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Barack Obama sur la situation en Irak

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Bonjour, tout le monde. Je viens de m’entretenir avec mon équipe de sécurité nationale pour discuter de la situation en Irak. Nous nous réunissons régulièrement pour passer la situation en revue depuis que l’EIIL, une organisation terroriste qui opère en Irak et en Syrie, a avancé sur le territoire irakien. Comme je l’ai dit la semaine dernière, l’EIIL constitue une menace pour le peuple irakien, la région et les intérêts des États-Unis. Je veux donc faire le point avec vous de la manière dont nous gérons la situation.

Premièrement, nous nous appliquons à sécuriser notre ambassade et le personnel qui travaille en Irak. En tant que président, je n’ai pas de plus haute priorité que la sécurité de nos hommes et de nos femmes en mission à l’étranger. J’ai donc pris certaines mesures pour déplacer provisoirement certains de nos employés à l’ambassade, et nous avons envoyé des renforts pour mieux sécuriser nos installations.

Deuxièmement, à ma demande, nous avons considérablement augmenté nos ressources en matière de renseignement, de surveillance et de reconnaissance de façon à avoir une meilleure image de ce qui se passe sur le territoire irakien, et cela nous aidera à mieux comprendre ce que fait l’EIIL, où il est localisé et comment nous pourrions soutenir les efforts visant à contrecarrer cette menace.

Troisièmement, les États-Unis vont continuer à accroître leur soutien aux forces de sécurité irakiennes. Nous sommes prêts à créer des centres d’opérations conjointes à Bagdad et dans le nord de l’Irak, à échanger des éléments de renseignement et à coordonner la planification pour faire face à la menace de l’EIIL. Par le biais de notre nouveau Fonds de partenariats contre le terrorisme, nous sommes prêts à travailler avec le Congrès pour fournir des équipements supplémentaires. Nous avons eu des conseillers en Irak qui sont passés par notre ambassade, et nous sommes prêts à envoyer un petit nombre de conseillers militaires américains en plus – jusqu’à 300 – qui seraient chargés d’évaluer la meilleure manière de former, de conseiller et de soutenir les forces de sécurité irakiennes.

Les forces américaines ne retourneront pas en Irak pour combattre, mais nous aiderons les Irakiens tandis qu’ils combattent les terroristes qui menacent le peuple irakien, la région et les intérêts des États-Unis aussi.

Quatrièmement, ces derniers jours, nous avons déployé des moyens militaires américains dans la région. Du fait de l’augmentation de nos ressources en matière de renseignement, nous acquérons davantage d’informations sur des cibles potentielles associées à l’EIIL et, par la suite, nous serons prêts pour des interventions militaires ciblées et précises si nous déterminons que la situation sur le terrain l’exige. Si nous intervenons, je serai en contact étroit avec le Congrès et les dirigeants en Irak et dans la région.

Je tiens à souligner, toutefois, que la réponse la meilleure et la plus efficace à une menace comme celle de l’EIIL passera au bout du compte par des partenariats dans lesquels les forces locales, irakiennes en l’occurrence, joueront un rôle de chef de file.

Enfin, les États-Unis piloteront une action diplomatique qui aura pour but de travailler avec les dirigeants irakiens et les pays de la région pour appuyer la stabilité en Irak. À ma demande, le secrétaire d’État John Kerry partira ce weekend pour des réunions au Moyen-Orient et en Europe, où il sera en mesure de se concerter avec nos alliés et partenaires. Tout comme tous les voisins de l’Irak doivent respecter l’intégrité territoriale de l’Irak, il est d’un intérêt vital pour tous les voisins de l’Irak de veiller à ce que ce pays ne plonge pas dans la guerre civile ou ne devienne pas un refuge pour les terroristes.

Par-dessus tout, les dirigeants irakiens doivent s’élever au-dessus de leurs différences et se mobiliser autour d’un plan politique pour l’avenir de l’Irak. Les chiites, les sunnites, les Kurdes, tous les Irakiens doivent avoir l’assurance de pouvoir faire avancer leurs intérêts et leurs aspirations par le biais du processus politique plutôt que par la violence. Les réunions d’unité nationale doivent continuer pour dégager un consensus parmi les diverses communautés de l’Irak. Maintenant que les résultats de la récente élection en Irak ont été certifiés, un nouveau parlement devrait siéger le plus rapidement possible. La formation d’un nouveau gouvernement sera une occasion d’entamer un dialogue véritable et de forger un gouvernement qui représente les intérêts légitimes de tous les Irakiens.

Il n’appartient pas aux États-Unis de choisir les dirigeants de l’Irak. Il est clair, cependant, que seuls les dirigeants capables de gouverner en appliquant un programme ouvert à tous vont pouvoir rassembler véritablement les Irakiens et les aider à surmonter cette crise. Par ailleurs, les États-Unis n’envisageront pas d’options militaires qui soutiendraient une secte en Irak au détriment d’une autre. Il n’y a pas de solution militaire en Irak, et certainement pas une qui serait pilotée par les États-Unis. Par contre, il est urgent d’avoir un processus politique ouvert à tous, une force de sécurité irakienne plus capable et des actions contre le terrorisme qui privent les groupes comme l’EIIL d’un lieu de refuge.

Pour terminer, ces derniers jours nous ont remis en mémoire les profondes cicatrices que la guerre de l’Amérique en Irak a laissées. Outre les près de 4 500 patriotes américains que nous avons perdus, beaucoup de vétérans portent les blessures de cette guerre, et ils les porteront jusqu’à la fin de leurs jours. Ici aux États-Unis, l’Irak a suscité des débats vigoureux et des émotions intenses par le passé, et nous voyons certains de ces débats resurgir.

Mais ce qui ressort clairement de la dernière décennie, c’est qu’il faut que les États-Unis posent des questions difficiles avant d’intervenir à l’étranger, en particulier militairement. La question la plus importante que nous devrions tous nous poser, la question que nous devons garder au premier plan – la question que je garde au premier plan – c’est de se demander quels sont les intérêts de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique. En tant que commandant-en-chef, c’est ce que je garde toujours à l’esprit. En tant qu’Américains, c’est ce que nous devons tous garder à l’esprit.

Nous poursuivrons nos consultations étroites avec le Congrès. Nous tiendrons le peuple américain au courant. Nous resterons vigilants. Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger la sécurité des États-Unis et celle du peuple américain.

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