Revue de presse Syrie
18 janvier 2012Alors que le mandat des observateurs de la Ligue arabe expire jeudi, le Premier ministre du Qatar a évoqué un possible déploiement de troupes arabes dans le pays, sans même attendre le rapport de fin de mission et la réunion du Conseil des ministre des Affaires étrangères dimanche au Caire. L’émirat profite de la présidence tournante de la Ligue, qu’il exerce jusqu’à la fin mars, pour tenter de forcer les événements.
Le président Barack Obama a appuyé indirectement cette démarche lors d’un point de presse à la Maison-Blanche au cours duquel il a dénoncé un niveau de violence inacceptable en Syrie. De son côté, depuis la Turquie, le colonel Riad el-Assad, commandant de l’Armée libre syrienne, a appelé de ses vœux une intervention militaire internationale
Le gouvernement syrien a rejeté catégoriquement cette option. Plusieurs membres de la Ligue ont dénoncé une stratégie qui ouvrirait la porte à une intervention des grandes puissances et ferait éclater l’organisation. De son côté la Russie a d’ores et déjà (...)
17 janvier 2012L’actualité est dominée par les déclarations du secrétaire général des Nations-Unies pour que le Conseil de sécurité autorise une intervention militaire en Syrie, et celles de l’émir de Qatar en faveur d’une intervention militaire arabe.
À l’exception de la presse chinoise, personne n’accorde d’importance à l’amnistie décrétée par le président el-Assad et à la libération de centaines de détenus qui avaient été arrêtés au début des événements.
Le message du jour des services de communication US, c’est d’une part la défection du général Muhammad Abdul-Hamid al-Awwad et du député de Homs Imad Ghalioun, et d’autre part l’installation d’une unité de liaison entre le Conseil national syrien et l’Armée syrienne libre. Le pouvoir d’el-Assad se désorganise tandis que l’opposition s’organise.
En réalité, ces défections sont sans importances. Le député Ghalioun est un cousin du président homonyme du Conseil national syrien. Quand aux relations entre le Conseil et l’ASL, elles sont toujours aussi (...)
10 janvier 2012Les Frères musulmans ont officiellement dénoncé la mission des observateurs de la Ligue arabe, estimant qu’elle ne faisait par sa présence qu’accorder un délai au régime de Bachar el-Assad. Ces déclarations coïncident avec celles des autorités du Qatar qui ont vainement tenté d’écourter la mission, arguant que si les observateurs ne confirmaient pas leur informations, c’est qu’ils étaient habilement manipulés par le régime.
Au demeurant, la presse atlantiste et du Golfe cite le pré-rapport des observateurs en en déformant le sens. La mission fait état de la continuation des violences, ce qui est interprété comme le constat d’une répression qui se poursuit, alors que les observateurs ont évoqué la violence de groupes armés infiltrés dans le pays.
Lors de son discours annuel au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le pape Benoît XVI a –en termes allusifs– exprimé son inquiétude face à la possible remise en cause de la liberté religieuse par les salafistes et les Frères musulmans dans le monde arabe. (...)
8 janvier 2012Les médias internationaux couvrent abondamment l’attentat survenu à Damas. Seuls quelques articles représentatifs ont été reproduits dans cette revue de presse. Alors qu’il y a deux semaines, lors du premier attentat, les journaux rapportaient avec scepticisme la version de Damas accusant al-Qaida et avec complaisance la version de l’opposition pro-occidentale accusant le pouvoir, ils renvoient cette fois dos-à-dos les deux camps, sans plus manifester de sympathie pour personne. Si la plupart des médias persistent à condamner Bachar el-Assad, ils sont moins nombreux à souhaiter sa chute, tant ils manifestent leur crainte d’une évolution chaotique à l’irakienne et d’un exode des chrétiens.
Sur le terrain, les groupes armés ne cherchent plus à ouvrir la voie à une intervention de l’OTAN pour renverser le régime, mais à livrer une guerre de basse intensité pour affaiblir le pays.
Les acteurs régionaux rebattent leurs cartes. Le gouvernement Erdogan doit faire face à la colère de sa population, qui souffre (...)
