ancien combattant volontaire du régime d’apartheid du Zimbabwe, il est moins question ici d’aider l’Afrique que de stabiliser des pays producteurs de pétrole comme le Nigeria ou l’Algérie.
Placé en accusation, George W. Bush a mis en scène l’aide états-unienne à l’Afrique en recevant à Washington cinq chefs d’État africains (Botswana, Ghana, Mozambique, Namibie et Niger). Le département d’État se charge de diffuser l’allocution prononcée à cette occasion. Le président états-unien vante la loi états-unienne sur l’aide au développement qui conditionne l’assistance US à l’ouverture des marchés des pays bénéficiaires et à leur docilité. L’accent est également mis sur le Millenium Challenge Account, programme néo-colonial que nous avons déjà détaillé dans nos colonnes.

Observons que ce débat est fondé sur des postulats discutables : c’est par absence de capitaux que les Africains ne parviendraient pas à développer leurs pays ; ils auraient donc besoin d’une aide financière. Or, si l’on prend le cas de la République Démocratique du Congo, cité comme emblématique par Andrew Stroehlein, on observe que ce pays regorge de richesses minières. Le sous-développement n’y est pas la conséquence d’un manque de capitaux, mais d’un pillage organisé accompagné de guerres incessantes. Plus que d’aide financière, les États africains ont besoin de stabilité et de souveraineté politique.

De son côté, le Premier ministre britannique, Tony Blair, souhaite dans les Izvestia, que la Russie, qui succèdera au Royaume-Uni à la tête du G8 en 2006, poursuive dans la voie qu’il a tracé. Cependant, l’essentiel de son texte ne porte pas sur ce point. L’auteur se plait à souligner qu’il fut l’un des premiers dirigeants mondiaux à rencontrer Vladimir Poutine après sa prise de fonction et rappelle la force de l’alliance du Royaume-Uni et de la Russie durant la Seconde Guerre mondiale. Cette débauche de souvenirs doit-elle faire oublier que les mouvements séparatistes tchétchènes ont leur quartiers généraux à Londres ?

Dimanche 12 juin 2005, la Russie fêtait pour la onzième fois sa fête nationale. Le 12 juin 1990, la session des députés du peuple d’URSS a adopté une déclaration sur la souveraineté du pays. Ce jour est devenu fête nationale en 1994. Izvestia en profite pour demander à plusieurs personnalités où en est l’indépendance du pays 15 ans plus tard.
Pour Konstantin Eggert, correspondant de la BBC, la Russie dépend largement aujourd’hui principalement des cours du pétrole. L’ancien Premier ministre russe et actuel ambassadeur en Ukraine, Viktor Tchernomyrdine, affirme pour sa part que la Russie est dépendante de ses voisins de l’ex aire soviétique et que cette dépendance est réciproque. Il invite le président ukrainien Yushchenko à se tourner à nouveau vers Moscou.

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16 juin 2005

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Thèmes
 Nouvelle Guerre froide
 AfriCom : Contrôle de l’Afrique

Auteurs et sources des Tribunes et décryptages

« Au Congo, 1000 morts par jours : Pourquoi n’est-ce pas en Une ? »

Auteur Andrew Stroehlein

Ancien journaliste en Europe central, Andrew Stroehlein est le directeur de la communication de l’International Crisis Group.

Sources Gulf News (Émirats arabes unis), Christian Science Monitor (États-Unis)
Référence

« In Congo, 1,000 die per day : Why isn’t it a media story ? », par Andrew Stroehlein, Christian Science Monitor, 14 juin 2005.
« The media has forsaken Congo », Gulf News, 15 juin 2005.

