Torture
Lorsqu’il fait passer son intérêt avant celui de ses mandants, l’État se transforme en Léviathan et institutionnalise la torture. Celle-ci peut avoir trois fonctions : l’obtention de renseignements, l’inculcation d’aveux, ou la sanction dissuasive. L’ONU a mis en place une série d’instruments internationaux pour mettre fin à ces pratiques, incluant la « Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants » (1984), dont l’application est vérifiée par le Comité contre la torture.
Pourtant, durant la Guerre froide, les États-Unis ont généralisé cette pratique dans le tiers-monde, créant même deux écoles de torture à Panama (École des Amériques) et à Taiwan (Political Warfare Cadres Academy ). Cependant, cette pratique restait illégale et était principalement sous-traitée à des milices ou à des États alliés. En déclarant la « guerre globale au terrorisme », l’administration Bush a restauré l’usage de la torture, d’abord en la rendant publique hors du territoire US, puis en la légalisant aux États-Unis mêmes. Adaptant les techniques nord-coréennes étudiées par le professeur Albert D. Biderman, la torture pratiquée à Guantánamo, Bagram et dans les nombreuses prisons secrètes de la CIA et de la Navy visait à transformer des innocents en coupables en leur inculquant des aveux. Le régime Bush fabriquait ainsi les « témoignages » de repentis justifiant sa version des attentats du 11-Septembre et sa guerre au terrorisme.
L’administration Obama a officiellement interdit le recours à la torture. En réalité, rien n’a changé car la CIA et de la Navy ont multiplié les centres d’interrogatoires off shore.
18 juin 2013Les autorités états-uniennes ont rendu publique la liste des détenus de la prison de Guantánamo Bay dans le cadre d’une action en justice, intentée par le Miami Herald.
La liste comprend 166 noms, dont 46 détenus à vie.
En vertu de leur propre législation, adoptée après les attentats du 11-Septembre (Authorization for Use of Military Force Act), les États-Unis se sont arrogés le droit de détenir de manière illimitée, sans jugement, ni recours, les personnes qu’ils qualifient d’« ennemis combattants ». (...)
8 mars 2013La Commission sénatoriale permanente du Renseignement a terminé la rédaction d’un rapport monumental de 6 000 pages, incluant 35 000 notes de bas de page référençant plus de 6 000 000 de documents, relatif au programme de torture de la CIA.
L’enquête a permis d’établir que le programme était d’une ampleur gigantesque, sans commune mesure avec ce qui a été évoqué publiquement jusqu’ici. La torture était utilisée soit pour conditionner des individus, soit pour leur extorquer des renseignements. Dans ce cas, (...)
Washington DC (États-Unis) | 17 janvier 2013Toujours emprisonné à Guantánamo Bay, Abou Zoubeida est la principale source de renseignement occidental sur Al-Qaida. Il a donné sous la torture le nom d’autres responsables de l’organisation terroriste qui ont été arrêtés à leur tour et ont fourni les autres informations dont disposent les autorités états-uniennes. Bref, ce que les autorités US disent savoir sur Al-Qaida, elles le doivent d’abord à cette source. Problème : il est aujourd’hui admis qu’Abou Zoubeida n’a jamais été membre d’Al-Qaida et que ses aveux obtenus sous la torture n’étaient qu’un moyen pour lui d’abréger ses souffrances. L’essentiel de ce que le contre-espionnage US déclare savoir d’Al-Qaida est sorti de son imagination fertile. Et tout est faux.
13 novembre 2012Selon Fox News, la maîtresse de David Petraeus aurait laissé fuiter le 26 octobre des informations classifiées relative à l’attaque du consulat des Etats-Unis à Benghazi. Paula Broadwell a révélé que l’annexe du consulat était la plus importe base de la CIA en Afrique du Nord et qu’elle servait de prison secrète .
La chaîne néo-conservatrice établit un lien entre cette fuite et la démission forcée du directeur général de la CIA, au motif de cette liaison extra-conjugale.
Cette interprétation des faits (...)
22 août 2012Une Syrienne de 22 ans a avoué sur une chaîne de la télévision nationale avoir collaboré avec des groupes de terroristes armés à Duma, localité de la province de Damas, et avoir été complice dans l’enlèvement de femmes ainsi que des tortures dont elles faisaient l’objet au cours d’interrogatoires avant d’être assassinées.