6 janvier 2012La presse atlantiste et du Golfe, qui a abondamment mis en cause les observateurs de la Ligue arabe, relaie le jugement du Premier ministre du Qatar selon lequel la Ligue n’a pas la compétence pour ce type de mission. Puis, la presse rapporte la demande du commandant de l’armée syrienne libre de transférer cette charge aux Nations-Unies.
Personne ne semble se souvenir que la Ligue arabe prévoyait de s’appuyer sur le rapport des observateurs pour saisir le Conseil de sécurité. Ne pouvant compter sur un rapport étayant la culpabilité de l’administration Assad, la Ligue voudrait maintenant que le secrétaire général de l’ONU le rédige dans le sens attendu et le transmette au Conseil.
Chaque jour, la presse atlantiste a une belle historie à raconter. Aujourd’hui, c’est la portrait de Fadwa Suleiman, une jeune actrice qui a rejoint la révolution. Il ne doit pas s’agir d’une comédienne de premier plan puisque les journaux arabes s’appliquent à rappeler qu’elle a joué un second rôle dans une série télévisée, (...)
5 janvier 2012La presse internationale consacre aujourd’hui peu d’espace à la Syrie. Cette baisse de tension laisse entrevoir un possible reflux des ambitions de l’OTAN dans le pays.
Au demeurant, la nouvelle principale est l’annulation de l’accord survenu au Caire entre les factions islamiste et séculière de l’opposition pro-occidentale, le Conseil national syrien (vitrine des Frères musulmans) et le Comité des Forces pour le changement démocratique. La presse affirme que cette désunion porte sur le recours à une intervention étrangère. Cependant des sources proches du Comité assurent que l’accord a été rejeté par le Conseil parce qu’il comprenait l’expression « Droits de l’homme » que les islamistes se refusent à employer.
« Revue de presse Syrie » #23
Sarkozy annonce aux armées françaises que la communauté internationale doit prendre ses responsabilités en Syrie
4 janvier 2012Alors que de nombreux journaux français ont traité a minima les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy, la presse internationale y accorde de l’importance. En présentant ses vœux aux armées, le président français a accusé le régime syrien de répression barbare, exigé que son homologue Bachar el-Assad quitte le pouvoir, et affirmé que la communauté internationale devait prendre ses responsabilités (c’est-à-dire intervenir militairement). Cependant la presse ne manifeste ni enthousiasme, ni réprobation, face à ces déclarations martiales.
L’autre grand thème abordé ce jour est la réunion d’urgence que le Conseil des ministres de la Ligue arabe tiendra samedi pour statuer sur la poursuite ou l’arrêt de la mission de ses observateurs.
« Revue de presse Syrie » #22
La Ligue arabe déchirée entre réalité de terrain et fiction de propagande
3 janvier 2012La presse atlantique et du Golfe regarde la Ligue arabe se déchirer à propos de ses observateurs. Pour les uns, ils ont failli à leur mission car le sang continue de couler ; mais ils étaient chargés de rapporter les faits, pas de restaurer la paix. Pour les autres, ils ont au contraire réussi car on ne voit aucune trace de répression dans les lieux visités, y compris Homs.
Cette seconde manière de présenter les choses est surtout développée par la presse émiratie. Elle permettrait de clore ce psychodrame sans avoir à répondre à la question : si les observateurs n’ont pas vu de trace de répression, celle-ci a-t-elle jamais existé ? En effet, s’il est possible que l’administration Assad ait retiré des troupes et des chars de Homs la veille de l’arrivée des observateurs, il est impossible qu’elle ait rebouché les tranchées qui –prétendait-on– encerclaient la ville, ni qu’elle ait reconstruit en une nuit les maisons qui –affirmait-on– avaient été bombardées des jours durant et (...)
2 janvier 2012La presse atlantiste et du Golfe se focalise sur la motion du Parlement arabe demandant le retrait des observateurs déployés en Syrie car leur présence cautionne la version des événements promue par Bachar el-Assad.
