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Ron Paul répond à l’assaut ukrainien lancé sur les forces « pro-russes »

À la veille de ce qu’il nomme une « guerre civile », l’ex-membre du Congrès et ex-candidat à la Maison-Blanche Ron Paul a demandé aux États-Unis de rester à l’écart du conflit ukrainien qui s’intensifie, déclarant que ce sont les puissances occidentales qui sont à l’origine des troubles dans cette région et que ce sont elles qui sont responsables du maintien des tensions.

| Houston (Etats-Unis)
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Les gros titres de la presse occidentale ont tenté de semer le doute sur les circonstances de la mort de 46 manifestants antifascistes ukrainiens acculés puis brûlés dans la Maison des syndicats à Odessa, ville portuaire du sud. Ce sont des groupes néo-nazis fidèles au régime illégitime désormais en place à Kiev qui sont à l’origine de ce crime.

La guerre civile en Ukraine a l’air d’empirer considérablement. L’Ukraine de l’ouest est à présent sous la pression de ses alliés occidentaux, c’est à dire les pays de l’Otan, l’Union européenne, les États-Unis et le FMI (Fonds monétaire international). L’Ukraine de l’ouest cherche à reprendre le contrôle des villes tenues par les pro-Russes dans l’est.

Évidemment, on entend dans les médias dominants que c’est la Russie qui est à l’origine du conflit, d’où la nécessité de cette réaction. En réalité, le coup d’État d’il y a plusieurs semaines qui a mené au renversement du président légitime Viktor Ianoukovytch a été monté par ces mêmes : l’Otan, l’Union européenne, les États-Unis et le FMI.

Depuis le début de cette crise, nous nous sommes énormément impliqués en dépensant plus de 5 milliards de dollars afin de pouvoir contrôler l’Ukraine [1]. Et nous continuons à le faire. Néanmoins les événements récents marquent une escalade dans la violence qui pourrait dégénérer, et ce, même si il n’en va ni de l’intérêt de l’Occident ni de la Russie.

Il y a eu beaucoup de menaces et d’intimidations par rapport à des sanctions et pénalités économiques, là aussi, la situation pourrait bien devenir incontrôlable.

Le FMI a récemment proposé à l’Ukraine 17 milliards de dollars à une condition précise : qu’elle se débarrasse du contrôle russe sur les villes de l’est. Telle est la condition qui lui a été soumise.

Ce n’est par conséquent pas étonnant de voir tout à coup l’Ukraine de l’ouest se montrer plus agressive pour tenter de reconquérir ces villes.

Le FMI paraît ne pas réfléchir beaucoup en voulant aider le peuple ukrainien puisque, paradoxalement, pour obtenir ces 17 milliards, non seulement doivent-ils se battre et reprendre le contrôle de l’est, mais ils doivent aussi augmenter les impôts et le prix du pétrole, ce qui ne va pas aider le peuple. C’est ce qui se passe en général quand des sanctions sont prises à l’encontre d’un pays, ou quand une guerre éclate, le peuple souffre et seul l’intérêt particulier semble en tirer profit.

De plus il me paraît difficile de continuer à prétendre que les Ukrainiens de l’ouest ne font que se défendre parce qu’ils ont désormais mis en place un service militaire. Très sérieusement, lorsqu’un pays se défend contre un agresseur, il n’a pas besoin d’instaurer un service militaire pour recruter des soldats, le ralliement a lieu spontanément.

Je continue à dire que la situation là-bas est chaotique, et qu’elle empire. Nous contribuons au conflit. Il serait bien mieux pour les Ukrainiens, pour les Européens, pour les Russes et pour les États-uniens, pour nous, de rester à l’écart et d’appliquer le principe de non-ingérence. Ne pas leur envoyer d’argent et ne pas leur envoyer d’armes. Ne pas intervenir et ne pas prendre parti. Alors je pense que le peuple ukrainien sera capable de régler ses problèmes seul, et bien mieux que lorsqu’il y a une intervention extérieure.

Traduction
Grégory Dhenin

[1] Ce chiffre provient de “Remarks by Victoria Nuland at the U.S.-Ukraine Foundation Conference”, Voltaire Network, 13 December 2013. Il est nié aujourd’hui par le département d’État : « Richard Stengel nie les propos de Victoria Nuland », Réseau Voltaire, 2 mai 2014.

Ron Paul

Ron Paul Homme politique états-unien. Il fut représentant du Texas au Congrès de 1976 à 1985, puis de 1997 à 2013, et candidat libertarien à l’élection présidentielle de 2008.

 
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