Les aveux de Sabah Othman, une Syrienne de 22 ans née à Duma, ont été diffusés ce week-end par la télévision syrienne. Au début de ses déclarations, elle a dit s’être mariée à 14 ans et (...)
10 janvier 2012À l’approche de l’ouverture des primaires, les sept candidats en lice pour l’investiture républicaine se livrent à une surenchère néoconservatrice en matière de politique internationale. État des lieux.
Mitt Romney, numéro deux selon les sondages et considéré comme l’un des plus modérés des candidats, a appelé à « passer aux actions secrètes à l’intérieur de la Syrie pour obtenir un changement de régime ».
Rick Santorum, ancien sénateur de Pensylvanie, a estimé que la récente explosion d’un dépôt de missiles (...)
27 avril 2011La revue scientifique PLOS Medecine publie une étude du Dr Vincent Iacopino (conseiller de l’association Physicians for Human Rights / Medecins pour les Droits de l’homme) et du général de brigade Stephen Xenakis sur le rôle des médecins au centre de torture de Guantanamo.
Le Centre de Guatanamo est composé de blocs distincts. L’étude porte sur neuf cas de personnes séquestrées dans la prison la moins dure du Centre. Elle montre que les médecins ont couvert les abus pratiqués et ont préparés les (...)
Ottawa (Canada) | 16 avril 2010La Commission parlementaire canadienne sur la mission en Afghanistan a auditionné le Canadien Malgarai Ahmadshah, dit Pasha, le 14 avril 2010.
M. Ahmadshah, fut traducteur des forces armées canadienne à Kandahar de juin 2007 à juin 2008. Il a témoigné de ce que les militaires canadiens avaient maquillé, arrêtaient n’importe qui, et transféraient leurs prisonniers au NDS afghan pour qu’il les torture.
Malgarai Ahmadshah a admis ne pas avoir été témoin oculaire de ce qu’il rapportait, mais se fonder (...)
16 avril 2010L’audition de l’Attorney General des Etats-Unis, Eric Holder, par la Commission sénatoriale de la Justice a tourné au vinaigre, le 14 avril 2010.
Interrogé sur la fermeture, toujours promise et maintes fois différée, de la prison de Guantánamo, M. Holder a été incapable non seulement de donner une date, mais d’indiquer ses intentions. Quinze mois après sa nomination, le secrétaire à la Justice n’a toujours aucune idée des détenus qui doivent être libérés et de ceux qui doivent être jugés par des (...)
15 avril 2010La Commission canadienne d’examen des plaintes contre la police militaire (CEPPM) a en définitive auditionné Richard Colvin, six heures durant, le 13 avril 2010. Le Parti conservateur a vainement multiplié les embuches pour empêcher le diplomate de sortir de la réserve exigée par son statut.
M. Colvin, qui fut 18 mois en poste à Kandahar en 2006-07, a confirmé le témoignage qu’il avait livré à la Commission parlementaire sur la mission en Afghanistan, le 5 octobre 2009. Selon lui, tous les prisonniers (...)
9 avril 2010Dans un témoignage écrit au cours d’un procès relatif à un prisonnier de Guantánamo et transmis au Times de Londres, le colonel Lawrence Wilkerson affirme que le président George W. Bush savait que la plupart des individus détenus dans ce centre n’étaient aucunement lié au terrorisme.
Wilkerson fut chef de cabinet du secrétaire d’Etat Colin Powell. Il s’est fait connaître en critiquant les manipulations qui ont conduit à la guerre contre l’Irak. Il avait déjà abordé la question des détenus de Guantánamo (...)
20 janvier 2010Alors que le déploiement de plus de 10 000 soldats états-uniens en Haïti a été qualifié par de nombreux leaders latino-américains d’invasion et d’occupation sous couvert d’aide humanitaire, on ne peut que s’interroger sur l’arrivée de l’USS Bataan.
Ce bâtiment de la Navy a été transformé au cours des dernières années en prison secrète flottante. Ses cales à fond plat, conçues pour abriter des troupes en vue d’un débarquement, ont été aménagées avec des cages. Les détenus y sont soumis aux mêmes expériences qu’à (...)