On notera que :
Le Parlement arabe est un organe consultatif de la Ligue arabe. Le titre de “Parlement” fait référence au fait qu’il est composé de 4 parlementaires de chacun des 22 Etats membres, bien que cet organe n’ait aucun des pouvoirs législatif ou de contrôle propre à un parlement ;
Environ un quart de ses membres sont des parlementaires qui n’ont pas été élus au suffrage universel par leur peuple, mais nommés par leur souverain ;
C’est le Parlement arabe qui avait le premier appelé au déploiement des observateurs dont il réclame aujourd’hui le retrait ;
C’est également le Parlement arabe qui avait le premier exigé des sanctions économiques contre la Syrie. Ces sanctions ont été adoptées pour préparer la guerre, puis abrogées pour permettre le déploiement des observateurs.
Il y (...)
1er janvier 2012Plusieurs manifestations ont eu lieu au passage des observateurs de la Ligue arabe. Selon les journalistes présents sur place, ils étaient 3 500 à Homs à défiler contre le régime et plus de 100 000 à manifester en sa faveur. Mais selon l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, basé à Londres, ils étaient 250 000 contre le régime et aucun en sa faveur.
A l’occasion de la nouvelle année, de nombreux médias établissent un bilan du “printemps” arabe. Alors qu’en août les journaux occidentaux se réjouissaient de la démocratie naissante en Tunisie et en Égypte, ils sont nombreux aujourd’hui à déplorer que la chute des dictateurs profite en réalité au totalitarisme des Frères musulmans et des salafistes.
Une lecture attentive, laisse apparaître que ce thème est particulièrement développé par des journalistes plus proches d’Israël que des États-Unis. Implicitement, il suggère qu’une intervention internationale pour renverser le président Bachar el-Assad –mis sur le même pied que MM. Ben Ali, Moubarak et Kadkafi– (...)
« Revue de presse Syrie » #19
Les médias atlantistes jugent les observateurs de la Ligue sans les écouter
30 décembre 2011La presse internationale et du Golfe rend compte de la mission des observateurs de la Ligue arabe sur la seule base des imputations de l’Observatoire syrien des Droits de l’homme (Bureau londonien des Frères musulmans). L’armée tuerait des manifestants pacifiques, et continuerait à le faire malgré la présence des observateurs.
Par anticipation de leur possible refus du rapport final, certains médias poursuivent la campagne contre le directeur de la Mission de la Ligue arabe.
Aucun média n’a suivi les observateurs sur le terrain, ni ne les a interrogés. Aucun ne rapporte les combats entre l’armée régulière et les groupes terroristes, la prise d’otages en cours, et la médiation des observateurs.
29 décembre 2011La presse internationale est troublée par les déclarations du directeur de la Mission d’observation de la Ligue arabe, Mohamed Ahmad al-Dabi, selon qui la situation à Homs est « rassurante ».
Dès lors, les journaux se divisent entre ceux qui s’expriment avec prudence, craignant sans le dire d’avoir été intoxiqués et d’avoir déformé ou exagéré les événements ; et ceux qui accusent les observateurs de « faux témoignages », mettant directement en cause la probité de M. al-Dabi et de ses collègues.
Pour expliquer leur revirement, les médias qui exigeaient la venue des observateurs et les récusent aujourd’hui, assurent que le général al-Dabi a été imposé à la Ligue par le « régime » syrien. Ce faisant, ils oublient que la Syrie a été suspendue de la Ligue et ne peut donc y exercer la moindre (...)
« Revue de presse Syrie » #17
Les observateurs de la Ligue arabe constatent que Homs est confrontée à des groupes terroristes
28 décembre 2011Les médias atlantistes et du Golfe affirment que le président el-Assad a fait retirer les chars qui encerclaient la ville de Homs, combler les tranchées qui avaient été creusées, ramasser les cadavres dans les rues et nettoyer les prisons, pour cacher ses crimes aux observateurs de la Ligue arabe. Cette mise en scène se serait avérée insuffisante car 70 000 personnes seraient venues les accueillir en manifestant place al-Saa contre le régime, mais ils auraient été dispersés avec des gaz lacrymogènes.
Dans ce contexte, les médias atlantistes et du Golfe s’interrogent sur la crédibilité des observateurs de la Ligue arabe qui n’ont toujours pas validé leur version des événements.
