Réseau Voltaire
Revue de presse Syrie
Attentats de Damas : la presse occidentale renonce à la théorie du complot 18 mars 2012
Les nouveaux attentats sont traités d’une manière bien différente des précédents. La presse atlantiste qui avaient attribué les premiers attentats de Damas et d’Alep aux services secrets syriens a abandonné cette théorie du complot depuis qu’Ayman Al-Zawahiri les a revendiqués au nom d’Al-Qaida. Du coup, elle fait preuve de circonspection cette fois et évite de reprendre à son compte les accusations systématiques du Conseil national syrien à l’encontre des services de renseignement.
Le rapport à huis clos de Kofi Annan au Conseil de sécurité donne lieu à des commentaires divers, chacun en Occident croyant savoir qu’il s’est plaint de la mauvaise volonté du président el-Assad. Cependant, la presse atlantiste évoque une possible sortie de crise sous garantie russe : la Pouvoir syrien cesserait la répression tandis que les Occidentaux renonceraient à contraindre Bachar el-Assad à partir. A y réfléchir de plus près, si cette solution était retenue, elle équivaudrait à une défaite complète de l’OTAN et du CCG. (...)
 
« Revue de presse Syrie » #62
La France est prête à soutenir une guerre régionale
La France est prête à soutenir une guerre régionale 17 mars 2012
Les faux courriels des époux el-Assad diffusés par le Guardian surprenaient par leur innocence, chacun s’attendaient donc à de nouveaux développements. C’est chose faite : le Daily Telegraph assure que le shopping sur Internet attribué à Asma el-Assad viole les sanctions unilatérale de l’Union européenne et est passible de deux ans de prison. Surtout, après que le Guardian ait assuré ne pas révéler les e-mails à caractère privé, le Daily Telegraph publie des détails sur une prétendue liaison extra-conjugale du président el-Assad pour casser l’image idéale de son couple.
Cette opération de propagande intervient principalement pour masquer les actions en cours. L’Armée turque envisage d’entrer en territoire syrien pour y sécuriser une base rebelle sous prétexte de protection des civils. L’OTAN reproduirait ainsi ce qu’elle avait fait au Kosovo en violation du droit international, mais sans apparaître en première ligne. Cette nouvelle guerre pourrait trouver un semblant de légitimité internationale si elle était (...)
 
« Revue de presse Syrie » #61
Les courriels des Assad
Les courriels des Assad 16 mars 2012
Le premier anniversaire de la « Révolution syrienne » a été l’occasion d’une double action de communication.
Côté gouvernemental, on a organisé de vastes manifestations dans les principales villes du pays. Elles ont drainé des foules considérables, marquant par contraste un soutien ultra-majoritaire. C’était l’occasion pour le Pouvoir d’affirmer que, même s’il reste encore des groupes armés disséminés dans le pays (principalement aux frontières du Liban-Nord et de la Turquie), il a emporté la victoire militaire et diplomatique.
Côté OTAN, tout bilan de l’année écoulée a été écarté au profit de la médiatisation de 3 000 courriels attribués au couple Bachar et Asma el-Assad. Ces documents ont été remis au Guardian qui n’y a pas décelé d’erreur évidente et à décidé d’en publier 34. Sur cette base, la presse européenne dresse un portrait du couple présidentiel comme deux tourtereaux totalement déconnectés de la réalité, et manipulés en sous-main par des conseillers iraniens.
Ce message est celui qu’ABC avait déjà tenté de (...)
 
« Revue de presse Syrie » #59
Négocier le départ d’el-Assad ou la paix ?
Négocier le départ d'el-Assad ou la paix ? 11 mars 2012
Les efforts diplomatiques de l’envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan d’une part, du ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov d’autre part, se heurtent à une mauvaise foi évidente du Qatar, de la France et de leurs protégés.
M. Annan n’a pas pu ouvrir de médiation entre le Conseil national syrien et la présidence syrienne car le CNS a posé comme préalable la démission de Bachar el-Assad et son remplacement par son vice président. Quoi qu’il en soit, Kofi Annan a pu rencontrer le président el-Assad et avoir un long entretien avec lui. Le président a souligné qu’aucun effort n’aboutira tant que des groupes armés tentent de semer le chaos dans le pays. Il s’est déclaré ouvert à toute proposition constructive. Selon la presse du Golfe, Kofi Annan a essuyé une rebuffade car il n’est pas parvenu à convaincre Bachar el-Assad de démissionner, mais cet objectif n’avait rien à voir avec son mandat.
M. Lavrov a rencontré ses homologues de la Ligue arabe au Caire. Tous sont convenus de 5 (...)
 
