Réseau Voltaire
Les Etats-Unis contre la France

Pour le directeur de France Télévisions, Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire ont raison

C’est ce que l’on peut supposer après avoir vu l’opus de propagande les Réseaux de L’extrême, les Obsédés du Complot, diffusé par France Télévisions sur France 5.

| Paris
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Pour M. Pflimlin, directeur de France Télévisions, Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire ont raison
ou
les Etats-Unis contre la France

M. Rémy Pflimlin a été promu au poste de directeur général de France Télévisions par Nicolas Sarkozy, tout un symbole. Nicolas dit « l’américain » [1] ne pouvait que promouvoir un homme qui était en accord avec ses idées.

En fait d’idées, celles de Nicolas étaient fort simples, dépouillées à l’extrême, elles se résumaient ainsi : « le maître est aux Etats-Unis et j’obéis aux ordres. Il m’a dit de faire la guerre, en dépit de mes propres intérêts et de ceux de la France. J’ai engagé l’armée française en supplétive de celle des Etats-Unis. »

Blackboulé par les Français excédés, François Hollande, en digne successeur à la tête du « Parti de l’étranger », comme disait De Gaulle, a conservé M. Pflimlin à ce poste clef pour l’édification des masses aux bienfaits états-uniens. M. Hollande représentant l’aile gauche de ce parti antinational, il ne pouvait avoir de divergence avec M. Pflimlin sur l’aspect principal de son action : faire admettre les guerres des Etats-Unis au bon peuple de France.

La guerre états-unienne contre la Libye, par France interposée, a été promue sur les antennes de France Télévisions à grands coups de propagande mensongère sur le « dictateur-qui-massacre-son-peuple », alors que les terroristes salafistes maison, drogués et encadrés par des forces spéciales « occidentales » mettaient le pays à feu et à sang en massacrant, en égorgeant, en pendant à tout va ceux qui ne se pliaient pas derechef à leur vision particulièrement rétrograde de l’islam.

Le nouveau Gauleiter de gauche des Etats-Unis en France, M. Hollande, a eu moins de chance avec la sous-traitance de la guerre des Etats-Unis contre la Syrie, où il tomba sur un os. Cet os était l’Armée arabe syrienne, composée de conscrits, donc du peuple syrien qui se battit ardemment contre les milices islamistes de l’OTAN. Un autre os était le refus de la Chine et de la Russie d’avaliser une manœuvre identique à celle qui fut imposé contre la Libye, celle d’outrepasser une résolution de l’ONU, comme il a été fait avec la résolution 1973.

Cependant, la propagande états-unienne se déversa à grand flot sur nos ondes montrant, comme toujours, la cible à abattre, le « dictateur-qui-massacre-son-peuple », alors que là encore nous pouvions observer grâce à des médias plus indépendants, puisque hors de la zone OTAN, que les terroristes salafistes venus de tous pays, armés et financés par les Etats-Unis et leurs affidés, mettaient – comme en Libye – le pays à feu et à sang, massacrant leurs opposants de la manière la plus barbare.

Seul le nom du chargé d’affaire des Etats-Unis en France avait changé. Mais la politique demeurait la même et, pour M. Pflimlin, c’était identique.

Pourtant, cette lourde propagande journalière de promotion des guerres états-uniennes se trouvait contrée par un certain nombre de sites internet et d’intellectuels. Comme une bonne part de la population, notamment jeune, se détourne des habituelles lucarnes à pensée conforme, une fraction notable de citoyens, selon les sondages, se mit à ne plus croire les grossières balivernes de France Télévisions. Pour les sous-fifres des maîtres du monde, il devenait urgent de réagir.

Un récent sondage [2] mettait même le feu. Pour le directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris, Pascal Perrineau, « le “ressentiment” observé depuis une trentaine d’années cède désormais la place à “l’hostilité” franche ». Ce sondage montre également où se situe la fracture entre les élites et la Nation [3].

Cette fracture indique très nettement qu’elle se situe dans le rapport des Français avec la mondialisation et en conséquence les abandons de souveraineté. En effet, 65% des sondés pensent qu’« il faut renforcer les pouvoirs de décision de notre pays, même si cela doit conduire à limiter ceux de l’Europe ».

Cependant, ces abandons de souveraineté ont été imposés depuis la fin de la guerre par les Etats-Unis, abandons servant à pouvoir mieux dominer la zone qui leur était dévolue par les accords de Yalta de 1945. Si les Français voulaient recouvrer leur indépendance un jour, ce serait bien en confrontation avec les Etats-Unis.

Une fois débarrassée de ce qui peux la masquer, la fracture devient visible comme étant bien les rapports des Français avec les Etats-Unis et leur impérialisme guerrier.

L’axe de la propagande médiatique est particulièrement juste, en indiquant les craintes elle nous indique également ce qui est important. C’est tout l’intérêt de l’émission de France 5, Les Réseaux de l’Extrême, produite par Caroline Fourest, que de nous montrer où se situe réellement cette fracture. Et il se trouve que nous sommes d’accord.