Le lecteur reste perplexe à la lecture de ces articles : comment les journalistes à Paris ou Riyadh peuvent-ils mieux savoir ce qui se passe à Homs que les observateurs de la Ligue arabe venus constater sur place ?
D’autant que les images diffusées en direct par la télévision syrienne montraient, certes, une immense (...)
« Revue de presse Syrie » #16
Les observateurs de la Ligue arabe à la recherche des prétendues exactions du gouvernement Assad
27 décembre 2011Comme à son habitude, la presse atlantiste et du Golfe relaye sans les vérifier les imputations de l’Observatoire syrien des Droits de l’homme (Bureau londonien des Frères musulmans syriens). La ville de Homs serait assiégée par 400 blindés qui pilonneraient le quartier de Baba Amro. L’armée aurait creusé des tranchées autour de la ville pour empêcher la population de fuir. En prévision de la visite des observateurs de la Ligue arabe, le « régime » aurait modifié les panneaux indicateurs afin qu’ils ne trouvent pas les lieux qu’ils cherchent.
Il ne vient à l’idée de personne que ce dernier détail n’a aucun sens à l’heure de Google Map et des GPS.
Plusieurs journaux reprennent l’imputation de Maariv (Israël) selon laquelle le président Bachar el-Assad prépare son exil à Moscou. En réalité, il envisageait un voyage officiel qui a été repoussé au vu de l’instabilité politique en (...)
26 décembre 2011Peu de journaux paraissaient ce lundi de Noël en Occident et aucun message particulier ne se dégageait des articles consacrés à la Syrie, hormis l’appel du Conseil national syrien à la Ligue arabe pour que ses observateurs viennent briser le siège dont Homs ferait l’objet. Cependant, sur place, nos correspondants constatent qu’il n’y a pas de siège et que la population se plaint au contraire de ne pas être protégée par l’armée.
Dans les pays catholiques les médias ont entendu l’appel du pape Benoît XVI à la fin des violences. Le Saint-Père s’est limité à exprimer un vœu pieux, s’abstenant de désigner les agresseurs et les victimes.
25 décembre 2011Les médias internationaux accordent une très grande place au double attentat survenu à Damas (44 morts, 166 blessés). Ces articles étant souvent redondants, seuls quelques-‐uns ont été reproduits dans cette revue de presse.
Le recours à des kamikazes pour ce type d’opération est traditionnellement interprété comme la signature d’Al-Qaida. Cependant le Conseil national syrien et les leaders régionaux pro-‐US accusent le gouvernement Assad d’avoir perpétré lui-même ces attentats contre ses propres services de sécurité.
La presse internationale, qui considère le CNS en général et les Frères musulmans en particulier (Observatoire syrien des Droits de l’homme) comme seules sources crédibles, relaie leur interprétation sans chercher à la vérifier.
Selon les cas, les éditorialistes
Visent d’abord à nier le déploiement en Syrie des hommes d’« Al-Qaida en Libye »
Ou à charger un peu plus le dossier d’accusation du président el-Assad devant la Cour pénale internationale
Ou enfin à souligner que l’administration (...)
« Revue de presse Syrie » #13
La presse ne fait pas confiance aux observateurs de la Ligue qu’elle a réclamés
23 décembre 2011La presse est beaucoup moins bavarde aujourd’hui sur la Syrie. Elle préfère focaliser son attention sur les attentats survenus en Irak.
Après avoir hurlé pendant trois semaines pour que la Syrie ouvre ses frontières aux observateurs de la Ligue arabe, la presse atlantiste et du Golfe s’efforce de présenter leur arrivée comme un événement sans importance :
1. Le « régime » pourrait se montrer moins violent en leur présence car leur venue aurait été précédée de vastes massacres ;
2. Les observateurs pourraient ne pas rencontrer les victimes, car celles-ci auraient été transportées dans des lieux inaccessibles ;
3. Le directeur de la délégation de la Ligue arabe, le général soudanais Mohammed Dabi, pourrait se montrer complaisant face aux crimes du « régime », car il serait lui-même un criminel de (...)