Le CNS refuse la médiation de l'ONU et de la Ligue arabe 10 mars 2012
Après la démission d’un haut fonctionnaire du ministère de l’Energie, c’est la démission en bloc et la fuite vers la Turquie d’un groupe de généraux de brigade qui retient l’attention de la presse atlantiste et du Golfe. La décomposition du régime se confirme donc. Las ! Nul n’est capable de donner les noms des généraux et aucun officier supérieur n’est arrivé en Turquie.
Une fois de plus ce tintamarre s’adresse à l’opinion publique occidentale pour la faire patienter, mais décrédibilise un peu plus ceux qui pronostiquaient la chute imminente du régime syrien, comparable à un fruit mûr.
Au plan diplomatique, la responsable des opérations humanitaires de l’ONU, Valérie Amos, a trouvé un début d’accord avec le gouvernement syrien. La Russie a annoncé qu’elle rejetait le dernier projet occidental de résolution au Conseil de sécurité, pour les mêmes motifs que précédemment. La Chine a envoyé un émissaire spécial rencontrer les différents protagonistes, ce qui a irrité Paris. L’émissaire spécial de l’ONU et de la (...)
 
« Revue de presse Syrie » #57
Une démission sans conséquence
Une démission sans conséquence 9 mars 2012
La presse atlantiste et, dans une moindre mesure celle du Golfe, s’empare de la démission d’Abdo Hussamedine, présenté comme la première défection au sein du gouvernement syrien. Ce retournement marquerait la première fissure à haut niveau d’un régime qui, jusqu’ici, paraissait taillé d’une pièce.
La presse est cependant incapable de donner des détails sur cette personnalité. En effet, il ne s’agit pas d’un responsable politique, mais d’un haut-fonctionnaire des pétroles. Du coup, c’est le raisonnement sur le régime en train de se lézarder qui s’effondre.
La responsable des opérations humanitaires de l’ONU, Valérie Amos, a dénoncé les destructions à Baba Amr et s’est inquiétée du sort de ses anciens habitants. La presse internationale souligne que le quartier avait été déserté avant les combats principaux. Pourtant, elle prétendait il y a quelques jours que des milliers d’habitants y étaient enfermés sous les bombes.
En visite en Tunisie, le président turc, Abdullah Gül, a pour la première fois rejeté l’idée de (...)
 
« Revue de presse Syrie » #55
Le Pentagone confirme son retrait
Le Pentagone confirme son retrait 20 février 2012
Les chefs militaires US multiplient les déclarations pour justifier leur retrait de la crise syrienne. Le chef d’état major interarmes, le général Martin Dempsey, répète au Congrès et à la presse que la plupart des grandes puissances sont déjà présentes sur le théâtre d’opérations et qu’il est donc impossible de savoir à quels rebelles profiterait une aide US. Cet argument qui permet de garder la tête haute après le double veto russe et chinois, n’en est pas moins vrai.
Quoi qu’il en soit, le département d’Etat et les politiciens israéliens s’opposent à cette ligne.
Pour y faire obstacle à quelques jours de la conférence à Tunis des « Amis de la Syrie », les chercheurs du Washington Institute (le think tank de l’AIPAC) établissent une comparaison avec la guerre de Bosnie dans laquelle les USA avaient finis par s’engager malgré eux. Ils préconisent la création d’une force mandatée par les Nations Unies, commandée par un général musulman turc, et coordonnée par (...)
 