On comprend donc bien que la cible désignée par la propagande médiatique ce sont les intellectuels et organisations anti-impérialistes, c’est-à-dire ceux qui s’opposent à la politique des Etats-Unis.

Au centre de cette cible se trouvent bien ceux qui remettent en cause la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Et le centre absolu est bien Thierry Meyssan avec le Réseau Voltaire, qui furent les premiers à porter un doute sur cette version officielle et par la suite à dénoncer les guerres impérialistes dont ces attentats étaient la justification.

En nous indiquant comme cœur de cible, la propagande médiatique montre au peuple français que nos analyses sont justes. Nous ne nous sommes pas trompés.

La remarquable émission de Caroline Fourest sur France Télévisions [4] montre parfaitement la réalité. Mais, en reflet, elle nous indique quels sont les camps en opposition et qui sont les alliés présents et combattants dans chacun de ces deux camps opposés, que l’on peut épurer en camp états-unien d’un côté et camp national de l’autre.

Dans le camp du pouvoir états-unien :

  1. Il y a, d’abord, les journalistes pris dans leur ensemble, nous dit Mme Fourest. Ceci est confirmé par la perception des Français que reflète le récent sondage, qui nous précise bien que : 72% des sondés estiment en effet que les journalistes sont « coupés des réalités et ne parlent pas des vrais problèmes des Français ». 73% pensent aussi que les journalistes ne sont pas indépendants et « ont tendance à céder aux pressions du pouvoir politique ».
  2. Les politiciens dans leur ensemble. Le sondage nous montre ce qu’en pensent les Français : 62% pensent que les hommes et les femmes politiques sont « corrompus pour la plupart ». 82%, qu’ils « agissent principalement pour leurs intérêts personnels ». Et 87% sont d’avis que l’« on a besoin d’un vrai chef en France pour remettre de l’ordre » ! Aucun politicien en France ne pourrait se désigner en dehors de ce camp.
  3. Les pro-impérialistes, c’est à dire pro-USA, se désignant comme tels par leur opposition farouche à tout ce qui est anti-impérialiste, donc anti-états-unien, et notamment par leur opposition déterminée à ceux qui remettent en cause toutes les versions officielles états-uniennes, désignés à leur tour comme des « complotistes », terme qui devient un nouveau néologisme signifiant anti-impérialiste.
  4. Les pro-sionistes soutenant la politique colonialiste et criminelle de l’Etat d’Israël.
  5. Les partisans de la mondialisation, de l’abandon de souveraineté des nations, de l’OTAN, de l’Union européenne et de l’euro.

Ce camp est particulièrement virulent contre tout ce qui est national et la vision du drapeau tricolore déclenche chez eux une forte allergie. Ceux qui le brandissent sont qualifiés de fascistes.

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Dans le camp national :

  1. En premier lieu ceux qui remettent en cause la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Puisque ces attentats permirent de justifier une nouvelle politique impérialiste des Etats-Unis.
  2. Les anti-impérialistes qui critiquent les guerres états-uniennes, même sous-traitées, particulièrement celles mises en œuvre selon le plan dit Bush de remodelage du Grand Moyen-Orient, notamment celles déclenchées contre l’Afghanistan, l’Irak, la Somalie, la Libye et maintenant contre la Syrie, conformément au plan dévoilé par le général Westley Clark dès 2007.
  3. Les indépendantistes qui veulent que la France recouvre son indépendance en sortant de l’OTAN, de l’Union européenne et de la zone euro et que la France retrouve ses valeurs républicaines et nationales.
  4. Ceux qui veulent en finir avec la financiarisation de l’économie, avec le pouvoir des banques et avec l’imposition de la dette obligatoire qui favorise le soutien du dollar par l’euro.

On s’aperçoit que cette fracture ne recoupe en rien la césure actuelle droite-gauche : ceux du camp national sont autant qualifiés d’extrême droite que d’extrême gauche. En tous cas, ce sont des extrémistes, selon Les Réseaux de l’Extrême.

Dans cette opposition farouche de ces deux nouveaux camps politiques, dans cette nouvelle césure en dehors de celle traditionnelle de droite et de gauche, le point crucial qui fait qu’on se trouve dans l’un ou l’autre camp est bien la remise en cause de la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 et il faut remercier Caroline Fourest et France télévision de nous l’avoir démontré.

Thierry Meyssan, « le Picasso du “complotisme” » avec le Réseau Voltaire sont bien à l’avant-garde du combat national.

Belle publicité ! Nous vous en remercions M. Pflimlin.

Documents joints

 

[1] « Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française » par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 juillet 2008.

[2] « Les Français en rupture avec leurs médias », Observatoire des journalistes et de l’information médiatique.

[3] PDF disponible sur notre site pour son téléchargement à partir de ce lien.

[4] « La diffamation au service de la politique des Etats-Unis. Lettre ouverte du Réseau Voltaire France au Directeur Général de France Télévisions », par Alain Benajam, Réseau Voltaire, 4 février 2013.

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