Communication
La communication politique, qu’on l’appelle positivement « art de la persuasion » ou négativement « propagande », a changé de nature au cours des deux Guerres mondiales. Les premiers, les Britanniques (Lord Baeverbrook et Lord Northcliffe) ont créé un ministère de l’Information et ont élevé le mensonge au rang de stratégie militaire. Leur exemple a d’abord été suivi par les États-Unis, puis par l’Allemagne (Goebbels) et l’URSS (Tchakotine).
En principe, ce qui était admis en période de conflit ne l’était pas en temps de paix, mais la Guerre froide étant un état intermédiaire, les deux blocs développèrent des systèmes concurrents de propagande dans leurs zones d’influence. Au cours des années 70, le mouvement des non-alignés tenta de libérer l’information en secouant le joug des agences de presse monopolistiques. Cette révolte tourna court lorsque les États-Unis et le Royaume-Uni claquèrent la porte de l’UNESCO.
À la fin des années 80, les États-Unis étendirent leur hégémonie médiatique à l’échelle du globe à la faveur de l’essoufflement de l’URSS. Ils créèrent un nouveau modèle de consommation, l’information audio-visuelle en continu, qu’ils submergèrent de leurs propres contenus. La rapidité de la transmission leur permit ainsi de court-circuiter le travail de vérification des journalistes et d’imposer leur narration de l’actualité.
Au début du XXIe siècle, les gouvernements anglo-saxons mirent en place des outils communs de « communication globale » veillant à associer la narration de l’actualité avec des émotions et des actions collectives de conditionnement. Par exemple, à l’occasion de l’an 2000, la Maison-Blanche manipula les peurs millénaristes en annonçant un gigantesque bogue informatique. Ce canular fut accompagné de toutes sortes d’historiettes sur les conséquences prévisibles du bogue et d’instructions pour sauver les installations informatiques. Cette mise en scène fut appuyée par une agence temporaire des Nations Unies, l’International Y2K Cooperation Center (IY2KCC), et permit aux USA de vendre pour plus de 200 milliards de dollars de logiciels faisant de Bill Gates l’homme le plus riche du monde.
Paris (France) | 12 février 2004Après l’invasion de l’Irak, les faucons renforcent la pression sur l’Iran et la Syrie. Le Bureau des plans spéciaux du Pentagone structure des groupes d’opposition iraniens en exil autour du fils du shah déchu et orchestre une campagne internationale de propagande. Anticipant une éventuelle opposition de Paris, il met l’accent sur le modelage de l’opinion publique française. Enfin, il réhabilite les Moudjahidin du peuple et négocie leur réarmement bien que le département d’État les qualifie de terroristes.
Paris (France) | 6 février 20041998-2003, un petit groupe piloté par Dick Cheney met en place un dispositif secret pour organiser l’intoxication sur les « armes de destruction massive » irakiennes. Il infiltre et verrouille les centres d’expertises du département d’État, du Conseil de sécurité nationale et du Pentagone. Ce groupe fabrique des informations fictives et recrute de faux témoins qu’il livre aux médias. Le Réseau Voltaire révèle les détails de cette manipulation de l’appareil d’État et dévoile les noms des responsables.
Paris (France) | 4 février 2004Les enquêtes administratives qui ont été diligentées par George W. Bush et Tony Blair n’ont pas seulement pour but de les dédouaner de leurs responsabilités, mais aussi de protéger les « experts » qui ont participé à l’intox des « armes de destruction massive » irakiennes. Un vénérable institut londonien, l’International Institute for Strategic Studies (IISS), avait rédigé le seul rapport non gouvernemental accréditant la fable de la menace irakienne. Il est dirigé par des universitaires anglo-saxons et français dont les interviews et commentaires ont pu donner l’impression d’une vérité consensuelle permettant de discréditer le travail des enquêteurs de l’ONU.