Résumé

Il est fréquent d’entendre des discussions sur le fait que les médias ne s’intéressent pas au conflit au Congo. Toutefois, cette réflexion ne conduit pas pour autant les médias à parler davantage du conflit lui même. C’est une situation absurde qui a pour conséquence de ne pas parler des 1000 morts quotidiennes provoquées par la famine ou les épidémies causées par la guerre. Ce conflit est le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale.
Après quatre ans de guerre civile à laquelle se sont mêlés huit pays, un gouvernement s’est formé en 2003 à Kinshasa. Toutefois, les seigneurs de guerre devenus politiciens ont tous gardé leurs milices et ils ne reculent pas devant la violence pour rester au pouvoir. Ce jeu mortel a une carte particulièrement empoisonnée : les forces démocratiques pour la libération du Rwanda. Il s’agit d’un groupe de rebelles rwandais qui titrent ses racines chez les extrémistes hutus qui ont pratiqué le génocide rwandais. Leur présence au Congo offre au Rwanda voisin une justification pour envahir leur grand voisin. C’est ce qu’ils ont fait à deux reprises déjà et ce qu’ils ont failli recommencé en avril. Un tel acte achèverait de déstabiliser le fragile Congo. Malgré tout, les rédactions des grands médias refusent de couvrir cette guerre.
Les solutions pour la République démocratique du Congo existe pourtant. Il faut construire une armée nationale congolaise et faire pression sur les gouvernements congolais et rwandais, tous deux dépendants de l’aide internationale, pour développer le processus de transition en jouant sur les aides financières. On voit qu’aujourd’hui l’Afrique attire de plus en plus l’attention, aux médias d’en parler pour créer une vraie mobilisation sur le sujet.


« Vous ne rêvez pas : le monde est en train de pivoter sur son axe »

Auteur Bob Geldof

Chanteur et compositeur irlandais, Bob Geldof fut l’organisateur en 1985 du concert géant en aide à l’Afrique, Live Aid. Il organise actuellement Live 8, une série de concert qui auront lieu le 2 juillet 2005 simultanément à Londres, Paris, Rome, Berlin et Philadelphie en faveur de l’Afrique et de la lutte contre le Sida.

Source The Times (Royaume-Uni)
Référence

« Don’t blink : the world is tilting on its axis », par Bob Geldof, Times, 14 juin 2005.

Résumé

Il y a un an, quand j’ai proposé à Tony Blair et Gordon Brown de créer une Commission pour l’Afrique, j’espérais secrètement faire une percée politique, ouvrir un débat public sur le plus grand problème de notre temps. Le succès ou l’échec de nos efforts dépendent grandement de la volonté et de la capacité des gouvernements africains à gouverner effectivement et à s’attaquer à la corruption.
Le débat sur cette question est devenu extraordinaire ici et il s’et prolongé lors de la réunion du G7. C’est le débat national qui a permis de définir les termes de ce débat entre dirigeants. Aujourd’hui, la majorité des pays du G7 sont prêts à consacrer 0,7 % de leur budget à l’aide au développement. Toutefois, le doublement de l’aide n’est pas encore garanti parce que les Canadiens, les Japonais et surtout, les Américains, ne se sont pas encore engagés à le faire. Le Premier ministre, Live 8 et les coalitions de la pauvreté doivent faire pression sur ces pays. Il faut également un commerce juste. Aujourd’hui, des subventions et du protectionnisme dans les pays riches ruinent l’Afrique. Ce continent ne représente que 2 % du commerce mondial.
Aujourd’hui, Blair doit refuser tout compromis avec le Canada, les États-Unis et le Japon. Il doit obtenir une annulation de la dette, le doublement de l’aide au développement, une réforme du commerce mondial et lié cela à des conditions en faveur de la démocratie et de la lutte contre la corruption. Souvenez vous que ce sont les commissaires africains de la Commission pour l’Afrique qui sont le plus demandeur de ce type de mesure. Les organisations sont en train d’influencer le débat.
Ceux qui nous disent que notre action est inutile ne proposent malheureusement rien d’autres.


« L’avenir de l’Afrique est menacé par la négligence états-unienne »

Auteur Jeffrey D. Sachs

Jeffrey D. Sachs est directeur du Earth Institute de l’Université de Columbia et un conseiller de Kofi Annan dans le cadre du programme des « Buts du millénaire » de l’ONU. Il a été conseiller économique de nombreux pays d’Amérique latine.

Source International Herald Tribune (France)
Référence

« Africa’s future is threatened by U.S. neglect », par Jeffrey Sachs, International Herald Tribune, 15 juin 2005.