17 novembre 2009Maître Greg Craig, conseiller juridique de la Maison-Blanche, a une nouvelle fois présenté sa démission au président Obama qui l’a acceptée.
Avocat médiatique, Gregory Craig s’est illustré dans de nombreuses causes célèbres. Il défend en 1977 l’ancien directeur de la CIA Richard Helms accusé de faux témoignage devant le Sénat auquel il avait caché la responsabilité de l’Agence dans le coup d’État au Chili. Il n’écopera que d’une peine de prison avec sursis et 2 000 dollars d’amende.
En 1981, il défend John (...)
Moscou (Russie) | 28 octobre 2009Vous pensez être informé sur ce qui s’est passé à Guantánamo et vous vous étonnez que le président Obama n’arrive pas à fermer ce centre de torture. Vous avez tort. Vous ignorez la véritable finalité de ce dispositif et ce qui le rend indispensable à l’administration actuelle.
Attention : si vous souhaitez continuer à penser que nous avons des valeurs communes avec les États-Unis et que nous devons être alliés avec eux, abstenez-vous de lire cet article.
Genève (Suisse) | 30 juillet 2009Nous avons eu le privilège de rencontrer, le 29 juillet 2009, Sami al-Haj, ce journaliste et cameraman d’Al Jazeera emprisonné durant plus de 6 ans à Guantánamo, qui était de passage à Genève. Il a annoncé, à cette occasion, la création de l’Organisation humanitaire « Centre Guantánamo pour la justice », (Guantánamo Justice Centre) qu’il préside, et dont le siège sera basé à Londres, comme il le dira dans la conférence de presse qu’il tiendra le 30 juillet dans cette capitale. Cette ONG sera dirigée par l’ancien détenu britannique Moazzam Begg en qualité de Secrétaire général et aura une représentation à Genève et à Paris.
1er mai 2009Dans un geste sans précédent, le président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants, Silvestre Reyes, a adressé une lettre aux personnels de la CIA, le 29 avril 2009 (document téléchargeable au bas de cette page).
Avant toutes choses, il y indique partager la politique du président Obama. Il condamne les ordres qui ont légalisé la torture, mais s’abstient de condamner les officiers qui ont appliqué ces ordres.
Puis, il affirme nécessaire de renforcer le contrôle parlementaire (...)
Paris (France) | 19 juillet 2008Violette Daguerre, née au Liban en 1955, docteur en psychologie, préside la « Commission arabe des droits humains » qu’elle a contribué à fonder. Elle s’est particulièrement engagée depuis 2001 pour exiger la fermeture du camp de torture de Guantánamo Bay. Elle évoque dans cet entretien les difficultés à faire réagir les médias, les ONG, les politiciens, quand il s’agit de ces victimes arabes et musulmanes, déshumanisées par la propagande de guerre et désignées comme « terroristes ».
Genève (Suisse) | 18 juillet 2008Sami El-Haj, journaliste soudanais de la chaîne Al-Jazira, a été libéré après six ans et demi de détention à Guantánamo Bay. Silvia Cattori l’a rencontré lors de son passage à Genève où il est venu saisir les organes des droits de l’homme des Nations Unies. Elle ne s’est pas contentée de retranscrire ses propos car elle n’est pas sortie indemne de cet entretien. Elle les a donc accompagnés de ses commentaires. Au demeurant, personne ne peut rester insensible à ce qui n’est pas seulement une histoire individuelle, mais un témoignage vécu sur le système de terreur des États-unis.
8 juin 2008L’habillage d’enlèvements, de séquestrations et de tortures en pseudo-procès ne change pas la nature de ces actes : au regard du droit international, ce qui ce passe à Guantanamo constitue des crimes. Thierry Meyssan observe l’assentiment que les grands médias apportent implicitement à ces atrocités et s’interroge sur les motifs de cette complicité intellectuelle, elle même condamnable en droit international selon la jurisprudence de Nuremberg.
Londres (Royaume-Uni) | 3 juin 2008Alors que les États-Unis s’emploient à vider la prison de Guantanamo en vue de sa fermeture prochaine, le Pentagone et la CIA ont mis en place un vaste système de centres de tortures et de prisons secrètes, bien plus sévères.
