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Guerres de basse intensité

Si la guerre oppose classiquement des États entre eux, les « conflits de basse intensité » opposent un État à des acteurs non-étatiques. L’expression, créée par le chef d’état-major privé de la reine Elizabeth II, Sir Frank Kitson, s’applique aux contre-insurrections dans les colonies, à la lutte contre la subversion durant la Guerre froide, et à certaines opérations de « maintien de la paix ».
Alors que les résistants, rebelles ou autres guérilleros cherchent à se mouvoir dans la population « comme un poisson dans l’eau », selon la formule de Mao Zedong, la guerre de basse intensité vise d’abord à séparer les combattants du reste de la population, au besoin en déplaçant de force les populations isolées dans des zones surveillés, puis à « neutraliser » les individus suspectés d’être des combattants.
Le développement récent d’opérations de « maintien de la paix » par l’ONU illustre la dérive de l’Organisation au service des grandes puissances. Ce qui devait être exceptionnel est devenu routinier : les Nations Unies déploient des forces militaires non pour surveiller l’application d’accords de paix, mais pour imposer ces accords à des parties récalcitrantes, devenant ainsi elles mêmes parties du conflit. Ce phénomène s’est accentué avec la réforme Brahimi en totale contradiction avec les principes de la Charte de San Francisco.
Depuis la disparition de l’Union soviétique, l’OTAN abandonne son caractère d’armada conventionnelle et se spécialise dans les guerres de basse intensité. En Afghanistan, elle entraîne les armées alliées à ce type de combat.

Le génocide comme stratégie de guerre totale
L’inavouable responsabilité française au Rwanda
par Paul Labarique
L'inavouable responsabilité française au Rwanda Paris (France) | 29 mars 2004
Il y a dix ans, entre avril et juillet 1994, le Hutu Power massacrait plus de 800 000 personnes, principalement Tutsies. L’horreur ne prit fin qu’avec la défaite militaire des génocidaires devant les soldats du FPR de Paul Kagamé. Patrick de Saint-Exupéry, journaliste au Figaro, a assisté en spectateur privilégié à cette folie meurtrière. Il a vu les charniers, parlé avec des Tutsis en fuite et des Hutus en chasse. Il a côtoyé l’armée française lorsque François Mitterrand décida finalement de la déployer pour des « buts humanitaires ». Il est rentré en France, hanté par ce qu’il avait pu voir, mais décidé à comprendre pourquoi la France a soutenu jusqu’au bout le régime génocidaire. Il publie le fruit de ses réflexions dans un livre époustouflant, L’Inavouable. La France au (...)
 
 
 
 
 



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