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Existe-t-il un lobby gay en France ?

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Aux États-Unis, comme dans les pays de l’Est, les homosexuels constituent une force politique capable d’influer à la fois sur l’évolution de leur sort et sur celle de leur pays (cf. Rebel n°2 et n°3). Dans des univers politiques si différents cette force a trouvé à s’exprimer par des moyens particuliers : constitution d’un lobby aux USA, réseaux avant-gardistes et contestataires en RDA. On peut logiquement se demander si une telle force existe aussi en France, et si oui, sous quelle forme agit-elle ?

L’observateur imagine spontanément que la comparaison doit être faite avec les États-Unis, qui connaissent également un régime démocratique, plutôt qu’avec les pays de l’Est. Aux USA chaque communauté s’organise en lobby. C’est-à-dire qu’elle regroupe d’abord des intérêts financiers, puis qu’elle rassemble des militants en très grand nombre au sein d’associations, enfin qu’elle défend ses intérêts particuliers par tous les moyens devant la Maison-Blanche et le Congrès. Le "rêve américain" valorise ceux qui savent prendre des initiatives pour se défendre. Il méprise ceux qui n’ont pas eu la même chance et qui deviennent les laissés pour compte de la société. C’est vrai pour les individus, comme pour les communautés. En 25 ans les gais ont su se regrouper dans deux villes bastions : San Francisco et New York. Ils ont créés leurs banques, leurs assurances, et diverses autres entreprises. Ils ont élus leurs représentants aux conseils municipaux. Ils ont développé leurs associations de défense des droits, et de lutte contre le sida. Enfin ils se sont engagés massivement aux côtés des Démocrates, et ont joué un rôle significatif dans l’élection du président Clinton.

Les Français n’aiment pas les lobbies

La tradition politique française a toujours été hostile à ce type de démarche. À la différence des USA, la France n’est pas seulement une démocratie, c’est aussi une république. C’est-à-dire qu’en théorie le débat politique vise à défendre l’intérêt collectif, et non pas à faire triompher des intérêts particuliers. C’est pourquoi la Révolution de 1789 avait interdit les corporations, et ce n’est qu’en 1901 que la République accepta les associations. Les homosexuels français, qui sont souvent fascinés par San Francisco, aiment pourtant à tourner en dérision "Le Marais", ce presque-ghetto qu’ont créé les parisiens. Leur idéal n’est manifestement pas de constituer une société à part, où l’on pourrait vivre son homosexualité sans entraves ; mais de pourvoir vivre comme tout le monde, là où ils sont. Sur le fond cette conception de la citoyenneté républicaine, profondément encrée dans les mentalités, s’oppose radicalement à l’idée de "lobby".

La logique de la tradition américaine conduit aussi les électeurs à voter en priorité en fonction des intérêts de leur communauté propre. On voit assez mal en France, que les électeurs gais choisissent le président de la République, leur député ou leur maire, sur le seul motif de leur bienveillance envers eux. Tout au plus ce critère permet-il d’écarter de leur choix le Front National, qui est clairement homophobe. En 1978, Guy Hocquengheim et Jean Le Bitoux s’étaient présentés aux législatives dans le Quartier latin avec pour seule étiquette "candidats homosexuels". C’était une plaisanterie d’étudiants qui leur permis d’accéder aux médias, mais qui n’avait aucune valeur électorale : ils n’obtinrent pas même 1% des suffrages exprimés.