Paris (France) | 30 janvier 2004La presse occidentale a très largement repris les informations selon lesquelles 270 personnalités et sociétés opposées à la guerre contre l’Irak auraient été rémunérées par Saddam Hussein. Mais nos confrères ne se sont pas donnés la peine de vérifier leur véracité, ni même leur vraisemblance. Ils auraient pu découvrir que le journal irakien qui a publié cette accusation a été créé avec les fonds de George Soros, l’aide de la NED, un paravent de la CIA, les conseils de l’ancien patron de La Voix de l’Amérique et qu’il a bénéficié du soutien du gouverneur de l’Irak Paul Bremer lui-même. Elle a été diffusée mondialement par le MEMRI, une « agence de presse » créée par des officiers de Tsahal. Le Réseau Voltaire retrace la filière d’intoxication.
Paris (France) | 12 janvier 2004Washington vient de rappeler 400 inspecteurs envoyés à la recherche des supposées « armes de destruction massive » irakiennes. L’équipe dirigée par David Kay a passé sept mois en quête des redoutables équipements militaires présenté par Colin Powell en février 2003 devant l’ONU pour, finalement, revenir bredouille le 8 janvier 2004. Pourtant, ce qui apparaît désormais comme une intoxication délibérée de l’opinion publique n’est perçue dans le débat politique états-unien que comme une simple erreur d’appréciation, ne remettant pas en cause le bien-fondé de l’invasion de l’Irak.
Paris (France) | 18 décembre 2003Qui se souvient du réquisitoire contre l’Irak du secrétaire d’État Colin L. Powell, le 5 février 2003 ? Qui a encore à l’esprit les armes de destruction massive, les drones permettant à Saddam Hussein de frapper l’Amérique, les camps d’entraînement d’Al Qaïda en Irak ou encore la fable de l’uranium importé du Niger par le Raïs ? Si toutes ces imputations ont, par la suite, été démenties, elles ont permis de justifier l’invasion du pays. La presse « de référence », qui s’était alors transformée en caisse de résonance des allégations de Washington, accueille-t-elle désormais les révélations des néo-conservateurs avec plus de prudence ? Non, au vu des nouveaux « scoops » liant Al Qaeda et la résistance irakienne.
Londres (Royaume-Uni) | 8 décembre 2003Dès la préparation de l’invasion de l’Irak, de nombreux observateurs doutèrent du bien-fondé du danger irakien. A l’issue de l’invasion, le rôle joué par les services de renseignement états-uniens, britanniques et israélien dans la diffusion de fausses informations a été mis en évidence par l’absence d’arsenal irakien. Si les gouvernements en place à Washington, Londres et Tel-Aviv étaient favorables à l’attaque militaire, il apparait que leurs services de renseignement respectifs travaillaient depuis plusieurs années à les convaincre de la menace irakienne.
23 octobre 2003Le journaliste vedette d’Al-Jazeera, Tayseer Alouni, a été libéré jeudi 23 octobre 2003, après quarante-cinq jours de détention dans une prison espagnole. Le juge de l’Audience nationale, Guillermo Ruiz Polanco, lui a accordé une mise en liberté sous caution au vu de son état de santé. Baltazar Garzón l’avait accusé d’être membre d’Al Qaïda, sur la foi d’informations transmises par des services de renseignement israélien et états-unien.
Doha (Qatar) | 15 septembre 2003Le correspondant de guerre vedette d’Al-Jazeera, Tayseer Alouni, a été arrêté le 8 septembre 2003 en Espagne. Le juge Baltazar Garzón, l’accuse d’être « un membre éminent d’Al Qaïda », sur la foi d’informations transmises par des services de renseignement israéliens et états-uniens. Les reportages de Tayseer Alouni sur les dommages infligés aux populations civiles en Afghanistan, puis en Irak, lui avaient attiré les foudres du Pentagone. Une délégation du Réseau Voltaire pour la liberté d’expression est allée apporter son soutien à la rédaction d’Al-Jazeera.
Post scriptum : Tayseer Alouni a été libéré le 23 octobre 2003, après 45 jours de détention (Lire notre dépêche).