« Revue de presse Syrie » #54
L’OTAN renonce, Londres et Paris intriguent
L'OTAN renonce, Londres et Paris intriguent 19 février 2012
Anders Fogh Rasmussen a déclaré à Reuters que l’OTAN n’interviendra pas en Syrie, même si le Conseil de sécurité de l’ONU changeait d’avis et le lui autorisait. Ce faisant, le secrétaire général de l’OTAN feint de renoncer à la guerre, non pas à cause du double veto russe et chinois, mais en raison d’impossibilités techniques.
Nicolas Sarkozy et David Cameron ont signé à Paris de nouveaux traités pour renforcer la défense commune de la France et du Royaume-Uni. La date de cette cérémonie avait officiellement été choisie pour commémorer le soulèvement de Benghazi contre Mouammar Kadhafi. En réalité, il s’agissait de compléter le traité de Lancaster House dont une annexe secrète prévoyait d’organiser le soulèvement de Benghazi et de changer le régime libyen. Dès lors, on peut logiquement se demander si le sommet de Paris n’a pas également inclus la signature d’une annexe secrète planifiant un renversement du régime syrien. Le communiqué final de cette rencontre laisse entrevoir des manigances franco-britanniques.
Les (...)
 
Washington admet que Bachar el-Assad ne sera pas renversé 17 février 2012
Après avoir entendu le rapport terrifiant de la Haut-commissaire des Droits de l’homme, l’Assemblée générale des Nations Unies a condamné la répression en Syrie par 137 voix pour, 12 voix contre et 17 abstentions.
Après Homs et Hama, l’Armée syrienne reprend le contrôle de Deraa. Les survivants de la Légion wahhabite se regroupent dans le nord du pays. Il n’est pas possible pour le moment de savoir s’ils fuiront vers la Turquie ou s’ils livreront une ultime bataille à Idlib.
Le directeur du Renseignement US, James Clapper a attribué les attentats de Damas et d’Alep à Al-Qaida. Tandis que le directeur de la Defense Intelligence Agency, Ronald Burgess, a déclaré que le régime d’el-Assad ne va pas tomber car il est cohérent et a repris le contrôle des grandes villes qui lui avaient échappées, alors que son opposition est désunie et sans stratégie.
Le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Zhai Jun, entend poursuivre sa médiation. Il est venu à Damas rencontre le président el-Assad après avoir invité (...)
 
La Syrie en accusation devant l'Assemblée générale de l'ONU 16 février 2012
L’Assemblée générale des Nations-Unies, présidée par le Qatar, a tenu une séance spéciale sur la situation en Syrie. La haut-commissaire aux Droits de l’homme, l’avocate sud-africaine Navi Pillay, a présenté un rapport horrifiant des exactions imputées à l’administration el-Assad, insistant particulièrement sur les viols (Lorsqu’elle présidait le Tribunal pénal international pour le Rwanda, Mme Pillay avait élaboré une jurisprudence assimilant les « viols collectifs » à un « génocide »). Elle a estimé que les désaccords au sein du Conseil de sécurité ont encouragé la répression.
Le gouvernement syrien a annoncé la tenue, le 26 février, d’un référendum portant sur le projet de nouvelle constitution. S’il était adopté, il mettrait fin au leadership du parti Baas et instaurerait un système pluraliste. La Maison-Blanche a qualifié ce projet de « risible ».
Enfin, au Caire, le Grand Imam Ahmed El-Tayeb a appelé à une action forte de la Ligue arabe. Celle-ci a officialisé son intention d’armer l’opposition (...)
 