Des associations politiques

Quoi qu’il en soit, des hommes politiques français se sont souvent lancés dans la "pèche aux voix" homosexuelles, et de nombreuses associations politiques ont été fondées dans le milieu gai. En 1983 Jan-Paul Pouliquen fonda "Homosexualités et Socialisme" (HES), son but était à la fois de "combattre les préjugés anti-homosexuels" et de "promouvoir le socialisme". En clair, cela signifiait à la fois sensibiliser à l’intérieur du PS les élus aux problèmes des gais, et rabattre des électeurs vers le Parti Socialiste. Mais l’association fut aussitôt ébranlée par les querelles de courant et se scinda en 1984. HES fut désormais dirigée par deux chevènementistes : Patrick Bloche et Philippe Ducloux, tandis que les fabiusiens créaient "les Gais pour les libertés" (GPL) animés par Henri Maurel et Alain Royer. On doit en partie à HES deux lois importantes : celle du 25 juillet 1985 sur la non-discrimination en matière économique, et celle du 17 janvier 1986 sur la non-discrimination en matière de droit du travail. Ces deux textes ont été proposés par le député de la Haute-Saône, Jean-Pierre Michel, proche de l’association et également co-fondateur du Syndicat de la Magistrature. Ils ont été adoptés sans discussion à l’Assemblée Nationale.

Tandis que les chevènementistes continuaient à ramer à contre-courant pour faire évoluer les mentalités au sein du PS, alors que celui-ci commençait à s’adonner aux délices du pouvoir, les fabiusiens s’adaptaient à l’air du temps. Leur objectif était de soutenir la carrière de Laurent Fabius et de profiter de son appui pour s’emparer de postes à responsabilité et y défendre les droits des gais. Françoise Castro, l’épouse du premier ministre, devint leur marraine. Pour la première fois, une association gaie disposait d’un budget conséquent, et prétendait même recevoir des subsides sur les "fonds secrets" de Matignon. Ils adoptèrent un look moderne et réussirent des opérations médiatiques. En 1985 ils reçurent l’onction de François Mitterrand venu les écouter lors d’un meeting commun avec onze autres clubs fabiusiens à la Mutualité. A vrai dire on ne parla pas beaucoup d’homosexualité, ni d’autres problèmes de société, mais surtout du destin présidentiel du jeune premier ministre, Laurent Fabius. En 1988 ils multiplièrent les initiatives avec Laurent et Françoise Fabius pour la réélection du président Mitterrand. Les responsables de GPL furent de tous les cocktails de la gauche caviar et connurent une carrière fulgurante dans les allées du pouvoir. Mais alors qu’ils occupèrent des postes à responsabilité, ils ne firent pas avancer d’un pouce la cause qu’ils étaient censés défendre. Les querelles de courant sont même telles que lorsque que Jean-Pierre Michel déposa l’un de ses textes sous forme d’amendement à une loi féministe d’Yvette Roudy, les GPL s’abstinrent de tout soutien. En effet leur président, Henri Maurel était alors directeur-adjoint du cabinet d’Yvette Roudy ; ils étaient tous deux fabiusiens tandis que Jean-Pierre Michel et HES étaient chevènementistes. Ils préférèrent risquer l’échec de la mesure plutôt que de soutenir une initiative de leurs rivaux. Officiellement GPL aurait prit depuis peu ses distances vis-à-vis du PS.

A droite se créa l’association des "Gais libéraux" autour de Félix Chassaing. Mais elle ne sut jamais trouver d’écho ni au sein du RPR, ni au sein de l’UDF. Pire, elle se discrédita par des hésitations entre son soutien à Raymond Barre ou à Jacques Chirac, qui donnèrent à tort ou à raison l’impression de se vendre au plus offrant. Elle fut en définitive dissoute. Un nouveau groupe de droite s’est créé en 1992, autour de Francis Leroux, sous le titre "Progrès, espoir, liberté" (APEL). Cette fois-ci clairement dans la mouvance RPR. Mais bien que les choses soient beaucoup plus faciles aujourd’hui, il semble avoir les mêmes difficultés pour obtenir un écho chez les "compagnons".

De son côté Jan-Paul Pouliquen, ex-fondateur d’HES, lance avec un député de Paris, Jean-Yves Autexier (PS/chevènementiste), le "Collectif pour le contrat d’union civile" (CCUC). Un effet d’annonce très médiatisé soulève de grands espoirs. Le PS adopte en grande pompe le CUC dans son programme de gouvernement, et simultanément refuse d’en discuter à l’Assemblée Nationale. En définitive un autre député de Paris, Jean-Marie Le Guen, dépose un amendement relatif au maintien dans les lieux d’un concubin homosexuel. Cet amendement fait la navette entre l’Assemblée et le Sénat en moins de trois jours et il est adopté à quelques heures de la fin de la session parlementaire. Le Conseil constitutionnel l’annulera la semaine suivante pour vice de forme. Tout cela n’était donc que poudre aux yeux.