Paris (France) | 17 juillet 2003Le député britannique George Galloway, fervent opposant à l’attaque de l’Irak avait une bonne raison de protéger la dictature de Saddam Hussein : il percevait secrètement un pourcentage des pétro-dollars irakiens prélevés sur les fonds « pétrole contre nourriture » destinés à nourrir la population civile. C’est du moins l’accusation lancée par les 379 journaux du groupe Hollinger de Richard Perle et Henry Kissinger, documents à l’appui. Problème : des documents similaires parvenus au Mail on Sunday et au Christian Science Monitor ont été expertisés comme faux.
10 juillet 2003Le 1er juillet 2003, un communiqué de la Maison-Blanche affirmait que la France et plusieurs pays européens « ont démantelé des cellules d’Al Qaïda ». Nous avons voulu nous faire préciser cette information auprès des autorités compétentes. Mais personne, à l’ambassade des États-Unis, au ministère de l’Intérieur et à celui de la Justice, n’a été capable de nous fournir le moindre renseignement sur la réalité d’une telle opération de police.
4 juillet 2003En 2002, des spécialistes états-uniens des relations publiques réalisèrent deux études sur le discours à tenir pour défendre au mieux les intérêts d’Israël dans le débat politique aux États-Unis. La première était destinée au gouvernement Sharon, la seconde aux leaders juifs états-uniens. Ces travaux n’ont pas été rendus publics, mais on sait qu’ils conseillaient aux Israéliens de se faire discrets à l’approche de l’attaque de l’Irak. Il s’agissait d’éviter que l’opinion publique états-unienne accorde du crédit à l’imputation selon laquelle les GI’s allaient verser leur sang à Bagdad pour défendre les intérêts d’Israël plus que ceux des États-Unis. Ces prescriptions furent suivies à la lettre par leurs destinataires.
En avril 2003, les mêmes spécialistes ont réalisé une nouvelle étude confidentielle sur le discours à tenir après l’invasion de l’Irak et pendant les négociations de la « feuille de route ».
Elle a été réalisée par Luntz Research Companies, qui avait imaginé la campagne électorale de Benjamin Netanyahu, et (...)
Palerme (Italie) | 19 mai 2003Initialement conçue pour affranchir l’information de toute possibilité de trucage, l’information en temps réel s’est paradoxalement transformée en un spectacle dans lequel la véracité est accessoire. Du fait de sa situation centrale dans ce système, CNN est devenue un outil de propagande globale, comme le montre Thierry Meyssan lors d’une conférence à l’Accademia nazionale della politica, dont nous reproduisons le texte intégral.
Paris (France) | 13 mars 2003L’administration Bush a requis les services de cabinets de relations publiques (Hill & Knowlton’s, Rendon Group, etc.) pour répandre diverses allégations à propos de l’Irak et les répéter sans relâche dans la presse. Compte tenu de la multiplicité des canaux de diffusion utilisés et par la seule force de la répétition, ces assertions parviennent au statut d’évidences communément acceptées. C’est ainsi qu’on les retrouve au fil des articles d’actualité ou sur les plateaux de débats télévisés sans qu’aucun journaliste ne prenne plus la peine d’en vérifier l’authenticité. Les plus populaires de ces mythes sont réunis ici.
Manille (Philippines) | 25 février 2003Un scientifique irakien, Hussain al-Shahristani, a confirmé les déclarations alarmistes de Colin Powell sur « les armes de destruction massives » que possèderait l’Irak et que les enquêteurs de l’ONU n’ont pas trouvées. Le « nouveau témoin », que la presse présente comme un ancien « haut responsable du programme nucléaire irakien », a en réalité quitté ses fonctions en 1979. Lors d’une précédente conférence de presse, il était accompagné à la tribune par des responsables anonymes des services secrets britanniques. Le 15 avril 2001, il s’était déjà illustré en affirmant que, en 1991, Saddam Hussein disposait, « à six mois près », de la bombe atomique. Une déclaration que le président Bush avait reprise en l’attribuant « par erreur » à un rapport de l’ONU.