Les instructeurs étrangers se retirent, Al Qaeda arrive 15 février 2012
Le nouveau discours atlantiste coïncide avec le retrait de nombreux instructeurs étrangers observé sur le terrain et avec les déclarations de l’Égyptien Ayman al-Zawahari (numéro 1 d’Al-Qaida depuis la mort officielle d’Oussama ben Laden) annonçant l’arrivée de ses combattants. En réalité, Al-Qaeda est déjà présent en Syrie où le Libyen Abdelhakim Belhaj (numéro 2 de la mouvance) a été vu encadrant l’Armée « syrienne » libre. Cette mise en scène habille le changement de stratégie de l’OTAN qui a renoncé à la guerre de basse intensité et se contera de sous-traiter des actions terroristes ponctuelles.
La Ligue arabe a demandé l’envoi d’une force d’interposition des Nations Unies en Syrie, sans préciser entre quelles forces elle pourrait s’interposer, ni sur quelle ligne de démarcation. Immédiatement rejetée par la Syrie, puisque atteignant à sa souveraineté, cette proposition a fourni aux Occidentaux l’occasion qu’ils attendaient pour disserter sur l’impossibilité d’une solution militaire ; un discours en totale (...)
 
« Revue de presse Syrie » #50
Al-Qaida frappe à Alep
Al-Qaida frappe à Alep 13 février 2012
La presse internationale relate les attentats d’Alep, mais leur consacre quatre fois moins d’espace. Ce phénomène peut être interprété de deux manières : soit l’opinion publique se lasse de l’irakisation rampante de la Syrie, soit la presse est gênée des revendications. Les attentats d’Alep ont en effet été d’abord revendiqués par un porte-parole de l’Armée syrienne libre, puis condamnés par un autre. Simultanément, un rapport de renseignement US les attribue à Al-Qaida ; une revendication confirmée par une déclaration d’Ayman Al-Zawahiri, leader de cette mouvance.
Quoi qu’il en soit, aucun média ne rectifie ses articles précédents accusant l’administration el-Assad d’avoir organisé les attentats identiques de Damas ; Certains journaux relayent même les accusations du Conseil national syrien qui attribue les attentats d’Alep à l’administration Assad, sans apporter aucun élément de (...)
 
Face à la concurrence de l'OCS, l'OTAN choisira t-elle la diplomatie ou les armes ? 10 février 2012
Alors que l’éventualité d’une guerre classique contre la Syrie est écartée du fait du double veto russe et chinois, les Occidentaux se trouvent sans plan de rechange. Surtout, ils ne savent pas comment traiter le conflit qui les oppose à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) : doivent-ils user de diplomatie, ou peuvent-ils lancer une guerre par proxy interposé ?
La réponse à cette question dépend de l’acceptation ou du refus du déclin de l’Empire états-unien. Le parti de la guerre envisage une forme de conflit de basse intensité avec des groupes combattants disposant de bases arrières en Turquie, au Liban et en Jordanie. Les réalistes vont valloir, quand à eux, que dans cette hypothèse la guerre déborderait sur ces trois Etats et atteindrait inévitablement Israël.
En l’absence de stratégie définie, chacun tente de consolider ses positions. Le Conseil national syrien se rend à Qatar dans l’espoir d’être reconnu par les Etats du Golfe comme seul représentant du peuple syrien en lieu et place de la (...)
 
« Revue de presse Syrie » #48
Les Occidentaux à la recherche d’un “Plan B”
Les Occidentaux à la recherche d'un “Plan B” 9 février 2012
Sur le devant de la scène internationale, la Turquie appelle à la création d’un « Groupe des amis de la Syrie démocratique » sur le modèle du « Groupe de contact pour la Libye », tandis que la presse italienne examine les possibilités d’intervention militaire indirecte de l’OTAN. Pourtant, si une telle intervention devait avoir lieu, elle violerait le droit international après le double veto russe et chinois, et devrait donc se discuter en secret.
Dans les coulisses, c’est une toute autre activité. La délégation russe à Damas s’est portée garante d’un accord secret entre plusieurs protagonistes. Selon nos informations, des prisonniers de guerre turcs et des otages civils iraniens ont été libérés. En échange, la Turquie ne devrait pas intervenir en Syrie et l’Iran renoncerait à soutenir des groupes rebelles en Turquie.
Le plan de guerre en Syrie étant contrarié, les Occidentaux se cherchent une stratégie alternative. Cependant, d’ores et déjà, certains Etats se sont retirés du (...)
 