Bien que le bilan des associations politiques soit très décevant, un nouveau groupe vient de se constituer autour d’un candidat parisien aux législatives, Jean-Luc Dumesnil, sous le titre "Gais et lesbiennes chez les Verts". Il vient d’élaborer une doctrine très avant-gardiste qu’il a fait adopter par le Conseil national des Verts, et qui fait l’objet de fiches de synthèses remises par le mouvement à tous les candidats écologistes. Ce groupe s’étant nouvellement constitué, il est encore trop tôt pour qu’il ait pu faire ses preuves ou décevoir.

Il n’y a pas de "vote gai"

Loin de ce bouillonnement associatif, où des intérêts personnels sont souvent passés avant les idéaux proclamés, les analystes politiques se sont évidemment posés la question des préférences électorales. En d’autres termes existe-t-il un vote gai ?

Un encadré paru dans Le Monde au lendemain de l’élection présidentielle de 1981 a accrédité la légende d’un "vote gai". Les homosexuels auraient massivement soutenu François Mitterrand, et c’est leur vote qui aurait fait la différence. Si un tel raisonnement était exact, on ne voit pas pourquoi les hommes politiques ne nous courtisent pas à chaque échéance électorale, comme ils le font systématiquement pour d’autres catégories de population : agriculteurs, rapatriés, etc..

Il n’existe malheureusement en France aucune étude d’opinion, suffisamment vaste dans le choix de l’échantillon, et répétée dans le temps, pour juger de l’existence d’un "vote gai". Par contre, des études importantes ont été conduites en Australie et aux États-Unis depuis une vingtaine d’années. Il en ressort que le comportement politique des gais et des lesbiennes serait différent selon qu’ils sont "déclarés", ou toujours "au placard". Les homosexuels qui s’assument voteraient pour des candidats qui leur promettent innovation sociale et tolérance, tandis que ceux qui se cachent voteraient "légitimiste". C’est à dire que les homosexuels honteux soutiendraient systématiquement les élus sortants, ceux qui symbolisent le conservatisme, voire l’immobilisme. Or comme en France les homosexuels ne se déclarent pas en majorité comme tels à leur entourage, on peut penser que la plupart d’entre eux ont voté à droite en 1981. Il est par contre impossible d’en conclure quoique ce soit pour 1993 dans la mesure où les sortants se réclament du changement mais incarnent l’immobilisme, tandis que l’opposition de droite, héritière d’une tradition conservatrice, se présente en champion du réformisme.

A défaut de pouvoir discerner un "vote gai", certains politologues ont imaginé que le statut des homosexuels pouvait être un symbole du degré de liberté dans la société. Déjà Socrate affirmait dans l’Antiquité que "La grandeur d’une démocratie se mesure à sa capacité d’accepter les amours entre hommes". Cette analyse place la "question homosexuelle" au niveau du "droit à l’avortement" par exemple. De même qu’une grande partie de l’électorat masculin est attentif aux droits des femmes, de même une partie de l’électorat hétérosexuel peut être sensible aux droits des gais.