22 décembre 2011La presse atlantiste et du Golfe reprend l’assertion de l’OSDH (bureau londonien des Frères musulmans syriens) selon laquelle l’armée syrienne aurait massacré une centaine de personnes à Kafroueid, dans la province d’Idleb.
Bien que cette imputation n’ait pas été recoupée, la France et les Etats-Unis ont vivement réagi. Le Quai d’Orsay parle de « tuerie sans précédent », tandis que la Maison-Blanche affirme « Assad ne mérite plus de diriger la Syrie ».
21 décembre 2011La presse atlantiste accuse la Syrie de mener un double jeu : d’un côté, elle accepte de recevoir les observateurs de la Ligue arabe, de l’autre elle poursuit la répression. Les journaux reproduisent sans vérification les imputations de l’OSDH (bureau londonien des Frères musulmans syriens) faisant état de l’exécution de très nombreux déserteurs.
L’adoption d’une loi étendant la peine de mort aux trafiquants d’armes, et non plus seulement à ceux qui commettent des crimes de sang, est présentée en Occident et dans le Golfe comme une loi condamnant à mort les citoyens qui manifestent pacifiquement contre le gouvernement.
La presse du Golfe se focalise sur l’injonction énoncée par les chefs d’Etat du Golfe à la Syrie (arrêter la machine à tuer !) et à l’Iran (mêlez-vous de vos affaires !), ce qui montre a contrario que le conflit est déjà (...)
20 décembre 2011Dans un pur réflexe de communication sarkozyenne, la presse française célèbre l’accord signé entre la Ligue arabe et la Syrie comme une reculade de Bachar el-Assad. Identiquement, elle s’était félicité deux jours plus tôt de la proposition de résolution russe au Conseil de sécurité qu’elle avait présentée comme une reculade de Vladimir Poutine.
En réalité, la proposition russe est une reprise du texte russo-chinois présenté avant le veto, tandis que le Protocole de la Ligue arabe est la reprise de la proposition syrienne d’avant les sanctions. Ni les Russes, ni les Syriens n’ont perdu un pouce de terrain. Ce sont les Occidentaux qui acceptent de considérer maintenant un texte qu’ils rejetaient hier, et la Ligue arabe qui accepte de lever ses sanctions et de signer un Protocole dont elle ne voulait pas entendre parler jusque là.
La presse du Golfe n’est pas en reste. Elle décrit aussi la signature de ce Protocole comme une victoire du Conseil de coopération du Golfe (dont les monarques sont actuellement (...)
19 décembre 2011Alors que la presse anglo-saxonne, trop occupée par sa campagne anti-Russes, oublie les Syriens, la presse française, elle, poursuit son action pour un changement de régime. Cependant, pour la première fois, un reportage publié dans un hebdomadaire branché atteste des crimes des groupes armés.
Organe officieux de l’atlantisme, « Le Monde » s’érige en porte-parole de l’Alliance et appelle en « une » à la création d’un groupe de contact, c’est-à-dire à la formation d’une coalition militaire ad hoc. Pourtant, après le refus allemand d’une aventure militaire et la reculade de la Ligue arabe, Paris, qui s’imaginait en leader, est isolé.
17 décembre 2011La presse française s’enorgueillit du projet de résolution russe au Conseil de sécurité qu’elle considère comme une victoire occidentale. Moscou aurait été contraint de prendre cette initiative pour ne pas perdre la face alors que son gouvernement est accusé d’avoir truqué les élections législatives russes et de soutenir les crimes contre l’humanité ordonnés par Bachar el-Assad.
Cependant, la presse anglo-saxonne fait l’impasse sur ce sujet. Rares sont les journaux qui relèvent que ce projet de résolution reprend un texte russo-chinois de septembre dernier, c’est-à-dire d’avant le double veto. Il n’y a donc pas de changement de position russe, mais une volonté de ne pas laisser les Occidentaux monopoliser le discours.
16 décembre 2011La presse atlantiste met en valeur le dernier rapport de Human Right Watch, « By All Means Necessary ! », selon lequel des crimes contre l’humanité auraient été commis sous l’autorité du président Bachar el-Assad. A aucun moment la presse ne s’interroge sur les auteurs ou la méthode de ce rapport.