 
« Revue de presse Syrie » #46
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
 
« Revue de presse Syrie » #44
Les pressions morales sur la Russie
Les pressions morales sur la Russie 5 février 2012
La réunion du Conseil de sécurité a été précédée d’une puissante campagne de presse visant à décourager la Russie de soutenir la Syrie. Elle s’articule autour de deux thèmes :
Le régime torture des enfants, assure Human Rights Watch (HRW) ;
Le régime est responsable de « l’horrible massacre », cette expression toute prête désignant l’assassinat de plus de 200 personnes à Homs.
Le rapport de HRW ne comporte aucun nom de victime. Il ne donne aucune mobile aux tortures qu’il rapporte. Il impute aux tortionnaires d’exiger que leurs victimes abjurent leur foi et adorent Bachar el-Assad, ce qui est un classique de la littérature takfiriste accusant les alaouites de ne pas être musulmans. Il désigne comme centre de tortures non pas des bâtiments précis, mais des administrations dont certaines ont effectivement pratiqué des tortures dans les années 70-80, c’est-à-dire à l’époque de la dictature.
Les victimes de Homs sont des personnes, civils et militaires, qui ont été enlevées par des groupes armés, à caractère (...)
 
« Revue de presse Syrie » #43
Il est urgent d’attendre
Il est urgent d'attendre 4 février 2012
La presse occidentale et du Golfe maintient le cap que la Maison-Blanche lui a fixé depuis l’affrontement qui a opposé les membres de l’OTAN à la Chine et à la Russie au Conseil de sécurité. Chacun attendu la réunion suivante en se ménageant une porte de sortie. Contrairement à l’habitude, lorsque le Bureau des communications globales tente de créer un consensus autour d’un argumentaire, les éditorialistes ont une conclusion qu’ils doivent démontrer par eux-mêmes.
Le ton est donné par un éditorial du conservateur Charles Krauthammer du Washington Post, largement reproduit aussi bien par la presse US que par des journaux européens et du Golfe. Après avoir comparé en importance la chute possible de Bachar el-Assad à celle du Mur de Berlin –la première ouvrant la voie à la fin de l’Iran comme la seconde avait scellé le sort de l’URSS–, et avoir tenu un discours martial, l’auteur préconise… de renforcer les sanctions. Les grandes victoires viendraient d’elles-mêmes à qui sait (...)
 
« Revue de presse Syrie » #42
L’OTAN se heurte à la Russie et à la Chine
L'OTAN se heurte à la Russie et à la Chine 2 février 2012
Les Occidentaux et les monarques du Golfe sont choqués par la rebuffade que leur ont infligée la Russie et la Chine au Conseil de sécurité. Cette amertume prend deux formes : d’une part, les médias déplorent que les grandes puissances se divisent alors que « les massacrent continuent » ; d’autre part, ils accusent Moscou de privilégier ses intérêts stratégiques et commerciaux par rapport aux droits humains. Tous font l’impasse sur la position de Pékin, pourtant tout aussi claire que celle de Moscou, mais qu’ils ne parviennent pas à relier à des intérêts directs.
Certains commentateurs développent des arguments pour convaincre la Russie et la Chine de changer de position. Cependant, ces éditoriaux semblent plus destinés à montrer aux lecteurs occidentaux que l’on a tout tenté en vain. En effet, les arguments choisis ne peuvent qu’être mal ressentis par leurs destinataires : ces commentateurs leur reprochent de manquer de principes, alors que c’est précisément au nom de leurs principes que Russes et Chinois (...)
 
« Revue de presse Syrie » #40
La fuite imaginaire de la famille el-Assad
La fuite imaginaire de la famille el-Assad 31 janvier 2012
La presse occidentale et du Golfe rend compte de durs combats dans les faubourgs de Damas. Cartes à l’appui, elle affirme que les révolutionnaires seraient sur le point de prendre la capitale. L’épouse et les enfants du président el-Assad n’auraient pas réussi à atteindre l’aéroport pour fuir et auraient été contraints de rebrousser chemin. Le sort de la famille du tyran ne tardera pas à ressembler à celui des Kadhafi a commenté Haitham Maleh, un des dirigeants de l’opposition pro-occidentale.
En réalité, les combats ont eu lieu dans des localités éloignées de la capitale, aucun groupe armé important n’étant entré dans les banlieues de Damas. La route de l’aéroport n’a jamais été fermée et les el-Assad n’ont jamais cherché à l’emprunter. Cette fable est juste destinée à ouvrir une campagne visant à utiliser contre son pays l’estime dont jouit Asma el-Assad en Europe, notamment en Italie et en France. Ainsi Haitham Maleh a assuré sur BaradaTV (télévision basée à Londres et financée par la CIA) que la belle jeune (...)
 