C’est ce que s’apprête à révéler l’association de juristes britanniques Reprieve à qui l’on doit déjà les révélations détaillées sur les vols secrets de la CIA. Selon ce document, dont le Guardian a déjà donné un compte-rendu, Washington aurait choisi, pour échapper à toute poursuite (...)
Lisbonne (Portugal) | 1er février 2008Selon l’association britannique Reprieve, le gouvernement portugais aurait autorisé de très nombreux vols secrets de la CIA et participé au transfert de plus de 700 prisonniers illégaux vers le centre de torture de Guantanamo.
L’association publie une liste de 48 vols, entre 2002 et 2006, utilisant l’espace aérien portugais, ainsi que la liste des détenus par vol (tout au moins pour une trentaine de vols) et 8 témoignages d’anciens détenus (voir ci-dessous document joint).
La précision de ces (...)
La Havane (Cuba) | 13 novembre 2007L’AENA - l’organisme chargée du contrôle des aéroports espagnols et de la navigation aérienne sur l’Espagne - a documenté le passage de 47 vols secrets de la CIA, en provenance ou à destination de la base états-unienne de Guantanamo, dans l’espace aérien de l’Espagne, révèle ce lundi 12 novembre 2007 le quotidien espagnol El Pais.
Selon le quotidien espagnol, les documents remis par l’AENA au juge chargé de l’enquête sur les vols secrets de la CIA prouvent que les avions de l’agence US d’espionnage ont (...)
27 septembre 2007Une cour d’appel militaire spéciale états-unienne a relancé les poursuites à l’encontre d’Omar Khadr. Celles-ci avaient été interrompues parce qu’il y avait un doute sur le caractère légal ou non de son engagement comme « combattant ennemi étranger », mais la cour militaire spéciale a estimé que l’on ne pouvait présager de la réponse avant jugement.
Dans un État de droit, le justiciable cherche à échapper aux tribunaux, mais Omar Khadr n’est pas détenu dans un État de droit, c’est un ressortissant canadien (...)
8 septembre 2007Les forces armées colombiennes sont assistées de conseillers militaires israéliens et états-uniens pour réprimer la rébellion marxiste-léniniste des FARC a indiqué Juan Manuel Santos, ministre de la Défense, au quotidien Semana . Il s’agit principalement de la sous-traitance et de la formation aux « techniques spéciales d’interrogatoires », c’est-à-dire à la torture.
Ce contrat a été négocié par l’ancien ministre travailliste israélien Shlomo Ben Ami, actuel vice-président du Centre international de Tolède (...)
Paris (France) | 4 septembre 2007S’il est un principe voltairien clair, c’est que la torture est absolument contraire aux Droits de l’homme et à l’idéal démocratique. Pourtant, il existe en France une association de défense des Droits de l’homme, Reporters sans frontières, qui légitime l’usage de la torture prétendument pour défendre la démocratie face au terrorisme. Cela n’est malheureusement pas surprenant : comme le souligne Salim Lamrani, le discours de cette organisation n’est qu’une rhétorique de façade qui masque mal son alignement sur son bailleur de fonds, la NED-CIA.
25 juillet 2007À force de présenter la petite chanson des « relations publiques » du gouvernement états-unien comme la vérité historique sans la confronter aux faits, la presse dominante finit inévitablement par se contredire elle-même, en plus de contredire la réalité.
Dans leur édition respective du 21 juillet 2007, les deux plus grands quotidiens français, le Figaro et Le Monde, proposaient chacun une variation sur le thème de la torture, dont le seul point commun est l’absence d’exigence journalistique.
La (...)
Berlin (Allemagne) | 11 avril 2007Depuis l’ouverture en 2002 du centre de détention militaire de Guantánamo Bay, un millier de personnes au moins y ont été placées au secret par le Pentagone. Leurs identités sont inconnues. Les charges qui pèsent sur elles sont inconnues. Elles n’ont pas accès à des avocats ou à des médecins. Notre collaborateur et ancien enquêteur de police criminelle Jürgen Cain Külbel revient sur les conditions de détention dans ce centre au travers de l’autopsie de trois personnes qui s’y seraient suicidées, le 10 juin 2006.