La presse atlantiste accueille la proposition de résolution russe au Conseil de sécurité comme un ralliement de Moscou aux thèses de Washington. Pourtant, lwes journaux ne disposent pas du texte du document, mais uniquement de quelques phrases citées par Reuters.
La presse canadienne relaye l’appel de son ministre des Affaires étrangères à tous ses ressortissants de quitter la Syrie au plus tard à la mi-janvier, date à laquelle leur évacuation deviendra problématique. Il n’est pas précisé à quel cataclysme pourrait correspondre cette (...)
15 décembre 2011La presse internationale revient largement sur l’attribution du prix Sakharov par le Parlement européen à des personnalités du printemps arabe, dont une Syrienne. Pour renforcer son message, le Parlement a fait coïncider cette annonce avec le premier anniversaire du début des événements en Tunisie.
Cette commémoration est l’occasion d’une contextualisation de la guerre en Syrie. Changeant brutalement de cap, la presse française met désormais l’accent sur les aspects géopolitiques et l’impossibilité de circonscrire une guerre conventionnelle à la seule Syrie.
Au contraire, la presse états-unienne assure que la Syrie n’a jamais été aussi isolée. Malgré les déclarations de façade, le Hamas et le Hezbollah transféreraient actuellement leurs cadres et leurs armes à (...)
14 décembre 2011• Deux allégations ont été développées par les organes de communication atlantistes. :
1. Le rapport oral de la Haut-commissaire des Droits de l’homme au Conseil de sécurité validait l’accusation selon laquelle la répression aurait fait plus de 5 000 morts en Syrie en neuf mois. Pis, cette répression s’accélérerait, puisque l’on compterait 1 000 morts au cours des dix derniers jours. Il y aurait donc urgence à intervenir militairement pour protéger la population.
2. L’intervention de l’ambassadeur de (...)
« Revue de presse Syrie » #4
Des élections municipales libres peuvent-elles être organisées par une « dictature » ?
13 décembre 2011• Face aux élections municipales du lundi 12 décembre, le mot d’ordre de Washington à la presse était de soutenir l’appel du Conseil national syrien à la grève générale et au boycott du scrutin. Cette ligne a été parfaitement respectée par la presse occidentale et du Golfe.
Pour justifier sa position, la presse a choisi de considérer ces élections comme sans importance.
Dès lors, cette rhétorique devient incohérente : on ne comprend pas pourquoi les « révolutionnaires pro-démocratie » sont opposés aux (...)
12 décembre 2011• La World Policy Conference, organisée par l’Institut français des relations internationales à Vienne, s’est transformée en une conférence anti-syrienne. Après l’intervention belliqueuse du prince Turki al-Fayçal, Ehud Barak a prédit la chute imminente de Bachar el-Assad.
• Cependant aucun analyste n’entrevoit actuellement de scénario crédible d’un changement de régime sans intervention militaire étrangère.
• Lors du Sommet politique annuel de la Foundation for Defense of Democracies à Washington, des (...)
Damas (Syrie) | 11 décembre 2011• Le Conseil national syrien appelle à la grève générale pour éviter la militarisation du conflit, c’est-à-dire pour ne pas se laisser voler le leadership par l’Armée syrienne libre.
• La France et les États-Unis dénoncent un assaut imminent de l’armée syrienne contre la population de Homs. Selon la porte-parole du Conseil national syrien, la population alaouite aurait été évacuée de la ville avant le carnage.
• La presse reconnaît désormais que des bandes armées terrorisent la population et tentent de (...)
Damas (Syrie) | 10 décembre 2011• Washington ayant constaté que, dans la disposition actuelle, une guerre contre la Syrie dégénérerait en conflit mondial, teste les possibilités d’une guerre par proxys, qui resterait alors limitée, comme lors de la Guerre froide. Dans ce contexte, Washington envisage la création d’une coalition militaire ad hoc sous leadership arabe. Un ballon d’essai a été envoyé par le prince Turki al-‐Faiçal et Ahmed Davutoglu.
• Un attentat contre le contingent français de la FINUL est présenté par le Conseil (...)
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« Revue de presse Syrie » #63