« Revue de presse Syrie » #39
La presse voit des rebelles aux portes de Damas
La presse voit des rebelles aux portes de Damas 30 janvier 2012
La presse occidentale et du Golfe, qui déplorait jusqu’ici la faiblesse de l’Armée syrienne libre, affirme soudainement qu’elle est sur le point de prendre Damas. Le président el-Assad aurait été contraint de déployer des troupes dans la capitale pour sauver son régime, tandis que de durs combats se dérouleraient dans la banlieue.
Cette fable vise à la fois à créditer l’idée que les groupes armés seraient composés de nombreux déserteurs (et non pas principalement de mercenaires wahhabites), et que les troubles gagneraient enfin la capitale. Surtout, elle sert à divertir un peu plus longtemps l’attention du public du contenu du rapport de la Ligue arabe. En effet, ce document dément la théorie occidentale du soulèvement populaire réprimé dans le sang.
Ces efforts de communication préparent l’opinion publique à la prochaine réunion du Conseil de sécurité à laquelle doivent participer les ministres des Affaires étrangères français et britanniques qui avaient réussi à faire légaliser l’intervention de l’OTAN en (...)
 
« Revue de presse Syrie » #38
Le CCG et la Turquie se tournent vers l’OTAN
Le CCG et la Turquie se tournent vers l'OTAN 29 janvier 2012
Le Conseil de sécurité s’est réuni vendredi soir à la demande de la Ligue arabe pour tirer les conclusions du rapport des observateurs. Cependant, le texte du rapport n’ayant pas été distribué par la Ligue, la séance s’est focalisée sur une proposition de résolution présentée par le Maroc bien qu’écrite par les Européens. Elle a été rejetée par la Russie.
Samedi, les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe se sont réunis à Istanbul avec leur homologue turc pour étudier une possible reconnaissance diplomatique du Conseil national syrien suivi d’une intervention militaire arabo-turque. Dimanche soir, le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Abdul Latif Al-Zayani, est arrivé à Bruxelles pour rencontre son homologue de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen.
L’armée syrienne a poursuivi ses opérations pour libérer les villes encore aux mains de la Légion wahhabite.
Le secrétaire général de la Ligue arabe a décidé de son propre chef de geler la mission des observateurs (qui vient (...)
 
La “révolution syrienne” ne fait plus rêver les Occidentaux 27 janvier 2012
L’unanimité de la presse occidentale et du Golfe qui a prévalu durant les dix derniers mois est en train de se fissurer. Si de grands journaux présentent l’opération de l’armée syrienne visant à libérer les villes occupées par la Légion wahhabite comme une forme de répression politique à l’encontre de civils désarmés, d’autres médias multiplient les signaux d’alerte : les photos de civils manifestant contre le président el-Assad ont laissé la place à des images d’hommes en armes cagoulés, tandis que des reportages font état d’exactions multiples à caractère confessionnel ou mafieux, et non de contestation politique.
Les médias occidentaux et du Golfe reflètent toujours la position de leurs gouvernements, mais sans chaleur : l’image romantique de la « révolution syrienne » a disparu. Le seul argument qui reste pour convaincre les lecteurs est de présenter les « rebelles » comme des « insurgés », de faire croire qu’ils sont tous des soldats syriens déserteurs et non majoritairement des mercenaires étrangers de la (...)
 