Résumé

Différents rapports d’experts se penchant sur les maux de l’Afrique ont eu des conclusions analogues : l’Afrique a besoin de davantage d’investissements pour faire face à la faim, à la pauvreté et à la maladie et ces investissements doivent principalement être financés par les pays riches. L’Europe a commencé mais les États-Unis doivent suivre ce mouvement. Or, la Maison-Blanche est récalcitrante. Les priorités d’investissements en Afrique doivent se faire dans quatre domaines :
- La santé est une question centrale car l’Afrique doit combattre le Sida, la malaria et d’autres maladies mortelles. Il faut des cliniques, du matériel et des médecins.
- L’éducation est essentielle également et il y a un cruel manque d’enseignants en Afrique.
- L’agriculture est trop peu productive car les Africains manquent des investissements de base.
- Il faut enfin les infrastructures nécessaires tel que l’épuration des eaux ou l’électrification des campagnes.
Ces quatre questions peuvent être réglés. La Commission pour l’Afrique de Tony Blair recommande que l’aide internationale soit doublée d’ici 2010 et triplée d’ici 2015. Cela représente un montant de 16 cents pour 100 dollars de PIB pour les pays riches en 2010 et 22 cents en 2015. Mais aujourd’hui, sur 100 dollars de PIB, les États-Unis consacrent 3 cents à l’aide à l’Afrique et la plupart du temps cela sert à payer des consultants états-uniens dans ces pays. Ce week-end, les pays du G8 ont décidé d’annuler la dette de 18 pays et de rembourser leurs dettes à leur place aux institutions créancières. Mais pour se faire, les États-Unis veulent utiliser l’argent qu’ils auraient versé à d’autres programmes d’aide. Si cela se confirme, c’est choquant.
Il n’est pas possible d’aider l’Afrique tant que les États-Unis décideront de consacrer 500 milliards de dollars à leur armée et trois milliards de dollars seulement à l’Afrique. Il faut faire pression sur ce point auprès de George W. Bush.


« L’année de l’Afrique ? »

Auteur Arnaud de Borchgrave

Arnaud de Borchgrave est directeur du Washington Times et de l’agence United Press International. Il est membre du Center for Strategic and International Studies. Il a été combattant volontaire dans différents conflits périphériques de la Guerre froide

Source Washington Times (États-Unis)
Référence

« The year of Africa ? », par Arnaud de Borchgrave, Washington Times, 10 juin 2005.

Résumé

Les génocides, (deux en dix ans), les guerres et les insurrections ont accablé l’Afrique depuis les jours d’espoir de l’indépendance. Aujourd’hui, les jihadistes se développent dans ce continent. Ils apparaissent dans deux États producteurs de pétrole (le Nigeria et l’Algérie) et sur 400 combattants étrangers capturés en Irak, 35 % venaient d’Afrique.
Paralysés économiquement, de nombreux pays d’Afrique perdent du terrain et c’est ce qui a poussé Tony Blair à faire de l’Afrique une question centrale de la présidence britannique du G8. 28 millions d’Africains sont morts du Sida et les maladies liées à la pauvreté tuent 500 enfants africains par heure. Au début du millénaire, l’ONU a promis de diminuer la pauvreté de moitié d’ici 2015 mais les experts estiment que cela va demander bien plus de temps. Paul Wolfowitz a également fait de l’Afrique sa priorité pour son mandat de 5 ans à la tête de la Banque mondiale. Blair souhaite que les pays riches doublent leur aide aux pays africains et annulent la dette des pays de l’Afrique sub-saharienne. Cette option est cependant difficilement applicable par les États-Unis déjà lourdement déficitaire et endetté par la Guerre d’Irak. C’est pourquoi George W. Bush a promis 674 millions de dollars mais il s’agissait de fonds déjà accordés par le Congrès pour venir en aide à l’Éthiopie et l’Érythrée.
Dans le même temps, l’Éthiopie mobilise des troupes pour aider le Darfour mais les forces de l’Union africaine sont bloquées par un conflit absurde entre l’Union européenne et l’OTAN afin de déterminer laquelle des deux organisations se chargera du transport de troupes. En outre, les forces déployées par l’Union africaine sont insignifiantes, vu la taille du territoire. L’Afrique du Sud ne peut pas déployer beaucoup de troupes car 40 % de son armée est séropositive. Pendant ce temps, les efforts de l’Union européenne et de l’OTAN ne sont pas coordonnés.
Les États-Unis apparaissent bien peu concerné par la situation et George W. Bush répète que le terrorisme et la pauvreté n’ont pas de liens. Toutefois, le commandeur suprême des forces de l’OTAN, le général James Jones se rend souvent en Afrique pour aider à former des troupes afin de sécuriser le continent. Pour que cela soit efficace, il faut une augmentation de 100 millions de dollars du budget. C’est le coût d’une heure d’occupation de l’Irak.