C’est très exactement l’analyse qu’avait faite le candidat François Mitterrand en 1981. Les provocations de Guy Hocquengheim et du CUARH (Comité d’urgence anti-répression homosexuelle) avaient attiré l’attention de l’opinion publique sur le sort des gais. Le centre droit de Valéry Giscard d’Estaing avait su s’adapter à l’évolution des moeurs en reconnaissant le droit au divorce par consentement mutuel, la contraception, et même l’avortement. Il avait abaissé l’âge de la majorité à dix-huit ans, mais il n’avait pas su dépénaliser l’homosexualité. Un peu comme s’il avait touché la limite du tolérable. Lorsqu’en 78 le Garde des Sceaux Monique Pelletier et le Premier Ministre Raymond Barre avaient proposé la dépénalisation, le président Giscard d’Estaing en personne était intervenu pour les obliger à retirer leur texte. François Mitterrand avait vite compris que cette mesure était le symbole parfait de son idéal de Liberté, et de sa capacité à "changer la vie". Aussi déclara-t-il : "L’homosexualité doit cesser d’être un délit. Je n’accepte pas que les attentats homosexuels soient traités plus sévèrement que les autres. Nous n’avons pas à nous mêler de juger les moeurs des autres". Il est révélateur qu’il ne prit pas l’engagement de dépénaliser l’homosexualité devant les militants du CUARH, réunis le 4 avril 1981 dans une grande manifestation à Paris, mais quelques jours plus tard devant le congrès du "Mouvement Choisir", présidé par Gisèle Halimi. En effet, il considérait comme marginaux les militants du CUARH, mais comme significatif pour tous les "électeurs de progrès" de formuler une telle promesse.

Ni droite, ni gauche

Il y a dix ans la vie politique brillait par sa simplicité. Il y avait une droite et une gauche, s’opposant systématiquement sur quelque sujet que ce soit. La théorie du "vote gai" supposait que les citoyens homosexuels se déterminent exclusivement à partir de leur particularisme et sans tenir compte du reste des programmes. La gauche se voulait défenseur des Libertés, y compris en matière de moeurs. La droite considérait la "révolution sexuelle" comme une décadence. Aujourd’hui les clivages, sur ce sujet comme sur d’autres, sont plus importants au sein de chaque formation politique qu’entre elles.

Tout en conservant à l’esprit les positions anciennes, nous voudrions faire un petit inventaire des contradictions récentes :

En avril 1991 la commission des lois du Sénat tenta de recriminaliser l’homosexualité. Seul le Parti Communiste prit immédiatement position contre le texte. A la surprise générale le Parti Socialiste se donna six semaines de réflexion avant de se souvenir de ses promesses de 1981, néanmoins le député (PS) de la Drôme, Alain Fort se joignit aux censeurs. Mais c’est en définitive sur l’amicale pression de Jacques Toubon que Charles Pasqua obtint des sénateurs gaullistes qu’ils retirent leur proposition.

Peu après le Premier ministre socialiste, Édith Cresson, se lance gratuitement dans une pénible dissertation sur l’homosexualité "différente et marginale". Elle récidive, un mois plus tard, tout aussi gratuitement : "l’homosexualité existe plus dans la tradition anglo-saxonne que dans la tradition latine. Tout le monde le sait. C’est dans les livres, c’est dans l’Histoire. C’est un fait de civilisation."

Michel Charasse souscrit à une proposition de la très extrémiste Christine Boutin de moralisation du Minitel. Il propose d’interdire la télématique gaie par voie fiscale.

Alain Madelin se déclare opposé à toute discriminations des homosexuels, au nom du libéralisme. François Léotard espère que la France se donnera un président de la République "femme ou homosexuel". Laurent Fabius confond soudainement homosexuel et pédophile. Bernard Tapie considère l’homosexualité comme infamante.

Ces faits illustrent, si besoin était, que la position des partis politiques face à l’homosexualité n’engage plus leurs élus.

La société civile

Le maigre bilan des associations, comme la confusion intellectuelle des grands partis, n’est pas une particularité de la question gaie. Le même constat s’applique souvent à d’autres enjeux politiques. La seule réponse, face à cette carence, est l’appel à la "société civile". De fait la communauté homosexuelle n’a pas échappé à ce processus et s’est dotée en 1989 d’une association humanitaire, puis en 1990 d’un syndicat professionnel.