Londres (Royaume-Uni) | 8 février 2003Le Premier ministre britannique a avoué, le 7 février 2003, avoir bidonné le rapport qu’il a distribué à la presse, aux parlementaires et au Conseil de sécurité sur le système de dissimulation d’armes de destruction massive que l’Irak aurait mis en place. Le 5 février, ce document avait servi de base à Colin Powell pour demander au Conseil de sécurité d’user de la force contre l’Irak.
Paris (France) | 27 janvier 2003Depuis mardi 21 janvier 2003, une coordination de la propagande internationale, sobrement baptisée « Bureau des communications globales », se réunit tous les jours à la Maison-Blanche. Alastair Campbell, l’homme qui a créé l’image de Tony Blair, y participe par vidéo-conférence depuis le 10 Downing Street. Le Royaume-Uni s’associe donc aux État-Unis dans leurs opérations de corruption de journalistes et de désinformation, dont la France et l’Allemagne sont des cibles prioritaires.
Paris (France) | 24 janvier 2003Un mois après les attentats du 11 septembre 2001, le secrétaire à la Défense des États-Unis, Donald H. Rumsfeld, s’est laissé aller à des confidences lors d’un entretien réalisé au Pentagone par Lyric Wallwork Winik pour Parade Magazine. Évoquant l’impossibilité des services de renseignement de déjouer tous les types d’attaques terroristes envisageables, il avait précisé qu’il avait été fait usage d’un « missile pour endommager ce bâtiment ».
Paris (France) | 2 janvier 2003Pour balayer les objections de leurs alliés, les États-Unis ont décidé d’entreprendre de vastes campagnes de propagande en Europe en corrompant journalistes et écrivains. Ces opérations ne visent pas seulement à conquérir le consentement des opinions publiques à la politique impériale de Washington, elles ont aussi pour but d’éliminer les dirigeants politiques, les entreprises et les intellectuels qui s’opposent à elle. À la mi-décembre, Donald Rumsfeld a désigné la France et l’Allemagne comme cibles prioritaires.
Paris (France) | 6 décembre 2002L’US Army et la National Science Foundation ont financé une simulation en trois dimensions de l’attentat survenu au Pentagone le 11 septembre 2001.
Des chercheurs d’une équipe pluridisciplinaire de l’université d’État de Purdue (Indiana) ont produit une séquence 3D dont l’apparent réalisme pallie à l’absence d’images vidéos authentiques de l’événement. Ce résultat a été largement médiatisé, à l’occasion du 1er anniversaire de l’attaque, et interprété par des médias complaisants comme prouvant l’inanité de la polémique que nous avons soulevé sur les modalités de l’attentat.
Malheurement, après six mois de recherches et malgré l’importance des moyens techniques et humains mobilisés, les scientifiques de Purdue n’ont pas été en mesure d’établir un scénario à la fois conforme à la version officielle et compatible avec les éléments matériels. Incapables d’expliquer comment le prétendu avion avait pu ne frapper que le rez-de-chaussée et le premier étage, ils ont postulé qu’il volait au raz du sol bien que n’ayant pas (...)
24 septembre 2002Les lecteurs des journaux français pourraient croire que la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 ne fait maintenant plus aucun doute. Après une violente polémique au printemps 2002 autour de l’enquête de Thierry Meyssan, tout semble en effet rentré dans l’ordre. Mais partout ailleurs dans le monde, les questions soulevées par L’Effroyable imposture puis par Le Pentagate font l’objet de centaines d’articles de presse et de très nombreuses émissions de télévision et de radio. Des lecteurs et des journalistes s’interrogent en Amérique latine, en Europe, en Asie, en Russie, au Maghreb, au Moyen-Orient... Revue de presse internationale.

L’US Army échoue à élaborer une simulation crédible de l’attentat du Pentagone

La propagande, c’est les autres

La trahison des clercs

Attentats du 11 septembre