« M. Bush reçoit cinq dirigeants démocratiques africains »

Auteur George W. Bush

Président des États-Unis (2001-2008).

Source États-Unis (Department of State)
Référence

« M. Bush reçoit cinq dirigeants démocratiques africains », par George W. Bush, Département d’État états-unien, 13 juin 2005.

Résumé

Je vous remercie tous d’être venus. Bienvenue à la Maison-Blanche. Je veux remercier les cinq présidents qui sont avec nous aujourd’hui : le président Mogae du Botswana, le président Kufuor du Ghana, le président Guebuza du Mozambique, le président Pohamba de Namibie et le président Tandja du Niger, de grands patriotes, des démocrates et des amis.
Tous les présidents réunis ici représentent des pays qui ont organisé des élections démocratiques cette année. Quelle puissante affirmation de l’importance de la démocratie pour le continent africain ! Nous partageons tous un attachement fondamental à promouvoir la démocratie et le progrès dans ce continent. Pour cela, nous devons promouvoir les échanges commerciaux mutuellement bénéfiques. C’est le sens de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique. En vertu de cette loi, les États africains peuvent obtenir un meilleur accès à notre marché en montrant leur engagement en faveur d’une réforme économique et politique, en respectant les Droits de l’homme, en éliminant les barrières commerciales et en renforçant les droits de propriété et la primauté du droit, ce qui est précisément ce que les dirigeants de ces cinq pays sont en train de faire.
Compte tenu des succès de cette loi, j’ai par deux fois promulgué des dispositions qui en renforcent le succès et en prorogent les avantages pour longtemps. L’an dernier, les importations états-uniennes en provenance des pays qui bénéficient de cette loi ont augmenté de 88 % et les importations non pétrolières de 22 %. Cette ouverture des marchés, c’est ainsi que l’on produit de la richesse. Fait intéressant, au cours de la même période, les exportations des États-Unis vers l’Afrique subsaharienne ont augmenté de 25 %. En d’autres termes, c’est une voie à double sens. Cette loi crée des avantages tant pour les Américains que pour les Africains, et il est important que nos concitoyens le sachent. En décembre, j’ai annoncé que 37 pays africains pourraient bénéficier des avantages de cette loi.
Dans le même temps, les États-Unis s’attachent à élargir leurs efforts en vue d’atténuer la faim, de réduire la dette, de combattre la maladie en Afrique. Nous développons le Millenium Challenge Account et j’ai annoncé que les États-Unis consacreraient environ 674 millions de dollars supplémentaires à la satisfaction de besoins humanitaires urgents en Afrique. Samedi, nous avons également annoncé un accord conclu entre les pays industriels membres du G8 en vue d’annuler pour 40 milliards de dollars de la dette due par 18 des pays les plus pauvres du monde, dont 14 situés en Afrique. Nous développons également les programmes de lutte contre le Sida. Ce n’est là qu’un échantillon des initiatives que nous poursuivons afin d’aider les dirigeants africains à apporter la démocratie, la prospérité et l’espoir à leurs peuples.
Une fois de plus, je suis honoré de vous recevoir tous ici. Merci d’être venus. Que Dieu vous bénisse tous.


« L’Europe a connu des moments difficiles mais elle reste unie »

Auteur Tony Blair

Tony Blair est le Premier ministre travailliste britannique.

Source Izvestia (Fédération de Russie)
Référence

« ЕВРОПА ПРОШЛА ЧЕРЕЗ СЛОЖНЫЕ МОМЕНТЫ, НО ОНА ОСТАНЕТСЯ ЕДИНОЙ », par Tony Blair, Izvestia, 14 juin 2005.