Selon ses fondateurs le Projet Ornicar ne regroupe pas des homosexuels militant pour leurs droits, mais des citoyens "pour la défense des Droits de l’homme et l’abolition des discriminations sexuelles". Les homosexuels engagés seraient trop minoritaires pour défendre seuls leurs droits, et devraient savoir rallier à leur cause des personnalités de tous horizons pour représenter une véritable force politique. Ce louable effort de présentation leur a permis de rassembler avec une patience de fourmi une kyrielle de stars de tous bords. Utilisant ces cautions pour s’attacher à traiter les problèmes de fond, ils ont créé un réseau à travers les milieux décisionnels, et ont investi les organisations internationales. On leur doit en France le retrait du premier projet de loi sur la bioéthique, l’arrêt des écoutes téléphoniques administratives du milieu gai, la campagne pour le retrait de la proposition sénatoriale de recriminalisation de l’homosexualité, le financement des associations gaies par l’Afls, une partie de la loi contre le harcèlement sexuel, et l’extension des compétences du Csa pour le respect des homosexuels à la télévision. Sur le plan international on leur doit en partie des réflexions en cours au Conseil de l’Europe et à la Csce. L’envers de ce succès, c’est que le Projet Ornicar développe une manie du secret (adhésion par parrainage après enquête, fichiers protégés par la Cnil, etc.) qui a réveillé à l’extrême droite le fantasme d’une "franc-maçonnerie pédé". De plus ce réseau reste parisien et élitiste.

En 1990 s’est formé le Syndicat national des entreprises gaies (SNEG). Derrière ces quatre lettres se cache un véritable pouvoir financier. A titre d’exemple le chiffre d’affaire cumulé des trois premiers opérateurs de la télématique gaie représente près de 200 millions de francs par an. Or selon le Guide Gai Pied, il existe aujourd’hui plus de 600 "entreprises gaies" en France. Le premier mérite du SNEG aura été de mettre un terme à des rivalités commerciales fratricides, particulièrement celles qui déchiraient la presse gaie. Il pouvait paraître irréaliste de vouloir rassembler des tenanciers de boites de nuit, de petits restaurateurs, des entrepreneurs de presse, des patrons de saunas, et autres, uniquement autour de leur particularisme gai. Les principaux ont pourtant accepté cette gageure, peut-être à cause de la personnalité chaleureuse de son fondateur, le magnat Bernard Bousset, propriétaire du bar le Quetzal, du sauna IDM, et actionnaire de la Piscine Deligny. Le SNEG est la première organisation pouvant jouer un rôle politique et disposant d’une implantation non seulement dans la capitale, mais dans toutes les régions. Du coup il peut ambitionner d’intervenir auprès des députés non plus à Paris mais dans leurs circonscriptions, et de négocier avec les communes. Il est révélateur que ce syndicat n’ait pas été jugé suffisamment inféodé politiquement pour bénéficier d’une subvention de l’Afls, et fasse financer une très vaste opération à venir de prévention du sida par les communes, notamment la Mairie de Paris. Ce qui fait la force du SNEG est aussi son point faible et marque ses limites : un syndicat patronal ne saurait prétendre régler tous les problèmes qui se posent aux gais.

Il n’est pas étonnant que le SNEG et Ornicar aient fait alliance sur leur terrain commun pour des actions particulières. Aussi ont-ils pu ensemble obtenir la circulaire interministérielle autorisant la distribution gratuite de préservatifs, et paralyser les actions entreprises pour interdire le Minitel gai.

Il est évident que l’efficacité passe aujourd’hui par la "société civile" et non plus par les associations politiques. Mais ce constat n’est ni éternel, ni exclusif : la réussite du SNEG masque les conflits commerciaux entre ses membres, et les conflits de classe qui opposent les gais comme les autres citoyens ; la réussite du Projet Ornicar ne saurait faire croire que tous les gais acceptent les droits de l’homme et qu’aucun ne vote FN. Il serait souhaitable que les associations politiques jouent aussi leur rôle, et qu’il s’ajoute ainsi à celui de la société civile. Mais il faudra sûrement attendre la "recomposition" des partis politiques pour que le paysage gai se complète. Ce n’est qu’alors que ces organisations pourront constituer ensemble un véritable groupe de pression gai.

Didier Marie

Rebel

Les modes de vie gays (1993)

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