« Revue de presse Syrie » #36
L’armée syrienne libère Douma et Hama
L'armée syrienne libère Douma et Hama 26 janvier 2012
Lors de sa conférence de presse, le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid al-Mouallem, avait relevé que le rapport des observateurs de la Ligue arabe reconnaissait que le gouvernement syrien a obligation d’assurer la sécurité de son peuple. Sans attendre, l’armée régulière a libéré les villes de Douma et de Hama, partiellement occupées par la Légion wahhabite. Il reste encore des quartiers dans deux villes et une vaste zone rurale aux mains des forces armées étrangères.
Au contraire, pour la presse internationale –qui feint d’ignorer le contenu du rapport des observateurs–, les forces de sécurité syriennes ont poursuivi leur répression sanglante de manifestations pacifiques dans ces deux villes. Partant de cette analyse, le Conseil de coopération du Golfe –qui rassemble non seulement les États arabes du Golfe, mais toutes les monarchies arabes– a décidé de saisir le Conseil de sécurité pour pallier à la carence de la Ligue et légaliser une intervention (...)
 
La presse occidentale ignore le contenu du rapport des observateurs de la Ligue arabe 25 janvier 2012
Les médias internationaux voient dans la conférence de presse du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Al-Mouallem, la confirmation de leurs commentaires d’hier à propos des décisions du Comité ministériel ad hoc de la Ligue arabe (reconduction de la mission d’observation et proposition d’une feuille de route) et de leur rejet partiel par Damas.
Aucun n’informe ses lecteurs du contenu du rapport de la Mission d’observation de la Ligue, lequel stipule explicitement qu’il n’y a jamais eu de répression sanglante de manifestations pacifiques. Tous, dans le sillage de la Haut-commissaire des Droits de l’homme de l’ONU, continuent à relayer les affabulations de l’Observatoire syrien des Droits de l’homme sans jamais s’interroger sur sa légitimité, sa méthodologie et sa crédibilité. Par conséquent, les médias interprètent les propos de M. Mouallem –selon lequel l’État syrien s’acquittera de ses responsabilités en matière de protection de la population face aux groupes armés– comme l’annonce d’une (...)
 
La Russie vend 36 avions d'appui feu Yak-130 à la Syrie 24 janvier 2012
La presse atlantiste présente la Feuille de route adoptée par le Comité des ministres ad hoc de la Ligue arabe comme la solution consensuelle à la crise syrienne. Ce faisant, elle oublie tout ce qu’elle disait durant les dix mois précédents : il ne s’agit plus de remplacer une dictature par une démocratie, mais uniquement d’obtenir le départ d’un président alaouite et de le remplacer par une personnalité sunnite. Faut-il comprendre que les adversaires de la Syrie se contenteraient d’une victoire symbolique ou qu’ils poursuivent leur plan de destruction du pays en tentant par une nouvelle manoeuvre de provoquer un conflit confessionnel ?
Au-delà de ce revirement rhétorique, la question stratégique principale est la position de la Russie. Une partie de la presse relaie des propos attribués à un représentant du président Medvedev selon lesquels Moscou ne soutiendra pas plus loin le président el-Assad. Toutefois, cette dépêche de Reuters a été démentie après parution des journaux. Une autre partie de la (...)
 
Confusion médiatique autour de la réunion de la Ligue arabe 23 janvier 2012
La mission d’observation a remis son rapport à la Ligue arabe. A l’issue de cinq heures de débats, le Conseil des ministres ad hoc a prolongé d’un mois la mission des observateurs dans le cadre du premier plan de la Ligue arabe, tout en adoptant un second plan.
Ces événements donnent lieu à des interprétations très différentes.
Le contenu du rapport des observateurs est généralement passé sous silence, c’est qu’il confirme la version du gouvernement syrien et infirme celle de l’opposition. Notamment, il atteste qu’il n’y a jamais eu de répression létale de manifestations pacifiques et que les engagements pris par Damas ont été scrupuleusement respectés (libération de plus de 7 000 prisonniers, retrait des troupes des grandes agglomérations, etc.). Il valide le fait que le pays est déstabilisé par des groupes armés.
Le Comité ministériel ad hoc est souvent présenté comme l’instance exécutive de la Ligue alors qu’il s’agit d’un comité de suivi du Plan arabe composé de 5 Etats sur 22 (Algérie, Egypte, Oman, (...)
 