Résumé

Je suis content de ma visite. Mes relations avec Vladimir Poutine sont solides, je suis l’un des premiers leaders mondiaux à lui avoir rendu visite après son entrée en fonction. Bien sûr, il y a des divergences mais c’est normal en politique internationale. Les relations entre la Russie et la Grande Bretagne sont bonnes et nous allons continuer à les renforcer. L’Europe a connu des moments difficiles mais elle reste unie et elle va continuer à s’élargir malgré les difficultés actuelles et les questions en suspend. L’Europe va aller de l’avant et mon pays sera dans le mouvement.
Nous avons déjà défini le cadre de la coopération russo-européenne. Je souhaite que nous prenions des décisions concrètes concernant l’économie, le développement des échanges et la lutte contre le trafic de stupéfiants lors du sommet Russie-UE de Londres en octobre. Pendant le sommet du G-8 du 6 au 8 juillet, nous souhaitons soulever le problème du changement climatique et de l’annulation de la dette africaine. Nous attendons beaucoup de la Russie en tant que futur pays président le groupe.
La Seconde guerre mondiale a été gagnée grâce aux liens entre la Russie et la Grande Bretagne, tous ceux qui ont étudié la vie de Churchill le savent. Sans victoire sur le front de l’Est, il n’y aurait pas eu de victoire des alliés. Je pense que l’ONU va avoir une importance de plus en plus grande. Les réformes sont indispensables mais cette organisation est très utile. Il y a eu des dissensions au sujet de l’Irak mais l’ONU à un rôle crucial à jouer pour le futur de ce pays.


« La Russie est dépendante des électeurs, de la classe politique et du prix du pétrole »

Auteur Konstantin Eggert

Ancien responsable du service international d’Izvestia (1992-1998), Konstantin Eggert est rédacteur en chef du bureau russe de la BBC. Il produit et présente Radius, le principal programme d’information du soir. Il est membre du Royal Institute of International Affairs de Londres et membre du directoire de Pro Et Contra, le journal de la Carnegie Endowment for International Peace à Moscou.

Source Izvestia (Fédération de Russie)
Référence

« От избирателей, политического сословия и цен на нефть », par Konstantin Eggert, Izvestia, 10 juin 2005.

Résumé

La Russie dépend avant tout de ses propres citoyens qui décident en votant de la façon dont le pays va vivre. Elle dépend aussi de ses dirigeants politiques et plus largement de la classe politique qui propose des projets au peuple. La Russie dépend aussi des courts mondiaux des sources d’énergie qui sont son principal produit d’exportation et constituent l’essentiel de son budget. Le pays dépend aussi de l’Europe qui est son principal client, toujours dans le secteur de l’énergie.
L’Europe n’est pas seulement son principal partenaire commercial, elle est un exemple pour les Russes du point de vue de la culture et de la vie quotidienne. En même temps, il me semble que la Russie, même si c’est à un degré moindre, dépend aussi de la politique des États-Unis.


« De qui dépend la Russie ? »

Auteur Viktor S. Tchernomyrdine

Ancien Premier ministre (1992-1998), Viktor Stepanovitch Tchernomyrdine est ambassadeur de Russie en Ukraine.

Source Izvestia (Fédération de Russie)
Référence

« ОТ КОГО ЗАВИСИТ РОССИЯ ? », par Viktor Tchernomyrdine, Izvestia, 10 juin 2005.

Résumé

Nous ne fêtons pas le jour de l’indépendance mais la journée de la Russie, une fête religieuse. Notre indépendance n’est pas à mettre en question, personne ne le fait. Cela fait quinze ans que nous vivons dans un État souverain, c’est très court pour un pays comme le nôtre. Une frontière nous sépare avec l’Ukraine mais nous sommes liés comme des fiancés et des voisins. Il n’y a pas de frère aîné ou de frère cadet, nous sommes égaux. Il ne faut pas penser autrement.
Il faut apprendre à vivre ensemble et à résoudre les problèmes. Nous sommes des partenaires éternels comme le dit Yushchenko. Que personne ne doute de nous. Une Ukraine forte est indispensable. Le changement de pouvoir ici a prouvé que nous devons mieux nous comprendre mutuellement. C’est un processus qui n’est pas douloureux s’il est objectif. On se dispute, on se retrouve. Nous souhaitons des changements mais uniquement dans la bonne direction.


 



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