L'opposition pro-occidentale dénonce à l'avance le rapport de la Ligue arabe 22 janvier 2012
Le Conseil national syrien (pro-occidental) poursuit son lobbying pour que la Ligue arabe transfère le dossier syrien au Conseil de sécurité des Nations Unies. Cependant, le rapport des observateurs de la Ligue est susceptible d’infirmer la version atlantique des événements et de confirmer la version de l’administration el-Assad. C’est pourquoi le Conseil national syrien a annoncé qu’il préparait un contre-rapport que la Ligue pourrait substituer au document officiel pour saisir le Conseil de sécurité en faveur d’une intervention militaire internationale.
Le Figaro a donné le signal d’un retournement complet de la presse française. Celle-ci n’accuse plus l’administration el-Assad d’avoir tendu un guet-apens au journaliste Gilles Jacquier pour l’assassiner, mais affirme qu’il a été victime d’une « bavure des insurgés ». Cette interprétation n’est pas plus étayée que la précédente et reflète uniquement la volte-face de l’administration Sarkozy. Très préoccupée par les révélations sur l’appartenance de M. (...)
 
« Revue de presse Syrie » #31
Le rapport de la Ligue arabe se fait attendre
Le rapport de la Ligue arabe se fait attendre 20 janvier 2012
La presse attend que la Ligue arabe publie le rapport de ses observateurs. Chaque puissance y va de son commentaire : le Qatar, la Turquie et la France espèrent que le document sera accablant et qu’il sera transmis au Conseil de sécurité afin que celui-ci autorise une intervention militaire. Au contraire, la Chine préconise une prolongation de la mission des observateurs, tandis que la Russie a déjà indiqué qu’elle s’opposerait à toute résolution du Conseil de sécurité édictant des sanctions, voire autorisant la guerre.
Sur le terrain militaire, l’armée nationale syrienne a abandonné la ville de Zabadani (proche du Liban) aux rebelles.
Pour la première fois depuis longtemps, aucun message particulier ne se dégage de cette revue de presse. Il est cependant beaucoup trop tôt pour conclure que le service de communication de la Maison-Blanche a abandonné ce dossier.
La presse française (hebdomadaires et télévision) revient largement sur la mort de Gilles Jacquier. Les journalistes qui faisaient partie (...)
 
Moscou sonne la fin de l'illusion “humanitaire” en Syrie 19 janvier 2012
La conférence de presse du ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, sur le bilan de la diplomatie russe en 2011 a été l’occasion d’un rappel au droit international. Concernant la Syrie, le ministre a répété que Moscou ne laisserait pas le Conseil de sécurité légaliser une agression, ni même des sanctions, et qu’il continuerait à commercer avec Damas. De son côté, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin, a apporté son soutien aux observateurs de la Ligue arabe et a affirmé que leur présence est bénéfique.
Si la fermeté de la Russie est accueillie avec empathie par la presse allemande et vaticane, elle est incomprise par le reste de la presse européenne qui persiste à battre les tambours de la guerre en évoquant une « urgence humanitaire », et préfère traiter les nouvelles sanctions édictées unilatéralement par l’Union (...)
 
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Les instructeurs étrangers se retirent, Al Qaeda arrive
Les instructeurs étrangers se retirent, Al Qaeda arrive
« Revue de presse Syrie » #51
 
La fuite imaginaire de la famille el-Assad
La fuite imaginaire de la famille el-Assad
« Revue de presse Syrie » #40
 
Renverser Bachar el-Assad, mais au profit de qui ?
Renverser Bachar el-Assad, mais au profit de qui ?
« Revue de presse Syrie » #20
 
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran
« Revue de presse Syrie » #46
 
Négocier le départ d
Négocier le départ d’el-Assad ou la paix ?
« Revue de presse Syrie » #59
 
Le Pentagone confirme son retrait
Le Pentagone confirme son retrait
« Revue de presse Syrie » #55